Au-delà de la réalité biologique, c’est quoi être une femme ? Et pourquoi ça ne veut rien dire de « se sentir femme » ? A thread. 🧵 👇
Être une femme, c’est découvrir toute petite à l’école que « le masculin l’emporte toujours sur le féminin ». Ressentir dès lors une profonde injustice.
[2/39]
Être une femme, c’est intégrer très tôt qu’on attend de nous d’être douces, calmes, attentionnées et soucieuses des besoins d’autrui. Surtout si autrui est masculin.
[3/39]
C'est apprendre qu’on ne doit pas faire de vagues, ne pas élever la voix, ne pas se laisser emporter par la colère. Apprendre à encaisser, apprendre à se taire. Apprendre à être docile, en somme.
[4/39]
Être une femme, c’est voir son corps changer à la puberté et parfois le détester. Voir ses seins pousser, ses hanches se former et le regard des hommes changer. Ne pas être prête pour ça.
[5/39]
Être une femme, c’est apprendre très tôt qu’on doit être vigilantes. « Fais attention, sinon il va t’arriver quelque chose »
[6/39]
Quelque chose, c’est une agression sexuelle, un viol ou pire. Et malgré toutes les mesures de précaution qu’on peut prendre, bien souvent on en sera victime.
[7/39]
Être une femme, c’est trop souvent être une proie. Dans la rue, au bureau, en soirée, dans son couple. Parfois même dans sa famille.
[8/39]
C’est le harcèlement de rue, les frotteurs dans le métro, les mecs qui te suivent, t’insultent, te frappent. C’est la peur de faire une mauvaise rencontre, à tout moment.
[9/39]
C'est potentiellement être victime de violences conjugales, voir son estime de soi réduite à néant au profit de son bourreau, et n'être plus que l'ombre de soi-même.
[10/39]
Être une femme, c'est savoir que la justice ne nous sera d'aucune aide. Que le parcours avant de pouvoir faire condamner son agresseur est long et douloureux, et qu'il a peu de chance d'aboutir.
[11/39]
C'est redouter les questions des policiers, se sentir coupable alors qu'on est victime. Et même si on a la force d'aller en justice, on sait que l'opprobre familiale, amicale voire médiatique nous attend au tournant. #AmberHeard
[12/39]
Être une femme, c’est aussi saigner tous les mois. Être à fleur de peau à cause de son SPM et se tordre de douleur pendant ses règles. C’est parfois la précarité mensuelle, l’endométriose et l’errance diagnostique.
[13/39]
Être une femme, c’est être moins bien soignée que les hommes, parce que pendant longtemps on a considéré l’homme comme standard universel, sans prendre en compte les spécificités biologiques des femmes.
[14/39]
C'est les violences gynécologiques et obstétricales, les questions intrusives sur notre sexualité et le paternalisme médical.
[15/39]
Être une femme, c’est être payée 25% de moins que les hommes, à compétences égales.
[16/39]
C’est être discriminée à l’embauche autour de la trentaine parce qu’on risque de faire des enfants. C’est voir sa carrière ralentie parce qu’on doit partir plus tôt pour récupérer les enfants à l’école.
[17/39]
C’est devoir mettre de côté sa carrière pour ses enfants, ou parce que son compagnon gagne mieux sa vie que nous. C'est être jugée si on ne fait pas d'enfants ou si on se consacre à sa carrière.
[18/39]
Être une femme, c’est être cantonnée à des cases bien délimitées. Dès que tu en sors, tu en payes le prix : tu deviens au choix garçon manqué, trop ambitieuse, bizarre, hystérique, salope ou folle.
[19/39]
Être une femme, c'est apprendre à détester les autres femmes, à les considérer comme des rivales plutôt que des sœurs. Aimer dire qu'on n'est "pas comme les autres filles". Alors qu'on est tellement plus fortes ensemble, quand on privilégie la sororité.
[20/39]
Être une femme, c'est voir sa cote de désirabilité baisser dès la vingtaine, jusqu'à devenir invisible passé la cinquantaine. Les hommes nous aiment jeunes et naïves, innocentes et malléables.
[21/39]
Être une femme et aimer les femmes ne permet malheureusement pas de s’affranchir des maux des hommes et des attentes d’une société patriarcale et hétéronormée. Être lesbienne, c'est s'exposer à de nouvelles violences.
[22/39]
Être une femme, c’est apprendre depuis toujours à plaire aux hommes. Il faut être mince, mais avec des formes. Prendre soin de soi, sans être superficielle. Être désirable sans être vulgaire. Excitante sans chercher à l’être.
[23/39]
Il faut être bonne au pieu si on veut garder un homme. La pipe ciment du couple, la sodomie pour varier les plaisirs, le BDSM pour mettre du piquant dans sa sexualité. 
[24/39]
Être une femme, c’est avoir appris qu’un rapport sexuel se termine lorsque l’homme a éjaculé. Votre orgasme, on s’en fout, de toute façon vous êtes trop compliquées.
[25/39]
C’est découvrir tard le plaisir que peut apporter le sexe, parce qu’on a été  conditionnées à faire jouir les hommes, sans penser à notre propre plaisir.
[26/39]
Il faut aimer le sexe, mais pas trop.
[27/39]
Être une femme, c’est être éternellement coincée entre la figure de la maman et de la putain.
[28/39]
C’est finir par croire que nos corps ne sont bons qu’à enfanter et à être pénétrés. C’est parfois se faire exploiter son corps au paroxysme, via la GPA ou la prostitution.
[29/39]
Être une femme, c’est faire plus de travail domestique à la maison, sans que celui-ci soit valorisé. C'est penser à tout, tout le temps, pour soi, mais surtout pour les autres. #ChargeMentale
[30/39]
Être une femme c’est risquer à chaque rapport de tomber enceinte. C’est porter la charge mentale contraceptive, subir les effets secondaires de sa contraception, essuyer le discours moralisateur du pharmacien lorsqu’on va chercher la pilule du lendemain.
[31/39]
Être une femme, c’est pour 30% d'entre nous recourir à l’IVG. Se vider de son sang et devoir examiner les WC pour vérifier que l’embryon s’est bien décroché.
[32/39]
Être une femme, c’est avoir conscience que ses droits sont fragiles. Que cela fait moins d’un siècle qu’on a le droit de vote, à peine 57 ans qu’on a le droit d’ouvrir un compte bancaire et qu’on a le droit de travailler sans le consentement de notre mari.
[33/39]
C’est savoir qu’à tout moment ces droits peuvent nous être retirés. #IVG
[34/39]
Être une femme, c’est être le fruit de siècles de domination masculine, c’est porter le poids du patriarcat. C’est une lutte permanente pour être traitées à égalité avec les hommes.
[35/39]
Être femme, ce n’est PAS embrasser à outrance les stéréotypes de la féminité. Ce n’est pas se maquiller, porter des jupes et des talons, aimer le shopping et être sur-sexualisée.
[36/39]
Pour toutes ces raisons et bien d'autres, être une femme, ce n’est pas un ressenti individuel. C’est une réalité biologique et sociétale, c’est de l’inné et de l’acquis.
[37/39]
Être une femme, ce n’est bien sûr pas que de la souffrance. Mais les femmes ont trop subi à travers les siècles pour voir leur existence-même effacée pour ne pas froisser la sensibilité d’une minorité d’hommes qui se disent femmes.
[38/39]
Vous voir singer la féminité et revendiquer nos droits si chèrement acquis est une insulte à notre sexe. #RadFem #IStandWithJKRowling
[39/39]

• • •

Missing some Tweet in this thread? You can try to force a refresh
 

Keep Current with Les Fleurs de Maât

Les Fleurs de Maât Profile picture

Stay in touch and get notified when new unrolls are available from this author!

Read all threads

This Thread may be Removed Anytime!

PDF

Twitter may remove this content at anytime! Save it as PDF for later use!

Try unrolling a thread yourself!

how to unroll video
  1. Follow @ThreadReaderApp to mention us!

  2. From a Twitter thread mention us with a keyword "unroll"
@threadreaderapp unroll

Practice here first or read more on our help page!

More from @LesFleursDeMaat

Sep 7
Face à cette hérésie, on va reprendre les bases.

Le sexe est constaté à la naissance. On naît, - et on est -, homme, femme ou dans de très rares cas (entre 0,05 % et 1,7 % des naissances selon les chiffres), un trouble du développement sexuel fait qu’on est intersexe.
En tant qu’homme ou femme, la société va ensuite nous traiter différemment, en fonction des stéréotypes de genre. Ce qui fait qu’à partir de notre SEXE, on va se construire différemment.
Et ce dès le berceau : un étude a montré qu’on a tendance à considérer que les garçons ne pleurent que lorsqu’ils ont vraiment mal et que les filles pleurent pour un rien (source : pourlascience.fr/sd/psychologie…)
Read 18 tweets
Aug 25
Dingue cette histoire : une meuf diagnostiquée dysphorique du genre subit une hystérectomie à 22 ans pour finalement détransitionner 4 ans plus tard, puis attaquer le psychiatre ayant posé le diag
“Sa vie familiale compliquée lui a donné le sentiment d'être “défectueuse”. Ce sentiment s'est accru à l’adolescence lorsqu'elle a réalisé qu'elle était attirée par d'autres filles. À 17 ans, elle a cherché des réponses sur Internet et a "découvert le transgenrisme"”
Témoignage de la jeune femme : "Et à cause de la définition de la dysphorie, je me suis dit : 'C'est ce que j'ai'. J'ai décidé que je devais être transgenre à cause du malaise que j'avais dans mon corps"
Read 5 tweets
Aug 22
[VIDEO] Un ♂ qui s'identifie comme ♀ dit : «Les personnes cis prennent pour acquise leur euphorie de genre. Ils se regardent dans le miroir sans être désespérés, alors que moi, je suis désespéré parce que je ne ressemble pas à la personne dont je rêve » bit.ly/3c9DaoG
Mais moi aussi en tant que "femme cis" je suis désespérée face au miroir parce que je ne ressemble pas à la personne dont je rêve. Pas assez mince, les traits insuffisamment symétriques... Mais je vais pas pour autant dire que je m'identifie à Pénélope Cruz 🤷‍♀️
Ce que je veux dire c'est qu'on est tous mal à l'aise vis-à-vis-de notre corps, surtout à l'adolescence, mais au bout d'un moment il y a un truc qui s'appelle LA RÉALITÉ, et on ne peut pas l'ignorer. J'aurais jamais le même physique et l'allure de Pénélope Cruz et c'est ok.
Read 4 tweets

Did Thread Reader help you today?

Support us! We are indie developers!


This site is made by just two indie developers on a laptop doing marketing, support and development! Read more about the story.

Become a Premium Member ($3/month or $30/year) and get exclusive features!

Become Premium

Don't want to be a Premium member but still want to support us?

Make a small donation by buying us coffee ($5) or help with server cost ($10)

Donate via Paypal

Or Donate anonymously using crypto!

Ethereum

0xfe58350B80634f60Fa6Dc149a72b4DFbc17D341E copy

Bitcoin

3ATGMxNzCUFzxpMCHL5sWSt4DVtS8UqXpi copy

Thank you for your support!

Follow Us on Twitter!

:(