Petit point sur les déchets nucléaires car je n'arrête pas de lire des bêtises à ce sujet. Non, ils ne représentent pas un danger pour la planète (contrairement au CO2, qui est l'un des déchets du charbon, du pétrole et du gaz naturel). Explications.
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Fin 2016, il y avait 3250 m3 de déchets de haute activité (HA) issus de l'industrie électronucléaire en France.[1] C'est moins que le volume d'une piscine olympique (3750 m3), pour 50 ans de production d'#électricité...
Source : Inventaire ANDRA, p 37
inventaire.andra.fr/sites/default/…
Ces déchets ont été retraités à l'usine @Oranogroup de la Hague pour en retirer le plutonium (Pu), 1er contributeur à la radiotoxicité de long-terme des combustibles usagés, puis vitrifiés dans des conteneurs en inox comme celui en photo.
Sans Pu (qui sert à refaire du combustible), l'activité de ces verres retombe au niveau de celle du minerai naturel d'uranium au bout de 10 000 ans (et pas 100 000 ans, ce qui serait le cas si on arrêtait le retraitement, comme le demande @greenpeacefr...).
Certes, 10 000 ans ça reste beaucoup. Cela dit les verres sont très stables dans le temps (voir la photo du bracelet* ci-dessous, retrouvé dans la Marne et qui a 2500 ans).
* Bracelet en perles de verre, nécropole de Prosnes (Marne), - 500 av J. C fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_…
Dans 10 000 ans, les verres de déchets stockés à 500 m de profondeur dans une couche d'argile étanche et géologiquement stable n'auront ni bougé ni été altérés.
Photo : schéma du projet de stockage CIGEO de l'@Andra_France
En outre, les colis vitrifiés dans des conteneurs en inox seront stockés dans un suremballage en acier noir (oui, c'est vraiment bien emballé ; contrairement à ce qu'aiment faire croire certaines ONG, les déchets nucléaires sont gérés sérieusement).
Revenons sur la "durée de vie" des déchets issus du combustible usé (autrement dit, la durée nécessaire pour qu'ils retrouvent l'activité du minerai naturel d'uranium). Elle dépend de la stratégie de gestion des combustibles. Voir le graphique ci-dessous.
La courbe bleue correspond à la stratégie sans retraitement, dans laquelle on stocke directement le combustible usagé, non vitrifié donc bien moins stable dans le temps, sans retirer le plutonium pour refaire du combustible.
La courbe rouge correspond à la stratégie française. On retraite le combustible usagé pour retirer le plutonium et l'uranium (qui représentent 96% de la masse et servent à refaire du combustible) et on vitrifie le reste dans des conteneurs en inox (voir photo plus haut).
La courbe noire intitulée "Fission products" correspond à un retraitement poussé dans lequel on ôte les actinides mineurs en plus de l'uranium et du plutonium. Cette stratégie suppose de disposer de réacteurs à neutrons rapides pour pouvoir consommer ces actinides mineurs.
C'est faisable, et on a failli le faire. La France a en effet exploité des réacteurs expérimentaux (Phénix et Superphénix notamment) mais cette voie a été abandonnée par Jospin qui a fait fermer le réacteur Superphénix en 1997 pour s'assurer le soutien des Verts...
@laydgeur @TristanKamin @ValerieFaudon @MartinBoissavit @boris_lengoc @cecile_crampon @bcassoret ça peut vous intéresser.
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