Thomas Branthôme Profile picture
Historien du droit et des idées politiques • Droit, Histoire, Science Politique, Théorie & Littérature, évidemment...

Oct 4, 2019, 7 tweets

B. Constant - Adolphe (1816)

Poursuite des « Vendredi lecture » sur la généalogie du romantisme en France, avec le plus grand roman de Benjamin Constant.
#VendrediLecture #Romantisme
#BenjaminConstant

On connaît surtout Constant pour son œuvre philosophique qui le place au Panthéon des penseurs français du libéralisme avec Montesquieu, Guizot, Toqueville, J. Simon, Laboulaye et Aron. Mais il est aussi l’auteur d’un roman puissant: Adolphe.

« Adolphe » commence par un récit dans la lignée des œuvres romantiques classiques, centrée sur un jeune homme habitée de questions, de doute mais aussi du désir d’investir le monde.

Déjà l’image de « l’élévation », de la « carrière » et de l’ambition qu’on trouvera si parfaitement décrite par Balzac et Stendhal est là. Dans ces conditions, le sentiment amoureux reste assujéti - de façon consciente ou inconsciente - à cette volonté d’élévation.

On pense bien sûr à ce qui deviendra Julien Sorel dans « Le rouge et le noir » mais aussi à Constant lui-même au regard de son rapport à Mme de Stael et de son entrée dans le « Monde » et la « société » du Directoire en 1795.

Il y a aussi et surtout dans ce livre une interrogation pré-romantique sur ceux qui sont en fait « amoureux de l’amour » ou encore ceux pour qui la construction du sentiment relève en fait de la « conquête ». Sur le rapport à la souffrance et au sacrifice aussi.

Face sombre du romantisme - Je ne dis pas comment le livre termine! -, « Adolphe » anticipe déjà les lendemains « désenchantés » du romantisme que décriront si bien Flaubert puis Tostoï.

Un très beau livre, dur et pourtant infiniment profond.

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