« Malgré le cessez-le-feu et l’arrêt de la guerre, on observe une tendance persistante à la poursuite des boycotts académiques visant le monde universitaire 🇮🇱. » C’est par ce constat que s’achève un rapport publié en mai par le Comité des présidents des universités 🇮🇱. 1/
Selon ce rapport, les cas de boycott liés à la participation d’Israël à @HorizonEU, auraient augmenté de 150 %. Les auteurs appellent les autorités à faire de la lutte contre le boycott académique une priorité stratégique nationale. 2/
Cyniquement, les auteurs considèrent que le cessez-le-feu – qui n’en est pas véritablement un puisque les 🇵🇸continuent de mourir à Gaza sous les bombardements et du fait des conditions de vie imposées inhumaines– devrait suffire à faire disparaître les raisons du boycott. 3/
Comme si le génocide et les crimes de masse commis pouvaient être relégués au passé. Comme si le rôle joué par les universités israéliennes dans les structures politiques, militaires et idéologiques coloniales qui rendent ces violences possibles pouvait être effacé d’un trait. 4/
Le boycott académique s’inscrit dans l’appel lancé en 2005 par la campagne palestinienne BDS, inspirée du mouvement international contre l’apartheid sud-africain. Il demande entre autres la suspension des coopérations avec les institutions académiques israéliennes. 5/
Cet appel repose sur un refus de la normalisation. Normaliser= présenter une situation fondamentalement injuste comme si elle relevait de la normalité.
Dans le cas de la 🇵🇸, cela revient à traiter l’occupation, l’apartheid et le colonialisme comme des réalités ordinaires. 6/
La question n’est donc pas seulement celle des politiques de l’État 🇮🇱, mais aussi des institutions qui contribuent à les rendre possibles. Collaborer avec ses universités comme avec de simples partenaires revient à ignorer leur implication dans cet ordre de domination. 7/
Cette implication n’est ni marginale ni récente. Elle est ancienne, structurelle et largement documentée. C’est précisément pour cette raison que les universités occupent une place centrale dans les campagnes de boycott. 8/
1.Les universités 🇮🇱 participaient déjà au projet de colonisation avant la création de l’État. Comme le montre Maya Wind dans Towers of Ivory and Steel (2024), elles ont joué un rôle majeur dans la colonisation de la Palestine et l’effacement de la présence autochtone. 9/
L’Université hébraïque est installée sur le mont Scopus dès 1918 afin d’affirmer une présence juive dominante à Jérusalem. L’Université de Haïfa est construite sur les terres de villages 🇵🇸 dépeuplés lors de la Nakba. 10/
Les universités israéliennes ne se sont donc pas développées à côté du projet colonial. Elles y ont participé dès le début. 11/
2.Les universités constituent un pilier du complexe militaro-sécuritaire 🇮🇱. Depuis des décennies, elles entretiennent des liens étroits avec l’armée et l’industrie de l’armement, participant au développement de technologies destinées à surveiller, réprimer et tuer les 🇵🇸. 12/
Le Technion a notamment contribué au développement des capacités de contrôle à distance du bulldozer utilisé dans la destruction de maisons 🇵🇸 ainsi qu’à des systèmes de surveillance. L’Université Bar-Ilan a participé à des recherches sur les véhicules de combat autonomes. 13/
L’Université de Tel-Aviv abrite l’Institute for National Security Studies, associé à l’élaboration de la doctrine Dahiya, qui préconise le recours à une force disproportionnée et le ciblage systématique des infrastructures et zones civiles. 14/
3.Les universités israéliennes participent directement à la formation des élites militaires et sécuritaires. Presque toutes hébergent des programmes conçus avec l’armée pour former ses futurs cadres 15/
L’Université de Tel-Aviv accueille le programme destiné aux futurs officiers de combat ainsi qu’un cursus formant les juristes du corps de l’Avocat Général Militaire. L’Université hébraïque héberge les programmes qui forment les futurs officiers du renseignement. 16/
Les universités jouent un rôle central dans la répression des étudiants et universitaires 🇵🇸. Depuis octobre 2023, des dizaines d’étudiants 🇵🇸 ont été suspendus, exclus ou convoqués devant des commissions disciplinaires pour leurs prises de position sur Gaza. 17/
Un sondage de décembre 2023 montre que 97 % des étudiants palestiniens considèrent leur établissement comme hostile. 18/
Les enseignants sont également visés. La chercheuse 🇵🇸Nadera Shalhoub-Kevorkian, professeure à l’Université hébraïque, a été suspendue en 2024 après avoir évoqué le génocide à Gaza et son analyse du 7 oct dans un podcast avant d’être arrêtée par la police israélienne. 19/
5.Les universités contribuent à la légitimation idéologique et internationale du régime. Elles participent à la Hasbara et contribuent à présenter 🇵🇸 comme une démocratie libérale tout en invisibilisant la colonisation, l’occupation et la dépossession palestiniennes. 20/
Comme l’explique Maya Wind, elles participent à la production d’une véritable « ignorance de la 🇵🇸», en marginalisant les savoirs 🇵🇸, en diffusant des récits conformes à l’idéologie sioniste dominante et en entretenant des liens privilégiés avec les universités occidentales. 21/
Elles participent aussi à la marginalisation des recherches qui remettent en cause le récit dominant. Le cas de Teddy Katz est emblématique. Son mémoire sur le massacre de Tantura en 1948 fut discrédité après une campagne de pressions. 22/
Depuis le début du génocide à Gaza, ces différentes formes d’implication apparaissent avec une visibilité particulière. 23/
Ce n’est pas l’implication des universités qui est nouvelle, mais la difficulté croissante à maintenir le mythe de leur innocence. C’est précisément cette imbrication entre universités et ordre colonial qui rend aujourd’hui le boycott académique plus impératif que jamais. 24/
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Non, le « départ » des Palestiniens en 1948 n'est pas corrélé à la guerre.
Ils ont été contraints à l'exil forcé et exproprié par le mouvement sioniste et Israël.
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Sur la Première guerre israélo-arabe 1948 et la Nakba, la littérature est vaste. Entre les premiers travaux des historiens palestiniens puis des « Nouveaux historiens israéliens », nous aurions pu croire que les mythes israéliens sur 1948 seraient définitivement écartés... 2/25
C’était sans compter les relais de ce narratif, prêt à toutes les contorsions et manipulations pour préserver la prétendue innocence originelle d’Israël à l’encontre du sort des Palestiniens.
🧵Ce que révèle la couverture médiatique de la destruction de la statue de Jésus par un soldat israélien : le mythe de la « civilisation judéo-chrétienne ».
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Le 20 mars, une image circule. Elle montre des soldats israéliens en train de détruire une statue de Jésus dans le sud du Liban, dans le village chrétien maronite de Debl, actuellement sous occupation israélienne. Très vite, la photo suscite l’indignation.
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Les médias français, internationaux et israéliens s’en emparent, soulignant la contradiction entre cet acte et l’image de l’armée israélienne, souvent présentée comme « l’armée la plus morale du monde ».
La vie pour les Palestiniens habitant en Cisjordanie est quotidiennement rendue difficile par l'occupation israélienne et ses dispositifs de contrôle. Nous nous penchons ici sur les principaux dispositifs.
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Les zones :
La Cisjordanie est séparée en trois zones par les accords d’Oslo : la zone A (18 %) officiellement sous la gestion de l’Autorité palestinienne,
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la zone B (22%) co-administrée par l’armée israélienne et l’Autorité palestinienne, qui dans les faits ne détient aucune forme de souveraineté réelle, et la zone C (60%) entièrement sous le contrôle d’Israël.
La plus grande victoire de la politique israélienne serait de nous faire oublier Gaza, de normaliser l'innommable. Le génocide continue, comme en témoigne ces messages reçus par des habitants de Gaza avec qui nous sommes en contact
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Témoignage de F.
Enseignante et mère de trois enfants de 3 à 7 ans
Gaza, avril 2026
« Notre vie, avec mon mari et nos trois enfants, continue dans les tentes. Notre quartier à Khan Younes est complètement détruit. »
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« Notre immeuble n'est plus qu'une ruine. À ce jour, nous ne voyons toujours aucune reconstruction. Je n'ai pas le souvenir d'une journée sans martyr. Au moment même où je vous écris, ils viennent de bombarder une tente à Deir al Balah. »
Derrière les déclarations officielles : les transferts d’armes français vers Israël (partie 2)
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Dans ce contexte, les déclarations politiques des ministres français affirmant qu’ « il n’y a pas d’armes vendues à Israël » ne suffisent pas à écarter la question de la responsabilité française.
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D’autant plus lorsque ces affirmations sont ensuite contredites par des éléments documentés. Ce n’est pas la communication officielle qui fait foi, mais la réalité des faits et leur compatibilité avec les obligations juridiques en vigueur.
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Derrière les déclarations officielles : les transferts d’armes français vers Israël (partie 1)
Le récent rapport commun d’Urgence Palestine et de Palestinan Youth Movement documente de manière précise des livraisons d’armes et de pièces détachées par la France à Israël.
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Il révèle en particulier que l’entreprise Air France, dont l’État français est actionnaire, a participé à la livraison de F-35 Lightning II, de la marque Lockheed Martin, à Israël, alors même que ces avions servent quotidiennement à bombarder Gaza, mais également le Liban.
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Depuis octobre 2023, le gouvernement français maintient une position officielle : aucune vente d'armes à Israël. Le Premier ministre et ancien ministre des Armées Sébastien Lecornu affirmait qu'« il n'y a pas d'armes vendues à Israël »,