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Travaille dans l'#IA. Avec tout le monde je discute. Bayésiophile, quadragénaire, ingénieur ⚛🧬, artiste, auteur, zombie philosophique. Aime ceux qui doutent.

Oct 13, 2022, 18 tweets

J'ai regardé le reportage d'@EnvoyeSpecial sur le #CovidLong, signé @anaisbard, et je le conseille vivement en replay. J'ai un regard de non-malade, mais j'y retrouve ce que des proches me décrivent.
#ApresJ20

C'est une immersion vraiment réussie d'un parcours où une partie du corps médical, ancré dans des croyances et un habitus d'autorité médicale, peuvent parfois devenir des obstacles que les patients doivent affronter, en plus.
#CovidLong #EnvoyeSpecial @apresj20

On y retrouve l'école psychosomatique française tristement célèbre, de forte influence psychanalytique. Leur pape est le Pr. Pascal Cathébras, qui garde une haute réputation dans la psychiatrie française. Qui est-il ? D'où vient ce courant ? 👇
#CovidLong #EnvoyeSpecial #Apresj20

C'est un courant en psychiatrie qui a donc beaucoup emprunté à la psychanalyse. Dans les années 1980, Pascal Cathébras signait par ex sur des patients transgenres :
"Les cas de 3 transsexuels (2 femmes et 1 homme) sont discutés en termes de permanence d'un problème oedipien,

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de la conviction transsexuelle comme type de délire, et de la supposition de la répudiation par les transsexuels de la masculinité et de la féminité. Il est soutenu que le transsexualisme peut être compris comme une théorie du délire émanant de l'anxiété de castration.
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Une approche de la guérison peut être trouvée dans le mysticisme qui maintient le clivage nécessaire entre le corps et l'âme chez le transsexuel, qui tente d'éviter l'anéantissement à travers l'anxiété qui soutient sa pulsion."
./.

Source: Lang, F, Blanchon, Y., Pellet, J., Rousset, H., & Cathebras, P. (1982). Hypothèses psychopathologiques à propos du transsexualisme [Psychopathological hypotheses on transsexualism]. Annales Médico-Psychologiques, 140(7), 793–799.
psycnet.apa.org/record/1984-31…
#EnvoyeSpecial

Aujourd'hui, la chapelle psychiatrique qui voit partout de la psychosomatisation, présentée dans le reportage d'@anaisbard dans @EnvoyeSpecial, se réclame de son héritage.. Évidemment, cette publication-là n'est pas sur sa carte de visite.
@nathanpsmad @Jerome_Larche @LehmannDrC

Avec l'avènement des neurosciences, les diagnostics "d'hystérie", de "transfert", n'ont plus trop la cote. Pour ne pas disparaître, le courant des "troubles somatoformes" essaie d'intégrer des notions de neurosciences dans les mécanismes.
La fusion ne prend pas bien, car comme

beaucoup d'écoles en psychiatrie, les dogmes laissent assez peu la place à l'Evidence Based Medicine. De façon paradoxale, ce courant prétend se détacher des conceptions archaïques de l'esprit, mais conserve des schémas dépassés, comme les symptômes "sans base biologique".

Ils aiment bien parler de neurosciences, tant que les neurosciences ne viennent pas trop sur leur terrain les contredire.
Leur influence dans les institutions françaises de santé est absolument sidérante. Cela s'accorde un peu avec les défauts du système universitaire médical,

où en France particulièrement on apprend souvent aux médecins à ne jamais dire "je ne sais pas". Brandir une hypothèse psychosomatique devant une maladie mal comprise, c'est pratique parce que ça déplace la responsabilité de la guérison sur le patient.
S'il ne guérit pas,

ce n'est plus un échec de ses accompagnants de santé, c'est "son propre échec" car (au choix) : "il s'est trop focalisé sur ses symptômes", "il rumine ses problèmes alors qu'il n'a pas une maladie grave", etc.

Et la psychanalyse a toujours eu le regard bienveillant d'une partie de la presse d'opinion, surtout dans les milieux bourgeois qui se veulent progressistes. Libération, ou même Le Monde récemment épinglé pour sa complaisance avec le secte d'anthroposophie (poke @GregoirePerra),

laissent régulièrement des pages entières de tribunes à des psychanalystes.
On voit parfois ces écoles comme faisant partie du folklore français.
Mais il faut voir les dégâts, encore d'actualité, occasionnés par les théories psychanalytiques sur par ex le traitement de l'autisme.

Il y a des éléments scientifiques dans la psychanalyse. Il y en a aussi dans l'école des troubles somatoformes. Mais ces écoles maintiennent un fonctionnement qui se méfie comme de la peste des chercheurs et des preuves scientifiques.

Quand les chercheurs commencent à définir des mécanismes biologiques palpables pour la sclérose en plaques, pour l'ulcère, l'endométriose, ... c'est tout un pan de spécialités qui s'échappe de leur giron.

Certains diront qu'il s'agit d'une médecine malveillante. Pour ma part, je les pense complètement sincères, mais incapables de faire évoluer leurs croyances en fonction des résultats scientifiques. C'est souvent une médecine maltraitante en tout cas.
#CovidLong #EnvoyeSpecial

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