A la suite d'une alliance, les djihadistes du JNIM et les rebelles du FLA ont lancé une vaste offensive commune ce matin au Mali.
Les armées maliennes 🇲🇱 et russes 🇷🇺 sont en difficulté dans le nord mais gardent le contrôle de la capitale Bamako.
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Deux semaines plus tôt, la junte malienne 🇲🇱 a décidé de reconnaitre le Sahara Marocain 🇲🇦 provoquant l'ire de l'Algérie 🇩🇿.
Les tensions croissantes entre Alger de Bamako sont visibles dans cette offensives, notamment au vu de la proximité entre le FLA et l'Algérie.
Qui sont les acteurs ?
FLA = front de libération de l'Azawad, rébellion (principalement Touareg) unifiée contre Bamako, souhaitant l'indépendance du nord du pays
JNIM = Al Qaida au Mali
EIGS = Etat Islamique au Grand Sahara, concurrent du JNIM, ne semble pas impliqué dans les combats
FAMA = Forces Armées Maliennes
AC = Africa Corps, nom de l'armée russe d'Afrique présente au Mali
Pour rappel, le JNIM est une puissance montante, ils ont organisé l'année dernière le blocus de Bamako dans le sud du pays et sont désormais présent partout dans le pays.
Le FLA est principalement présent au nord, dans la zone proche de la frontière algérienne (carte @julesdhl)
Cette carte assez claire de @War_Mapper il y a quelques mois résume bien la situation avant l'offensive.
Autres sources à suivre : @casusbellii, @SaladinAlDronni, @BrantPhilip_, @SimNasr ou encore @WerbCharlie.
Ce matin, le JNIM et le FLA ont lancé une série d'offensives conjointes contre les principales villes du pays.
Pour rappel, les FAMA et l'AC ne contrôlent que les principales villes et bases dans le nord du pays (Kidal, Gao, Tombouctou...).
Le FLA et le JNIM se sont emparés de la majorité de Kidal, "capitale" du FLA au nord du pays.
Le drapeau du FLA a été hissé dans la ville, plusieurs vidéos montrent les Touaregs paradant et des soldats maliens capturés.
L'ancien camp de l'ONU est toujours sous contrôle des FAMA
D'après les informations dont nous disposons, le FLA et le JNIM contrôlent presque l'entièreté de la ville de Kidal.
Les FAMA et l'AC se sont repliés au sud. C'est une prise de guerre très importante, 3 ans après la chute de la ville prise par Wagner et les FAMA.
Plus au sud, au bord du fleuve Niger, c'est la base de Bourem qui a été prise d'assaut. Le JNIM et le FLA ont lancé l'attaque conjointement.
Pour rappel, Bourem est le verrou de Gao, dernière petite ville sous contrôle de l'armée malienne sur la route Gao-Kidal.
Les principaux combats dans le nord ont lieu à Kidal, Bourem et Gao. Pas d'informations pour les petites bases FAMA/AC de Tessalit, Aguelhok, Anéfis, désormais complètement isolées.
Rien non plus pour Tombouctou ou Gossi, sous le contrôle de l'armée.
Gao, la principale base de l'armée française quand elle était présente au Mali est aussi en danger.
Là encore, le JNIM et le FLA sont à l'offensive conjointement, une partie de la ville même est sous contrôle des deux groupes, pas la base aérienne.
La situation à Gao est confuse. L'armée russe dispose d'une base aérienne et a mené une série de frappes, conduisant à des pertes du côté du JNIM.
Il semble qu'au moins une partie de la ville est sous contrôle des rebelles/djihadistes, pas la stratégique base aérienne.
La deuxième offensive est en cours plus au sud, à Sévaré. Cette ville est un verrou stratégique au centre du Mali, comme sa jumelle Mopti.
C'était lorsque les djihadistes y étaient arrivés en 2013 que l'armée française était intervenue.
D'après les informations disponibles, une partie de la ville de Sévaré est sous contrôle du JNIM, tandis que les FAMA et l'AC conservent le contrôle de la stratégique base aérienne (d'où décollent les drones TB2, principale menace pour les djihadistes).
Une attaque serait en cours à Kona d'après @SimNasr
Enfin, la troisième offensive du JNIM vise les bases aériennes autour de la capitale Bamako.
Les bases aériennes sont stratégiques pour l'armée malienne et l'Africa Corps, permettant de conserver une domination aérienne.
Le JNIM a attaqué Kati et l'aéroport de Bamako, il semblerait qu'ils aient subi des pertes face à la contre-offensive de Bamako.
Le chef d'état major de l'armée malienne aurait été tué dans l'attaque de sa maison ce matin.
Quelle analyse ?
L'offensive en cours est un camouflet pour Bamako et Moscou, notamment au vu de la débâcle à Kidal, ville hautement symbolique.
C'est la stratégie de la junte et plus largement de l'AES qui est une nouvelle fois remise en question.
Le JNIM, en signant cette alliance de circonstance avec le FLA se protège indirectement de son principal concurrent, l'Etat Islamique au Grand Sahara, qui contrôle l'est du Mali et une partie du Niger et du Burkina.
Le FLA est un allié de poids à l'arrière.
Le FLA a fait un choix assez risqué de suivre, comme en 2012 les djihadistes.
Leur pari est de pouvoir reprendre le contrôle de leurs principales villes au nord du Mali, en particulier Kidal et peut-être Gao et Tombouctou.
La situation militaire lors de l'expulsion des français, des alliés du G5 Sahel et de la MONUSCO en 2022 n'était pas optimale, mais elle était sous contrôle.
En l'espace de 4 ans, elle s'est dégradée à une très grande vitesse, avec la progression djihadiste vers le sud.
Mais qui aurait pu imaginer que remplacer 20 000 soldats multinationaux qui ne massacrent pas les civils et qui disposent d'un soutien aérien par 2 000 russes (qui font de la figuration et massacrent les civils) n'allait pas fonctionner ?
C'était écrit !
La Russie a très bien compris comment elle pouvait surfer sur les réseaux sociaux et des leaders "charismatiques" pour tromper les peuples locaux.
Regardez comment le Tchad, le Sénégal, la Côte d'Ivoire ont préventivement demandé le départ des français par peur du coup d'état !
Aujourd'hui, tous se rendent compte que la Russie était derrière tout ça, qu'elle se fiche de la sécurité de la région.
Le Tchad, le Bénin, le Sénégal renouent avec la France, l'AES plonge dans la guerre généralisée.
Sous mon analyse, vous verrez des centaines de commentaires, disant que je raconte n'importe quoi, parfois insultant.
La vérité, c'est que la situation s'est sans cesse dégradée, ces gens sont malheureusement aveuglés et cela profite aux djihadistes.
Merci à tous d'avoir suivi, je ferais une actualisation probablement demain de la situation, je pourrais, si vous le souhaitez, faire un historique de la situation depuis le départ français.
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Ukraine 🇺🇦 has now targeted around 500 russian 🇷🇺 trucks and vehicles during the last 48 days.
Mid-range strikes continue to expand across occupied territories, on roads, bridges and rear base. This continues to slow down russian offensive.
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From tomorrow, I will be off for more than 1 week, which means there won't be any new map/airstrike/fortification/mid-range strikes update, apart from some small tweets.
I will however continue to follow the overall trends.
In total, I have 270 geolocated strikes on trucks and vehicles since january, most of those are from May to June.
The key Rostov-Crimea road remains the priority target, but roads in Donetsk, Luhansk and Kherson oblast have also been largely targeted.
La guerre en Ukraine 🇺🇦/🇷🇺 a désormais dépassé la durée de la Première Guerre mondiale et pourrait encore durer plusieurs années.
Voici ce qu’il faut savoir en juin 2026 de ce conflit généralisé aux portes de l’Europe 🇪🇺 qui n'en finit plus.
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Quel est l’objectif de guerre de la Russie, pays agresseur ?
Les objectifs de guerre de la Fédération de Russie ont beaucoup évolué depuis quatre ans. Outre les déclarations officielles, le principal objectif russe est resté territorial et politique. Moscou cherchait, le 24 février, à vassaliser l’Ukraine tout en annexant une large région, la « Novorossia », entre Kharkiv, le Donbass et Odessa. Cet objectif a largement évolué, notamment après l’échec des offensives sur Kyiv, Kharkiv et Odessa.
Aujourd’hui, l’objectif territorial principal reste l’occupation de toute la région du Donbass, en particulier sa capitale de facto, Kramatorsk. Il est très probable que l’armée russe dispose de deux objectifs territoriaux secondaires : l’occupation complète des deux autres oblasts annexés, Kherson (ce qui est quasi impossible à l’heure actuelle) et Zaporijjia, et l’harmonisation de la ligne de front sur la rivière Oskil dans l’oblast de Kharkiv.
L’objectif politique initial — redonner à la Russie sa puissance d’antan, l’ancrer dans l’Eurasie, retrouver les populations, les industries, les mines et l’accès à la mer des deux voisins slaves (l’Ukraine et la Biélorussie) — reste inchangé. Sans l’Ukraine, la Russie est condamnée à être une puissance secondaire et plus largement asiatique, sa dimension d’empire s’effaçant avec la montée en parallèle de la démographie non slave.
Les autres objectifs qui ont pu jouer un rôle auparavant sont caduques aujourd’hui : la démilitarisation de l’Ukraine semble impossible, quatre ans de guerre d’attrition n’ayant pas conduit à un effondrement ukrainien. La dénazification, étendard pour parler de l’effacement du nationalisme ukrainien, est également un échec. Les nationalistes ukrainiens sont plus forts et décomplexés que jamais, représentant près de 100 000 hommes dans l’armée ukrainienne. Les figures antirusses controversées d’Europe centrale et orientale ont par ailleurs été réhabilitées. Empêcher l’OTAN et l’UE de s’étendre à l’Est était aussi un mirage. Bien que la considération eût été réelle, la Suède et la Finlande ont rejoint l’Alliance, tandis que la Moldavie, le Caucase du Sud, les Balkans occidentaux et l’Ukraine ont accéléré leur rapprochement avec l’Europe, tous brandissant la menace russe.
L’objectif russe est donc désormais d’installer la confrontation dans la durée, jusqu’à un effondrement hypothétique de l’aide à l’Ukraine (qui semble compromise par la dernière aide de l’UE), l’essoufflement de la population ukrainienne (une considération bien réelle mais qui n’impactera probablement pas la situation au front) ou une victoire à la Pyrrhus, que ce soit la prise du Donbass suivie d’un cessez-le-feu ou une capitulation de l’Ukraine comme la Finlande en 1940.
Quel est l’objectif de l’Ukraine, pays agressé ?
L’objectif de Kyiv a lui aussi beaucoup évolué. L’armée ukrainienne a été surprise par l’ampleur de l’offensive du 24 février, qui lui a fait perdre des territoires stratégiques, comme le sud du pays. L’objectif initial de survivre en tant qu’État a été largement assuré par les victoires à Kyiv, Kharkiv et Mykolaïv en 2022. Le second objectif, retrouver les frontières d’avant-guerre, a échoué en 2023 après l’échec des offensives ukrainiennes. Depuis cette date, les Ukrainiens ont pour objectif de tenir dans la durée, jusqu’à un essoufflement ou un retrait hypothétique des Russes.
Kyiv refuse de se retirer des territoires sous son contrôle, mais a déjà accepté l’idée de concessions territoriales, de manière non officielle, sur la Crimée, le sud et l’est du pays. Pour Kyiv, il est hors de question de capituler et de céder des territoires sans combat à Moscou, d’autant que les garanties de bonne foi de la Russie ont historiquement montré qu’elles n’étaient pas tenues. Dès lors, l’Ukraine a développé ses propres moyens pour que chaque km2 de territoire conquis coûte plus cher à Moscou, tout en essayant de toucher au maximum l’économie russe. Une contre-offensive hypothétique reste possible, mais il est encore tôt pour savoir si les Ukrainiens ont les moyens de la réaliser.
As a reminder, in February, the Ukrainian army conducted a discreet offensive for several weeks, clearing infiltrated areas, securing Pokrovsk'e and infiltrating areas that were previously under Russian control.
This counter-attack notably secured Ternuvat and prevented the use of Uspenivka to launch assaults on the Zaporizhzhia front.
This significantly slowed the Russian advance, reducing its length from 42 km to 25 km (west of Hulialpole).