Dr. Serge Zaka (Dr. Zarge) Profile picture
Apr 18, 2021 11 tweets 4 min read Read on X
[Thread] BILAN des 2 périodes de gel du mois d'avril
👉 98% du territoire concernés par le gel.

Qui sont les 2% d'irréductibles gaulois ? Quelles productions agricoles ont-ils sauvé ? Quel microclimat en est à l'origine ?

👇Tour de France des survivants 👇
@infoclimat #FrAgTw
L'ENCLAVE DE BOLLENE
Au cœur de la vallée du Rhône, ce microclimat (certainement dû au relief et vents locaux) a sauvé une partie de la production arboricole (abricot, pêche, nectarine...).
La température est restée positive (0/2°C). Cette zone est la GRANDE GAGNANTE NATIONALE !
L'ENCLAVE DE SAINT AMBOIX
Zone de productions arboricoles et de maraîchages, la dépression entre Alès et Aubenas est protégée par les Cévennes (vent de foehn ?).
La température est restée localement positive (0 à 1°C)
LA MYTHIQUE COTE D'AZUR
Elle est protégée par un effet de foehn lorsque le vent est orienté au nord-ouest. Alors qu'il gelait sur presque tout le pays, il y faisait entre... 3 et 6°C !

Toute la production agricole de la zone n'a subit aucun dégât.
COTE DES PYRENEES ORIENTALES
Le foehn (lorsque le vent est tourné au nord-ouest) et la présence de la mer ont garanti des températures positives de Perpignan à Béziers.

Le 8, alors qu'il le gelait sur presque toute la France, il faisait même 10°C à Leucate !

Un grand gagnant !
EFFET URBAIN PARISIEN
Cet effet a garanti des températures positives à l'intérieur de la zone urbaine parisienne. Cela sauve la production des particuliers mais, bien entendu, les exploitations agricoles ne sont pas en zone ubraine...
COTE BASQUE ET MICROCLIMATS DE LA VALLEE DE LA GARONNE
L'effet marin a protégé les côtes (mais faible implantation agricole).
Il y a de grosses disparités de dégâts autour de la Garonne du fait de très nombreux vallonnements engendrant des microclimats.
COTES BRETONNES, POINTE DE LA HAGUE ET ILES
Le vent étant orienté vers le nord, ce sont les cotes N qui ont le plus subit l'effet marin. Le gel a concerné toute la côte S. L'effet marin a protégé toutes les îles.
COTE D'OPALE
Subissant l'effet marin (vent de nord), la températures est également restée positive sur le cote du nord de la France. Cependant, la majorité de la production agricole a subi les fortes gelées dans les terres.
Vous avez bien compris, l'enclave de Bollène et les Pyrénées Orientales sont les 2 grands gagnants. Mais, leur production ne sera pas suffisante à l'échelle du pays.
Ce gel provoquera, d'après mes estimations, -30/-50% de production arboricole et viticole à l'échelle nationale.
N.B. : notons que le vignoble alsacien et certaines productions de Lorraine n'ayant pas totalement débourré, les dégâts y sont moindres.

• • •

Missing some Tweet in this thread? You can try to force a refresh
 

Keep Current with Dr. Serge Zaka (Dr. Zarge)

Dr. Serge Zaka (Dr. Zarge) Profile picture

Stay in touch and get notified when new unrolls are available from this author!

Read all threads

This Thread may be Removed Anytime!

PDF

Twitter may remove this content at anytime! Save it as PDF for later use!

Try unrolling a thread yourself!

how to unroll video
  1. Follow @ThreadReaderApp to mention us!

  2. From a Twitter thread mention us with a keyword "unroll"
@threadreaderapp unroll

Practice here first or read more on our help page!

More from @SergeZaka

Jul 10
[1/5] Nous vivons potentiellement un cygne noir statistique : les canicules de 2026 dépassent largement tout ce que les observations météorologiques françaises avaient enregistré jusqu'ici, sortant largement de la variabilité connue.
L’Europe de l’ouest en a connu un majeur : le cygne noir de 1540 avec une conjonction de canicules & sécheresse (graphique de Pfister, Wanner 2021).Image
[2/5] Une étude de 2016 estime que la température estivale moyenne en 1540 était supérieure aux valeurs moyennes correspondantes de la période de référence 1966-2015, avec une probabilité de 20 % d’avoir dépassé la canicule de 2003.

Sur l’été, l’Europe centrale relevait un anomalie de +3°C par rapport à la norme (pourtant déjà réchauffée 1961-1990, étude de Valler et al., 2021). Le déficit de pluie atteint 60 à 80% sur l’ensemble de l’année !Image
Image
[3/5] Que nous apprend cet épisode ?

D'abord, que le climat n'évolue pas de manière parfaitement linéaire. Même indépendamment du changement climatique, des événements exceptionnellement rares (des « cygnes noirs » statistiques) peuvent survenir.

Mais leur signification change dans un climat qui se réchauffe. En s'ajoutant à une tendance de fond déjà défavorable, ces événements acquièrent un pouvoir destructeur bien plus important.
Read 6 tweets
Jun 18
[Thread] [1/5] Avec 40-43+°C sur plusieurs jours, nous ne sommes plus sur un simple évènement météorologique, mais un évènement qui aura des conséquences catastrophiques pour la vie animale et végétale. Je pèse mes mots : ce qu'il va se passer en France est sans précédent. Image
Image
Image
Image
[2/5] En provoquant un flux d'eau par évapotranspiration dans nos végétaux, l'eau des sols est notre soupape de sécurité. Or, il a peu ou plus d'eau dans les sols agricoles français (1ère carte).
Le vent va souffler sous 40°C. Tous les végétaux vont se dessécher à une vitesse fulgurante (2ème carte). Conséquence, le risque de feu de forêt et de moisson passe rapidement à l'"extrême" voire localement "très extrême" dès lundi (3ème carte).Image
Image
Image
[3/5] Le stress thermique des vaches laitières atteint le niveau "fort" (1ère carte) pour une semaine dans le sud-ouest de la France avec des pertes économiques importantes en plus du bien-être animal (2ème carte).
Le seuil de mortalité animale sera largement atteint dans les bâtiments d'élevage les moins adaptés (surtout dans le Centre-Ouest).Image
Image
Read 5 tweets
May 25
[Thread impact agricole] Tout comme le dôme de chaleur de Lytton avec ses 49,6°C en juin 2021, le dôme de chaleur de mai 2026 devient un cas d’étude mondial sur ce que le changement climatique peut produire de plus extrême.

Cette fois-ci, les prévisions s’approchent localement des 38 à 40°C. Sur plusieurs jours. En mai. En France. En été, on aurait largement dépasser les 45°C (et encore je me retiens de ne pas vous dire 48-50°C).

Vous pouvez m’insulter, me traiter de « catastrophiste » ou de « vendu ». Je vous réponds factuellement : c’est un désastre écologique. Et je n’ai aucun problème à employer ce terme.

Parce qu’il ne s’agit plus simplement de « repousser les limites » du climat connu. On est en train de les pulvériser :
➡️ la journée présentant l’écart aux normales le plus élevé jamais observé à l’échelle nationale, avec près de +10°C.
➡️ près de 60 % des stations météorologiques susceptibles de battre leur record mensuel, parfois jusqu’à 7 jours consécutifs.
➡️ plus de 1000 records mensuels potentiellement battus d’ici la fin de l’épisode.
➡️ le record national mensuel de chaleur pour un mois de mai (38,0°C) qui pourrait être dépassé, possiblement à plusieurs reprises.
➡️ une vague de chaleur qui arriverait avec près de trois semaines d’avance sur le précédent épisode le plus précoce… observé seulement l’an dernier, le 19 juin.

Et derrière les chiffres, il y a des conséquences concrètes : cultures échaudées en pleine phase sensible, mortalité accrue chez les oiseaux nichant sous les toitures, stress hydrique brutal pour les jeunes plantations, et des écosystèmes entiers soumis à une violence thermique totalement hors saison (oui, "violent" est le terme).

Les impacts agricoles et écologiques sont détaillés dans ce thread, cartes à l’appui. À dérouler et partager 👇#FrAgTw
1/7Image
Image
[Animaux d'élevage] Les animaux d’élevage vont subir un stress thermique modéré à sévère dans une grande partie du sud-ouest. Par endroits, les niveaux attendus correspondent à ceux des canicules estivales les plus intenses, avec des pertes de production laitière pouvant atteindre 20 % par jour dans les situations les plus critiques.

Et au-delà des pics de chaleur, la durée est particulèrement problématique : plusieurs jours consécutifs, des nuits parfois trop chaudes pour permettre la récupération physiologique, et une arrivée rapide de la chaleur alors que les organismes ne sont absolument pas acclimatés à de telles températures en mai.

Cette absence d’adaptation progressive augmente fortement les risques de stress thermique, d’épuisement, de baisse d’ingestion alimentaire, de déshydratation et de dégradation du bien-être animal.

agrometeorologie.com
2/7Image
Image
[Evapotranspiration] Avec la bise qui souffle, on observe un dessèchement très rapide de toute la végétation :
➡️jusqu'à -10mm par jour (seuil de l'effet sèche-cheveux).
➡️l'indice de feu de forêt réagit déjà d'"élevé" à "très élevé" du fait du vent (c'est très précoce !)
➡️l'indice hydrique des sols de surface s'effondre littéralement à 0% de disponibilité en eau sur 3 à 9cm et de 0% à 30% de 9 à 27cm de profondeur. C'est extrêmement bas pour la saison !

agrometeorologie.com
3/7Image
Image
Image
Image
Read 7 tweets
Aug 10, 2025
C'est confirmé : demain sera une journée historique, de nouveau. Les températures devraient dépasser les 42°C sur une large zone du sud-ouest de la France. Oui, vous ne rêvez pas, il fera plus de 40°C sur l'intégralité de la région.
Et les scénarios de ce matin repoussent la fin de la canicule jusqu'à une durée indéterminée pour le sud de la France. A dérouler.
1/6Image
Image
Image
Image
Les 40°C seront atteints également mardi et potentiellement mercredi. On semble se diriger vers une nouvelle remontée chaude (à confirmer) dès la fin de semaine où les 40°C pointent de nouveau sur les cartographies.
Si cela se confirme, il s'agira de la canicule la plus intense qu'est connu le sud de la France, devant 2003.
[2/6]Image
Image
Image
Les conséquences agricoles seront graves. L'évapotranspiration sera exceptionnellement haute, laissant craindre un potentiel "effet sèche cheveux" sur tous les végétaux du Centre-Ouest.
L'indice de feu de forêt monte à "very extreme" sur les prévisions de l'EFFIS.
3/6 Image
Image
Image
Read 7 tweets
Aug 6, 2025
[Thread] J'émets plusieurs hypothèses et certitudes pour expliquer la vitesse de propagation du feu de l'Aude. Je rappelle les faits :
- Une vitesse de propagation incroyable de 5 à 6km/h. Il faut remonter à 1949 pour avoir un feu plus rapide.
- Une surface brûlée de 16 000ha (en 24h !) soit le plus important en méditerranée depuis au moins 1970.
Alors, pourquoi a-t-il pris si rapidement ?
A dérouler 👇
[1/6]
@GregoryAllione
[Certitude] Les conditions météorologiques du 5 août étaient très favorables à la propagation d'un feu : vent (Tramontane) modéré, faible humidité, fortes températures. Les conditions parfaites pour une forte évapotranspiration et un désséchage des végétaux. D'ailleurs, du fait de ces conditions météorologiques, Météo-France avait placé le département en vigilance Rouge, le niveau le plus élevé.
[2/6]Image
Image
[Hypothèse] La sécheresse de ces trois dernières années, accentuée par le changement climatique, a été la sécheresse la plus marquée en France depuis le début des mesures météorologiques.
Conséquences ? La mortalité des jeunes arbres a été très importante dans les garrigues, laissant du bois à brûler.
Cette forme de dépérissement a été chiffrée par l'ONF. Ces 6 dernières années la mortalité des arbres dans nos forêts a accéléré de 80%. Oui, 80%. Le dépérissement de nos forêts, dû au changement climatique et à l'évolution de l'aire de répartition des arbres (i.e. biogéographie) qu'il induit, est l'un des plus grands problèmes du XXIème siècle.
[3/6]Image
Read 6 tweets
Jul 1, 2025
L’accélération de la fréquence des sécheresses et des canicules précipite le dépérissement de nos forêts. La biogéographie des espèces évolue rapidement, laissant certaines d’entre elles en dehors de leur zone climatique de tolérance. Depuis six ans, ce dépérissement s’intensifie brutalement. Si rien ne change, plusieurs espèces pourraient quasiment disparaître de nos paysages d’ici 2100.

Les forêts françaises telles que nous les connaissons aujourd’hui sont en sursis. D’ici 50 ans, elles pourraient avoir profondément changé de visage.

Je vous propose un thread à partir des données de ClimEssences, avec pour commencer… la claque que prend le bouleau, peu adaptée à la sécheresse estivale récurrente. Il possède un système racinaire peu profond, ce qui le rend particulièrement vulnérable.
[1/10]Image
Image
Le hêtre est une espèce adaptée aux climats frais, humides et tempérés. Il craint la chaleur estivale intense, les sécheresses prolongées et les sols superficiels ou mal alimentés en eau. Or, ces conditions deviennent de plus en plus fréquentes en plaine.
Le dépérissement du hêtre est déjà une réalité. Il devrait s'accélérer dans les années à venir.
[2/10]Image
Image
Le chêne sessile est moins exigeant en eau que le hêtre, mais plus sensible à la sécheresse que le chêne pubescent ou le chêne vert. Il apprécie des climats tempérés, des sols profonds, frais mais bien drainés et une absence de stress hydrique sévère en été.
Or, ce compromis est de plus en plus rare en plaine d'où il disparaîtra progressivement.
[3/10]Image
Image
Read 10 tweets

Did Thread Reader help you today?

Support us! We are indie developers!


This site is made by just two indie developers on a laptop doing marketing, support and development! Read more about the story.

Become a Premium Member ($3/month or $30/year) and get exclusive features!

Become Premium

Don't want to be a Premium member but still want to support us?

Make a small donation by buying us coffee ($5) or help with server cost ($10)

Donate via Paypal

Or Donate anonymously using crypto!

Ethereum

0xfe58350B80634f60Fa6Dc149a72b4DFbc17D341E copy

Bitcoin

3ATGMxNzCUFzxpMCHL5sWSt4DVtS8UqXpi copy

Thank you for your support!

Follow Us!

:(