[Thread] [1/5] Avec 40-43+°C sur plusieurs jours, nous ne sommes plus sur un simple évènement météorologique, mais un évènement qui aura des conséquences catastrophiques pour la vie animale et végétale. Je pèse mes mots : ce qu'il va se passer en France est sans précédent.
[2/5] En provoquant un flux d'eau par évapotranspiration dans nos végétaux, l'eau des sols est notre soupape de sécurité. Or, il a peu ou plus d'eau dans les sols agricoles français (1ère carte).
Le vent va souffler sous 40°C. Tous les végétaux vont se dessécher à une vitesse fulgurante (2ème carte). Conséquence, le risque de feu de forêt et de moisson passe rapidement à l'"extrême" voire localement "très extrême" dès lundi (3ème carte).
[3/5] Le stress thermique des vaches laitières atteint le niveau "fort" (1ère carte) pour une semaine dans le sud-ouest de la France avec des pertes économiques importantes en plus du bien-être animal (2ème carte).
Le seuil de mortalité animale sera largement atteint dans les bâtiments d'élevage les moins adaptés (surtout dans le Centre-Ouest).
[4/5] En terme de stress thermique sur les cultures, les seuils de brûlures foliaires et florales seront largement dépassés avec un ralentissement de la croissance végétale très important (1ère carte, tomate, 3ème carte, salade et 4ème carte, maïs).
Pour le blé, l'échaudage (des plus tardifs, carte 2) sera important : les grains de blé vont ralentir leur croissance, impactant fortement le rendement.
[5/5] Cette canicule risque de devenir un cas d'étude d'impact du changement climatique sur l'agriculture française et révéler tous mes vulnérabilités accumulées au fil des décennies. J'espère qu'elle permettra d'aller plus loin que le débat sur la climatisation et qu'on parle enfin plus de l'agriculture.
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[Thread impact agricole] Tout comme le dôme de chaleur de Lytton avec ses 49,6°C en juin 2021, le dôme de chaleur de mai 2026 devient un cas d’étude mondial sur ce que le changement climatique peut produire de plus extrême.
Cette fois-ci, les prévisions s’approchent localement des 38 à 40°C. Sur plusieurs jours. En mai. En France. En été, on aurait largement dépasser les 45°C (et encore je me retiens de ne pas vous dire 48-50°C).
Vous pouvez m’insulter, me traiter de « catastrophiste » ou de « vendu ». Je vous réponds factuellement : c’est un désastre écologique. Et je n’ai aucun problème à employer ce terme.
Parce qu’il ne s’agit plus simplement de « repousser les limites » du climat connu. On est en train de les pulvériser :
➡️ la journée présentant l’écart aux normales le plus élevé jamais observé à l’échelle nationale, avec près de +10°C.
➡️ près de 60 % des stations météorologiques susceptibles de battre leur record mensuel, parfois jusqu’à 7 jours consécutifs.
➡️ plus de 1000 records mensuels potentiellement battus d’ici la fin de l’épisode.
➡️ le record national mensuel de chaleur pour un mois de mai (38,0°C) qui pourrait être dépassé, possiblement à plusieurs reprises.
➡️ une vague de chaleur qui arriverait avec près de trois semaines d’avance sur le précédent épisode le plus précoce… observé seulement l’an dernier, le 19 juin.
Et derrière les chiffres, il y a des conséquences concrètes : cultures échaudées en pleine phase sensible, mortalité accrue chez les oiseaux nichant sous les toitures, stress hydrique brutal pour les jeunes plantations, et des écosystèmes entiers soumis à une violence thermique totalement hors saison (oui, "violent" est le terme).
Les impacts agricoles et écologiques sont détaillés dans ce thread, cartes à l’appui. À dérouler et partager 👇#FrAgTw
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[Animaux d'élevage] Les animaux d’élevage vont subir un stress thermique modéré à sévère dans une grande partie du sud-ouest. Par endroits, les niveaux attendus correspondent à ceux des canicules estivales les plus intenses, avec des pertes de production laitière pouvant atteindre 20 % par jour dans les situations les plus critiques.
Et au-delà des pics de chaleur, la durée est particulèrement problématique : plusieurs jours consécutifs, des nuits parfois trop chaudes pour permettre la récupération physiologique, et une arrivée rapide de la chaleur alors que les organismes ne sont absolument pas acclimatés à de telles températures en mai.
Cette absence d’adaptation progressive augmente fortement les risques de stress thermique, d’épuisement, de baisse d’ingestion alimentaire, de déshydratation et de dégradation du bien-être animal.
[Evapotranspiration] Avec la bise qui souffle, on observe un dessèchement très rapide de toute la végétation :
➡️jusqu'à -10mm par jour (seuil de l'effet sèche-cheveux).
➡️l'indice de feu de forêt réagit déjà d'"élevé" à "très élevé" du fait du vent (c'est très précoce !)
➡️l'indice hydrique des sols de surface s'effondre littéralement à 0% de disponibilité en eau sur 3 à 9cm et de 0% à 30% de 9 à 27cm de profondeur. C'est extrêmement bas pour la saison !
C'est confirmé : demain sera une journée historique, de nouveau. Les températures devraient dépasser les 42°C sur une large zone du sud-ouest de la France. Oui, vous ne rêvez pas, il fera plus de 40°C sur l'intégralité de la région.
Et les scénarios de ce matin repoussent la fin de la canicule jusqu'à une durée indéterminée pour le sud de la France. A dérouler.
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Les 40°C seront atteints également mardi et potentiellement mercredi. On semble se diriger vers une nouvelle remontée chaude (à confirmer) dès la fin de semaine où les 40°C pointent de nouveau sur les cartographies.
Si cela se confirme, il s'agira de la canicule la plus intense qu'est connu le sud de la France, devant 2003.
[2/6]
Les conséquences agricoles seront graves. L'évapotranspiration sera exceptionnellement haute, laissant craindre un potentiel "effet sèche cheveux" sur tous les végétaux du Centre-Ouest.
L'indice de feu de forêt monte à "very extreme" sur les prévisions de l'EFFIS. 3/6
[Thread] J'émets plusieurs hypothèses et certitudes pour expliquer la vitesse de propagation du feu de l'Aude. Je rappelle les faits :
- Une vitesse de propagation incroyable de 5 à 6km/h. Il faut remonter à 1949 pour avoir un feu plus rapide.
- Une surface brûlée de 16 000ha (en 24h !) soit le plus important en méditerranée depuis au moins 1970.
Alors, pourquoi a-t-il pris si rapidement ?
A dérouler 👇
[1/6]
@GregoryAllione
[Certitude] Les conditions météorologiques du 5 août étaient très favorables à la propagation d'un feu : vent (Tramontane) modéré, faible humidité, fortes températures. Les conditions parfaites pour une forte évapotranspiration et un désséchage des végétaux. D'ailleurs, du fait de ces conditions météorologiques, Météo-France avait placé le département en vigilance Rouge, le niveau le plus élevé.
[2/6]
[Hypothèse] La sécheresse de ces trois dernières années, accentuée par le changement climatique, a été la sécheresse la plus marquée en France depuis le début des mesures météorologiques.
Conséquences ? La mortalité des jeunes arbres a été très importante dans les garrigues, laissant du bois à brûler.
Cette forme de dépérissement a été chiffrée par l'ONF. Ces 6 dernières années la mortalité des arbres dans nos forêts a accéléré de 80%. Oui, 80%. Le dépérissement de nos forêts, dû au changement climatique et à l'évolution de l'aire de répartition des arbres (i.e. biogéographie) qu'il induit, est l'un des plus grands problèmes du XXIème siècle.
[3/6]
L’accélération de la fréquence des sécheresses et des canicules précipite le dépérissement de nos forêts. La biogéographie des espèces évolue rapidement, laissant certaines d’entre elles en dehors de leur zone climatique de tolérance. Depuis six ans, ce dépérissement s’intensifie brutalement. Si rien ne change, plusieurs espèces pourraient quasiment disparaître de nos paysages d’ici 2100.
Les forêts françaises telles que nous les connaissons aujourd’hui sont en sursis. D’ici 50 ans, elles pourraient avoir profondément changé de visage.
Je vous propose un thread à partir des données de ClimEssences, avec pour commencer… la claque que prend le bouleau, peu adaptée à la sécheresse estivale récurrente. Il possède un système racinaire peu profond, ce qui le rend particulièrement vulnérable.
[1/10]
Le hêtre est une espèce adaptée aux climats frais, humides et tempérés. Il craint la chaleur estivale intense, les sécheresses prolongées et les sols superficiels ou mal alimentés en eau. Or, ces conditions deviennent de plus en plus fréquentes en plaine.
Le dépérissement du hêtre est déjà une réalité. Il devrait s'accélérer dans les années à venir.
[2/10]
Le chêne sessile est moins exigeant en eau que le hêtre, mais plus sensible à la sécheresse que le chêne pubescent ou le chêne vert. Il apprécie des climats tempérés, des sols profonds, frais mais bien drainés et une absence de stress hydrique sévère en été.
Or, ce compromis est de plus en plus rare en plaine d'où il disparaîtra progressivement.
[3/10]
🔴Nous fonçons droit vers un épisode météorologique historique, dont les impacts agricoles sont détaillés dans ce fil. Cette fois-ci, les 40°C ne seront pas des pics isolés, mais concerneront des régions entières. Les seuils de vigilance Rouge pourraient même être atteints*.
Cela fait maintenant neuf jours que les critères de vague de chaleur sont dépassés en France. Il est désormais certain que cette canicule durera au moins 14 jours, ce qui en fait la plus longue canicule pour un mois de juin.
➡️Celle de 1976 s’était étalée du 23 juin au 6 juillet (14 jours), mais avec une intensité bien moindre.
➡️Celle de juin 2005 avait duré 11 jours.
➡️La plus longue canicule française reste celle de juillet 1983, du 9 au 31 (23 jours).
Des températures minimales incroyables sont attendues en Méditerranée, entre 25 et 29°C à l’aube, en lien direct avec une mer qui bat actuellement tous ses records de chaleur pour une fin juin. Des après-midi qui pourraient dépassés les 41°C-42°C.
Nos végétaux sont à bout de souffle. L’indice hydrique des sols s’est effondré. Cultures comme forêts sont désormais dans un état de vulnérabilité extrême, avant même de subir deux journées qui s’annoncent parmi les plus chaudes jamais observées en France.
Dans ce fil, je détaille les principales conséquences cultures par cultures.
*Météo-France est l’organisme officiel chargé d’émettre les niveaux de vigilance.
[1/5]
[Maraîchage] La croissance (en condition irriguée) de tous les légumes tempérés sera ralentie (exemple : tomate, salade, aubergine et carotte). Les seuils de brûlures végétales seront dépassés plus au moins largement suivant la sensibilité et la région.
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[Céréale] L'échaudage se fera sur de très vastes zones pour la dernière céréale potentiellement sensible à cette période de l'année : l'orge de printemps. Sur deux jours, les champs les plus exposés (sol peu profonde, plein période de remplissage du grain etc.) pourront perdre plus de 5% du rendement potentiel.
[3/5]
[Thread] Le mois de juin est désormais un véritable mois d’été, aussi chaud que les juillet-août d’autrefois. Ce 11 juin, de très nombreuses stations affichent entre 35 et 37°C. Avec 24,63°C en moyenne nationale, jamais la France n’avait connu une telle chaleur aussi tôt dans l’année.
Si des valeurs similaires ont pu être relevées ponctuellement par le passé, c’est leur fréquence et leur précocité qui deviennent alarmantes.
Nos pics de chaleur gagnent du terrain sur le calendrier, menaçant directement les stades sensibles des cultures agricoles. Voici un thread à dérouler pour comprendre certains enjeux.
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[Blé] En ce moment, les grains de blé se remplissent : c’est cette étape cruciale qui détermine une grande partie du rendement.
Mais cette phase est très sensible aux fortes chaleurs (au-dessus de 30°C) et à la sécheresse. On parle alors d’échaudage.
Aujourd’hui, de nombreuses parcelles pourraient déjà avoir perdu 0.5 à 2 % de rendement. Cela peut sembler anodin, mais jour après jour, l’impact s’accumule… et devient significatif.
Ces nouvelles cartes sont disponibles gratuitement sur agrometeorologie.com
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[Maraîchage] La tomate est extrêmement sensible aux températures élevées pendant la floraison, en particulier entre l’apparition du bouton floral et la nouaison (formation du fruit). Des températures trop élevées altèrent la viabilité du pollen, inhibent la germination du tube pollinique et peuvent empêcher la fécondation. Résultat : pour les quelques tomates qui sont éventuellement déjà en fleurs, celle-ci peuvent avorter sans former de fruits.
Cet indicateur est aussi disponible sur Il sera étendu à une cinquantaine d'espèces. agrometeorologie.com
[3/6]