Derrière les déclarations officielles : les transferts d’armes français vers Israël (partie 1)
Le récent rapport commun d’Urgence Palestine et de Palestinan Youth Movement documente de manière précise des livraisons d’armes et de pièces détachées par la France à Israël.
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Il révèle en particulier que l’entreprise Air France, dont l’État français est actionnaire, a participé à la livraison de F-35 Lightning II, de la marque Lockheed Martin, à Israël, alors même que ces avions servent quotidiennement à bombarder Gaza, mais également le Liban.
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Depuis octobre 2023, le gouvernement français maintient une position officielle : aucune vente d'armes à Israël. Le Premier ministre et ancien ministre des Armées Sébastien Lecornu affirmait qu'« il n'y a pas d'armes vendues à Israël »,
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tandis que le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, précisait que la France ne livrait aucun « matériel militaire utilisé à Gaza ».
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Des enquêtes indépendantes, dont celles de Disclose, ont déjà documenté des transferts d'équipements militaires français vers Israël, contredisant les déclarations officielles du gouvernement. Le nouveau rapport de Palestine Youth Movement et Urgence Palestine va plus loin :
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il identifie méthodiquement dix entreprises françaises comme étant les fournisseurs directs d'Elbit Systems et de ses filiales, principal équipementier de l'armée israélienne, ceci pour des centaines de cargaisons recensées dès les premières semaines du génocide.
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Parmi les livraisons documentées, on retrouve plusieurs éléments utilisés quotidiennement par l’armée israélienne : des circuits imprimés militaires pour systèmes de commandement sur véhicules de combat,
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des amortisseurs livrés en 68 expéditions à un fabricant de systèmes de ciblage de précision, ou encore des optiques destinées aux cockpits de pilotes militaires impliqués dans les programmes F-16 et F-35.
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Les spécifications techniques et les destinataires identifiés de ces livraisons indiquent qu’elles servent à un usage militaire et offensif.
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Par ailleurs, le rapport établit que les gouvernements français successifs ont autorisé plus de 117 vols de transit à l'aéroport Charles-de-Gaulle pour des pièces détachées de F-35, faisant donc de la France une partie prenante du génocide en cours à Gaza.
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Pour rappel, la France est tenue par plusieurs obligations en matière de transferts d’armes. Elles ne relèvent ni d’une simple appréciation politique, ni d’un choix diplomatique, mais découlent du droit international et du droit européen.
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Elles trouvent leur source dans le Traité sur le commerce des armes de 2013, les Conventions de Genève de 1949 et leurs deux premiers Protocoles additionnels de 1977, la Convention sur la répression et la prévention du crime de génocide de 1948,
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ainsi que dans les normes européennes applicables.
La France a ratifié le Traité sur le commerce des armes en 2014. Or, ce traité interdit à tout État partie d’autoriser un transfert d’armes lorsqu’il existe un « risque prépondérant » que ces armes,
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ou les éléments qui les composent, puissent servir à commettre un génocide, des crimes de guerre ou des crimes contre l’humanité. Cela ne concerne donc pas uniquement la vente directe d’armes complètes, mais aussi les pièces détachées,
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les composants, le transit et les technologies associées.
La Convention sur la prévention et la répression du crime de génocide, ratifiée par la France en 1950, repose sur une logique essentielle :
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elle n’impose pas aux États d'attendre qu'un génocide soit « officiellement reconnu » pour agir. Cette Convention vise non seulement à réprimer un génocide lorsqu’il est commis, mais aussi, et d’abord, à en prévenir la commission
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dès lors qu’un risque plausible de commission de ce crime existe. Autrement dit, le droit international impose ici d’empêcher la commission d’un tel crime, et ne vient pas seulement le constater.
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C’est précisément dans cette logique que la Cour internationale de justice a affirmé, en janvier 2024, qu’il existait un « risque plausible de génocide » à Gaza, et ordonné des mesures conservatoires juridiquement obligatoires.
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Il ne s’agit pas ici d’un simple signal politique. Face à un tel risque, les obligations de prévention doivent être respectées par l’ensemble des États, qui ne peuvent s’en soustraire.
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À cela s’ajoute une autre obligation fondamentale : celle de respecter et de faire respecter le droit international humanitaire, en toutes circonstances. Cela signifie que les États ne peuvent pas contribuer, directement ou indirectement, à des violations de ce droit.
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Ils doivent dès lors empêcher tout transfert d'armes susceptibles d’être utilisées en violation des principes fondamentaux de ce droit, soit les principes de distinction, de proportionnalité et de précaution. La Cour internationale de Justice l’avait déjà rappelé en 2004.
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Si en janvier 2024, la Cour internationale de Justice a reconnu l’existence d’un risque plausible de génocide à Gaza, elle a également affirmé en juillet 2024 que la présence d’Israël dans le territoire palestinien occupé est illicite et qu’elle devait cesser,
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ordonnant en ce sens à Israël de prendre des mesures conservatoires juridiquement obligatoires pour prévenir la commission d’un génocide.
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1/ Une loi de peine de mort au service du suprémacisme juif.
Au-delà de la couverture médiatique, ce que dit réellement le texte 👇
2/ Le parlement israélien, la Knesset, a adopté une loi instaurant la « peine de mort pour les terroristes » (62 voix contre 48).
Très discutée, mais certains de ses mécanismes centraux restent peu analysés.
3/ La loi repose sur une distinction clé :
➡️ tribunaux civils israéliens
➡️ tribunaux militaires en Cisjordanie
C’est là que tout se joue.
Le ministère de l'Éducation nationale diffuse actuellement son nouveau vademecum intitulé « Agir contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations liées à l’origine à l’École. Comprendre, réagir, prévenir ». Et son contenu est très problématique.
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Le document est destiné à son personnel (enseignants, inspecteurs, chef d'établissement...) et il a été co-écrit avec la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah) et le Conseil des sages de la laïcité.
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Ce vademecum pose de nombreux problèmes. Nous faisons le choix ici de ne sélectionner que trois exemples. Le document étant en accès libre, chacun peut s'y plonger et en produire une autre critique.
Urgent. il faut se mobiliser et s’opposer à la loi Yadan
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En novembre 2024, la députée de la 8e circonscription des Français de l’étranger (qui comprend notamment les Français résidant en Israël), Caroline Yadan, a déposé un projet de loi « visant à lutter contre les formes renouvelées de l'antisémitisme ». 2/25
Le texte vise essentiellement 2 axes : élargir le délit d’apologie du terrorisme et introduire un délit spécifique concernant la négation d’un État. La proposition sera étudiée dans les prochaines semaines et, si on ne se mobilise pas, elle a de fortes chances de passer. 3/25
Le génocide continue : Israël tue les Palestinien·nes par le froid.
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Depuis mi-novembre, Gaza est frappée par d’importantes inondations hivernales, alors que la quasi-totalité de la population de l’enclave a été déplacée. 2/24
Selon le dernier rapport des Nations unies, 1,6 million de personnes – soit 75% de la population, sont encore confrontés à un niveau extrême d'insécurité alimentaire et de malnutrition. 3/24
En finir avec les mythes du narratif sioniste - n°3 : « Israël n’est pas une construction coloniale puisqu’il n’y a pas de métropole »
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Cet argument n’a rien de nouveau : il est récurrent dans les écrits d’intellectuels sionistes cherchant à masquer le caractère colonial du mouvement sioniste et de la création d’Israël. 2/29
Pour tenter d’y parvenir, il faut feindre d’ignorer les travaux scientifiques sur le colonialisme de peuplement (settler colonial studies), au profit d’une approche unique et systématique de toutes les situations coloniales. On vous explique. 3/29