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May 10, 2021 8 tweets 3 min read Read on X
Toujours surpris de voir ceux qui envisagent de transposer les méthodes de contre-insurrection à la sécurité intérieure (soit depuis à peu près aussi loin que ma mémoire remonte, avec des mots différents) n'en conservent que le côté coercitif, en gros l'élimination des méchants.
Mais oublient le : "Eliminer les méchants c'est bien, mais au fait pourquoi y'a-t-il des méchants ?"
H1 : Ce sont de purs malfaisants ! ça arrive mais ce n'est pas l'espère dominante.
H2 : Il y a peut être des bonnes raison pour risquer de prendre du plomb.
La base est donc de s'attaquer "aussi" à ces raisons multiples, etc.. C'est dans tous les manuels et dans tous les plans pour lutter contre les organisations armées, au Sahel par exemple. Vous pouvez flinguer à tout va, mais si on ne fait que ça, il en viendra d'autres.
Je ne comprends pas donc pas que ceux qui vont critiquer, à juste titre, la gouvernance au Mali, ne se posent pas la question pour la France. Est-ce que par exemple les "territoires perdus de la République", ne seraient pas avant tout les "territoires désertés de la République" ?
En fait, mon sentiment est que s'il faut imiter l'armée, c'est surtout dans son fonctionnement. L'armée va envoyer sans leur demander leur avis ses meilleures unités dans les zones compliquées, pas les plus jeunes ou les stagiaires parce que les anciens sont réticents.
Les théâtres d'opérations sont par principe là où on met le paquet, pas les endroits où justement il y a moins de services publics qu'ailleurs et selon moi (avis de citoyen, l'ex-militaire est incompétent) le premier d'entre eux est le couple police-justice (budget = 0,8% du PIB)
Les mêmes qui réclament plus de fermeté devraient réclamer aussi plus de moyens pour au moins appliquer cette fermeté, qu'il s'agisse de ressources matérielles très insuffisantes ou d'une meilleure organisation. Cela va au delà de déclarations martiales et d'un empilement de lois
Comme en COIN, c'est un volet encore plus délicat à mettre en œuvre que la lutte contre les combattants adverses, c'est pourtant bien la combinaison des deux qui peut apporter des résultats. On en est loin.

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Mar 31
La voie de l'épée : Face à l'autre révolution dans les affaires militaires.
C'est toujours mieux de lire le texte en entier, d'autant plus qu'il fait à peine de plus de trois pages mais voici un résumé pour lecteur pressé.
1. Le modèle militaire israélien est un modèle occidental ou soviétique classique type Seconde Guerre mondiale amélioré :
- Force terrestre mécanisée + petite FT légère/ commando + Force aérienne Air et Attaque au sol
Syrie et Egypte comprennent que leurs armées fondées sur ce même modèle avec l'aide soviétique ont du mal à rivaliser.
2. A partir de juin 1982 les pays arabes - bientôt imités par l'Iran - admettent que le modèle classique israélien dopé par les Nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC) soit ce que l'on appelle à l'époque Révolution dans les affaires militaires (RAM, RMA en anglais) est désormais imbattable.
- Le ciel sera aux Israéliens et à plus forte raison aux Américains, s'ils viennent.
- De ce fait, et parce que les Forces terrestres ennemies aussi ont beaucoup progressé, toute manœuvre classique au sol est vouée à l'échec.
Il faut trouver un autre modèle, faire aussi sa révolution.
Read 11 tweets
Mar 23
Pour résumer La voie de l'épée 👉lavoiedelepee.blogspot.com/2026/03/frappe…
pour le lecteur pressé :

A ce stade, et je le regrette profondément, force est de constater que cette guerre de choix contre la Régime islamique d'Iran (RII) est certainement la plus mal préparée par les Etats-Unis depuis longtemps :

- Une génération de forces réduite à la mise en place au sol et en mer, de 400-500 avions de combat (1/4 des moyens de 1991 ou 2003) et de batteries anti-missiles + un petit groupe de forces spéciales. 0 brigades terrestres lourdes ou légères, 0 brigades d'hélicoptères, 0 groupes d'assaut amphibies, même pas à titre de menaces. La priorité absolue est la réduction des risques pour les Américains, au détriment de l'efficacité.
- Une campagne de préparation de l'opinion publique réduite à quelques déclarations contradictoires et peu convaincantes sur la menace terrible et immédiate de l'Iran sur les Américains. Conclusion : 25 % de soutien.
- Hors évidemment Israël, aucun contact avec des Alliés méprisés qui subissent les effets d'une guerre sans jamais avoir été associés ou même avertis.
- Aucune préparation financière (les membres du Congrès découvrent qu'ils devront trouver un milliard de dollars par jour pour financer la guerre), ni industrielle.

Bref, tous les symptômes d'un sommet de décision mal informé et auto-persuadé d'une victoire facile et rapide.
Le plan américains a été limité de fait à des frappes aériennes (+ peut-être un raid FS) sur trois groupes de cibles sur l'axe militaire : défense aérienne- capacité de tirs missiles/drones - programme nucléaire, jusqu'à leur destruction.
Les Israéliens ont les mêmes axes d'effort militaires dans leur zone de responsabilité + un axe purement politique de recherche de destruction de l'infrastructure politico-sécuritaire de la République islamique.
Les Américains sont clairement mal à l'aise avec ce dernier axe, politique, israélien, espérant plutôt que celui-ci participe avec tous les autres efforts à la capitulation vénézuélienne de la RII.
Sans surprise, la RII a organisé sa stratégie autour de trois axes
- tenir face aux frappes (redondance du commandement, décentralisation, camouflage, enfouissement, stocks, etc.)
- maintenir la capacité de répression contre la population
- donner des coups à la coalition et durer jusqu'à ce que Trump craque.

Les instruments offensifs sont bien connus : missiles et drones, force de déni d'accès des côtes, proxys et éventuellement action clandestine (cyberattaques, attentats, etc.
Il y avait deux options pour les cibles des missiles/drones
- au minimum : Israël et contre tous les points américains de la région.
- au maximum : idem + plus les Etats de la région, afin de déclencher une crise internationale et d'accroître la pression sur Donald Trump, le maillon faible de la coalition.
Read 11 tweets
Jan 23
Je crois qu'il est temps de rééditer ce post vieux de treize ans.
La voie de l'épée (redif.) : La France aurait pu être la troisième puissance militaire mondiale, à moindre coût...mais finalement non.
Chiffre réactualisé (avec l'aide de l'IA), c'est en fait 700 milliards d'euros qui auraient pu être investis en plus dans notre Défense si on avait maintenu l'effort de 1990, avec tous les bénéfices qui en résulteraient, industriels, techniques, commerciaux, fiscaux, mais aussi bien sûr diplomatiques et militaires pour nous et les Alliés que l'on soutient.
👉@LCI @DariusRochebin
👉lavoiedelepee.blogspot.com/2013/09/la-fra…Image
Quelques précisions pour actualiser le propos :
1. Un modèle d'armée doit être adapté à l'ère stratégique en cours, celui de 1961 l'était.
En 1961, De Gaulle décrit la nouvelle ère et le modèle à construire qui doit :
- permettre de faire à la menace soviétique proche, nucléaire, conventionnelle et subversive (on ne dit pas "hybride" à l'époque
- défendre nos territoires et nos intérêts post-coloniaux hors d'Europe.

Pour cela on doit disposer de quatre éléments :
- une force thermonucléaire
- un puissant corps de bataille aéroterrestre
- une structure de défense intérieure du territoire
- une force de "souveraineté" et d'intervention
Le tout soutenu par une BITD la plus autonome possible.

Tout cela est couteux, surtout la force nucléaire, mais on a un modèle économique qui permet de le financer
- effort de défense (hors pensions) toujours à plus de 2 % du PIB avec un PIB qui croit lui-même en moyenne longtemps au-delà de 2%
- notre BITD exporte beaucoup
- on utilise beaucoup de conscrits et de réservistes, ce qui coûte moins cher mais au prix du tabou de leur emploi au-delà des frontières, la RFA au mieux.

Malgré ses faiblesses, ce modèle tient finalement assez bien la route jusqu'à 1990.
2. Une nouvelle ère stratégique commence en 1990 avec deux évènements majeurs : le repli de la menace soviétique et la guerre contre l'Irak.
Notre modèle d'armée n'est plus adapté au nouveau contexte où il n'y a plus de menace conventionnelle à nos frontières (un phénomène inédit que l'on confond avec la fin de la menace de guerre) mais où il s'avère nécessaire et possible d'intervenir presque partout dans le monde.

Notre nouveau modèle doit dont être capable
- de toujours face à la menace nucléaire même si elle réduite
- de conduire, au nom d'un CSNU désormais actif, des opérations de stabilisation diverses à l'intérieur d'Etats lointains en crise.
- de conduire des opérations de guerre à grande échelle contre des Etats qui ne respectent par le droit international
- de combattre des organisations armées - en particulier djihadistes - en plein développement.

Dans l'absolu, l'adaptation est assez simple. Puisque la principale contrainte est l'impossibilité d'envoyer des conscrits au loin, il suffit de professionnaliser toute notre armée. C'est fondamentalement l'objet du Modèle d'armée 2015" où on prévoit d'être capable de déployer 60 000 hommes et 100 avions de combat (+ 20 d'appui et soutien). C'est sérieux.
Read 6 tweets
Feb 23, 2025
Trump : la force du renard, l'intelligence du buffle

"Les Affranchis à Washington" ou comment la recherche du profit à court terme par la force peut saper toute une politique de puissance.
La stratégie d'affaires n'est pas la stratégie politique, dans la première l'argent est tout, dans la seconde ce n'est qu'un instrument.
Appliquer la stratégie du Boston consulting group aux affaires mondiales, en répartissant les différents engagements américains en "poids mort" (Ukraine) "vache à lait" (Europe), "dilemme" (POMO) et "vedette" (Asie-Pacifique) sous le prisme du coûts bénéfices peut avoir un sens mais à condition de ne pas parler seulement d'argent et de regarder un peu au-delà de l'année en cours, voire des 100 jours à venir.
On peut abandonner brutalement des alliés comme le Cambodge et le Sud-Vietnam en 1975, l'Afghanistan en 2019 ou désormais l'Ukraine pour économiser de l'argent, mais il faut accepter les coûts en termes de confiance et de crédibilité pour ceux qui restent, surtout si on ajoute l'insulte et le racket à l'abandon comme actuellement. A ce stade on ne voit plus la différence avec un comportement de gangsters et les gangsters ont peu de vrais amis.
Read 8 tweets
Feb 22, 2025
1. Cette petite vidéo ridicule appelle quelques souvenirs.
C'était il y a très longtemps dans une lointaine galaxie, ou plutôt "glaçaxie" tant il faisait froid en ce mois de janvier 1994. Je suis alors lieutenant, chef de section, à la 2e compagnie du 21e Régiment d'infanterie de marine.
Le 21 est envoyé à Canjuers pour faire un exercice à double action contre une MEU (Marine Expeditionary Unit), un bataillon d'infanterie + hélicoptères + avions Harrier.
Pour ne pas faire trop Français vs US et se connaître un peu mieux, on mélange les unités. Une compagnie héliportée de marines est affectée au 21 tandis qu'une compagnie de chez nous va dans la MEU.
Pour aller encore plus loin encore, on fait un échange de sections. Je vais dans la compagnie héliportée affectée au 21 et une section de Marines me remplace à la 2e compagnie.
3. On passe quelques jours en préparation et entrainement sur le navire d'assaut américain et au camp de Canjuers. L'ambiance est très sympa.
Je suis frappé par la jeunesse des marines par rapport à nos marsouins et l'attitude très cool des Américains entre eux, qui contraste très largement avec la nôtre. Mon homologue lieutenant américain me dit son étonnement devant, selon lui, notre dureté. Je lui réponds que ce que je vois d'eux est très loin de Full Metal Jacket et c'est pas plus mal.
4. Ce qui ne change pas de films en revanche est que contrairement aux chefs de section français qui donnent directement les ordres à la section, le chef de section américain, presque toujours un officier à notre différence, ne s'adresse presque jamais à ses marines mais passe systématiquement par son sous-officier adjoint qui, lui, met en œuvre les ordres. C'est une autre manière de commander, mais pourquoi pas si ça marche.
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Oct 5, 2024
La voie de l'épée : La quadrilatère de la guerre
lavoiedelepee.wordpress.com/2024/10/05/la-…
1. La région entre le nord d'Israël, le sud-ouest syrien et le sud du Liban jusqu'à Beyrouth est peut-être le plus grand laboratoire de la guerre moderne depuis depuis plus de 50 ans. Image
2. Octobre 1973 l'offensive syrienne "à la soviétique" sur le plateau du Golan et la résistance israélienne y compris jusqu'à la menace nucléaire apparaissent comme un modèle réduit de ce qui peut se passer en RFA. Cet épisode sert de modèle à la doctrine américaine Active defense.
Read 19 tweets

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