Francesca Gee Profile picture
Journaliste. Enquêtrice. Lanceuse d'alerte. Le Scandale du consentement. Les secrets de l'Affaire Matzneff-Springora (2024) https://t.co/4yXtH1r5Bl
Jun 16, 2024 5 tweets 5 min read
Ce que Libé ne vous dira pas sur l’affaire du 97, rue du Bac
L’enquête sur les cinq hommes accusés de viols et tortures en réunion sur de tout petits enfants au 97, rue du Bac, est fascinante à plusieurs titres : elle part dans les directions les plus inattendues.
Il est question de vices privés mais surtout de machinations politiques dès la fin de la 2e guerre mondiale, qui ont façonné en coulisses la France d’aujourd’hui.
Il est question (désolée @CheckNews) de la Commission Trilatérale et du Club Bilderberg, de réseaux de pouvoir encore bien en place, de sodomie, d’adoptions illégales et de GPA, d’art et de littérature, de l’Antiquité et de la Renaissance mais il est question, surtout, d’ésotérisme et de religion.
Et ce volet là, je doute fort que Libé l’aborde. Dans le premier volet de son enquête est évoquée « une communauté de pensée, fondée sur de pseudo-références gréco-romaines, et prônant l’émancipation sexuelle des enfants par l’adulte».
En fait il s’agit d’une secte en bonne et due forme, en plein Saint-Germain-des-Prés, mais comment Libé pourrait-il évoquer les liens profonds entre la politique et l’ésotérisme le plus malsain?
L’une des choses que le journal de Dov Alfon ne vous dira jamais, ayant décidé une fois pour toutes que je dois rester invisible, c’est que du 15 décembre 2022 à la mi-septembre 2023 j’ai enquêté main dans la main avec Inès Chatin, qui était l’un de ces enfants et qui a porté l’affaire devant la justice. On reviendra peut-être plus tard sur le comment et le pourquoi.
J’y ai consacré beaucoup de temps et d’efforts. Parce que j’étais touchée par l’histoire d’Inès, mais aussi parce que le dossier m’a passionnée. Ayant moi-même eu mon existence dévastée par Matzneff et sa « bande », j’avais enfin l’impression qu'une réponse était à ma portée.
Tout cela, j'ai l'intention de le détailler peu à peu, car le dossier est très compliqué, ici même puis dans un livre en préparation mais dont j'ai trouvé depuis longtemps le titre : Janus et Saturne.
En attendant, je vous propose quelques images, sur ce post et à sa suite, dans le désordre, en guise d'introduction.Image
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Jun 14, 2024 6 tweets 5 min read
François Pinault et la « culture » du viol d’enfants

Il était une fois un milliardaire qui s’appelait François Pinault. Il était propriétaire de deux sociétés, parmi beaucoup d’autres.
L'une était une maison de haute couture, Balenciaga. Elle avait soudoyé certains de ses employés pour qu’ils mettent à disposition leurs enfants : quatre petites filles et deux petits garçons. La plus jeune avait trois ans, le plus âgé en avait six.
On leur a mis dans les bras des oursons en peluche portant des traces de torture, on les a fait poser dans un décor d'orgie. Devant un grand photographe bien sûr, pour une campagne publicitaire.
L'autre société était une maison de vente aux enchères qui s'appelait Christie’s, elle vendait les œuvres de deux célèbres artistes collectionnés par M. Pinault, les frères Chapman. Des sculpteurs qui fabriquent des enfants avec un pénis en guise de nez et un anus à la place de la bouche. C’est de l’art, figurez-vous. M. Pinault est un esthète.
x.com/MeghansMole/st…
M. Pinault possède aussi (et là je passe au présent de l’indicatif, puisqu’on est dans l’actualité la plus brûlante) un hebdomadaire qui s’appelle Le Point.
L’un de ses fondateurs, Claude Imbert, et deux de ses chroniqueurs les plus illustres (Jean-François Revel et Gabriel Matzneff) sont aujourd’hui accusés de viol en réunion avec tortures sur plusieurs enfants, dont la plus jeune n’avait que quatre ans.
M. Pinault a un très grand ami, qu’il considère comme un fils : Bernard-Henri Lévy. Lui aussi a une chronique au Point, lui aussi apprécie l’art des frères Chapman et lui aussi protège Gabriel Matzneff. À part ça, Lévy est directeur de collection aux Éditions Grasset qui, en 2004 m’ont empêchée de publier un livre expliquant qui est Matzneff, ce que BHL depuis ne cesse de me faire payer. Que voulez-vous, l’heure des révélations n’avait pas encore sonné.
M. Pinault a un autre ami très important et très proche, un ancien ministre de la Culture qui s'appelle Jean-Jacques @aillagon. Quand Matzneff s’est plaint de vieillir seul et pauvre, Aillagon est intervenu pour lui faire obtenir une bourse, financée par le gouvernement.
Le cercle de ces messieurs comptait un autre proche, un socialiste mitterrandien, qui n’avait pas peur d’appeler les choses par leur nom : « Nous sommes un clan, c'est clair, un peu à la façon d'une franc-maçonnerie ».
Pierre Bergé bien sûr, qui quatre ans durant a payé la note de la chambre d’hôtel où Matzneff recevait d’innombrables mineures, à côté de la brasserie Lipp.
En 1999 l’omniprésent M. Pinault acquiert la maison de couture créée par Bergé et son compagnon Yves Saint Laurent. Oui, l’auteur de La Vilaine Lulu : cette bande dessinée qui ne parle que tortures, pédophilie et meurtres d’enfants.
Comme Balenciaga, YSL fait de la publicité en montrant un enfant, tatoué, l’air terrifié. Un enfant esclave ? Métis en tout cas, comme Inès Chatin, qui vient de porter plainte contre les luminaires du Point.Image Merci à @InesAder pour cette belle photo.
Jun 13, 2024 5 tweets 3 min read
Ce que l'on comprend tout de suite, en lisant la première livraison de l'enquête de Libé sur "la secte de la rue du bac" (c'est moi qui l'appelle la secte, eux parlent de réseau) c'est que l'hebdo Le Point, propriété de François #Pinault, est concerné au premier chef par cette affaire.
Tout d'abord parce que l'un des fondateurs, Claude Imbert est accusé nommément par la victime, Inès Chatin ; c'était un très proche ami de Matzneff, mentionné à plusieurs reprises dans les volumes récents de son Journal "intime".
Jean-François #Revel, dont le fils Matthieu Ricard, interprète du Dalaï Lama, a aussi été mis en cause dans des affaires de mœurs, était un autre pilier de l'hebdomadaire.
Le Point héberge aussi la chronique hebdomadaire de Bernard-Henri Lévy, pilier des éditions Grasset et autre protecteur de longue date de Matzneff.
Le Point a été fondé, en 1972, pour soutenir la candidature de Valéry Giscard d'Estaing, qui deux ans plus tard sera élu président de la République ...
(à suivre) 2)
Or le Dr Lemaire, le beau-père d'Inès, était l'un des fondateurs du Club Perspectives et Réalités, qui lui aussi servait à promouvoir l'action de Giscard, comme ministre puis comme candidat à l'élection présidentielle.
Il est donc logique que tout ce petit monde se soit retrouvé aux dîners du 97 rue du Bac, aux before et aux after.
Quand à Simon Nora, alors patron du groupe Hachette et père d'Olivier Nora (l'éditeur de Vanessa Springora aux éditions Grasset, qui sont la "marque de prestige" de Hachette, aujourd'hui Lagardère ) c'est lui qui a financé le lancement du Point. (Ni l'un ni l'autre ne sont mis en cause dans les dîners chez Lemaire ou Gibault.
(à suivre)Image
Jan 24, 2022 11 tweets 7 min read
#ProtégeonsNatachaRey
1)
Au lieu de porter plainte contre la diffusion de la rumeur #JeanMichelTrogneux, les services présidentiels semblent avoir choisi une autre tactique: le harcèlement de Natacha Rey et de ses proches par la police. 2) Les avocats de Brigitte Macron ont laissé passer le délai légal sans lancer des poursuites contre les 4 premiers numéros de @faitsetdocs sur #BrigitteMacron et #JeanMichelTrogneux. D'ici quelques jours le délai pour poursuivre le 5e et dernier s'achève.
#ProtégeonsNatachaRey