Stéphane Audrand Profile picture
Consultant en risques internationaux, historien, officier de réserve. Chroniqueur - https://t.co/8GAXiBfIwt Mes tweets n'engagent que moi !
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Feb 12 15 tweets 3 min read
Je pense qu'on pourrait questionner nos partenaires européens sur ce sujet. Avant de traiter (encore) les Français de méchant, la question honnête c'est "au delà des enjeux économiques, vous allez faire quoi de ces systèmes en termes capacitaires ???" (réponse : "rien"). 1/ Cela illustre une fois de plus la grande différence entre la France et ses partenaires en Europe sur les coopérations de défense : comme nous nous pensons responsables de notre propre destin en dernier ressort, nous donnons la priorité aux capacités sur les enjeux industriels. 2/
Feb 11 12 tweets 3 min read
This widespread assault against France is interesting. It's clear that this is being orchestrated in a structured way. As for Mercosur, there has long been a united front of major agricultural countries. France has only been "alone" for less than a year. 1/ Regarding the SCAF, the divergence is rooted in different operationnal requirements and has been a reality from the outset. If we erred, it was through optimism and misconceptions. It was a political totem for Paris, and only an industrial issue for Berlin. 2/
Feb 10 21 tweets 4 min read
A mon avis, à trop s'exciter sur ce type, on lui offre un effet Streisand. Une partie du French bashing prospère sur nos réactions outrées, qui nous font souvent sortir des propos déraisonnables envers nos alliés. Oui, nous sommes parfois soupe-au-lait en France (moi le 1e ). 1/ Image Et nous ne sommes pas irréprochables, nous avons trop souvent envie de transformer nos avantages comparatifs en un "droit à la prééminence politique" que rien ne légitime. Dans cette affaire SCAF-NGF il faut rester sur l'industrie et les besoins ops et ne pas se laisser aller. 2/
Jan 27 25 tweets 5 min read
Un vrai argument, et un faux. Oui, dans le cadre d'une relation transatlantique qui ne va pas disparaitre (parce que l'océan est là), les USA et l'Europe ont "besoin" de forger une alliance sure et honnête. Non, l'Europe n'a pas "besoin" des USA pour se défendre seule. 2/ Cet argument selon lequel les Européens seraient "incapables" de prendre leur destin en main et qu'ils auraient "naturellement et pour toujours" besoin des Américains pour être non seulement des alliés, mais aussi des protecteurs et des leaders est un des plus dangereux qui soit.
Jan 22 17 tweets 4 min read
Intéressant passage de @ThierryBreton ce matin chez @guillaumeerner. Globalement en phase. Un point de désaccord : l'idée que "les Européens n'ont plus d'amis"... C'est un raccourci qui fait fi de l'héritage juridique occidental, unique au monde. 1/

radiofrance.fr/franceculture/… Pour le dire simplement, nous restons proches des démocraties de la "rule of law", qui placent le gouvernement par les lois au dessus des hommes et de leurs fidélités personnelles. C'est l'héritage de la tradition juridique occidentale, issue de notre longue histoire. 2/
Jan 17 21 tweets 4 min read
Le coup de pression de Trump sur les tarifs douaniers imposés aux pays qui résistent à l'annexion du Groenland est la suite logique de la recherche d'une fracturation de l'Union européenne. Tout comme Poutine, Trump veut détruire l'OTAN et l'UE. 1/ Image Parce que ce sont des organisations démocratiques qui fonctionnent sur un principe d'égalité et de respect, qui rendent collectivement forts les faibles sans "domination" (mais avec un "leadership") des grands, elles sont les ennemies des empires brutaux. 2/
Jan 17 14 tweets 3 min read
Si le Canada confirme un "alignement" durable avec la Chine, c'est un exemple de plus du réflexe des "petits" pays (sur le plan de la puissance) qui se cherchent des "garants et protecteurs forts" contre les menaces. 1/ Je pense que nos amis Canadiens ont bien compris que si le Groenland tombe dans l'escarcelle américaine, ils sont les prochains sur le menu impérialiste américain. Après-tout, les Etats-Unis ont, de longue date, essayé de "prendre" le Canada, aux XVIIIe et XIXe siècles. 2/
Jan 16 21 tweets 4 min read
Toujours le même dialogue de sourd entre l’État et les industriels de l'armement (terrestre) : l’État leur reproche de ne pas prendre de risques, ils lui répondent qu'il ne commande pas assez. On n'en sort pas. Pour de bonnes raisons : 🧶 1/ Je dis "terrestre", parce que pour l'aérien et le naval, les choses vont plutôt bien : le Rafale s'exporte. Malgré des échecs, Naval Group va plutôt bien. De toute façon les solutions nationales pour le naval et l'aérien - très liées à la dissuasion - auront toujours la main. 2/
Jan 14 24 tweets 5 min read
C'est vrai. Comme je l'ai déjà écrit ici, la faiblesse relative du soutien militaire français à l'Ukraine, en termes financiers, restera pour beaucoup, dont je fais partie, comme une honte nationale au regard des enjeux de sécurité en Europe. 1/ Et c'est vrai, aussi, cette faiblesse, par rapport à l'engagement d'autres pays européens, nous coute en termes d'influence en Europe. Nous sommes moins audibles, parce que nous faisons peu, en comparaison des autres et au regard de notre richesse nationale. 2/
Jan 13 16 tweets 3 min read
Classique "produire en Europe c'est long, on a besoin d'armes vite". Argument qui, s'il comporte une part de vérité, sert surtout depuis trois ans à ne pas engager d'effort industriel en Europe. Et en France nous ne sommes pas immunisés. 1/ Vis à vis de l'Ukraine, en France, pas mal d'analystes (dont ma pomme, mais aussi @MICHELYohann, @JosephHenrotin, @Michel_Goya, @VincentTourret et pas mal d'autres) ont dit, fin 2022, "ça va durer, il faut un effort industriel massif en Europe". 2/
Jan 13 25 tweets 5 min read
L'attitude française à propos des crédits européens à dépenser ou non aux Etats-Unis pour armer l'Ukraine fait débat... C'est, en cette période de crise du Groenland, un excellent révélateur des modes de pensée profonds en Europe. 1/ Le fait que des pays européens soutiennent, en ce moment, qu'il faut continuer à armer l'Ukraine massivement avec des armes américaines achetées - plus cher que le prix du marché - avec de l'argent européen montre à quel point la soumission à Washington va au delà du rationnel.2/
Jan 9 13 tweets 3 min read
Je crois que si les Européens veulent sauver le droit international, il faut qu'ils retrouvent l'articulation "le droit ET la force" et qu'ils reconstruisent un vieux réflexe européen face aux prétentions hégémoniques : la coalition des faibles, plutôt que la soumission. 1/ Finalement, en Europe, on a "co-construit" pas mal d'éléments modernes du droit international et de l’État de droit dans un contexte de guerres fréquentes (au moins sur le continent - outremer on a été très créatifs pour ne pas se brider, hélas, avec notre propre droit). 2/
Jan 6 25 tweets 5 min read
Alors oui, certes, on n'est plus en 1867. Mais malheureusement, on n'est plus en 1945 non plus : le compromis de l'ONU se fissure largement, De manière croissante, des dirigeants de grandes puissances ne voient plus pourquoi ils restreindraient leur force au nom de principes. 1/ Le compromis de l'ONU de 1945 est une fiction intellectuelle qui était désirable et - nous le pensons encore en Europe - efficace, légitime et utile. Elle consiste à se faire une promesse de cour de récréation : "on dit que" tous les États sont souverains et respectables. 2/
Jan 5 18 tweets 3 min read
La question du Groenland doit être abordée avec lucidité, sans panique, sans "copier coller" l'analyse d'autres territoires. Les exigences de Trump sont un test pour ses protégés européens. Il faut avoir conscience des conséquences de nos réactions. 1/ D'abord, à ce stade, l'invasion et l'annexion américaine par la force semble peu probable. Pas mal de verrous existent encore, y compris au Congrès, pour empêcher l'administration Trump de s'en prendre au territoire d'un allié des Etats-Unis. 2/
Jan 4 22 tweets 4 min read
Au delà de nos réactions politiques face à la violation du droit international par les Etats-Unis, il faut s’intéresser aux démonstrations de puissance que ce pays a mené, par deux fois cette année, en Iran et au Venezuela. C'est à la fois "beaucoup et peu". 1/ Il y a une similitude assez frappante avec les actions que menait le Royaume Uni pendant la "pax Britannica" du XIXe siècle. Les Etats-Unis ont démontré, cette année, un niveau de coordination, de planification, de supériorité technologique et opérationnelle très net. 2/
Dec 11, 2025 25 tweets 5 min read
Ces vidéos d'attaque par des drones de surface ukrainiens contre un pétrolier de la flotte fantôme russe battant pavillon comorien en Mer Noire sont très intéressantes pour évaluer les modes d'action, depuis les aspects techniques jusqu'aux aspects doctrinaux et politiques. 1/ 🧶 Sur le plan tactique, les drones employés sont relativement petits (quelques mètres) et opèrent manifestement en groupe (3 ou 4 engins ?) Ils transmettent de la vidéo en temps réel (puisqu'on la reçoit jusqu'à l'explosion). Ce qui veut dire qu'ils sont à portée de télécontrôle.2/
Dec 9, 2025 25 tweets 4 min read
Rapidement, mes deux cents sur la stratégie nationale de sécurité américaine que tout le monde commente :
1) je crois que @GerardAraud a raison de rappeler que certaines opinions qui sont dans ce document sont très anciennes et qu'elles représentent une tendance importante... 1/ ...importante mais pas unique de la pensée américaine en matière de relations extérieures. L'implication américaine en Europe est récente à l'échelle de l'histoire : ils sont en Asie de manière continue depuis 1898 (Philippines), en Europe depuis 1917 et en permanence depuis 1949
Dec 2, 2025 7 tweets 2 min read
Oui. Je l'ai vu comme élu local et je le vis comme habitant d'une zone rurale : le recrutement de la fonction publique territoriale est hors de contrôle. Il sert à faire vivre les "baronnies de province", au détriment des vrais services publics. 1/ Chaque fois qu'une communauté de commune récupère une nouvelle "tâche à faire", c'est l'occasion de nouveaux recrutements. C'est une véritable pyramide de Ponzi qui aspire les "chargés de mission", avec toute une verticale du contrôle et du management inefficace. 2/
Dec 2, 2025 21 tweets 4 min read
Il ne faut pas sous-estimer l'impact que ce conflit aura sur l'avenir des études stratégiques en France. Qu'un chercheur aussi respecté jadis que BB en vienne à se positionner aussi frontalement et avec autant d'assurance et constance en opposition au consensus de l'OSINT...1/ ...montre que la compromission avec le narratif de Moscou infuse profondément le monde académique (et, au delà, une partie de l'administration, soyons lucides). Il ne s'agit pas d'ailleurs de dire que l'armée ukrainienne ne souffre pas. Mais ce que colporte BB est autre. 2/
Nov 20, 2025 26 tweets 6 min read
Grosse, mais alors très grosses foutaises que ces réactions outrées aux propos du @CEMAT_FR devant les maires de France.
La stratégie de défense a été définie par les autorités politiques. Conformément à la Constitution. C'est dans la Revue Nationale Stratégique. 1/ Image Le CEMA ne dit rien de plus que ce qui est dans la RNS : la Russie nous est hostile, elle agresse déjà le continent européen. 2/
sgdsn.gouv.fr/files/2025-08/…Image
Nov 18, 2025 25 tweets 5 min read
Rafale en Ukraine : "oui, mais"...
L'annonce de la signature d'une lettre d'intention pour ouvrir la négociation d'achat du Rafale par l'Ukraine, avec une cible pouvant aller jusqu'à 100 appareils est une excellente nouvelle. Elle est logique, mais comporte de nombreux défis.🧶1/ Image Elle succède à une même annonce pour 150 avions suédois "Gripen". Pourquoi ?
En fait, l'Ukraine prépare l'après-guerre. Dans 1 ou 2 ans (le plus tôt sera le mieux), une fois le pays sinon en paix au moins sécurisé, il faudra reconstruire et rationaliser l'armée ukrainienne. 2/