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L'évolution et le rôle politique des Zaouïas et des confréries soufies en Algérie

Omar Ben Aicha
(Chercheur spécialisé dans le sacré populaire et la généalogie)

« La marginalisation post-indépendance (1962 - 1979)

Après la proclamation de l'indépendance et l'accession au pouvoir de feu Ahmed Ben Bella (1916-2012), les zaouïas et les confréries soufies algériennes ont connu une marginalisation progressive de leurs cheikhs. Pourtant, la majorité d'entre eux avaient milité dans les rangs de l'Armée et du Front de Libération Nationale (ALN/FLN). Cette mise à l'écart s'expliquait par l'opposition des cheikhs révolutionnaires à l'orientation politique et à l'approche socialiste de l'époque. Accusés de faire l'apologie du libéralisme, ils ont subi une rupture brutale : confiscation de leurs biens, destruction de leurs sièges, et transformation de certains édifices en annexes pour un nouveau modèle éducatif parallèle, dit « Instituts Islamiques ».
Ce système, qui combinait enseignement traditionnel et moderne, est une idée attribuée aux défunts amis le Président Houari Boumédiène (1932-1978) et le ministre et penseur Mouloud Kacem (1927-1992) bien que certains l'attribuent au défunt ministre Ahmed Tewfik El Madani.

Le conflit idéologique et l'abolition de l'enseignement originel

Cet « enseignement originel » a été aboli en 1977 à la suite de la vive polémique suscitée lors des débats sur la Charte nationale de 1976. Une étude menée par le « Comité des Patriotes Vertueux » avait alors alerté sur le fait que les collèges et lycées de cet enseignement, qui comptaient 45 000 étudiants, étaient devenus des ramifications du courant destructeur importé des Frères Musulmans.
Il fut donc décrété qu'il fallait l'abolir dans les plus brefs délais. Cette décision fut également précipitée par un profond désaccord idéologique et doctrinal entre Mouloud Kacem (ministre de l'Enseignement originel) et le penseur et sociologue Mostefa Lacheraf (1917-2000, ministre de l'Éducation nationale), cristallisant l'opposition entre dogme islamique et laïcité.

La reprise en main par l'État
Face aux conséquences
désastreuses du mode de gestion sur le peuple et la nation (notamment les trois révolutions : agraire, culturelle et industrielle), certains descendants de cheikhs se sont mobilisés. Ce n'était pas tant pour défendre la pensée soufie que pour s'opposer à cette gouvernance.

Cela a poussé le Président Boumédiène qui connaissait parfaitement le rôle sociétal des zaouïas pour avoir étudié à la Zaouïa Rahmaniya Hamlaouia (Oued Seguen, Téleghma) à intervenir. Dans l'un de ses célèbres discours, il déclara : « Laissez-moi les zaouïas, je sais comment m'en occuper ».

Ses premières mesures ont consisté à :

• Maintenir la fermeture des zaouïas éducatives (comme l'Institut El Kacemi au Hamel en 1973).

• Exiler, emprisonner ou intimider certains cheikhs actifs (Cheikh El Mahdi Bentounes l'Alaoui, 1928-1975 ; Cheikh Mohamed Belkaïd El Hebri, 1911-1998).

• Transférer certains cadres vers les Instituts Islamiques et l'administration centrale (Cheikh Khalil Ben Mostefa El Kacemi Errahmani, 1927-1994).

Ainsi, entre 1962 et 1979, l'activité des principales confréries (Alaouia, Rahmaniya, Kadiria, Hebria, Aïssaouia) a été cantonnée à la célébration des rites religieux (fêtes, moussems) et à la médiation sociale, les excluant totalement des sphères de décision politique. »

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Apr 15
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Biographie du cheikh de Constantine, Abd al Qader al-Rashidi (1194H/1780) رحمه الله.

Surnommé par ses pairs le « Qarafi de son temps » et le « professeur du Maghreb », il est parmi les plus grand génie de notre histoire, pourtant il est aujourd’hui presque inconnu à cause la disgrâce et de l’exil qu’il a connu dans la fin de sa vie.Image
Le cheikh Al-Hussein ibn Muhammad al-Wartalani (1125-1193 AH / 1713-1779) a dit de lui :

« Le juge de la communauté, le grammairien, le mutakalim, le usuli, le logicien, l’expert en rhétorique, le muhadith et l'exégète, l'auteur de nobles recherches et d'enseignements éminents. »

Son maître Ahmad Zarruq al-Buni (m. 1139 AH / 1727) l'a qualifié de « juriste, maître des maîtres, élixir et montagne des sciences ». Il a loué ses mérites, ses nobles accomplissements et son excellence dans son épître sur l'interdiction du tabac dans un poème ci-joint.

Il a également été loué par les juristes de l'école hanafite de l'époque, parmi lesquels Muhammad ibn Küçük Ali (m. 1264 AH / 1848), qui l'a décrit comme le « maître des gens du Maghreb » en ces termes :

« Combien d'arguments irrecevables,
Ont été réfutés par le maître des gens du Maghreb. »Image
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Il est le Cheikh 'Abd al-Qadir ben Muhammad ben Ahmad ben Mubarak ben Abdullah al-Rashidi, il est originaire de la terre des Rawashid, un hameau dans de la région de Ferdjioua.
Il faisait remonter sa lignée et l’origine de sa famille à son arrière-grand-père, Rashid qu’il décrit ainsi : « C’est l’imam, le Hafiz du Maghreb, Abou al-Fadl Rashid al-Walidi, tant par son origine que par sa sépulture ; il fut le maître d'Abou al-Hasan, commentateur de la Moudawwana, et d'Al-Jazouli, commentateur de la Risala. »

Bien que la tradition le lie indissociablement à Constantine, un débat historique subsiste quant à son lieu de naissance exact et certains le disent constantinois de naissance, mais il semble qu’il y est entré plus tard pour s'y établir.
C'est sous la tutelle de son père que le futur Cheikh fait ses premières études. Il reçut au près de lui une formation solide avant de se diriger pour Constantine après avoir appris tout ce qu’il pouvait de lui.Image
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Apr 13
Chronique de l’intervention du Vatican au Maghreb central (Algérie)

1225 : Le Pape Honorius III publie une bulle chargeant l'archevêque de Tolède d'envoyer des missionnaires franciscains et dominicains dans les territoires du Maghreb (particulièrement Tlemcen et Béjaïa). Leur méthode de prédication publique et agressive contre l'islam provoque des tensions visant à déstabiliser l'ordre religieux local.

• 1233 : Le Pape Grégoire IX adresse la bulle Vineae Domini aux frères mendiants opérant en Afrique du Nord. Le Vatican leur octroie des pouvoirs spéciaux (excommunication, absolution) pour structurer une forme de "croisade spirituelle" permanente en totale.

• 1248 : Le Pape Innocent IV institutionnalise le conflit en accordant officiellement le statut de croisés (avec l'octroi d'indulgences plénières) aux mercenaires, marins et soldats ibériques ou génois qui participent aux expéditions et razzias contre les ports du Maghreb.

• 1290 : Le Pape Nicolas IV étend les indulgences de croisade à tous les souverains, marchands ou citoyens qui financent des assauts navals ou imposent des blocus maritimes contre les États musulmans d'Afrique du Nord, légitimant le harcèlement continu des côtes du Maghreb.

• 1307 : Le Vatican soutient les expéditions de missionnaires comme Raymond Lulle (1232-1316) à Béjaïa. Ce dernier se rend sur la grande place du marché pour prêcher publiquement la fausseté de l'islam dans le but délibéré de provoquer des émeutes, une stratégie de confrontation et de martyre encouragée par les directives romaines de l'époque.

• 1309 : Le Pape Clément V octroie au roi Jacques II d'Aragon le droit de lever la dîme sur ses territoires ibériques dans l'unique but de financer des flottes de guerre destinées à attaquer le Maghreb et à bloquer les échanges des ports comme Ténès, Oran et Béjaïa.

• 1390 : La papauté (par l'intermédiaire de Clément VII à Avignon) apporte sa pleine caution morale, financière et spirituelle à la "Croisade barbaresque" (ou expédition de Mahdia). Cette opération militaire massive menée par les flottes franco-génoises a pour but d'éradiquer la navigation de tout le littoral nord-africain.

1418 : Le pape Martin V émet une bulle pontificale relançant l'idée de croisade, incitant les puissances ibériques et italiennes à poursuivre le harcèlement des ports.

• 1452 : Promulgation de la bulle Dum Diversas par Nicolas V. Ce texte
autorise les souverains chrétiens à attaquer, vaincre et soumettre les Sarrasins d'Afrique du Nord, et leur donne le droit explicite de les réduire en servitude perpétuelle.

• 1455 : Nicolas V renforce la doctrine avec la bulle Romanus Pontifex. Elle sanctuarise le droit d'appropriation des terres musulmanes conquises, justifiant par avance la spoliation des territoires maghrébins.

• 1478 : Le pape Sixte IV accorde aux Rois Catholiques la bulle de la "Santa Cruzada". Cette mesure lève un impôt ecclésiastique massif sur les fidèles, dont les fonds sont destinés à financer l'invasion terrestre des places fortes (présides) sur le littoral du Maghreb.

• 1493 : Par la bulle Inter Caetera, le pape Alexandre VI sécurise juridiquement et spirituellement la zone d'expansion de l'Espagne sur le Maghreb, donnant un blanc-seing aux armées castillanes pour l’envahir.

• 1505 : Le pape Jules II s'implique directement dans l'attaque et la prise de Mers el-Kébir en accordant des indulgences plénières aux soldats de Diego Fernández de Córdoba.

• 1509 : Lors de la chute d'Oran, le pape Jules II apporte son soutien inconditionnel au cardinal Cisneros. Le Vatican l'autorise à siphonner les revenus de l'Église d'Espagne pour payer l'armement, les navires et les mercenaires.

• 1510 : La papauté renouvelle son financement et ses indulgences de croisade pour les troupes espagnoles lors des assauts qui conduisent à la prise de Béjaïa et à la construction du Peñón d'Alger (une forteresse armée bâtie sur un îlot pointant ses canons directement sur la ville d'Alger).Image
• 1518 : Face aux frères Barberousse à Alger, le pape Léon X promulgue une bulle appelant la chrétienté à former une ligue armée et une croisade générale pour détruire cette nouvelle puissance du Maghreb.

• 1530 : Le pape Clément VII confie l'île de Malte et la place de Tripoli aux Chevaliers de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Le but dicté par Rome est d'établir un barrage maritime et de lancer une guerre de course implacable contre la marine d'Alger.

• 1535 : Le pape Paul III s'engage financièrement pour payer une partie de l'immense armada de Charles Quint destinée à la conquête de Tunis et maintient vivace l'idéologie de destruction des États nord-africains.

• 1541 : Lors de la grande expédition de Charles Quint pour raser Alger, le pape Paul III devient un acteur militaire direct : il arme et envoie 14 galères pontificales, paie la solde de 2000 soldats romains, distribue l'indulgence plénière aux combattants et dépêche son propre légat apostolique pour bénir les canons sur la plage algérienne.

• 1558 : L'expédition espagnole contre Mostaganem est financée en grande partie par le renouvellement de la bulle de la "Cruzada" par le pape Paul IV, qui s'obstine à fournir les fonds nécessaires pour la reconquête catholique de l'Oranie.

• 1568 : Le pape Pie V durcit l'application de la bulle In Coena Domini. Ce décret excommunie de facto quiconque ose vendre ou fournir à la Régence d'Alger du bois, du fer, des cordages ou des munitions, imposant un embargo strict dicté par le droit canon.
• 1571 : Le pape Pie V orchestre la Sainte Ligue pour la bataille de Lépante qui affaiblit la marine ottomane et algérienne.

1582-1583 : Le Vatican (via des émissaires espagnols) entretient des contacts avec les chefs de la Kabylie (de Koukou puis de ait Abbas) Rome encourage ces "rois de la montagne" à se soulever et se révolter contre les autorités d'Alger, leur promettant une reconnaissance diplomatique et un appui militaire en cas de révolte ouverte.

• 1585-1590 : Le plan de "Guerre Totale" de Sixte V (1520-1590) : il exhorte les puissances chrétiennes à une "croisade universelle" contre Alger. Il propose de puiser dans le trésor de guerre du Vatican (conservé au Château Saint-Ange) pour financer une invasion capable de raser les fortifications d'Alger une fois pour toutes.

• 1587 : Réforme de la course maltaise : Le Vatican valide les nouveaux règlements de l'Ordre de Malte qui imposent une présence navale agressive au large de Jijel et de Dellys. L'objectif est de couler systématiquement les navires céréaliers pour affamer la population d'Alger.

• 1591 : Financement d'urgence pour la défense d'Oran : Innocent IX (1519-1591) débloque des crédits ecclésiastiques pour reconstruire les remparts d'Oran, craignant une offensive massive du Bey de l'Ouest. Il réaffirme que la conservation d'Oran est une priorité absolue pour la chrétienté.

• 1592-1600 : Analyse des failles internes par Clément VIII (1536-1605) : Le Vatican demande des rapports précis sur les tensions entre les Kouloughlis et les turcs. Rome espère exploiter ces clivages sociaux pour fomenter un coup d'État interne qui faciliterait une intervention européenne.
1601 : Soutien à l'attaque d'Annaba : Le Pape Clément VIII (1536-1605) encourage et bénit l'expédition navale menée par le duc de Savoie et les navires de l'Ordre de Malte. Le Vatican accorde des indulgences aux combattants et finance une partie de l'armement des galères pour tenter de créer un point d'appui chrétien à l'est d'Alger.

• 1611-1614 : Renouvellement de la "Bulle de la Croisade" : Le Pape Paul V (1550-1621) émet plusieurs décrets autorisant l'Espagne à utiliser les fonds ecclésiastiques pour financer des escadres destinées exclusivement à harceler les côtes algériennes et à bloquer le port d'Alger.

• 1619 : Installation des Lazaristes comme agents d'influence : Sous l'impulsion du Vatican et avec l'appui de la France, les prêtres de la Mission (Lazaristes) s'installent à Alger. Officiellement présents pour secourir les captifs, ils servent de relais d'information permanent pour Rome sur l'état des défenses de la Régence et sur les mouvements de la flotte.

• 1643 : Directives de guerre de course d'Urbain VIII (1568-1644) : Le Vatican ordonne aux Chevaliers de Malte, d'intensifier la capture des navires marchands algériens. Les prises sont justifiées par des bulles qualifiant les Algériens d'« ennemis perpétuels du Saint-Siège ».

• 1664 : Bénédiction de l'expédition de Jijel : Le Pape Alexandre VII (1599-1667) envoie un bref de soutien spirituel à l'expédition française du duc de Beaufort. Le Vatican voit dans cette tentative d'occupation de Jijel le moyen de briser l'unité du territoire de la Régence d'Alger.

• 1682-1683 : Appui moral aux bombardements de Duquesne : Lors des attaques massives de la marine de Louis XIV contre Alger, le Pape Innocent XI (1611-1689) apporte son soutien diplomatique, considérant ces bombardements comme un châtiment nécessaire pour le rayonnement de la chrétienté en Méditerranée.

• 1686 : Création d'une coalition navale anti-algérienne : Innocent XI (1611-1689) incite les puissances italiennes et l'Ordre de Malte à coordonner leurs forces pour asphyxier économiquement Alger par la guerre de course systématique.

• 1732 : Financement massif de la reprise d'Oran : Pour l'expédition espagnole contre Oran et Mers el-Kébir, le Pape Clément XII (1652-1740) publie une Bulle de Croisade exceptionnelle. Il autorise le roi d'Espagne à prélever des taxes extraordinaires sur le clergé pour lever une armada de 600 navires. Après la victoire, le Vatican ordonne des célébrations officielles et des Te Deum dans toutes les églises de Rome.

• 1748 : Sanctuarisation des Présides : Le Pape Benoît XIV (1675-1758) renouvelle les fonds de la Croisade pour l'Espagne, spécifiant que cet argent doit servir prioritairement à fortifier Oran contre les assauts des troupes du Bey de l'Ouest, empêchant ainsi la récupération du territoire par les Algériens.

• 1775 : Indulgences pour l'expédition d'O'Reilly : Le Pape Pie VI (1717-1799) accorde l'indulgence plénière (rémission totale des péchés) à tous les soldats participant à l'invasion d'Alger. Il bénit personnellement les étendards de l'armée espagnole, désignant Alger comme le « siège de l'infidélité »

• 1783-1784 : Participation directe de l'escadre pontificale : Lors des bombardements de la coalition (Espagne, Naples, Portugal), le Vatican mobilise les galères de l'Ordre de Malte, qui agissent comme le bras armé du Pape, pour participer activement au pilonnage intensif de la ville d'Alger et de ses fortifications.

• 1790 : Soutien financier après le séisme d'Oran : Alors que la ville est dévastée par un tremblement de terre et assiégée par le Bey Mohamed el-Kebir, le Vatican encourage le maintien de la présence espagnole par des aides spirituelles et financières, refusant l'idée d'une rétrocession de la ville à la Régence d'Alger.
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Apr 5
[THREAD 🧵]

Abu'l Fadl Yusuf ben Mohammed
ben Yusuf al Tawzari al Tilimsani (1041-1119) رحمه الله

Le précurseur de la tradition scientifique de la Qalaa Banu Hammad et du Maghreb central. Image
Ibn al Nahwi de son complet Abu'l Fadl Yusuf ben Mohammed ben Yusuf al Tawzari al Tilimsani est né à Tozeur en 1041 sous l'émir ziride al-Mu'izz, il est issu d'une famille originaire de Tlemcen. Après des premières études à Tozeur et Kairouan, il entreprit un long voyage au Machreq pour le Hajj. Ce périple, notamment son passage en Egypte, le marqua au point qu'il composa un poème exprimant sa nostalgie pour le Nil.Image
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À son retour, il découvrit que le gouverneur de Tozeur avait profité de sa longue absence pour usurper ses terres. Face au refus de les lui rendre, Ibn al-Nahwi s'exila à la Qalaa des Banu Hammad. On raconte que suite à ses invocations, le gouverneur fit un cauchemar où un cavalier armé d'une lance de feu le menaçait, ce qui le poussa à restituer les biens immédiatement. À la Qalaa il deviendra l'un des savants central de la villeImage
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Mar 29
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Reconstitution du cursus d'études traditionnel dans la première moitié du XIXe siècle à Tlemcen.

Un témoignage précieux sur le niveau d'étude en Algérie, avant le déclin imposé par la colonisation française. Image
À noter que ces informations proviennent du qadi de Tlemcen : Si Hammadi ben es-Sekkal rapporté par l’Abbé Bargès en 1859 dans son ouvrage sur Tlemcen. Image
L'enseignement débutait par le Qur’an, que l'étudiant apprenait d'abord par cœur dans son intégralité. Il étudiait ensuite, l'une après l'autre, les sept lectures (Qira'at), de sorte qu’il était lu et relu une vingtaine de fois. Cela fait, le texte était repassé encore deux ou trois fois en répétant simultanément l'ensemble des sept lectures (la méthode du Jam'). Pour se faire les étudiants s'appuyaient sur les poèmes didactiques d'Al-Shatibi (1144-1194), al-lamiyyah et al-ra'iyyah.
Une fois la mémorisation accomplie venaient l’etudes des grands tafasir comme celui : d'Ibn 'Atiyya (1088-1151), d'Al-Tha'alibi (1374-1468), le Kashshaf d'Al-Zamakhshari (1075-1144), le Anwar al-tanzil d'Al-Baydawi (1286), al-tahdhib d'Abu Sa'id Al-Bayhaqi (1022-1101), et Al-istidhkar d'Abu Al-Faraj Muhammad Al-DarimiImage
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Mar 25
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L'intervention d'ateliers artisanaux tlemceniens dans la construction des édifices Mérinides à Tlemcen et au-delà : l'empreinte du style Zianide. Image
Dans ce thread, nous verrons que les édifices Mérinides ont plusieurs fois été sous l'influence de l’art Abd al-Wadide, allant jusqu’à l’emploi d’artisans Tlemcéniens, notamment pour les monuments construits à Tlemcen comme la mosquée Sīdī Bū Madyān construite sous la direction des tlemceniens Ibn Marzuq al-Khatib (1310-1379) et sa famille : les Banu Marzuq, mais aussi d’autre constructions dans l’actuel Maroc.Image
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En effet, l’architecture de la mosquée Sidi Bu Madyan s’imprègne complètement de son site d’implantation. Plusieurs éléments en témoignent. Tout d’abord, les cours barlongues, ou encore le chevet typiquement Tlemcénien qui était aussi présent dans la mosquée Sidi al-Halwi. Image
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Feb 4
[THREAD 🧵] Cheikh Abdelbaki Ben Ziane (1857-1927) رحمه الله

Figure emblématique de la résistance spirituelle et politique à Oran durant la colonisation, Savant et cheikh soufi de la tariqa Al-Hibriya Al-Yachrutiyya. Image
1. Son ascendance et sa naissance :

Il est le Cheikh Abdelbaki ben Ahmed ben Mohamed ben Mohamed Tahar ben Mohamed ben Ahmed ben Tahar, fils d'Ibn Ziane.
Le Cheikh Abdelbaki est né le dimanche 11 Joumada al-Awwal 1274 de l'Hégire, correspondant à l'année 1857.
2. Position des autorités coloniales à son égard :

Il faisait l'objet d'une surveillance minutieuse de la part des autorités coloniales où qu'il se trouvât. Cette méfiance s'accrut considérablement vers 1910, lorsqu'il s'opposa fermement à la conscription obligatoire, refusant que les Algériens servent de boucliers humains face à l'Allemagne dans une guerre qui « n'était ni la leur, ni celle de leur chameau ».
Un ensemble de documents secrets prouve cet acharnement. Suite à cette résistance, il a été emprisonné dans la ville de Boukhanefis (wilaya de Sidi Bel Abbès) où il a passé près de cinq ans. La France a déclaré à son sujet :

« IL VOULAIT A LA MANIERE DE L'EMIR ABDELKADER SOULEVER LES TRIBUS ET LES COMMANDER POUR CHASSER LES FRANCAIS ET PRENDRE LE POUVOIR. »

Après une surveillance stricte et une observation minutieuse, la France a décidé de son exil à Oran (quartier Bab El Hamra) et lui a imposé la résidence surveillée jusqu'à son décès en 1927.

Messali Hadj, a dit de lui dans ses mémoires : « J'ai rendu une visite de courtoisie à sidi Abdelbaki Ben Ziane, qui est l'une des personnalités éminentes d'Oran ; il m'a fourni des informations et des observations très utiles. »
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