Bon, je tente un débrief des échanges de ce soir. L'objet de la réunion publique était, pour faire simple, les produits phytosanitaires et les riverains, mais le sujet vaut bien un #Thread vu sa complexité...
Ce soir, à la Chambre d'Agriculture, étaient invités des agriculteurs, des citoyens, enfin tout le monde, pour parler Charte départementale d'engagement des utilisateurs de produits phytopharmaceutiques.
On peut déjà saluer la présence de nombreux agriculteurs d'Indre et Loire et d'au moins un riverain ! Je me permet de résumer ici les échanges, si ça peut être utile pour d'autres réunions réunissant riverains et agriculteurs...
On peut remercier "le riverain" de sa présence et de son courage. Mine de rien il faut oser venir à la Chambre d'Agriculture poser des questions sur "les phytos" dans une salle composée majoritairement d'agriculteurs, sa question a pu déclencher les échanges.
Je ne reviens pas sur l'usage des phytos et leur utilité, je pense que j'aborde suffisamment le sujet ici et vais me pencher sur la question du bon voisinage.
Car là est LE sujet.
S'entendre, se comprendre "des deux côtés de la clôture" comme cela a été dit.
La situation a été bien résumée par 4 interventions que je vais essayer de résumer, avec, ici, en intervenants :
- Le riverain
- L'agrie intimidée par ses riverains,
- L'agri transparent, et
- Le chercheur retraité qui regarde tout ça en prenant de la hauteur.
D'ailleurs il va vraiment falloir trouver un autre nom pour "les riverains" parce qu'à résumer le sujet à "Riverains VS Agris" on simplifie les choses et la réalité n'est jamais si simple... disons, le voisin. C'est quand même plus sympa !
Le voisin donc, demande, quelle est la distance de sécurité, et quels sont les recours en cas de non-respect.
Après tout, oui, il n'a pas épluché les 3 décrets et les 25 textes sur 0, 3, 5, 10 ou 20m. Les décrets sont sortis, il peut donc légitimement se poser la question !
Le président de la Chambre lui répond que cela dépend du produit utilisé, de la technique de pulvérisation et de la culture implantée. Technique, clair, synthétique et fondé, mais flou pour le voisin ! Il s'en fout de savoir que cela dépend du produit...
2ème intervention, par une agricultrice qui visiblement a de gros soucis sur une parcelle, à cause du voisinage qui lui exige une transparence dépassant l'entendement, et lui intime même l'ordre de semer telle ou telle culture sur les 24m de large le long de la clôture...
Visiblement, cette situation est très difficile à vivre pour cette agricultrice, qui est démunie face à ses voisins. Et c'est là que ceux qui expliquent que l'#agribashing n'existe pas m'énervent... qu'ils aillent passer une saison avec cette agricultrice...
3ème intervention par un agriculteur, confronté depuis longtemps à ces sujets par sa situation géographique péri-urbaine et qui est dans une démarche de bon voisinage, très poussée : traitements à des horaires ne gênant pas, communication avec les voisins...
et insistant sur le fait que, oui, il faut communiquer, sur les bonnes pratiques, que lui, dans sa situation n'a pas le choix que de de répondre aux questions qui lui sont posées. Rien n'est "jamais tout blanc ou tout noir, mais le gris c'est difficile à expliquer !"
Et dernière intervention résumant les échanges de la soirée, celle d'un chercheur retraité. Il est à la retraite depuis un peu plus de 20 ans. J'imagine qu'il a bien observé les transitions des agricultures en France depuis quelques décennies. Et ce monsieur met le doigt dessus..
Il met le doigt sur : "La peur !" et en effet, ce sentiment était présent dans toutes les interventions, sans trop y paraître, mais la peur était présente. Le voisin a peur des pulvérisations, comme les voisins de cette agricultrice, elle même apeurée par leur réaction !
L'agriculteur "péri-urbain" a saisi la chose depuis un moment et communique, explique ce qu'il fait, pourquoi il le fait, et cela semble désamorcer un paquet de situations a priori complexes. Donc, en effet, il y a une incompréhension.
Il existe une méconnaissance de ce qui se passe "de l'autre côté de la clôture" et des deux côtés.
Le voisin se demande ce qu'il se passe à 0,01m de sa propriété, et l'agri se demande pourquoi ce voisin le regarde bizarrement. Dans tous les cas, cela mène à la peur...
Et même Yoda l'a dit, "La peur mène à la colère, la colère mène à la haine, la haine mène à la souffrance" Donc autant éviter ça, non?
Donc une fois de plus, un peu grâce au membre de @Fragritwittos assis à côté de moi, j'ai compris qu'il faut communiquer. Calmement, expliquer, dire ce que l'on fait, pourquoi et comment. Oui c'est compliqué, mais c'est utile et sera peut être bientôt indispensable...
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