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Indépendamment de considérations pratiques, ma conscience de la nature essentielle du judaïsme résiste à l’idée d’un État juif avec des frontières, une armée et un pouvoir temporel. »
C'est son fils, Jean-Pierre Saïd, qui a consacré une grande partie de sa vie à témoigner du courage de sa mère (et de son cousin Pierre Ghenassia). Lui-même imprégné des combats de sa mère, il sera interné au camp de Lodi en 56. Nous y reviendrons...
Pour tous ceux qui tiennent comme un fait établi le prétendu antagonisme de nos origines religieuses, je voudrais qu’on le sache : Hadj est mort, refusant d’abandonner ses blessés. C’était un frère et nous l’avons pleuré."
"Taous", son nom au maquis, signifie "Paon" en Arabe et en Berbère. Raymonde Peschard, tout comme le paon déploie ses plumes aux couleurs multiples, a déployé une identité où sa judéité, sa culture arabe et son ancrage berbère ne faisaient qu'un.
Par ces mots, El Maleh brise la logique sioniste de deux manières. Premièrement, il ne met pas sa "judéité" au-dessus de son "arabité". Les deux sont soudées par la langue maternelle, l'arabe, et la langue française.
Le sionisme a voulu nous faire croire que nous n'étions pas chez nous ici ; moi, j'ai choisi de prouver par ma vie que l'on peut être juif et mourir pour l'Algérie."
Pendant des décennies, les lecteurs du grand poète palestinien Mahmoud Darwish se sont interrogés sur l'identité de "Rita", la femme juive aimée dont il parlait dans ses poèmes les plus célèbres, notamment « Rita et le fusil » (écrit en 1967).
Âme intellectuelle du Brit Shalom (Alliance pour la Paix), fondé en 1925, Buber est un homme profondément inquiet en 1948. Ce n'est pas qu'il souhaite la défaite des Juifs, mais il voit son idéal de cohabitation binationale s'effondrer sous le poids de la guerre.
Dans le fracas de 1948, alors que son nom devenait un État, Marcel Israël choisissait de rester un citoyen de la vallée du Nil, prouvant que l'on peut porter le nom d'un pays tout en refusant d'en être le sujet.
Pour ce juif orthodoxe, le danger n’était pas seulement l’occupation des territoires, mais la gangrène spirituelle d'un peuple qui, à force de sacraliser sa terre et sa puissance militaire, risquait d'en oublier son humanité.
Des légendes racontent que certains de ses messages étaient roulés en minuscules boulettes, enrobés de plastique, et passés de bouche à bouche lors d'un baiser entre le prisonnier et son épouse.
Georges Adda naît à Tunis en 1916, au sein d'une famille juive commerçante. Frappé par l'injustice du système du Protectorat et contrairement à une partie de l'élite juive qui cherche le salut dans l'assimilation à la 🇫🇷, il se tourne vers les cercles ouvriers.
Pour lui, en voulant créer un État juif séparé et fortifié, Israël recréait paradoxalement une forme de "ghetto volontaire" au milieu d'un monde arabe. Cette phrase me rappelle ma grand-mère qui, au moment de quitter la Tunisie, a refusé d'aller en Israël.
Pour cet aristocrate rouge né au Caire, être Juif n'était pas une appartenance nationale, mais un impératif moral : celui de refuser l'injustice, même — et surtout — lorsqu'elle était commise au nom des siens.
Sion Assidon n'est pas seulement un militant pro-palestinien, c'est d'abord un opposant historique au régime de Hassan II. Il a été l'un des cadres de l'organisation Ila al-Amame, et aura passé 12 ans derrière les barreaux (1972 à 1984) pour ses idées politiques, comme Serfaty.
Né dans une famille juive aisée de Tanger installée à Casablanca, il se confronte très tôt à l'injustice coloniale. Il se heurte, très jeune, au contraste entre les salons feutrés de la bourgeoisie et la poussière des bidonvilles qui commencent à ceinturer la ville.
"Le sionisme a obligé les Juifs orientaux à choisir entre leur "judéité" et leur "arabité", deux éléments qui, pendant des siècles, avaient pourtant coexisté de manière organique." écrit-elle dans "Le sionisme du point de vue de ses victimes juives"
Finkelstein incarne une voix qui dénonce l'exploitation du génocide et qui veut redonner au mot 'justice' son universalité, quitte à devenir le paria de sa propre communauté.
Alice Cherki a été l'élève et la collaboratrice de Fanon à l'hôpital de Blida-Joinville. Elle écrit une biographie de Frantz Fanon : "Portrait", où elle analyse comment la colonisation crée une pathologie mentale chez le colonisé (et le colonisateur).
En défendant les indépendantistes algériens ou en dénonçant le sort des Palestiniens, elle n'a pas trahi ses racines, elle en a porté l'éthique. Pour elle, la mémoire des persécutions passées imposait une exigence absolue : ne jamais devenir, à son tour, le colonisateur.
Son parcours en prison et dans les rues de Jérusalem dessine une voie : celle d'un État libéré de ses propres ghettos mentaux.