1. Le procureur général du roi près la Cour d’appel de Laâyoune, vient d'ordonner l’ouverture d’une enquête après l'organisation par l'activiste sahraouie Aminatou Haidar du congrès constitutif de "l'instance sahraouie contre l'occupation marocaine".👇
m.le360.ma/politique/sepa…
2. Le procureur va prendre, nous dit-on, les mesures "juridiques adéquates" pour contrer cette "atteinte à l'unité territoriale" par ces "séparatistes".
Ça, c'est l'information brute que nous desservent les officines du régime.
Et gare à ceux qui s'écarteraient du scénario.
3. Sauf que, et c'est le point essentiel, personne ne signale que ces Sahraouis, Haidar et compagnie, diffusent le même discours depuis des décennies, à l'intérieur comme à l'extérieur du Maroc.
Dans toutes les langues et au su et au vu de tout le monde.
4. Plus encore, chaque année, des Sahraouis identifiés par la police, qui transmet leurs noms en ordre d'importance à sa presse affidée, se rendent à Tindouf où ils participent comme cadres ou simples militants aux congrès et réunions du Front Polisario.
fr.le360.ma/politique/saha…
5. Et ils ne s'en cachent pas. Ils passent en groupes consistants par l'aéroport de Laâyoune, puis par celui de Casablanca, avant de prendre la direction de l'Algérie.
Oui mais, il ne s'agissait pas de la création d'une "association séparatiste" à Laâyoune ? me rétorquera-t-on.
6. Et l’Association sahraouie des victimes des violations des droits humains (ASVVDH), fondée et dirigée par le "séparatiste" Brahim Dahan, et reconnue officiellement par l'État marocain en 2015, n'est-elle pas une "association séparatiste", légale celle-là ?
7. Et la CODESA (Collectif des défenseurs sahraouis des droits humains), n'était-il pas jusqu'à sa dissolution par sa présidente, Aminatou Haidar, au début du mois de septembre, une "association séparatiste" tolérée par les autorités marocaines ?
8. La question donc est : pourquoi c'est seulement aujourd'hui que le procureur général de Laâyoune prend les mesures "juridiques adéquates" ?
Il n'y avait pas de procureur général à Laâyoune avant ?
9. Ce qui se passe, c'est que la dissolution de la CODESA par Haidar est la conséquence logique d'une vieille lutte intestine entre deux responsables de ce collectif. Deux anciens prisonniers politiques qui sont deux fortes têtes.
La propre Aminatou Haidar et Ali Salem Tamek.
10. On avance dans certains cercles sahraouis que contrairement à Tamek, qui est un cadre revendiqué et assumé du Front Polisario, Haidar a toujours refusé de se plier aux diktats des instances polisariennes de Tindouf.
Une indépendance très mal vue par 1 partie de ses troupes.
11. Dans cette guéguerre, plus pour semer la zizanie que par noyautage, le Makhzen a choisi son camp.
En dépit des dures restrictions dues au #COVID19, il a permis à Tamek de réunir son groupe à Laâyoune pour fonder une nouvelle "association séparatiste" ou récupérer le CODESA.
12. La police, si zélée partout au Maroc dans sa lutte contre le #COVID19 et le "séparatisme" en tout genre, n'a pas bronché.
Et quand Aminatou Haidar a créé son "association séparatiste", elle a eu droit au communiqué du procureur général de Laâyoune sur "l'unité nationale".
Share this Scrolly Tale with your friends.
A Scrolly Tale is a new way to read Twitter threads with a more visually immersive experience.
Discover more beautiful Scrolly Tales like this.
