Ferghane Azihari 🌐 Profile picture
DG @Acadelibre Auteur 📚 Les écologistes contre la modernité ; L'Islam contre la modernité @PressesdelaCite Chroniqueur au Figaro Magazine et sur France Info TV

Dec 20, 2019, 17 tweets

L'Autorité sanctionne Google à hauteur de 150 M€ pour abus de position dominante. Beaucoup se félicitent de cette décision qui illustre pourtant une fois de plus l'arbitraire des pouvoirs publics vis-à-vis des plateformes. #Thread
autoritedelaconcurrence.fr/fr/communiques… via @Adlc_

Une entreprise (GibMedia) se plaint auprès des autorités car elle considère que Google a interrompu brutalement son accès à sa régie publicitaire. Google reprochait à Gibmedia de ne pas respecter son réglement AdWord et d'exposer le consommateur à des risques de surfacturation.

Or, nous dit l'autorité de la concurrence, la sanction de Google fut arbitraire, discrétionnaire et incohérente avec son comportement vis-à-vis d'autres acteurs commerciaux qui auraient peu ou prou les mêmes pratiques que Gibmedia.

En admettant même une éventuelle incohérence de Google, on ne voit pas en quoi cela mériterait une quelconque répression administrative. Si Google évalue mal ses opportunités de business et échoue à maximiser son chiffre d'affaires, c'est son problème.

Par ailleurs, un média devrait être capable de revendiquer une totale souveraineté sur sa plateforme et de choisir ses annonceurs, indépendamment de ses parts de marché. C'est une question de liberté d'entreprendre et de liberté éditoriale.

Comment réagiraient les journaux traditionnels s'ils étaient contraints de faire la publicité de firmes qui n'ont pas leur confiance pour X ou Y raison ? La neutralité à laquelle l'Autorité de la concurrence aspire dans sa décision n'existe nulle part. C'est une fiction.

Maintenant, une régie publicitaire n'a aucun intérêt à se priver d'un annonceur arbitrairement, sauf si cet annonceur est soupçonné de faire peser un risque sur le consommateur lambda.

Or GIBmedia avait visiblement une réputation controversée sur le net. Des associations de consommateurs accusaient la firme de pratiquer un modèle de tarification opaque. Et à en juger les forums, des internautes se plaignaient d'une surfacturation qu'ils ne comprennaient pas.

Google a donc jugé utile d'intervenir pour protéger ses autres clients (les internautes), ce que lui reproche visiblement l'autorité de la concurrence. On réalise l'hypocrisie de cette décision quand on observe l'atmosphère ambiante.

Google a-t-il agi intelligemment ? Difficile de le dire a priori. Toutefois, un annonceur qui pleure dans les jupons du régulateur car il n'arrive pas à inspirer la confiance d'une plateforme qui n'a a priori aucun intérêt à l'exclure ne peut que laisser perplexe.

Au-delà du problème de fond, la décision de l'autorité de la concurrence révèle une certaine hypocrisie des pouvoirs publics vis-à-vis des plateformes.

D'un côté, on accuse les GAFA d'être trop laxistes avec les fakes news et de manquer d'autorité. On est même en train de voter une loi qui les contraindra, sous peine d'amende, à censurer des contenus sur la base d'un pouvoir discrétionnaire.

De l'autre, on leur reproche une fonction de régulation consubstantielle au fait d'être propriétaire d'une plateforme biface, où se rencontrent des internautes lambda et des annonceurs désireux d'attirer leur attention.

Difficile d'y voir une décision raisonnée dans un contexte de populisme ambiant vis-à-vis des grandes firmes du numérique.

Encore plus quand le président d'une autorité administrative indépendante s'amuse d'une sanction de ses homologues en public.

Qui dans ces conditions fait peser le plus grand risque d'insécurité juridique sur les entreprises numériques ? Une régie publicitaire qui a tout intérêt à user de son pouvoir de sanction avec modération pour ne pas perdre inutilement des clients ?

Ou des régulateurs en roue libre dotés d'un large pouvoir d'appréciation pour sanctionner de prétendus abus de position dominante ?

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