Toujours surpris de voir ceux qui envisagent de transposer les méthodes de contre-insurrection à la sécurité intérieure (soit depuis à peu près aussi loin que ma mémoire remonte, avec des mots différents) n'en conservent que le côté coercitif, en gros l'élimination des méchants.
Mais oublient le : "Eliminer les méchants c'est bien, mais au fait pourquoi y'a-t-il des méchants ?"
H1 : Ce sont de purs malfaisants ! ça arrive mais ce n'est pas l'espère dominante.
H2 : Il y a peut être des bonnes raison pour risquer de prendre du plomb.
La base est donc de s'attaquer "aussi" à ces raisons multiples, etc.. C'est dans tous les manuels et dans tous les plans pour lutter contre les organisations armées, au Sahel par exemple. Vous pouvez flinguer à tout va, mais si on ne fait que ça, il en viendra d'autres.
Je ne comprends pas donc pas que ceux qui vont critiquer, à juste titre, la gouvernance au Mali, ne se posent pas la question pour la France. Est-ce que par exemple les "territoires perdus de la République", ne seraient pas avant tout les "territoires désertés de la République" ?
En fait, mon sentiment est que s'il faut imiter l'armée, c'est surtout dans son fonctionnement. L'armée va envoyer sans leur demander leur avis ses meilleures unités dans les zones compliquées, pas les plus jeunes ou les stagiaires parce que les anciens sont réticents.
Les théâtres d'opérations sont par principe là où on met le paquet, pas les endroits où justement il y a moins de services publics qu'ailleurs et selon moi (avis de citoyen, l'ex-militaire est incompétent) le premier d'entre eux est le couple police-justice (budget = 0,8% du PIB)
Les mêmes qui réclament plus de fermeté devraient réclamer aussi plus de moyens pour au moins appliquer cette fermeté, qu'il s'agisse de ressources matérielles très insuffisantes ou d'une meilleure organisation. Cela va au delà de déclarations martiales et d'un empilement de lois
Comme en COIN, c'est un volet encore plus délicat à mettre en œuvre que la lutte contre les combattants adverses, c'est pourtant bien la combinaison des deux qui peut apporter des résultats. On en est loin.
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Je crois qu'il est temps de rééditer ce post vieux de treize ans.
La voie de l'épée (redif.) : La France aurait pu être la troisième puissance militaire mondiale, à moindre coût...mais finalement non.
Chiffre réactualisé (avec l'aide de l'IA), c'est en fait 700 milliards d'euros qui auraient pu être investis en plus dans notre Défense si on avait maintenu l'effort de 1990, avec tous les bénéfices qui en résulteraient, industriels, techniques, commerciaux, fiscaux, mais aussi bien sûr diplomatiques et militaires pour nous et les Alliés que l'on soutient.
👉@LCI @DariusRochebin
👉lavoiedelepee.blogspot.com/2013/09/la-fra…
Quelques précisions pour actualiser le propos : 1. Un modèle d'armée doit être adapté à l'ère stratégique en cours, celui de 1961 l'était.
En 1961, De Gaulle décrit la nouvelle ère et le modèle à construire qui doit :
- permettre de faire à la menace soviétique proche, nucléaire, conventionnelle et subversive (on ne dit pas "hybride" à l'époque
- défendre nos territoires et nos intérêts post-coloniaux hors d'Europe.
Pour cela on doit disposer de quatre éléments :
- une force thermonucléaire
- un puissant corps de bataille aéroterrestre
- une structure de défense intérieure du territoire
- une force de "souveraineté" et d'intervention
Le tout soutenu par une BITD la plus autonome possible.
Tout cela est couteux, surtout la force nucléaire, mais on a un modèle économique qui permet de le financer
- effort de défense (hors pensions) toujours à plus de 2 % du PIB avec un PIB qui croit lui-même en moyenne longtemps au-delà de 2%
- notre BITD exporte beaucoup
- on utilise beaucoup de conscrits et de réservistes, ce qui coûte moins cher mais au prix du tabou de leur emploi au-delà des frontières, la RFA au mieux.
Malgré ses faiblesses, ce modèle tient finalement assez bien la route jusqu'à 1990.
2. Une nouvelle ère stratégique commence en 1990 avec deux évènements majeurs : le repli de la menace soviétique et la guerre contre l'Irak.
Notre modèle d'armée n'est plus adapté au nouveau contexte où il n'y a plus de menace conventionnelle à nos frontières (un phénomène inédit que l'on confond avec la fin de la menace de guerre) mais où il s'avère nécessaire et possible d'intervenir presque partout dans le monde.
Notre nouveau modèle doit dont être capable
- de toujours face à la menace nucléaire même si elle réduite
- de conduire, au nom d'un CSNU désormais actif, des opérations de stabilisation diverses à l'intérieur d'Etats lointains en crise.
- de conduire des opérations de guerre à grande échelle contre des Etats qui ne respectent par le droit international
- de combattre des organisations armées - en particulier djihadistes - en plein développement.
Dans l'absolu, l'adaptation est assez simple. Puisque la principale contrainte est l'impossibilité d'envoyer des conscrits au loin, il suffit de professionnaliser toute notre armée. C'est fondamentalement l'objet du Modèle d'armée 2015" où on prévoit d'être capable de déployer 60 000 hommes et 100 avions de combat (+ 20 d'appui et soutien). C'est sérieux.
La stratégie d'affaires n'est pas la stratégie politique, dans la première l'argent est tout, dans la seconde ce n'est qu'un instrument.
Appliquer la stratégie du Boston consulting group aux affaires mondiales, en répartissant les différents engagements américains en "poids mort" (Ukraine) "vache à lait" (Europe), "dilemme" (POMO) et "vedette" (Asie-Pacifique) sous le prisme du coûts bénéfices peut avoir un sens mais à condition de ne pas parler seulement d'argent et de regarder un peu au-delà de l'année en cours, voire des 100 jours à venir.
On peut abandonner brutalement des alliés comme le Cambodge et le Sud-Vietnam en 1975, l'Afghanistan en 2019 ou désormais l'Ukraine pour économiser de l'argent, mais il faut accepter les coûts en termes de confiance et de crédibilité pour ceux qui restent, surtout si on ajoute l'insulte et le racket à l'abandon comme actuellement. A ce stade on ne voit plus la différence avec un comportement de gangsters et les gangsters ont peu de vrais amis.
1. Cette petite vidéo ridicule appelle quelques souvenirs.
C'était il y a très longtemps dans une lointaine galaxie, ou plutôt "glaçaxie" tant il faisait froid en ce mois de janvier 1994. Je suis alors lieutenant, chef de section, à la 2e compagnie du 21e Régiment d'infanterie de marine.
Le 21 est envoyé à Canjuers pour faire un exercice à double action contre une MEU (Marine Expeditionary Unit), un bataillon d'infanterie + hélicoptères + avions Harrier.
Pour ne pas faire trop Français vs US et se connaître un peu mieux, on mélange les unités. Une compagnie héliportée de marines est affectée au 21 tandis qu'une compagnie de chez nous va dans la MEU.
Pour aller encore plus loin encore, on fait un échange de sections. Je vais dans la compagnie héliportée affectée au 21 et une section de Marines me remplace à la 2e compagnie.
3. On passe quelques jours en préparation et entrainement sur le navire d'assaut américain et au camp de Canjuers. L'ambiance est très sympa.
Je suis frappé par la jeunesse des marines par rapport à nos marsouins et l'attitude très cool des Américains entre eux, qui contraste très largement avec la nôtre. Mon homologue lieutenant américain me dit son étonnement devant, selon lui, notre dureté. Je lui réponds que ce que je vois d'eux est très loin de Full Metal Jacket et c'est pas plus mal.
4. Ce qui ne change pas de films en revanche est que contrairement aux chefs de section français qui donnent directement les ordres à la section, le chef de section américain, presque toujours un officier à notre différence, ne s'adresse presque jamais à ses marines mais passe systématiquement par son sous-officier adjoint qui, lui, met en œuvre les ordres. C'est une autre manière de commander, mais pourquoi pas si ça marche.
1. La région entre le nord d'Israël, le sud-ouest syrien et le sud du Liban jusqu'à Beyrouth est peut-être le plus grand laboratoire de la guerre moderne depuis depuis plus de 50 ans.
2. Octobre 1973 l'offensive syrienne "à la soviétique" sur le plateau du Golan et la résistance israélienne y compris jusqu'à la menace nucléaire apparaissent comme un modèle réduit de ce qui peut se passer en RFA. Cet épisode sert de modèle à la doctrine américaine Active defense.
Thread opérationnel 1. L'opération "Flèche du nord" au Liban est la 9e opération offensive israélienne depuis 18 ans, une régularité et une similitude de forme qui a fait comparer cela à de la "tonte de gazon" à ce détail près que le gazon est humain.
2. Si l'ampleur des moyens diffère, les principes sont toujours les mêmes.
On ne cherche pas à occuper un terrain, ni à détruire un ennemi (Hamas, Hezbollah, Jihad islamique en 2021) mais à le rendre impuissant à attaquer Israël pendant plusieurs années.
3. Pour celà, l'opération se déroule toujours en deux phases :
- une phase de coups
- une phase de raids terrestres.
La phase de coups - essentiellement des frappes aériennes - est destinée à réduire les capacités d'attaque ennemies et d'affecter autant que possible son commandement.
1/ Cette fois c'est sûr, la guerre à grande échelle est lancée au Liban. On peut hélas déjà anticiper des milliers de morts libanais et peut-être des centaines israéliens.
👉lavoiedelepee.blogspot.com/2024/09/coup-d…
2/ L'offensive israélienne - classiquement en deux phases : aérienne et aéroterrestre - n'était possible qu'avec au moins deux divisions de manœuvre en place au nord Liban. C'est chose faite mi-septembre avec la remontée de la 98e division de parachutistes de Gaza vers le Nord, aux côtés de la 36e division blindée.
Après quelques jours de préparation, tous les moyens aériens et terrestres sont en place.
3/ Pour le gouvernement israélien et son état-major, la phase principale de la guerre à Gaza est terminée puisque le Hamas y est réduit à une menace résiduelle.
C'était peut-être l'occasion d'accepter un cessez-le-feu et de mettre l'accent sur la libération négociée des otages. Le cessez-le-feu à Gaza, une demande du Hezbollah en échange de l'arrêt de ses tirs, aurait pu également être l'occasion d'un arrêt des frappes mutuelles au nord.