Charlotte Piret Profile picture
May 31 138 tweets 25 min read
Bonjour à tous,

C'est aujourd'hui, le 130e jour d'audience au procès des attentats du #13 novembre 2015.
Et la suite des plaidoiries de parties civiles avec, au programme, les thématiques de la solidarité, des forces de l'ordre, du sens du procès, notamment.
Hier, d'émouvantes plaidoiries ont évoqué les 69 orphelins du #13novembre 2015. C'est à retrouver dans le compte-rendu d'audience, signé @sophparm par ici > franceinter.fr/justice/proces…
Le LT du jour sera à suivre ici ...
... une fois que l'audience pourra débuter. Car pour l'instant, les accusés ne sont pas encore arrivés dans le box.
En réalité, à l'exception de Mohamed Amri, les accusés refusent pour l'instant de venir dans le box pour assister à l'audience.
Celle-ci ne peut donc débuter, du moins tant que les sommations d'huissier pour chacun des accusés absents n'ont pas été effectuées.
L'audience reprend. Avec un box essentiellement vide. "Nous avons dix détenus sur onze qui refusent de comparaître", constate le président alors que seule Mohamed Amri et les trois accusés qui comparaissent libres sont présents. "Nous allons donc faire les sommations d'usage".
L'audience n'a toujours pas repris. Mais l'accusé Farid Kharkhach est, lui aussi, arrivé dans le box.
Ils sont donc deux accusés désormais, en plus des trois qui comparaissent libres.
L'audience reprend. "A l'issue des sommations, on a encore neuf détenus qui refusent de comparaître", indique le président.
"Petite précision sur ce mouvement qui est lié au fait que l'un des détenus doit avoir un suivi médical et s'impatiente par rapport à la date de ce suivi".
Le président poursuit : "j'ai essayé de rassurer ses avocats, j'ai pris attache avec la maison d'arrêt. Depuis ce matin, on est sur ce sujet et on fait en sorte d'accélérer cette prise de rendez-vous. On fait le nécessaire. Depuis ce matin, je suis sur ce sujet."
Me Edward Huylebrouck, avocat de Muhamad Usman se lève : "le refus de comparaître de Muhamad Usman est dicté uniquement par les craintes qu'il peut avoir sur son état de santé. Cela fait 13 mois qu'il attend sa deuxième intervention qui devait avoir lieu dans les quatre mois."
Me Huylebrouck : "le 16 mai, Muhamad Usman a pu voir un spécialiste qui était stupéfait qu'on ait attendu aussi longtemps et a indiqué qu'il devait le revoir dans 15 jours. Il ne l'a toujours pas revu. Monsieur Usman, légitimement, est donc inquiet pour son état de santé."
Me Huylebrouck : "notre demande est donc que Muhamad Usman puisse avoir un rendez-vous en urgence avec ce spécialiste. A défaut, on sera contrait de solliciter une expertise pour voir s'il est en état de comparaître"
Me Huylebrouck : "monsieur Usman est navré qu'on doive en arriver là. Ce n'est de gaîté de coeur, ni pour nous, ni pour lui"
L'audience peut reprendre son cours. Avec, comme chaque jour, les hommages aux victimes décédées.
Il est question de Quentin Mourier "humain, brillant, les mots qui le caractérisent le mieux".
De Thierry Hardouin, "son avenir volé, cette injustice qui ne pourra être réparée".
Il est question de Mathieu Hoche,, "son fils Basile, 9 ans, qu'il adorait et se réjouissait de voir grandir".

De Mayeul Gaubert, "bourguignon de coeur, adepte de poésie, d'histoire, de littérature, de dessin et de rock".
Il est question de Maud Serrault et "son T-shirt préféré sur lequel était écrit "All about love"."

De Romain Feuillade "abattu à 31 ans, l'âge où beaucoup de projets s'accomplissent et d'autres mûrissent".
Il est question de Jean-Jacques Kirchheim dont "sa mort, son agonie et la solitude de ses derniers instants hantent sa maman"
D'Alva Berglund, "suédoise de 23 ans, en visite chez une amie à Paris"

De Milko Jozic et "ce petit sourire en coin qu'il ne quittait pas"
Il est question d'Elif Dogan et sa "passion qui ne peut que la rendre sympathique : elle aimait le vin".

De Stéphane Albertini, "plus d'une corde à son arc et son enthousiasme qui se glissait dans toutes les parties de sa vie".
Il est question de Manuel Colaco-Dias, "qui, à tout instant, avait besoin de parler à son épouse. Il est celui pour qui le téléphone portable a été inventé"

D'Aurélie de Peretti, "créative, baroudeuse à ses heures, musicienne, cavalière"
Il est question de Thomas Duperron, "son don hors du commun : celui d'accueillir le public et les artistes dans sa salle comme s'ils faisaient partie de la famille"

De Pierre-Antoine Henry qui avait prévu un tour du monde alors qu'un volcan islandais est rentré en éruption.
Il est question de Marie Lausch et Mathias Dymarski : "on va les mettre ensemble, hors de question de les séparer. Du haut de leur 22 et 23 ans, ils avaient déjà compris qu'on a le droit de s'aimer fort"

De Gilles Leclerc, "fleuriste, contemplatif heureux."
Il est question de Victor Munoz, "un peu taquin dans l'âme, un coeur en or, qui adorait emmener ses copains en Espagne"

D'Hélène Muyal, "maman d'un petit garçon de 17 mois qui enchantait le monde : elle était maquilleuse".
Il est question de Romain Naufle, "luthier exceptionnel, attentionné qui soignait ses instruments de musique".

De Manuel Perez Paredes, "wikipedia des pourquoi, copain inlassable de jeux, cuistot 72 étoiles, monsieur câlin infatigable"
Il est question de Priscillia Correia, "une fée qui fabrique des tabliers, des coussins, des bonnets et chaussettes avec le talent inestimable de la création"

De Franck Pitiot, "des rires à revendre, habité par la volonté de rencontrer tous ceux qui croisaient son chemin"
Il est question de Lola Salines, "bout en train, petit bout de femme qui à chaque instant savait relancer l'ambiance".

De Valentin Ribert, avocat au barreau de Paris, une facilité assez déconcertante qui lui permettait d'oser, étourdi, champion du monde de la procrastination"
L'audience se poursuit avec (enfin) les premières plaidoiries de la journée.
Me Chine Feger s'approche de la barre pour évoquer la solidarité.
"La première forme de solidarité est la défense contre l'agression, un mécanisme de survie, un sentiment instinctif"
Me Feger : "une main tendue, une main tenue dans la fosse du Bataclan. Des encouragements de soutien envers les plus grièvement blessés.
Du soutien entre deux inconnus, blessés, allongés tête bêche qui échangent la promesse d'aller boire une bière s'il s'en sortent vivants"
Me Feger : "ils se sont entraidés, de la manière la plus simple qui soit : en se parlant, en se touchant, en se regardant. Pour chacun, ces gestes ont permis de garder leurs sens acérés face à une scène d'une cruauté sans nom".
Me Feger : "tant d'autres élans de solidarité ont eu lieu ce #13Novembre 2015. Mais il s'agit d'élans malgré soi. On ne choisit pas d'avoir été solidaire envers un autre. D'un point de vue extérieur, tout le monde a envie de se sentir solidaire, d'être qualifié de héros."
Me Feger : "ces hommes et ces femmes n'ont rien demandé. Ils se sont retrouvés dans une tempête. Il y en a qui ont été des héros sans le savoir. Et nous sommes là aussi pour leur rappeler. Parce que ce qui est particulièrement héroïque c'est d'être debout et continuer à avancer"
Me Feger : "les responsables de ces attentats ne sont pas parvenus à diviser. Les victimes nous ont donné de formidables leçons d'humanité. Elles livrent leur plus belle victoire contre le terrorisme."
Me Aurélie Coviaux plaide à son tour sur le thème de la solidarité et évoque Didi "qui a ouvert la l'issue de secours et a sauvé des centaines de vies", "Sébastien qui entend cette femme, enceinte, accroché à la fenêtre, qui la remonte".
Me Coviaux : "je pense à tous ces joueurs de jeux vidéos qui ont compté les balles et qui savaient quand les chargeurs allaient devoir être changés et on fait Go, go, go et ont emmené d'autres avec eux".
Me Coviaux : "je voudrai dire quelques mots de ce maire de Grandville, dans le Cotentin, qui a mis son chauffeur et sa voiture à disposition des victimes".
Me Coviaux : "peut-être que la définition du héros grec qui est "celui qui fait le mieux possible en fonction de ses capacités", peut-être pourrons-nous nous souvenir que les victimes d #13Novembre n'ont pas choisi d'être là, qu'elles ont toutes fait du mieux possible"
Me Coviaux : ... qu'elles ont toutes été solidaires et que si chez Homère, la plupart des héros étaient des demi-dieux, les victimes du #13Novembre n'étaient que de simples mortels"
Me Bessard du Parc vient évoquer à la barre Jonathan.
"Il lui a fallu très peu de temps pour réaliser qu'il est pris dans le piège d'un attentat. Son instinct le pousse à sauver sa peau, il se retrouver au milieu d'un champ de bataille."
Me Bessard du Parc : "Jonathan aperçoit une porte coupe-feu. En chemin, il bute contre un homme tétanisé, incapable de bouger. L'homme s'avérant anglophone, Jonathan lui chuchote "Go, go, go". Il parvient à le faire se déplacer vers cette porte coupe-feu".
Me Bessard du Parc : "aujourd'hui Jonathan est toujours hanté par la scène d'horreur qu'il a vécue. Il ne voulait plus entendre parler du Bataclan, ni de près, ni de loin.
Il a été incapable de reprendre une vie professionnelle."
Me Bessard du Parc : "Jonathan est incontestablement un de ces héros ordinaires du #13Novembre 2015, drame au cours duquel toutes formes de solidarité se sont exprimés et chacun a fait ce qu'il a pu"
Me Pascale Billing poursuit sur le thème de la solidarité : "en même temps que certains tuaient, d'autres cherchaient à sauver des vies.
La solidarité c'est s'oublier soi-même pour aller vers les autres. Un sentiment profonde de fraternité, qui oblige à aider, sans calcul."
Me Stéphane Levi : "ce vendredi #13Novembre 2015, deux groupes d'internes des hôpitaux de Paris vont relâcher la pression de la semaine en allant boire un verre ensemble au Carillon.
Tous ont porté secours immédiatement."
Me Levi : "Coralie a pratiqué un massage cardiaque sur un homme de 25 ans qui est décédé dans ses bras. Les secours ont mis beaucoup de temps à arriver et se sont les internes qui ont pratiqué les premiers soins."
Me Levi : "c'est une médecine de guerre en période de paix.
La vie est plus forte que la mort. Sauver des vies, donner la vie, ainsi la solidarité est le lieu où se nouent les liens les plus profonds de la nation."
Me Levi : "c'est cette capacité immédiate d'empathie qui fait entrer des internes dans le cercle des héros du quotidien et de l'humanité retrouvée face à la barbarie."
Me Gastone prend la parole : "je suis terriblement prêt, mais pas comme ça. J'ai jamais eu à plaider devant un box vide. Je ne vois pas comment, aujourd'hui, je pourrais plaider pour la protection civile sans eux [il montre le box].
Alors pardonnez-moi, je plaiderai plus tard."
"Bien, conclut le président, j'espère qu'on aura encore des créneaux. Parce que vous êtes très très nombreux à devoir intervenir."
Place à la plaidoirie de Me Clémentine Vergnais qui "prend la parole pour Daniel Psenny qui a eu ces mots :"j'ai été témoin, acteur puis victime"
Me Vergnais : "Daniel Psenny a souhaité que je prenne la parole un instant pour que la mémoire de son vécu de ces événements reste".
Place à Me Reinhart: "la solidarité se passe aussi à travers deux associations : @13onze15 et @lifeforparis qui se sont créés après les attentats.
Me Reinhart : "ces souffrances se sont rassemblées au sein de ces associations et qui ont fait beaucoup; Discrètement, toutes ces victimes ont pu se retrouver au sein de réunions. Les adhérents ont été heureux de trouver une main qui se tend, une expérience qui se croise"
Me Astrid Ronzel s'avance à son tour à la barre : "Mesdames, messieurs de la cour, comment vous sentez-vous? Comment allez-vous émotionnellement, physiquement, Vous êtes présents depuis 130 jours, vous avez entendu 415 témoignages de parties civiles ..."
Me Ronzel : "ici, dans cette salle, les victimes, leurs proches mais aussi l'ensemble des professionnels, nous tous pouvons nous poser la question : est-ce que depuis septembre nous avons la même capacité émotionnelle pour faire face à ce que nous entendons?"
Me Ronzel : "c'est ce poser la question sur un moment d'audience. Le professeur @TBaubet avait rappelé qu'il y avait un désarroi, une souffrance familiale souvent peu pris en charge. Peut-être que vous vous souvenez, il nous avait parlé des traumatismes vicariants"
Me Ronzel : "ce sont les traumatismes des professionnels. Il a commencé à lire et on a pris nos stylos et on a compté dans nos têtes. Combien de points, monsieur le président, mesdames et messieurs de la cour et nous tous ici?"
Me Ronzel : "traumatisme vicariant, un peu de latin, qui prend la place de l'autre. Il a été constaté pour les professionnels et les proches des personnes survivantes, qu'on appelle les aidants. Le point commun c'est la compassion."
Me Ronzel : "l'objet n'est pas de culpabiliser les victimes, leur parole est indispensable, elle est utile. Par contre c'est de permettre à ceux qui en souffre de déculpabiliser. Et identifier plus clairement une des fameuses ondes de choc de l'événement."
Me Ronzel :"il y a ces personnes aidantes, celles qui ont pu être présentes dès les premiers moments, ils ont été présents dans cette salle, sur les bancs. Il y a les professionnels : les enquêteurs, les pompiers, les policiers, les gendarmes, la protection civile, les soignants"
Me Ronzel : "les médecins experts, la presse, la cour, greffier, avocats et élèves avocats, la régie.
Et puis, il y a une catégorie particulière : les personnes qui ont un lien affectif et aussi professionnel avec ces victimes."
Me Ronzel : "accepter de se pencher sur ces questions c'est réfléchir collectivement aux outils qu'on peut trouver pour continuer à assurer son rôle auprès de ceux qui en ont besoin"
Place aux plaidoiries sur la question des forces de l'ordre. Me Géraldine Berger-Stenger : " lorsqu'on épluche le très volumineux dossier dit #V13 on ne peut qu'être surpris qu'aucun garde républicain n'ait été entendu."
Me Berger-Stenger : "non seulement, ils n'ont pas été entendus, mais ils n'ont pas non plus été inscrits sur la liste unique des victimes. Ce n'est qu'en 2018 qu'ils ont décidé, timidement, de se constituer parties civiles"
Me Berger-Stenger : "au fil des mois, il leur a fallu réapprendre à s'ouvrir aux autres. A commencer par les proches. Ce procès a permis de libérer leur parole publiquement.
Pour les gardes républicains du Stade de France, seule la justice des hommes clôturera cet épisode."
Me Jérôme Andrei plaide à son tour : "je voudrais rappeler ici les interventions décisives de chaque équipage qui ont permis de sauver des vies ce soir là, au risque de perdre la leur. Je commence par les policiers qui étaient en charge de la sécurisation du match."
Me Andrei : "au Bataclan, la bac, mais également six sapeurs pompiers qui se trouvent actuellement dans la salle, en tenue d'honneur, et qui se sont retrouvés, sans le savoir, en plein milieu du champs de tirs".
Me Andrei : "il y a aussi le commissaire de la BAC et son chauffeur. Tout aussi héroïque, à l'extérieur, la BAC 94 qui se trouvait passage Amelot"
Me Andrei : "et puis les six pompiers qui n'ont aucune arme, aucune protection. Et pour autant, ils continuent leur mission. C'est dans leur ADN de porter les premiers secours, venir en aide aux victimes tout autour d'eux. "
Me Andrei : "ils entendaient les balles ricocher à quelques mètres d'eux. Et ils pensaient qu'ils n'allaient revoir ni leur familles, ni leurs amis pour certains. Et ils ont poursuivi leur mission sans répit, toute la nuit."
Me Andrei : "de cette soirée d'horreur, où ils sont arrivés parmi les premiers et repartis parmi les derniers, ils sont repartis avec ces images gravés dans leurs esprits.
Je terminerai avec la BRI et l'assaut inespéré : pas un mort parmi les otages."
Me Andrei : "plus que jamais, ils ont appliqué leurs devises. "Protéger et servir", pour la policer. 'Sauver ou périr", pour les sapeurs pompiers de Paris.
Je tiens à leur témoigner notre reconnaissance éternelle"
Place à Me Hector Bernardini qui s'interroge, lui aussi "sur le sens d'une plaidoirie devant un box vide. Entre deux maux, je choisis le moindre parce qu'aujourd'hui, j'ai dix de mes clients qui sont venus. Dont certains de Bretagne. Donc je vais plaider vaille que vaille."
Me Bernardini : "j'interviens pour les membres dela BAC 75 nuit qui sont intervenus le #13Novembre 2015 au péril de leur vie. Je repense à tous les efforts déployés pour qu'ils finissent par prendre leur place dans le grand récit du #13Novembre 2015."
Me Bernardini : "avaient-ils le temps de penser à eux? Pouvaient-ils se plaindre ? Aller porter plainte? Eux qui ont le devoir statutaire d'être en bonne santé physique et psychologique.
Pourquoi ont-ils été effacés du grand récit des attentats du #13Novembre 2015?"
Me Bernardini : "le grand récit a une fonction matricielle dans la mémoire collective. Comment chacun va se positionner par rapport à ce grand récit ? La place que trouve chacun dans le grand récit est essentiel dans la reconstruction."
Me Bernardini : "grâce à la mémoire partagée des magistrats, des journalistes, des innombrables victimes et leurs conseils, grâce à toutes ces mémoires individuelles additionnées, la BAC 75N a pris sa place dans le grand récit des attentats du #13Novembre 2015. Et il était temps"
Me Sandra Chirac Kollarik plaide sur "la violence que ces hommes et ces femmes ont du s'infliger ce soir là pour agir en professionnel, avec les moyens qui étaient les leurs, dans une asymétrie criante."
Me Chirac Kollarik : "des policiers sont rentrés chez eux après un service d'éprouvante avec des images indélébiles, des cris, des sifflements, l'odeur de la mort quand ils sont rentrés dans leur foyer. Soutenir le regard de sa femme, de ses gosses."
Me Morgan de Sauw-Laporte conclut les plaidoiries sur le thème des forces de l'ordre.
"A quoi pense-t-on quand on évoque les héros?
Dans le chaos du #13Novembre des hommes du monde réel se sont distingués par leurs actions, leur courage, leur bravoure et leur vertu".
Me de Sauw-Laporte : "les forces de l'ordre ,les sapeurs-pompiers qui sont intervenus le soir du #13Novembre l'ont fait de manière désintéressée.
Leur dévotion et leur humanité ont dépassé toute haine et tout clivage, quels qu'ils soient."
Me de Sauw-Laporte évoque Christophe, venu témoigner il y a quelques jours à l'audience "qui a agi en héros.
Sans ces comportements vertueux et héroïques, les morts auraient été plus nombreux."
Me de Sauw-Laporte : "ce sont des résistants à la médiocrité, des sentinelles d'humanité".

Petite suspension avant "la petite douzaine de plaidoiries qui restent", annonce le président.
Place à la suite des plaidoiries, sur la thématique de l'après.
Me Karine Shebabo plaide "pour la liberté de changer de vie".
"On a choisi des gens faciles à tuer. Et il y a quoi de plus facile à tuer que des gens dans un pays en paix. Le terroriste veut faire du chiffre"
Me Shebabo : " c'est quand même un désir terrible celui de l'homme qui veut tuer, assassiner, inféoder. Par cette terreur, c'est comme si on cherchait la mort une réponse à une menace hypothétique, qu'on croit réelle.
Le terroriste choisit, sait, anticipe, provoque l'événement."
Me Shebabo : "on n'est plus jamais le même quand on a vécu le Stade de France, les terrasses, le Bataclan. On n'est plus jamais le même quand on a vécu un attentat. Moi j'ai vu 3 profils se dessiner à votre audience. Le premier c'est celui de ceux qui décident de changer de vie"
Me Shebabo : "et puis il y a le profil de ceux qui sont enfermés dans l'événement, dans le lieu, dans la culpabilité.
Et vous avez enfin ceux qui sont dans l'évitement."
Me Shebabo : "ils sont nombreux, ceux que vous n'avez pas vus, qui sont dans l'ombre, qui n'arrivent pas à s'approcher de cet événement qu'est le procès.
Ce qu'on a vu ici, pendant neuf mois, c'est la partie émergée de l'iceberg."
Me Shebabo : "on a vécu quelque chose ici pendant neuf mois. Quelque chose s'est passé. Tout la France est partie civile à ce procès. Nous sommes tous touchés par ce qui est arrivé à la France le #13Novembre . On a tous un proche ou un très proche qui a été une victime directe"
Me Shebabo : "ce procès est historique. Votre décision va faire l'Histoire. Par votre décision, on attend que vous rameniez de l'ordre dans le désordre."
Me Elisabeth Aboucaya s'avance à la barre confie qu'elle a hésité à plaider et évoque "le problème de l'accès au soin en détention"
Le président l'interrompt, annonce Muhammad Usman "sera pris en charge dans les meilleurs délais. Et il n'y a pas de risque pour sa santé".
Me Aboucaya : "nous sommes réunis ici depuis 130 jours pour écouter les mots qui vont permettre au droit d'élaborer une réponse juste à des événements profondément injustes"
Me Aboucaya : "le meurtre de masse auquel nous sommes confrontés dans ce procès devient le refus sanglant imposé à leur adversaire d'échanger. Dans cette enceinte, beaucoup de mots ont été dits. A cette barre, on été déposés tous les mots qui permettent d'exprimer l'horreur"
Me Aboucaya : "on a aussi attendu, puis entendu les mots des accusés. En tous cas ceux qui ont joué le jeu, même si on est loin d'un jeu.
Les auteurs ont précipité leurs victimes dans le mur du réel, en mettant en acte ce que leurs mots ne peuvent dire"
Me Aboucaya : " nous avons tous entendu des phrases qui résonnent comme des ondes de choc sans qu'un temps ait été pris pour en extraire tout le sens."
Me Aboucaya : "quelque chose qu'on a entendu souvent de la part des parties civiles : "finir le travail". On a entendu cette phrase qui renvoie à la terreur de ne pas être libéré de la menace. Parce que ça ne peut être que provisoire de s'en être sorti."
Me Aboucaya : "cette phrase pose la question d'un présupposé inscrit dans le récit que chacun se fait du déroulé de sa vie. On a tous le fantasme de mourir tranquillement, sans souffrance, à un âge avancé, de préférence sans délabrement."
Me Aboucaya : "être victime de terroriste, cela ne faisait pas partie jusqu'en 2015 de notre inconscient collectif."
Me Aboucaya : "on nous a parlé aussi des témoins malheureux. Est-ce à dire qu'il y aurait des témoins heureux. Quelle est cette catégorie créée par le parquet et le @FONDSDEGARANTIE pour refuser de les regarder en face, de les indemniser".
Me Aboucaya : "et puis "vous n'aurez pas ma haine". Nombreux ont été surpris. Comme si la haine était une position attendue, acceptable et même légitime des victimes. Pour haïr, il faut reconnaître l'autre. Alors qu'en se détournant de lui, on le nie comme sujet, on l'exclut."
Me Aboucaya : "c'est probablement un effort immense pour les parties civiles que de s'éloigner du chemin de haine. Mais quelle victoire que d'y parvenir. Avec leurs mots, dans ce bouillants mélange des genres, les parties civiles ont dit aux accusés qu'ils ont perdu"
Me Aboucaya : "si votre cour porte la responsabilité de dire les mots de la justice, les parties civiles nous ont montré avec éclat qu'elles acceptent de porter la responsabilité de la vie."
Me Lucie Leibel-Perrois poursuit sur le thème des mots.
"Les victimes des attentats du #13Novemre 2015 ont été visées car elles étaient porteuses de ces mots, nos valeurs communes."
Me Leibel-Perrois : "par ls mots qui se sont échangés tout au long de cette audience, il s'est noué et renoué mille choses.
Il y a également cette forme d'échange qui semble s'être noué entre des parties civiles et des accusés."
Me Leibel-Perrois : "quelle force et quel courage il faut pour se relever, ne pas s'abandonner totalement à la haine, à la mort."
Me Leibel-Perrois : "Et au lieu de cela, se relever, prendre le chemin de cette cour, se tenir seul à cette barre et dire avec leurs mots l'indicible, ce que personne ne veut voir, ni vivre, jamais."
Me Leibel-Perrois : "ces plaidoiries sont aussi l'occasion de dire la grande humilité que nous éprouvons à nous tenir à leur côté. Les parties civiles ont tout mon respect."
Me Leibel-Perrois : "quand la fin semble proche, que tout est sur le point de s'arrêter, ce qu'il reste ce sont les mots.
Les mots sont tout. Même après la vie, dans la mort, il reste les mots. Et quand il n'y a plus de mots, il reste la mémoire dans la peau."
Me Audrey Lacroix : "a la lecture des tatouages des victimes, la peau est devenue un langage. Le tatouage signe l'appartenance à une histoire, l'histoire inscrite dans la chair des victimes comme le sont désormais tous ces mots et ces dessins tatoués à fleur de peau".
Me Lacroix : "les tatouages, c'est une façon de se scarifier, de se faire mal parce que sa blessure est invisible. "
Des photos de victimes tatouées sont projetées sur l'écran géant de la cour d'assises.
Me Clémence Jouy Chamontin débute sa plaidoirie sur le mot Bataclan et "le sentiment d'oubli partagé par les victimes des terrasses et du Stade de France. Les oublier c'est rajouter de la souffrance à ce qu'ils ont vécu"
Place à Me Alexandra Prassoloff : "les absents du procès existent et ils ont leur importance. Pourquoi ne vient-on pas au procès du ;#13Novembre quand on est partie civile? Venir au procès c'est déjà se sentir capable d'affronter.
Il y a toutes celles qui ne lisent rien."
Me Prassoloff : "venir au procès c'est affronter le decorum de la justice, les contrôles de sécurité des gendarmes.
Pour certaines victimes terrorisées, il est impossible d'imaginer se retrouver dans un espace commun avec les accusés, fusse-t-il une salle d'audience".
Me Prassoloff : "il y a la colère aussi qui peut être débordante et empêcher certaines parties civiles de venir assister au procès.
De nombreuses parties civiles qui ont assisté aux audiences ont pu y trouver une forme d'apaisement"
Me Cosima Ouhioun : "il a beaucoup été question du silence des accusés pendant les débats et beaucoup moins de celui de certains parties civiles.
Parler c'est espérer être entendu et peut-être que certains, des deux côtés de la barre ont craint de ne pas être entendus"
Me Cosima Ouhioun : "parmi les raisons de ce silence, il y a eu la peur d'être noyé dans la masse, la peur d'être submergé, que les mots ne viennent pas, d'être submergés par la haine aussi.
Certaines se sont dit qu'elles ne seraient pas au niveau, pas de "bonnes victimes".
Me Ouhioun : "il y a ceux qui ont ressenti le besoin d'écouter avant de parler.
Il y a aussi Ismael, d'origine marocaine qui a un jour dit qu'il était au Bataclan et à qui on a répondu, dans ce qui se voulait un trait d'humour : "ah oui, de quel côté? Victime ou auteur?"
Me Constance Dewavrin s'avance pour "la conclusion".
"Le premier jour de cette plaidoirie, un quotidien a parlé de plaidoirie chorale. J'aime bien ce mot. Cinq jours plus tard cette plaidoirie chorale touche à sa fin."
Me Dewavrin : "nécessité a fait loi et nous avons choisi de faire cette proposition. Peut-être que certains ont trouvé que la chorale a chanté un peu faux par moments. Peut-être qu'il y a eu un peu trop d'échos. Mais nos confrères se sont soutenus les uns les autres."
Me Dewavrin : "parce que nous portons tous la responsabilité de clients qui ne sont pas les nôtres."
Me Dewavrin : "certains témoignages à la barre ont permis à certaines victimes de mieux appréhender leur propre vécu.
Enfin les parties civiles ont pu appréhender le passage du statut de victime à celui de partie civile."
Me Victor Edou s'avance.
"pour conclure, nous tentons de répondre modestement à cette question fondamentale de l'utilité de ce procès pour les parties civiles. Hugo Micheron l'a dit à cette barre : le procès est au-delà de la question judiciaire l'occasion de faire débat"
Me Edou :"les parties civiles ont pour la première fois eu le sentiment que nous sommes collectivement à la hauteur de l’enjeu, qu’un lieu a été créé pour elles, pour les accueillir et recueillir leur parole."
Me Edou : "durant cette audience l’accueil quotidien qui a été fait aux parties civiles, la mise à disposition de psychologues, beaucoup de ceux qui n’osaient pas venir ici ont grâce à cela franchi les portes du palais sans appréhension."
Me Edou : "les accusés sont particulièrement bien défendus, par de jeunes et talentueux confrères qui ont pu je crois user de l’indépendance, de l’irrévérence et de l’impertinence nécessaires à l’exercice des droits de la défense."
Me Edou : "lorsqu’après avoir subi toute une journée les outrances de l’un des accusés, certaines parties civiles ont mal réagi en applaudissant ironiquement, et que la défense a cru à ce moment devoir quitter la salle, oui cela a été mal vécu par les victimes."
Me Edou : "lorsque certains accusés ont décidé de se murer dans le silence, ou de ne pas monter à l’audience oui cela été mal vécu par des PC venues chercher des réponses et des explications, oui cela a été mal vécu par les victimes"
Me Edou : "mais il nous appartient à nous avocats de parties civiles qui portons la même robe de l’expliquer à nos clients : l’exercice de ces droits fondamentaux est notre victoire face au totalitarisme."
Me Edou : "ce procès a permis de mettre la parole des rescapés et des endeuillés au centre, les victimes sont venues ici déposer leurs souffrances, et surtout leurs espoirs à la barre."
Me Edou : "on ne peut pas dire que cela guérit mais cela a une place incontestable dans leur parcours et dans leur reconstruction."
Me Edou : "grâce à cette audience, certaines PC ont pu passer du « je » au « nous », et s’il est illusoire de croire à l’existence de la « grande famille » des parties civiles, nombre d’entre elles ont pris conscience de la dimension collective de leur souffrance."
Me Edou : "cette audience a permis de créer des liens extraordinaires, comme si cette salle construite dans la salle des pas perdus, était devenu la salle des liens retrouvés."
Me Edou : "il y aurait des dizaines d’histoires à vous raconter sur ces liens qui se sont créés. Il y a Laura rescapée du Bataclan qui a reçu six impact de balle et qui a retrouvé dans cette salle le pompier qui l’avait évacuée, qui lui a tenu la main pour pas qu’elle ne parte."
Me Edou : "il y a ces étreintes entre parties civiles à chaque suspension, et ces amitiés qui ont pu naitre comme si l’on se connaissait depuis toujours. Il y a aussi ces nombreux verres échangés aux deux palais et à l’annexe entre les différentes parties aux procès."
Me Edou : "il y a ce soir du mois de décembre où nous nous sommes attablés avec des parties civiles, les avocats généraux, et des avocats de la défense."
Me Edou : "il y a ces mots, ces gestes échangés, chaque jour avec messieurs Oulkadi, Chouaa et Atou,

Monsieur Oulkadi dans une audition bouleversante qui nous explique que grâce à cela il redevient « Ali »."
Me Edou : "le temps long a permis cela, recréer des liens et se dire qu’au milieu de la violence et du néant il y a de belles histoires qui peuvent voir le jour. C’est une forme de justice restaurative."
Me Edou : "alors évidemment le procès ce n’est pas que cela, mais c’est aussi ce que l’on a envie de retenir."
Me Edou : "Je ne sais pas si cette salle est le « pays dans lequel nous voudrions vivre » mais ces moments passés ensemble de dignité, d’humanité, et de fraternité sont de loin la meilleure réponse que nous pouvions offrir à la barbarie terroriste."
Me Ludovic De Villele pour la dernière plaidoirie de la journée : "dans quelques semaines vous reviendrez dans cette salle pour accomplir votre devoir de magistrat, vous regardez dans les yeux les accusés et les victimes. Vous direz le droit".
Me De Villele : "les mots que vous écrirez et que vous prononcerez nous, professionnels du droit, nous en comprendrons les subtilités, mais les très nombreuses parties civiles pourront-elles décrypter toutes les nuances de votre verdict?"
Me De Villele : "vous êtes ici au nom de la France. La France a été attaquée, ceux qui l'aimaient ont été visés. Vous allez rendre un verdict qui na pas besoin du pardon, qui n'a besoin que du droit et de la vérité. Vous rendrez ainsi un verdict de paix, d'honneur et de justice."
Le compte-rendu de l'audience du jour et l'intégralité de la plaidoirie de Me @victor_edou illustré par @ValPSQR sont à retrouver ici > franceinter.fr/justice/proces…

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Jun 2
Bonjour à tous,

Suite des plaidoiries d'avocats de parties civiles au 132e jour du procès des attentat du #13Novembre 2015.
Celles d'hier sont à retrouver dans le compte-rendu d'audience signé @sophparm ici > franceinter.fr/justice/proces…
L'audience reprend.
Tous les accusés sont présents dans le box donc on va pouvoir démarrer immédiatement.

Le LT des plaidoiries du jour est à suivre ici.
Me Patrick Klugman est le premier à plaider aujourd'hui :
"Une cigarette sur le bitume. On trinque à un départ, on trinque pour n'importe quel prétexte. On fonce à un concert. Paris c'est une terrasse de café où l'on rit, Paris c'est une salle de concert bondée."
Read 93 tweets
May 25
Bonjour à tous,

C'est aujourd'hui le 127e jour d'audience au procès des attentats du #13Novembre 2015. Avec, au programme, la suite des plaidoiries des avocats de parties civiles.
Hier, ces plaidoiries ont emmené la cour sur les lieux des attentats.
Le compte-rendu est à retrouver ici > franceinter.fr/justice/proces…
Aujourd'hui, il sera question "des victimes face à la blessure".
LT à suivre ici puisque l'audience reprend à l'instant.
Read 95 tweets
May 24
Bonjour à tous,

Les plaidoiries des avocats de parties civiles vont reprendre pour la 127e journée d'audience.

Elles ont débuté hier et sont à retrouver dans le compte-rendu d'audience, illustré par @ValPSQR par ici > franceinter.fr/justice/proces…
Aujourd'hui, les avocats, qui se sont répartis les plaidoiries par thématique vont plaider sur la question des lieux des attentats.

LT à suivre ici.
L'audience reprend. Avant la reprise des plaidoiries. Le président indique : "nous avons actuellement des travaux au niveau de la chambre de l'instruction avec des bruits très très importants. Ne vous inquiétez pas si vous entendez des bruits importants à partir de 17 heures."
Read 107 tweets
May 23
Bonjour à tous,

126e jour du procès des attentats du #13Novembre 2015. 34e semaine d'audience. Et surtout, début d'une nouvelle phase avec les plaidoiries, de parties civiles tout d'abord, ainsi que le veut le code de procédure pénale.
La semaine dernière s'est achevée sur les derniers témoignages de victimes que vous pouvez retrouver dans le compte-rendu d'audience ici > franceinter.fr/justice/proces…

Aujourd'hui, le LT est à suivre ici.
Retrouvez @sophparm à l'antenne de @franceinter
L'audience débute avec un peu de retard. La salle est assez remplie pour ce premier jour de plaidoiries de parties civiles.

Le président aborde tout d'abord des points de procédure, notamment le rendu de décision sur certaines constitutions de parties civiles.
Read 139 tweets
May 20
Bonjour à tous,

125e jour et dernières auditions de parties civiles aujourd'hui au procès des attentats du #13Novembre 2015.

Le compte-rendu de la très émouvante journée d'hier, illustré par @ValPSQR est à retrouver ici > franceinter.fr/justice/proces…
@ValPSQR Aujourd'hui, les toutes dernières victimes qui l'ont souhaité vont témoigner à la barre.

LT à suivre ici.
Je vous retrouve également dans le journal de 13h de @franceinter avec @BrunoDuvic pour le récit de cette 33e semaine.
L'audience reprend avec l'audition de Nicolas, frère de Thomas Duperron, décédé au Bataclan.
"Je n'attendais rien d ce procès, j'y voyais tout au plus une nouvelle épreuve. Je n'ai pas écouté la webradio et très peu lu ou suivi les débats".
Read 90 tweets
May 19
Bonjour à tous,

124e jour d'audience au procès des attentats du #13Novembre 2015.
Et suite des témoignages de parties civiles avec 18 auditions prévues aujourd'hui de survivants du Bataclan et proches de victimes décédées.

LT à suivre ici.
Hier, la cour a notamment entendu Karena, qui doit sa survie à un placard technique du Bataclan.
Le compte-rendu, illustré par @ValPSQR est à retrouver ici > franceinter.fr/justice/proces…
L'audience reprend.

A noter que depuis le début des témoignages de parties civiles, l'ensemble des accusés est présent dans le box.
Pour rappel, Osama Krayem a refusé d'assister à la majorité de l'audience.
Read 125 tweets

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