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Jun 14, 2023 ‱ 8 tweets ‱ 6 min read ‱ Read on X
🔮 #VaccinCovid19

📍Le dĂ©mantĂšlement d'un nouveau mensonge : Des milliers de dĂ©cĂšs dus au #Covid19 sont Ă©vitĂ©s en #IsraĂ«l "grĂące Ă  la vaccination".

📍Le Dr Eyal Shahar, professeur Ă©mĂ©rite de santĂ© publique en Ă©pidĂ©miologie et biostatistique, prouve, dans un billet de blog
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Il existe plusieurs façons de dĂ©montrer la faussetĂ© des affirmations concernant les avantages "exceptionnels" des vaccins Covid. Je m'appuierai sur des donnĂ©es comparatives provenant de SuĂšde. Le pays qui a prouvĂ© au monde entier l'inutilitĂ© des blocages et de l'obligation de
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Contrairement Ă  IsraĂ«l, la SuĂšde a traversĂ© la vague hivernale sans ĂȘtre vaccinĂ©e. Lorsque la vague s'est calmĂ©e, Ă  la fin du mois de mars 2021, seuls 10 % de la population suĂ©doise avaient reçu au moins une dose de vaccin Covid, contre 55 % de la population israĂ©lienne. À la
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La figure 4 montre le nombre cumulĂ© de dĂ©cĂšs par Covid signalĂ©s dans chaque pays au dĂ©but et Ă  la fin de la pĂ©riode considĂ©rĂ©e, ainsi que le pourcentage de la population ayant reçu au moins une dose de vaccin Covid Ă  quatre moments diffĂ©rents. Les graphiques sont affichĂ©s sur
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Début novembre 2020, le taux de mortalité Covid était de 2,3 (=5 995/2 569). Fin mars 2021, il était de 2,2 (=13 583/6 205). Entre-temps, le ratio était de 2,1 (7 588 décÚs Covid-19 en SuÚde contre 3 636 en Israël). C'est exactement le ratio de mortalité typique de la SuÚde
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Comme le montre l'histogramme de droite, le mĂȘme ratio (1,9) a Ă©tĂ© maintenu entre novembre 2020 et mars 2021 : 43 954 dĂ©cĂšs en SuĂšde contre 22 830 en IsraĂ«l. Si la vaccination en IsraĂ«l permettait d'Ă©viter 5 000 dĂ©cĂšs, le ratio devrait passer d'un niveau de rĂ©fĂ©rence de 2 à
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Le ministÚre israélien de la santé a estimé une surmortalité de 9,5 % sur une période de quatre mois (à l'exclusion de novembre 2020), similaire à mon estimation la plus prudente (8,9 %), qui incluait le mois de novembre. Si 5 000 décÚs avaient été évités, la surmortalité au
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Jan 28
🔮 « On ne peut pas faire le procĂšs du communisme, parce que tout serait alors rĂ©vĂ©lĂ© au grand jour. »

Le poĂšte, Ă©crivain et journaliste roumain Pan M. Vizirescu fut l’une des grandes consciences du XXe siĂšcle. Il fut l’un des membres les plus importants du groupe de la revue nationaliste et orthodoxe « GĂąndirea », dirigĂ©e par Nichifor Crainic. De 1931 jusqu’à l’occupation du pays le 23 aoĂ»t 1944, Pan M. Vizirescu resta aux cĂŽtĂ©s de son mentor Nichifor Crainic, mais aussi de Cezar Petrescu, Vasile Voiculescu, du pĂšre Dumitru Stăniloae, de Lucian Blaga, de Radu Gyr et de bien d’autres.

Ses articles antibolcheviques et son soutien Ă  la guerre pour la rĂ©unification de la Roumanie lui valurent une condamnation lors du procĂšs intentĂ© aux journalistes nationalistes en 1945. La sentence prononcĂ©e par le Tribunal du Peuple – vĂ©ritable organe d’exĂ©cution du Parti communiste sous Petru Groza – fut trĂšs lourde : la dĂ©tention Ă  perpĂ©tuitĂ©.

Anticipant la sentence de ce prĂ©tendu tribunal, Pan M. Vizirescu se cacha chez des parents Ă  Slatina. À l’image d’Ion Gavrilă Ogoranu, il parvint Ă  rester cachĂ© dans cet « exil secret », dans le grenier de la maison, sans ĂȘtre dĂ©couvert par les autoritĂ©s bolcheviques, pendant vingt-trois ans.

Il prĂ©serva son Ăąme par la foi et son esprit par une intense activitĂ© intellectuelle, Ă©crivant Ă©normĂ©ment. En juillet 1967, il sortit de sa cachette Ă  la suite d’une dĂ©nonciation. Il ne fut plus arrĂȘtĂ©, les anciens dĂ©tenus politiques ayant Ă©tĂ© amnistiĂ©s en 1964.
Il fut « le dernier gĂąndiriste », survivant jusqu’au 27 janvier 2000.

En 1995, Pan M. Vizirescu fut rĂ©habilitĂ© par la Cour suprĂȘme de justice, qui rejugera le procĂšs des journalistes condamnĂ©s en 1945.

Le 15 janvier 1994, j’eus l’honneur d’interviewer ce grand gĂąndiriste. ÂgĂ© de 90 ans, il faisait preuve d’une vivacitĂ© spirituelle exceptionnelle, comme j’en ai rarement rencontrĂ©. Je vais vous transmettre ses paroles, qui rĂ©vĂšlent l’attitude d’un nationaliste sans concession.

Cet entretien fut miraculeusement sauvĂ© d’une vieille cassette qui semblait irrĂ©cupĂ©rable, Ă  la demande du biographe et Ă©diteur de Pan M. Vizirescu, l’écrivain Dumitru SĂąrghie.

Les derniers mots que le vĂ©nĂ©rable Pan Vizirescu nous adressa, alors que nous descendions les escaliers de sa maison Ă  Bucarest, rue Pitar Moș, furent :

« N’oubliez pas d’aller Ă  l’église ! »

Il avait descendu les marches d’un pas alerte, comme un jeune homme, sentant qu’il avait oubliĂ© de nous dire l’essentiel.

« ExtrĂ©mistes », c’est ainsi qu’on vous appellera aussi, comme on m’appelle moi. »

- Monsieur Pan Vizirescu, parlez-nous de la situation politique entre les deux guerres mondiales


- J’étais Ă©tudiant Ă  l’époque. Je suis entrĂ© Ă  la facultĂ© en 1925. Vous voyez, c’est une pĂ©riode assez lointaine pour vous, mais pour moi, c’est comme si c’était hier. À cette Ă©poque, la Roumanie Ă©tait gouvernĂ©e par des partis politiques, comme aujourd’hui, mais ils changeaient constamment, aucun ne durait longtemps. La jeunesse adopta alors une attitude hostile envers cette dĂ©mocratie aliĂ©nĂ©e. Je parle du point de vue de l’époque. Ce qui suivit, et ce que nous vivons aujourd’hui, est encore plus grave.

Sachez que la vie politique d’un État est aux mains de ceux qui possĂšdent l’argent, de ceux qui dĂ©truisent. Ce sont des spĂ©cialistes, des marchands de tout, y compris des consciences. Ils achĂštent les consciences et disposent alors d’hommes Ă  leur service, des hommes qui servent leurs intĂ©rĂȘts. Les intĂ©rĂȘts de la nation, ceux des autochtones, sont nĂ©gligĂ©s.

J’ai donc connu cette Ă©poque oĂč, malheureusement pour nous, l’esprit hĂ©roĂŻque s’est dĂ©gradĂ© – cet esprit qui avait conduit Ă  la rĂ©alisation de la Grande Roumanie. La Grande Roumanie fut le fruit d’un rĂȘve et d’une conscience nationale soutenue par tous nos grands lettrĂ©s. Tous les grands Ă©crivains de notre nation le disent


đŸ“· Le gĂąndiriste Pan M. Vizirescu, IPS Bartolomeu Anania et le Patriarche Teoctist

đŸ”œImage
2.
Consultez l’Histoire de la littĂ©rature roumaine, vous le constaterez. Je vous donne un exemple : Octavian Goga Ă©tait l’ñme du peuple Ă  cette Ă©poque ; il chantait la souffrance de notre nation, la lamentation de la Transylvanie. Dans mon enfance, je voyais la Transylvanie comme une Ileana CosĂąnzeana captive du dragon, soumise Ă  toutes sortes d’horreurs.

C’est ainsi que nous percevions la Transylvanie : nous attendions, mĂȘme enfants, le moment de la libĂ©rer
 Puis vint l’époque de la libĂ©ration, Ă©poque hĂ©roĂŻque, fantastique, oĂč le peuple roumain donna tout ce qu’il avait de plus beau dans sa conscience nationale, dans sa force de reprĂ©sentation
 Je vous assure que ce fut le sommet de notre histoire.

C’est alors que naquit la seconde Roumanie.
Malheureusement, aprĂšs la gĂ©nĂ©ration qui rĂ©alisa l’Union, juste aprĂšs la guerre, les courants maçonniques se manifestĂšrent
 Un humanitarisme faux, capable d’étouffer l’idĂ©e nationale. Le communisme – le bolchevisme russe, chez notre voisin – avait bien sĂ»r une influence. Des Ă©lĂ©ments Ă©trangers se mirent au service du communisme et créÚrent des organisations chez nous.

Les partis bourgeois, par inconscience ou parce qu’ils ne voyaient pas le danger – ou parce qu’ils s’en accommodaient – ne prirent pas la mesure du pĂ©ril
 Ils s’en accommodaient pour plaire aux puissances occidentales, qui flirtaient beaucoup avec l’intelligentsia française, dont certains Ă©lĂ©ments de premier plan sympathisaient avec le communisme.

Et nous, qui Ă©tions en pleine gueule de la bĂȘte, nous Ă©tions exposĂ©s au dĂ©sastre. Seule la jeunesse le perçut. Car la jeunesse reprĂ©sente, pour moi et pour l’expĂ©rience que j’ai, l’ñme pure de la nation. La jeunesse voit toujours la vĂ©ritĂ©, elle n’est pas compromise, elle ne se vend pas : elle prĂ©fĂšre donner sa vie plutĂŽt que sa conscience. DĂšs 1922, avec la naissance du mouvement Ă©tudiant, le danger qui menaçait notre politique roumaine fut signalĂ©.
La jeunesse prit position, elle ne pouvait rester indifférente.

Une jeunesse qui reste indiffĂ©rente face aux problĂšmes vitaux de la nation ne mĂ©rite pas le nom de gĂ©nĂ©ration. C’est alors qu’apparut une nouvelle gĂ©nĂ©ration d’aprĂšs-guerre, Ă  laquelle participĂšrent les Ă©lĂ©ments les plus valeureux de la jeunesse.

Si vous consultez les journaux, vous verrez que cette Ă©poque est ridiculisĂ©e. Elle est prĂ©sentĂ©e sous l’angle communiste. L’histoire a Ă©tĂ© Ă©crite par les communistes et elle est restĂ©e telle quelle jusqu’à aujourd’hui.

Vous faites référence au Mouvement légionnaire ?

À tous les mouvements nationalistes
 Le Mouvement lĂ©gionnaire fut un mouvement nationaliste qui engloba cette Ă©poque, comme une rĂ©action contre le communisme. Les mouvements nationalistes naquirent comme une rĂ©action contre le communisme, qui s’avĂ©ra un danger national. Il projetait le dĂ©membrement de notre pays roumain. Ils voulaient le partager. Il y avait aussi des Roumains, des traĂźtres Ă  la patrie, des canailles vendus aux Russes. Pour eux, la trahison Ă©tait un mĂ©tier. Ils visitaient LĂ©nine, recevaient des ordres. Ce sont des choses terribles.

Chez nous, ils ne rencontrĂšrent pas tant de difficultĂ©s, car ils Ă©taient soutenus par l’alliance mondiale israĂ©lite, qui fournissait les fonds nĂ©cessaires. Tel est le paysage de notre dĂ©mocratie entre les deux guerres.
ConsidĂ©rez-vous que, dans ces conditions, le mouvement nationaliste Ă©tait le seul capable de s’opposer fermement au communisme ? đŸ”œ
3.
Pas seulement cela
 Le communisme travaillait méthodiquement et de maniÚre organisée, par cellules, de sorte que chaque communiste soit une force puissante. Face aux communistes, il fallait résister avec une force organisée.

C’est pourquoi cette force organisĂ©e, opposĂ©e au communisme, fut supprimĂ©e.

Le rÎle néfaste de notre époque fut Lupeasca.

Lupeasca Ă©tait une Juive aux charmes terribles, qui sĂ©duisit le prince Carol. Elle le sĂ©duisit tellement qu’il abandonna sa Famille royale, plongeant dans un vĂ©ritable deuil le roi Ferdinand et la reine Marie.

Plongeant dans une souffrance extraordinaire le Roi et la Famille, il renonça au trÎne avec une audace extraordinaire, pour partir dans une aventure avec cette maßtresse, pour laquelle il était « mon Carol » et non « Carol du pays ».

Ensuite, quand il revint au pays
 Nous participĂąmes Ă  un complot pour le ramener, car il en Ă©tait besoin Ă  l’époque


Nae Ionescu dirigea cette action, il mit son journal « CuvĂąntul » au service de cette cause. Brătianu avait dĂ©clarĂ© cette restauration « une question close », disant : « Pas un mot pour qu’il s’approche des frontiĂšres, les canons l’attendent ». Il fut si catĂ©gorique envers Carol II, le Prince dominĂ© par ses instincts et tombĂ© proie d’une organisation satanique. Il abandonna son pays et la haute mission qu’il avait. Et il n’était pas stupide, il Ă©tait intelligent
 Il aurait Ă©tĂ© trĂšs bon comme Roi, mais elle le dĂ©grada
 Lupeasca.

On dit que le roi Carol II aurait dĂ©clarĂ© qu’il n’y avait dans le pays que deux hommes intelligents : lui et Nae Ionescu


Je ne sais pas s’il l’a dit, mais Nae Ionescu mit en jeu son propre destin d’un cĂŽtĂ©. De l’autre, Manoilescu et Nichifor Crainic. Ceux-ci lui rendaient visite, convaincus qu’il Ă©tait victime du politicisme roumain et qu’il fallait le sortir de cet Ă©tat. Ils ne voyaient pas justement les choses, bien qu’il y ait un noyau de vĂ©rité 
Je fis partie, avec un groupe d’étudiants, en 1930, de l’organisation créée par Octavian Goga. Goga alla voir le Prince Carol et nĂ©gocia pour le ramener au pays.

Nous Ă©tions dix Ă©tudiants qui avions des liens antĂ©rieurs avec Octavian Goga. Et Octavian Goga nous proposa de commencer une action pour ramener le Roi au pays. C’était en fait une action dans le cadre de la mission qu’il avait lui-mĂȘme.

Le poĂšte de nos souffrances avait reçu du marĂ©chal Averescu une mission Ă  Paris pour convaincre Carol de venir au pays. Il posa deux conditions : se rĂ©intĂ©grer dans la Maison de Hohenzollern, et renoncer Ă  Mme Lupescu. Carol rĂ©pondit : « Je ne renonce pas Ă  Mme Lupescu. » Goga rĂ©pondit : « MajestĂ©, rĂ©flĂ©chissez encore
 »

Le lendemain, avant de partir, il parla encore avec le gĂ©nĂ©ral Condeescu, qui Ă©tait un de ses amis et l’avait accompagnĂ©, et essaya une nouvelle fois. Le Prince lui dit : « Cher Goga, je suis d’accord, je viens au pays. J’ai parlĂ© avec Mme Lupescu et elle accepte de renoncer et d’entrer dans cette royautĂ© que vous dĂ©sirez
 »

Il lui dit qu’il lui enverrait un tĂ©lĂ©gramme quand tout serait prĂȘt, disant : « Je suis en bonne santĂ©, je vais bien ! »

Cela signifiait qu’il se prĂ©parait Ă  venir au pays.

Alors Goga nous convoqua pour commencer une action avec un journal au titre impĂ©ratif « Nous voulons un Roi », que nous devions distribuer dans tous les centres universitaires, le distribuer gratuitement dans les rues de Bucarest, Cluj, Iași
 Un journal Ă©crit par nous.

Mais les événements nous devancÚrent, car le Roi arriva avant que nous fassions cela. Nous avions la chance de devenir des héros du moment pour la restauration de la royauté.

Tous ne furent pas d’accord avec cette proposition de Goga. J’avais un frĂšre qui s’appelait Smarand Vizirescu. C’était lui notre porte-parole.

Quand Goga nous invita chez lui pour connaĂźtre nos sentiments et crĂ©er l’organisation, il nous demanda Ă  chacun : « Pensez-vous qu’il soit opportun que le Prince revienne au pays ? » Tous dirent oui. Mon frĂšre dit : « Moi, non ! » đŸ”œ
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Jan 27
🔮 Davos 2026 : Le masque tombe.

Comment l’Occident a troquĂ© l’« ordre fondĂ© sur des rĂšgles » pour la logique de l’État-bunker. Sur Davos et les discours des Ă©lites transatlantiques.
par Nel Bonilla

📍Pourquoi j’ai hĂ©sitĂ© Ă  Ă©crire sur le WEF 2026 Ă  Davos.

Au dĂ©part, je voulais m’abstenir de commenter le WEF 2026 Ă  Davos. Une partie de cette rĂ©ticence venait de la mĂ©thode : quand on observe le comportement et la rhĂ©torique des Ă©lites dirigeantes occidentales dans un lieu comme Davos, il y a toujours une limite Ă  ce qu’on peut savoir sur les allĂ©geances prĂ©cises, les conflits internes, les degrĂ©s d’honnĂȘtetĂ© ou de mensonge pur et simple.

L’analyse vraiment granulaire — qui double-jeu qui, quelles factions montent en puissance — exigerait plusieurs types de recherches : une cartographie biographique des rĂ©seaux d’élites transatlantiques, une lecture trĂšs fine et une analyse des discours, interviews et documents de think tanks au fil du temps, ainsi que des observations de premiĂšre main sur leur comportement et leurs propos en coulisses.

Ce type de donnĂ©es, nous ne les avons pas. Ce que nous avons en revanche, c’est une vue d’ensemble, et de ce point de vue Ă©levĂ©, Davos 2026 ressemble Ă  un rituel d’alignement narratif pour les Ă©lites du pouvoir occidental.

Si l’on prend au sĂ©rieux l’idĂ©e de l’État-bunker (telle que dĂ©veloppĂ©e dans mon essai introductif « Le Bunker et le Vide »), oĂč une sĂ©curitocratie transatlantique et d’autres factions d’élites transatlantiques gĂšrent leurs populations et territoires comme des ressources pour tenter d’enrayer l’érosion de l’hĂ©gĂ©monie occidentale, alors Davos 2026 devient trĂšs lisible. Ce fut le moment oĂč cette logique de bunker a Ă©tĂ© ouvertement exprimĂ©e, moralement justifiĂ©e et synchronisĂ©e Ă  travers le systĂšme transatlantique.
Plusieurs Ă©lĂ©ments ont cristallisĂ© cela pour moi : le discours de Mark Carney sur « la fin de l’ordre fondĂ© sur des rĂšgles », mais aussi les remarques de Stubb, Macron, Merz ou Von der Leyen (etc.), un tĂ©moignage de premiĂšre main de Davos par Yana Afanasieva, la chronologie des dĂ©cisions politiques qui ont prĂ©cĂ©dĂ© Davos 2026, pointant vers une dynamique de convergence qui semble aller un peu au-delĂ  d’une simple coĂŻncidence.

L’aveu de Carney : « Nous savions
 c’était faux »

Commençons par ce qui est en effet un aveu (sans prendre en compte sa fonction et sa motivation). Mark Carney, désormais Premier ministre du Canada, a déclaré au public de Davos :

« Nous savions que l’histoire de l’ordre fondĂ© sur des rĂšgles Ă©tait partiellement fausse
 Nous savions que le droit international s’appliquait avec une rigueur variable selon l’identitĂ© de l’accusĂ© et de la victime. Cette fiction Ă©tait utile [en raison des biens fournis par l’hĂ©gĂ©monie amĂ©ricaine]
 Alors nous avons placĂ© l’écriteau dans la vitrine. Nous avons participĂ© aux rituels. Et nous avons largement Ă©vitĂ© de dĂ©noncer les Ă©carts entre rhĂ©torique et rĂ©alitĂ©. Ce marchĂ© n’est plus tenable. Soyons directs. Nous sommes au milieu d’une rupture, pas d’une transition
 »

Pour expliquer cela, il a invoquĂ© le cĂ©lĂšbre essai de VĂĄclav Havel, Le pouvoir des sans-pouvoir. Havel dĂ©crivait un Ă©picier qui accroche une pancarte « ProlĂ©taires de tous les pays, unissez-vous ! » dans sa vitrine pour Ă©viter les ennuis. Le systĂšme perdure parce que tout le monde joue l’obĂ©issance Ă  un mensonge.

Carney applique cela directement Ă  l’ordre libĂ©ral. Pendant des dĂ©cennies, dit-il, les Ă©lites dirigeantes de pays comme le Canada ont professĂ© une croyance en un ordre fondĂ© sur des rĂšgles tout en sachant qu’il Ă©tait appliquĂ© de maniĂšre sĂ©lective et souvent faux, mais elles ont suivi parce que la fiction Ă©tait utile.

En d’autres termes, c’est la fin de la promesse Ă©mancipatrice libĂ©rale.

🎹 Édouard Manet, Bal masquĂ© Ă  l’OpĂ©ra (1873).Image
2.
L’ordre fondĂ© sur des rĂšgles — ou plus prĂ©cisĂ©ment l’ordre libĂ©ral — a toujours fonctionnĂ© comme un masque sur l’hĂ©gĂ©monie amĂ©ricaine et une hiĂ©rarchie du pouvoir oĂč le droit et la coercition s’appliquaient de façon asymĂ©trique.

Ce qui est nouveau, ce n’est pas la rĂ©alitĂ© du masque, mais le fait qu’un des acteurs le dise maintenant, sur scĂšne, Ă  Davos. L’honnĂȘtetĂ© proposĂ©e par Carney n’est ni un appel Ă  une vĂ©ritĂ© morale plus profonde, ni une construction de quelque chose de rĂ©ellement juste et nouveau.

Au contraire, il reformule cette nouvelle honnĂȘtetĂ© ainsi :

« ArrĂȘtez d’invoquer l’ordre international fondĂ© sur des rĂšgles comme s’il fonctionnait encore comme annoncĂ©. Appelez-le ce qu’il est – un systĂšme d’intensification de la rivalitĂ© entre grandes puissances
 »

En d’autres termes : la vĂ©ritĂ©, c’est l’acceptation de la politique de puissance comme horizon permanent. Le masque est tombĂ© ; l’architecture reste. C’est ce que j’appellerais une Inversion Havel : le langage de la rĂ©sistance dissidente est utilisĂ© non pour saper un systĂšme existant, mais pour moderniser son idĂ©ologie Ă  l’ùre du bunker.

« Réalisme fondé sur des valeurs »

Fait intĂ©ressant, dans le mĂȘme discours, Carney rĂ©vĂšle qu’il n’a pas inventĂ© ce langage. Il crĂ©dite explicitement le prĂ©sident finlandais Alexander Stubb pour le terme « rĂ©alisme fondĂ© sur des valeurs », et Ă  Davos 2026, de multiples dirigeants occidentaux ont dĂ©ployĂ© des discours quasi identiques dans le contenu.

Stubb Ă  Davos :

« L’Europe peut-elle se dĂ©fendre sans les États-Unis ? Sans Ă©quivoque, oui. »

Carney :

« Nous calibrons nos relations pour que leur profondeur reflÚte nos valeurs, et nous priorisons un engagement large pour maximiser notre influence, compte tenu de la fluidité du monde en ce moment, des risques que cela pose et des enjeux pour ce qui vient ensuite. Et nous ne nous reposons plus seulement sur la force de nos valeurs, mais aussi sur la valeur de notre force. Nous construisons cette force chez nous. »

Le président du Conseil européen António Costa :

« L’UE dĂ©fendra ses intĂ©rĂȘts
 contre toute forme de coercition
 nous nous engagerons de maniĂšre constructive avec les États-Unis sur les domaines d’intĂ©rĂȘts communs, mais nous nous dĂ©fendrons si nĂ©cessaire. »

Carnegie Endowment (analysant Davos) :

« La vulnĂ©rabilitĂ© de l’Europe rĂ©side dans sa dĂ©pendance envers les États-Unis


L’Europe doit associer une plus grande unitĂ© sur ses lignes rouges Ă  des efforts soutenus pour rĂ©duire ses vulnĂ©rabilitĂ©s
 la retenue doit ĂȘtre un choix plutĂŽt qu’une nĂ©cessitĂ©. »

D’abord, on remarque un couplage entre discours sur la souverainetĂ© (nous devons ĂȘtre moins dĂ©pendants des États-Unis) et discours sur la dĂ©fense. Et lĂ , on peut se demander : que signifie rĂ©ellement « rĂ©alisme fondĂ© sur des valeurs » en pratique ?

Les valeurs sont en fait l’appartenance Ă  l’OTAN, la rhĂ©torique de la souverainetĂ©, les dĂ©mocraties « comme nous ». Le rĂ©alisme ? C’est accepter les demandes amĂ©ricaines (cadre Groenland, hausses des dĂ©penses de dĂ©fense Ă  5 %+, achats intĂ©grĂ©s, nĂ©gociations tarifaires, alignement des infrastructures de paiement).

Ainsi, la souverainetĂ© est performĂ©e dans les discours tandis que, dans la rĂ©alitĂ©, la subordination s’implante via des « bottes sur la glace », des structures de commandement intĂ©grĂ©es et l’allocation de ressources aux prioritĂ©s des Ă©lites du pouvoir amĂ©ricaines.

Ce passage du « libĂ©ralisme international » (rĂšgles universelles, droits humains, institutions multilatĂ©rales) au « rĂ©alisme fondĂ© sur des valeurs » (cohĂ©sion de bloc, rĂ©silience stratĂ©gique, puissance dure) n’est rien d’autre qu’un moment oĂč le masque tombe, ainsi qu’une justification pour la duretĂ© Ă  venir, l’amoralitĂ©. Il conserve pourtant le vocabulaire moral tout en abandonnant le contenu Ă©mancipateur. đŸ”œ
3.
De la souveraineté à la résilience : gestion anti-entropique.

La ligne centrale du discours de Carney, pour mes besoins, est celle-ci :

« La souverainetĂ©, autrefois ancrĂ©e dans des rĂšgles, sera de plus en plus ancrĂ©e dans la capacitĂ© Ă  rĂ©sister Ă  la pression. Cette salle sait que c’est du risk management classique. Le risk management a un prix, mais ce coĂ»t de l’autonomie stratĂ©gique, de la souverainetĂ©, peut aussi ĂȘtre partagĂ©. »

C’est essentiellement une façon d’utiliser le mot « souverainetĂ© » pour masquer une logique de gestion anti-entropique. À l’époque unipolaire, les « rĂšgles » — et plus prĂ©cisĂ©ment le droit — Ă©taient le bouclier d’un cadre dirigĂ© par les États-Unis. Un cadre qui a permis aux États sociaux europĂ©ens et au capitalisme providentiel canadien d’exister. Dans le nouveau moment, Carney dit que ce bouclier a disparu. DĂ©sormais, la souverainetĂ© sera la capacitĂ© Ă  absorber les chocs dans un systĂšme perçu comme hostile, non pas en utilisant des rĂšgles, mais la coercition. De plus, la souverainetĂ© est partagĂ©e.

Une souverainetĂ© partagĂ©e n’est pas de la souverainetĂ© Ă  moins que les citoyens de cet État souverain n’aient collectivement dĂ©cidĂ© que c’est ce qu’ils veulent. L’ont-ils fait ?

Tout ce qui suit et que l’on voit Ă  Davos 2026 est un programme de mobilisation de toute la sociĂ©tĂ© vers cette fin : autonomie stratĂ©gique en Ă©nergie, alimentation, minĂ©raux critiques, finance, chaĂźnes d’approvisionnement, investissements collectifs dans la « rĂ©silience », accĂ©lĂ©ration d’« un trillion de dollars » dans l’énergie, l’IA, les minĂ©raux critiques, nouveaux corridors commerciaux, doublement des dĂ©penses de dĂ©fense, explicitement pour construire des industries domestiques (Ă  double usage). Le contenu social-dĂ©mocrate de l’État s’évapore tandis que l’État devient une plateforme d’infrastructure et de sĂ©curitĂ©, un nƓud dans un rĂ©seau. La santĂ©, l’éducation et les biens publics deviennent contingents Ă  leur contribution Ă  la rĂ©silience face Ă  ce qui est perçu comme une rivalitĂ© entre grandes puissances, et non plus au simple dĂ©veloppement d’un ordre multipolaire.

La fonction sociale du WEF

Les sociologues documentent depuis longtemps que les rassemblements d’élites comme le WEF (mais aussi la ConfĂ©rence de Munich sur la sĂ©curitĂ© ou les rĂ©unions Bilderberg) remplissent des fonctions de coordination spĂ©cifiques, distinctes des confĂ©rences dans d’autres champs sociaux. Le concept de capital social de Pierre Bourdieu (1986) montre comment ces Ă©vĂ©nements crĂ©ent des « relations institutionnalisĂ©es de connaissance et de reconnaissance mutuelles » qui produisent un accĂšs diffĂ©renciĂ© au pouvoir. The Power Elite (1956) de C. Wright Mills a dĂ©montrĂ© comment les Ă©lites corporate, politiques et militaires coordonnent via des rĂ©seaux informels et des rassemblements exclusifs, contournant les processus dĂ©mocratiques. Des travaux plus rĂ©cents sur la classe capitaliste transnationale (Sklair 2001 ; Robinson 2004) identifient des forums comme Bilderberg et le WEF comme des sites clĂ©s oĂč les Ă©lites du pouvoir transatlantiques alignent les cadres politiques avant de les implĂ©menter via les gouvernements nationaux.

Le WEF en particulier est un tel rassemblement d’élites et remplit plusieurs fonctions. La simple prĂ©sence Ă  Davos confĂšre une reconnaissance institutionnalisĂ©e d’appartenance Ă  l’élite globale. Les rĂ©seaux formĂ©s lors de tels Ă©vĂ©nements peuvent se convertir en bĂ©nĂ©fices Ă©conomiques (accords, contrats) mais aussi en influence politique (coordination de politiques). Je ne sais pas si des dĂ©cisions y ont Ă©tĂ© prises, mais les rencontres informelles offertes par de tels lieux permettent de telles actions.

Les messages publiĂ©s par Trump rĂ©vĂ©lant que Macron lui avait envoyĂ© exactement ce type de dynamiques le montrent. C’est aussi lĂ  que les Ă©lites entendent la mĂȘme histoire de diffĂ©rents acteurs d’élite, alignant ainsi leurs cartes cognitives et leurs points de langage pour l’annĂ©e. Il s’agit de rĂ©duire l’entropie au sein đŸ”œ
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Jan 22
🔮 Les mensonges Ă©hontĂ©s de la CIA sur l'Ukraine et la Russie... Sont-ils intentionnels ou juste pour troller Sy Hersh ?
par Larry C. Johnson

📍Le dernier article Substack de Sy Hersh est un vrai pavĂ© parce qu’il est truffĂ© d’affirmations fausses et de propagande. Je connais Sy depuis 45 ans et je le considĂšre comme un cher ami.

Son dernier article est une abomination et, Ă  mon avis, reprĂ©sente une tache sur son hĂ©ritage. J’ai l’impression de regarder une lĂ©gende du basket qui essaie encore de jouer, mais qui ne peut plus courir ni tirer. Pour poursuivre la mĂ©taphore du basket, ce dernier article de Sy est un tir ratĂ© depuis la ligne des lancers francs
 Il n’effleure mĂȘme pas le panier.

L’article s’intitule PUTIN’S LONG WAR [La longue guerre de Poutine], et il constitue sans le vouloir une mise en accusation de la compĂ©tence analytique de la communautĂ© du renseignement amĂ©ricaine.

Le paragraphe d’ouverture donne le ton :

« Le dĂ©sespoir et la colĂšre grandissent dans certains milieux de la communautĂ© du renseignement amĂ©ricain face au refus de Vladimir Poutine d’envisager de mettre fin Ă  la guerre en Ukraine. Le prĂ©sident russe fait face Ă  de graves problĂšmes Ă©conomiques chez lui et ignore son haut commandement militaire agitĂ© — dans quel but ? »

DĂ©sespoir et colĂšre ? Mais qu’est-ce que c’est que ça !!! Pourquoi du dĂ©sespoir ? Est-ce un aveu que les plans de la CIA pour vaincre la Russie sont en ruines ? La CIA, ou une autre composante de la communautĂ© du renseignement, est-elle frustrĂ©e au point d’agoniser parce que Vladimir Poutine refuse de jouer les singes savants d’un orgue de Barbarie ? Idem pour la colĂšre.

Mais c’est la derniĂšre phrase qui est stupĂ©fiante, car l’officiel (ou les officiels) qui parle(nt) Ă  Trump semble(nt) rĂ©ellement croire que la Russie fait face Ă  de graves problĂšmes Ă©conomiques et que Poutine — qui a effectuĂ© au moins trois visites sur le front au cours des deux derniers mois — ignore l’état-major gĂ©nĂ©ral russe. Balivernes !

Voici le mensonge suivant, énorme, dans cet article :

« Les entreprises sont en difficultĂ© et les magasins ferment — en partie Ă  cause des sanctions internationales — Ă  Moscou et dans toute la Russie. »

Encore plus de foutaises
 Je suis allĂ© Ă  Moscou deux fois au cours des quatre derniers mois et je n’ai rien vu de tel.

Les entreprises prospĂ©raient, elles ne fermaient pas boutique. Le dernier sondage Levada (indĂ©pendant, non gouvernemental) publiĂ© rĂ©cemment rapporte que les taux d’approbation de Poutine atteignent un impressionnant 85 % !!! Si l’économie s’effondrait, il n’y aurait aucune chance qu’il soit aussi populaire !

Le paragraphe suivant de Sy révÚle le manque de pensée critique de sa source :

« Un officiel amĂ©ricain expĂ©rimentĂ©, impliquĂ© dans les questions russes depuis des dĂ©cennies, reste Ă  la fois mystifiĂ© et frustrĂ© par le refus de Poutine, l’automne dernier, d’accepter une offre amĂ©ricaine, approuvĂ©e par le prĂ©sident Donald Trump mais amĂšrement ressentie par l’Ukraine
 “En janvier”, m’a-t-il dit, “la guerre de la Russie contre l’Ukraine aura durĂ© plus longtemps que leur guerre contre l’Allemagne. En 1945, ils Ă©taient Ă  Berlin. En 2026, ils ne contrĂŽlent mĂȘme pas Donetsk”, une province de l’est de l’Ukraine Ă  forte population russophone qui partage une frontiĂšre avec la Russie. »

Ouais, l’armĂ©e russe est vraiment nulle. Elle combat une armĂ©e proxy de l’OTAN qui bĂ©nĂ©ficie du soutien total de l’OTAN, y compris des armes avancĂ©es et des renseignements sophistiquĂ©s, et elle progresse sur toute la ligne de contact
 Juste pas aussi vite que ce clown Ă  Washington, qui jacasse Ă  Sy, pense que la Russie devrait avancer. Donc si le rythme lent de la Russie est une accusation de son incompĂ©tence militaire, que dit cela de l’armĂ©e amĂ©ricaine, qui a passĂ© 21 ans Ă  combattre en Afghanistan contre des insurgĂ©s lĂ©gĂšrement armĂ©s — sans aucun soutien Ă©tranger — et qui a fui le pays en aoĂ»t 2021, en laissant derriĂšre elle 7,1 Ă  7,2 milliards de dollars đŸ”œImage
2.
d’équipements militaires financĂ©s par les États-Unis ?

Les officiels de Trump qui vivent dans des maisons de verre ne devraient pas lancer de pierres sur une maison en briques.

Ensuite, Sy régurgite une affirmation démontrablement fausse fournie par sa source :
« Poutine sait que le fantĂŽme dans le placard du Kremlin est la rĂ©volution. » L’officiel cite le gĂ©nĂ©ral Valery Gerasimov, le chef d’état-major russe : « Je n’ai plus d’armĂ©e. Mes chars et vĂ©hicules blindĂ©s sont des Ă©paves, mes canons d’artillerie sont usĂ©s. Mes approvisionnements sont intermittents. Mes sergents et officiers intermĂ©diaires sont morts, et mes soldats de base sont des ex-dĂ©tenus. »

Cet officiel ment. Examinons les rĂ©cents commentaires publics de Gerasimov (et ils sont filmĂ©s) sur l’état de l’armĂ©e qu’il dirige :

Fin dĂ©cembre (par exemple, rĂ©union du 29 dĂ©cembre avec Poutine et les commandants), Gerasimov a rapportĂ© que les forces russes avaient libĂ©rĂ© 334 localitĂ©s et plus de 6 400 kmÂČ tout au long de 2025, prĂ©sentant l’armĂ©e comme avançant rĂ©guliĂšrement plus profondĂ©ment dans les dĂ©fenses ukrainiennes avec un Ă©lan constant.

Le 31 dĂ©cembre 2025, lors d’une inspection du poste de commandement du groupement de forces Sever (Nord), Gerasimov a dĂ©clarĂ© que les troupes russes « avançaient avec confiance en profondeur dans les dĂ©fenses ennemies » et que dĂ©cembre 2025 avait vu les taux d’opĂ©rations offensives les plus Ă©levĂ©s de l’armĂ©e russe. Il a mis en avant la libĂ©ration de plus de 700 kmÂČ de territoire en un mois, l’expansion d’une « zone de sĂ©curitĂ© » prĂšs de la frontiĂšre russe (dans les rĂ©gions de Soumy et Kharkiv), et l’occupation de sept localitĂ©s. Il a dĂ©crit cela comme des rythmes records et les a liĂ©s Ă  la rĂ©alisation des objectifs fixĂ©s par le prĂ©sident Poutine pour la sĂ©curitĂ© des frontiĂšres dans les rĂ©gions de Belgorod et Koursk.

Le 15 janvier 2026, lors d’une inspection du groupement de forces Tsentr (Centre) dans la direction de Donetsk, Gerasimov a saluĂ© les avancĂ©es du groupement dans la libĂ©ration de parties de la RĂ©publique populaire de Donetsk (RPD). Il a affirmĂ© que les forces russes avançaient « quasiment dans toutes les directions » sur le front, que les tentatives ukrainiennes de les arrĂȘter Ă©taient infructueuses, et que plus de 300 kmÂČ avaient Ă©tĂ© saisis au cours des deux premiĂšres semaines de janvier seulement. Il a Ă©galement rĂ©itĂ©rĂ© les succĂšs en cours dans des zones comme Kupyansk (prĂ©tendant les phases finales de contrĂŽle) et a soulignĂ© un tempo opĂ©rationnel Ă©levĂ©.

Je peux comprendre pourquoi cet officiel anonyme mentirait, mais je ne comprends pas pourquoi Sy est si crédule. Il se laisse utiliser comme porte-voix de propagande. Le paragraphe suivant appartient à un épisode de La QuatriÚme Dimension :

« L’Occident est arrivĂ© aux mĂȘmes conclusions de statu quo et cherche Ă  miner la rĂ©solution interne de Poutine. Pas par une attaque militaire, mais par des sanctions Ă©conomiques qui affectent les Ă©lites autant que la population dans son ensemble. Ça marche — le niveau de vie baisse rapidement alors que les impĂŽts, l’isolement et les pertes augmentent. La dĂ©sillusion et le ressentiment croissent. Le week-end dernier, la Russie a coupĂ© tout usage des tĂ©lĂ©phones portables et du service internet mobile Ă  l’échelle nationale. »

Commençons par le gros mensonge
 c’est-Ă -dire : « Le week-end dernier, la Russie a coupĂ© tout usage des tĂ©lĂ©phones portables et du service internet mobile Ă  l’échelle nationale. » J’ai Ă©changĂ© des messages avec plusieurs personnes en Russie — dont trois AmĂ©ricains — pendant le week-end. Ils avaient tous des tĂ©lĂ©phones portables et un accĂšs internet mobile fonctionnels. J’ai demandĂ© Ă  l’un de mes amis (un officier retraitĂ© de l’armĂ©e amĂ©ricaine, ancien de West Point, dĂ©sormais rĂ©sident permanent en Russie) comment Ă©tait la vie Ă  Moscou. Voici ce qu’il m’a rĂ©pondu par texto sur un tĂ©lĂ©phone portable soi-disant hors service :

« Il y a eu quelques problĂšmes d’accĂšs internet. WhatsApp devient moins đŸ”œ
3.
utilisable, mais la plupart des gens passent Ă  Telegram ou autre chose. Le service de messagerie interne, Max, a encore quelques bugs, surtout pour les gens avec des iPhones plus anciens comme ma femme et moi. J’ai lu quelque part qu’il ne fonctionnerait que sur iPhone 15 ou plus rĂ©cent. Si c’est le cas, c’est clairement une erreur ou un bug. Cependant, la plupart des gens ont des smartphones Android fabriquĂ©s en Chine, et ceux de nos enfants ont facilement installĂ© Max dessus.

J’ai achetĂ© deux boĂźtes d’Ɠufs mardi aprĂšs-midi. Ma femme m’a demandĂ© une marque particuliĂšre trouvĂ©e dans l’une des chaĂźnes de supermarchĂ©s Ă  proximitĂ© (deux d’entre elles sont Ă  deux pĂątĂ©s de maisons !).

Les Ɠufs se vendent ici surtout par dizaine mĂ©trique : 10 Ɠufs.
Au moment de l’achat, le taux de change Ă©tait de 77,78 roubles = 1,00 USD.
Une dizaine mĂ©trique m’a coĂ»tĂ© 54,99 roubles ! C’est 10 Ɠufs pour 0,71 $ ! Soit 0,071 $ par Ɠuf, l’équivalent de 0,85 $ pour 12 Ɠufs !

C’est l’un des aliments de base les plus essentiels, de haute qualitĂ© et riches en protĂ©ines, non-OGM !

Les Ă©tudes montrent que la plupart des salaires ont en fait augmentĂ© ! Bien sĂ»r, cela dĂ©pend du secteur ou du mĂ©tier. Oui, l’inflation est toujours prĂ©sente, et les impĂŽts ont un peu augmentĂ©. Mais n’est-ce pas le cas partout dans le monde ? Je dirais que ces effets Ă©conomiques sont bien meilleurs que dans de nombreux autres pays occidentaux.

L’électricitĂ©, l’internet domestique et les factures de mobile sont si bon marchĂ© comparĂ©s Ă  quand nous vivions aux États-Unis que c’en est risible !

Les frais mĂ©dicaux sont nuls ! On peut payer si on veut. Mais ma femme et moi avons eu des interventions chirurgicales majeures (ouvertures) et mineures, toutes absolument gratuites ! Les enfants aussi, bien sĂ»r. Nous avons dĂ» payer pour l’appareil dentaire de mon fils, mais c’était une broutille comparĂ© Ă  ce qu’ils facturent aux États-Unis.

En tant que retraitĂ©/pensionnĂ© officiel, je peux maintenant avoir des soins dentaires orthopĂ©diques gratuits ! J’ai besoin d’un autre implant, car une dent a Ă©tĂ© extraite il y a plusieurs mois. Ils m’ont dit qu’aprĂšs 6 mois, ils pourront me poser un nouvel implant.
Si je commande un implant suisse, ça me coĂ»terait 55 000 roubles (708 USD). Et alors ? Je prendrai un implant russe gratuit. Bon sang, j’aurai 74 ans le mois prochain. Qui a besoin d’un implant suisse chic ?

J’ai aussi les transports publics gratuits. Et comme notre fille est handicapĂ©e, elle et ma femme ont aussi les transports publics gratuits. (Pas les trains longue distance, mais presque partout dans Moscou et l’oblast de Moscou.) »

Rappelons que c’est le tĂ©moignage d’un officier retraitĂ© des forces spĂ©ciales amĂ©ricaines. Si cet officiel qui parle Ă  Sy Hersh briefe aussi Donald Trump, alors on ne peut pas blĂąmer Trump de ne pas comprendre la situation rĂ©elle sur le terrain en Ukraine
 On lui sert d’énormes mensonges.
Un dernier point sur la prétendue détresse économique en Russie.

L’officiel a dit à Sy :
« L’armĂ©e perd le respect, les revenus nationaux du pĂ©trole et du gaz sont en baisse de 22 % et sans capacitĂ© d’emprunter Ă  l’étranger pour financer la guerre en Ukraine. »

Il est vrai que les revenus pĂ©troliers et gaziers sont en baisse, mais l’officiel a apparemment oubliĂ© de mentionner que le secteur pĂ©trole et gaz (y compris la production, pas seulement les taxes budgĂ©taires) reprĂ©sentait 9,67 % du PIB en 2021, selon la Banque mondiale. Les donnĂ©es Statista/Rosstat montrent que la part de l’industrie pĂ©troliĂšre et gaziĂšre dans le PIB oscille autour de 10-15 % ces derniers trimestres (jusqu’à mi-2024 ; les chiffres 2025 ne sont pas entiĂšrement mis Ă  jour mais cohĂ©rents avec la pression Ă  la baisse).

En ce qui concerne les finances, le dĂ©ficit russe s’est creusĂ© Ă  2,6 % du PIB en 2025 (le plus Ă©levĂ© depuis 2020), en partie Ă  cause de cette baisse de revenus. Mais c’est la moitiĂ© des dĂ©fis financiers auxquels les États-Unis font face
 đŸ”œ
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Jan 9
🚹 GrĂšve des mĂ©decins : pourquoi les mĂ©decins ferment le rideau ?

Voici une synthÚse trÚs claire qui explique parfaitement la colÚre légitime des médecins. Nous sommes TOUS concernés !
Merci de la partager largement autour de vous.

1. LE CONSTAT

Les Français ont le sentiment que le systĂšme de santĂ© fonctionne de moins en moins bien. Ce ressenti est partagĂ© par les patients
 et par les mĂ©decins. (dĂ©lais d’accĂšs aux soins qui explosent, remboursements de plus en plus insuffisants, cotisations de complĂ©mentaires santĂ© en constante augmentation, perte de libertĂ© dans le choix de sa mutuelle
)

2. POURQUOI JE VOUS INFORME ?

Je suis médecin, et je constate chaque jour la difficulté croissante pour obtenir un rendez-vous médical, ou faire réaliser un examen dans des délais raisonnables.

Contrairement Ă  une idĂ©e rĂ©pandue, les difficultĂ©s d’accĂšs aux soins ne sont pas dues aux complĂ©ments d’honoraires. Elles sont avant tout liĂ©es Ă  la dĂ©mographie mĂ©dicale (nous manquons de mĂ©decins) et Ă  un financement devenu insuffisant pour couvrir le coĂ»t rĂ©el des soins.

Dans ce contexte, les complĂ©ments d’honoraires ne sont pas un moyen d’enrichissement, mais un levier devenu indispensable pour maintenir la qualitĂ© et la sĂ©curitĂ© des soins, tout en consacrant du temps Ă  nos patients.

En effet, la dĂ©mographie mĂ©dicale s’est effondrĂ©e, et le financement du soin n’a pas suivi l’évolution des charges ni des besoins. Sans cette part complĂ©mentaire au tarif de l’assurance maladie devenu insuffisant, aucun cabinet spĂ©cialisĂ© ne peut fonctionner correctement.

Si je vous informe aujourd’hui, c’est pour vous expliquer comment notre systĂšme de santĂ© s’est progressivement dĂ©gradĂ© et pourquoi cela vous concerne directement.

3. CE QUE VOUS ALLEZ COMPRENDRE EN LISANT CE DOCUMENT

‱ comment la SĂ©curitĂ© Sociale s’est progressivement dĂ©sengagĂ©e du financement du soin ?

‱ comment les ComplĂ©mentaires SantĂ© ont augmentĂ© leurs cotisations sans augmenter leurs remboursements ?

‱ pourquoi les ComplĂ©ments d’honoraires existent et pourquoi ils sont devenus incontournables ?

4. POURQUOI MAINTENANT ?

Parce que la Loi de Financement de la SĂ©curitĂ© Sociale (LFSS) de 2026 change profondĂ©ment la logique du financement de la santĂ©. En diminuant brutalement les Objectifs de DĂ©penses d’Assurance Maladie (ONDAM), il mettra en danger les hĂŽpitaux privĂ©s, et aggravera les dysfonctionnements des hĂŽpitaux publics.

Entre autres, il permettra Ă  l’État de baisser unilatĂ©ralement les tarifs mĂ©dicaux, ce qui revient mĂ©caniquement Ă  rĂ©duire vos remboursements et Ă  affaiblir la mĂ©decine libĂ©rale qui assure 80 % du soin en France.

C’est votre accĂšs aux soins qui est menacĂ©.

Les médecins libéraux ont donc organisé une grÚve nationale du 5 au 15 janvier 2026.

(Pages suivantes avec frise chronologique et résumé court)
1946 – CrĂ©ation de la SĂ©curitĂ© Sociale pour les travailleurs.
1971 – Autorisation de la libertĂ© des honoraires par les mĂ©decins
2014 – Les Mutuelles sont rendues obligatoires pour les salariĂ©s
2026 – l’ONDAM ne permettra plus de nous soigner convenablement

RĂ©sumĂ© court : Ce document retrace l’histoire de l’assurance maladie. NĂ©e en 1946 pour protĂ©ger les Français, le systĂšme de santĂ© s’est progressivement dĂ©gradĂ© sous l’effet des dĂ©cisions politiques. Les complĂ©mentaires santĂ© devenues obligatoires ne remplissent pas leur rĂŽle. Les tarifs mĂ©dicaux de l’assurance maladie n’ont pas suivi l’évolution des charges, rendant indispensables les complĂ©ments d’honoraires, qui compensent l’insuffisance des remboursements. Aujourd’hui, avec la LFSS de 2026, le systĂšme menace directement la libertĂ© de se soigner des Français.

1946 – LE GRAND PROJET
En 1946, au sortir de la guerre, la France rĂȘve d’un systĂšme unifiĂ©, simple, protecteur. La SĂ©curitĂ© sociale est pensĂ©e avec un financement solidaire, gĂ©rĂ© par les travailleurs, financĂ© par les cotisations sociales.

Initialement pour les travailleurs. À l’origine, la SĂ©curitĂ© sociale ne couvrait pas l’ensemble de la đŸ”œImage
2.
population ; les chĂŽmeurs, les Ă©tudiants, les retraitĂ©s et les personnes sans activitĂ© en Ă©taient exclus. Elle est ensuite gĂ©nĂ©ralisĂ©e pour l’ensemble des français.

Ce projet, ambitieux et lumineux, reposait sur un principe : l’indĂ©pendance vis-Ă -vis de l’État. Le soin devait ĂȘtre une libertĂ©, pas un instrument politique.

“Mais dĂšs les premiĂšres annĂ©es, les difficultĂ©s financiĂšres et les arbitrages parlementaires contraignent l’État Ă  intervenir.” TrĂšs vite, l’État y a vu une perte de pouvoir et a voulu reprendre la main.

La premiĂšre Ă©tape de la stratĂ©gie de l’État a consistĂ© Ă  dĂ©crĂ©dibiliser la gestion autonome du rĂ©gime gĂ©nĂ©ral. Pour y parvenir, l’État lui a imposĂ© la prise en charge de dĂ©penses qui n’avaient pas Ă©tĂ© prĂ©vues lors du calcul des cotisations sociales. En allouant ainsi des charges indues, il a créé artificiellement un dĂ©ficit qu’il a ensuite pu reprocher aux gestionnaires.

DĂšs 1949, cette problĂ©matique du dĂ©ficit fut dĂ©battue Ă  l’AssemblĂ©e, avec des critiques sur la gestion justifiant, selon un grand nombre de dĂ©putĂ©s, le renforcement du contrĂŽle de l’État sur la SĂ©curitĂ© sociale
 et sur les assurĂ©s eux-mĂȘmes


La SĂ©curitĂ© sociale Ă©tait alors dĂ©crite par certains journalistes de l’époque comme un « monstre Ă  cinq pattes qui allaite et dĂ©vore ses enfants ».
Peu Ă  peu, l’édifice prĂ©vu comme autonome devient un systĂšme administrĂ©, orientĂ© par des dĂ©cisions politiques plutĂŽt que par les besoins mĂ©dicaux.

1960 – L’ÉTAT RÉGLEMENTE

Les dĂ©cennies suivantes voient la montĂ©e des dĂ©penses, l’évolution des techniques, et la hausse des attentes de la population. Pourtant, les tarifs fixĂ©s par la SĂ©curitĂ© sociale restaient bas, parfois figĂ©s. Les mĂ©decins alertaient dĂ©jĂ  : “les tarifs opposables ne couvrent plus les coĂ»ts rĂ©els du soin”

À l’époque, les syndicats de mĂ©decins se sont opposĂ©s aux tarifs imposĂ©s par l’assurance maladie de leurs honoraires.

Face Ă  l’augmentation de leurs charges, les mĂ©decins demandent une Ă©volution.
AprÚs des années sans accord, le décret du 12 mai 1960 a profondément modifié la gouvernance du systÚme de santé en centralisant la négociation tarifaire et en réduisant le rÎle des syndicats médicaux.

Ce dĂ©cret marque le dĂ©but du tarif opposable. Les mĂ©decins qui acceptaient individuellement la convention s’engageaient Ă  respecter un tarif fixĂ© par l’État, en Ă©change d’un meilleur remboursement pour leurs patients. Ceux qui refusaient voyaient leurs patients moins bien remboursĂ©s.

Ce systĂšme a divisĂ© la profession et affaibli toute nĂ©gociation collective. Surtout, il a installĂ© durablement un Ă©cart entre le coĂ»t rĂ©el d’un soin et son remboursement par la SĂ©curitĂ© sociale.

1971 – LA SANTÉ PILOTÉE COMME UN BUDGET

L’État venait ainsi de prendre la main sur les acteurs du systĂšme de soin. Il lui fallait dĂ©sormais mettre la main sur la sĂ©curitĂ© sociale et le rĂ©gime gĂ©nĂ©ral.
Sous Georges Pompidou, l’État a repris le contrĂŽle de la SĂ©curitĂ© sociale par deux dĂ©cisions majeures. D’abord, en sĂ©parant les caisses maladie, famille et retraite, ce qui a rompu le principe de solidaritĂ© financiĂšre globale entre les diffĂ©rents risques. Ensuite, en modifiant la gouvernance : les salariĂ©s cotisants, jusque-lĂ  largement majoritaires, n’ont plus dĂ©tenu que la moitiĂ© des siĂšges, l’autre moitiĂ© revenant au patronat.

“Les salariĂ©s perdaient ainsi la main sur la gestion administrative.”

Ce nouvel Ă©quilibre a rĂ©duit la capacitĂ© des cotisants Ă  peser collectivement, et a facilitĂ© l’imposition de choix budgĂ©taires dĂ©cidĂ©s au sommet de l’État.

Ces rĂ©formes ont transformĂ© la SĂ©curitĂ© sociale en un systĂšme de plus en plus pilotĂ© par des contraintes financiĂšres, plutĂŽt que par les besoins de santĂ©. Ces rĂ©formes ont retirĂ© aux cotisants la maĂźtrise de leur systĂšme de santĂ© et donnĂ© Ă  l’État les moyens de piloter la SĂ©curitĂ© sociale comme un budget.

1979 – L’ÉTAT RÉINTRODUIT LA LIBERTÉ TARIFAIRE

Le gouvernement de ValĂ©ry Giscard d’Estaing est incapable d’augmenter ses capacitĂ©s de financement des soins đŸ”œ
3.
dont les coĂ»ts augmentent. Il autorise alors aux mĂ©decins de pratiquer des honoraires libres, cela permettait d’augmenter le financement des soins, sans que cela ne coĂ»te rien Ă  l’État !

En 1979, face Ă  l’impossibilitĂ© de revaloriser correctement les actes mĂ©dicaux, l’État a rĂ©introduit une part de libertĂ© tarifaire pour les mĂ©decins : c’est la crĂ©ation du Secteur 2, avec complĂ©ments d’honoraires.
L’objectif n’était pas d’augmenter les dĂ©penses publiques, mais de permettre aux mĂ©decins de compenser l’écart croissant entre le tarif fixĂ© par la SĂ©curitĂ© sociale et le coĂ»t rĂ©el des soins.
“La crĂ©ation du secteur 2 a permis de financer des soins modernes, sans augmenter les dĂ©penses de l’État.”

Ce choix a aussi renforcĂ© le rĂŽle des complĂ©mentaires santĂ©, appelĂ©es Ă  prendre en charge une part croissante du reste Ă  charge. TrĂšs rapidement, l’accĂšs secteur 2 a Ă©tĂ© restreint Ă  certains spĂ©cialistes, ce qui a figĂ© la majoritĂ© des mĂ©decins gĂ©nĂ©ralistes en Secteur 1.

1980–2000 : L’ÉTAT PREND LA MAIN, LE BUDGET PREND LE POUVOIR

En 1991, sous François Mitterrand est créé la CSG, Contribution Sociale Généralisée.

En 1996, le Premier ministre Alain JuppĂ© met en place les ordonnances qui changent tout : crĂ©ation de l’ONDAM, mise sous tutelle des budgets, dĂ©but de la mĂ©decine pilotĂ©e par objectifs financiers


Au dĂ©but des annĂ©es 1990, le financement de la santĂ© change profondĂ©ment. Avec la crĂ©ation de la CSG, l’État remplace progressivement les cotisations des salariĂ©s par un impĂŽt. Ce changement peut paraĂźtre technique, mais il a une consĂ©quence majeure : la santĂ© devient un poste budgĂ©taire pilotĂ© par l’État, et non plus un systĂšme gĂ©rĂ© par les cotisants en fonction des besoins.
“À partir de lĂ , le soin n’est plus financĂ© selon les BESOINS, mais selon un BUDGET dĂ©fini par l’État. La santĂ© devient une variable d’ajustement.”

Peu Ă  peu, une logique nouvelle s’impose : il ne s’agit plus de financer les soins nĂ©cessaires, mais de faire entrer les soins dans un budget fixĂ© Ă  l’avance.
En 1996, cette logique est officialisĂ©e avec la crĂ©ation d’un budget annuel de la SĂ©curitĂ© sociale. Un plafond de dĂ©penses est fixĂ© : c’est l’ONDAM. DĂšs lors, lorsque les besoins augmentent (vieillissement, progrĂšs mĂ©dicaux, pĂ©nurie de mĂ©decins), ce ne sont plus les financements qui s’adaptent aux soins, mais les soins qui s’adaptent au budget.

2000–2020 : LES COMPLÉMENTAIRES PRENNENT LE RELAIS


Faute de financer correctement la santé, les gouvernements successifs transfÚrent une part croissante du remboursement vers les assurances privées et mutuelles.

En 2014, sous François Hollande, leur souscription devient obligatoire pour les salariĂ©s. Les complĂ©mentaires santĂ© deviennent obligatoires pour tous les salariĂ©s, et parallĂšlement, un nouveau contrat est proposĂ© aux mĂ©decins : l’OPTAM.

Le principe de l’OPTAM est simple en apparence ; Les mutuelles acceptent de mieux rembourser les patients, Ă  condition que les mĂ©decins s’engagent Ă  limiter leurs complĂ©ments d’honoraires.

PrĂ©sentĂ©e comme une solution Ă©quilibrĂ©e, cette rĂ©forme reposait sur une promesse implicite : des honoraires mieux encadrĂ©s, des mutuelles alors qualifiĂ©es de “plus responsables” plus impliquĂ©es, et un reste Ă  charge mieux maĂźtrisĂ© pour les patients.
Les mutuelles rendues obligatoires et financées par les employeurs et les salariés.

Dans les faits, les rĂ©sultats n’ont pas Ă©tĂ© Ă  la hauteur des promesses. Les cotisations des mutuelles ont continuĂ© Ă  augmenter, les contrats sont devenus de plus en plus complexes et difficiles Ă  comprendre, les salariĂ©s ont perdu la libertĂ© de choisir leur mutuelle, dĂ©sormais imposĂ©e par l’employeur, et les remboursements n’ont pas suivi l’augmentation des coĂ»ts rĂ©els des soins.

Peu à peu, les mutuelles sont devenues un intermédiaire central, coûteux et opaque, sans pour autant mieux financer les soins.

Pour les patients, ces Ă©volutions ont une consĂ©quence directe : “la perte de libertĂ© de choix.” đŸ”œ
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Jan 7
🔮 La psychologie derriĂšre l’addiction au tĂ©lĂ©phone.
Comment l’hyperstimulation a tuĂ© votre capacitĂ© Ă  voir la beautĂ© dans le monde rĂ©el.
©ixcarus

📍Laissez-moi vous raconter une petite histoire qui date d’il y a environ 8 mois.

Je suis assis en face de mon amie dans un café, juste aprÚs son retour de vacances.
Elle me raconte son voyage en Islande : les cascades, les aurores boréales, tout le tralala.
Je hoche la tĂȘte, je montre de l’intĂ©rĂȘt, je pose des questions. Vous savez, ce que les gens font normalement pendant une conversation, quoi.

Mais au milieu de son rĂ©cit, je me rends compte que je n’ai pas entendu un seul mot de ce qu’elle a dit depuis les deux derniĂšres minutes.

Parce que je pense à mon téléphone. Il est dans ma poche. Je ne le vois pas. Mais je le sens.

Avant qu’elle ne commence vraiment Ă  dĂ©tailler son voyage, j’ai entendu un ping et ressenti cette attraction. Cette attirance magnĂ©tique. Cette petite voix qui dit : « VĂ©rifie-moi, il y a peut-ĂȘtre quelque chose. »

Je me surprends Ă  tendre la main vers lui au milieu de la conversation. Je m’arrĂȘte. Je repose ma main.
Cinq minutes plus tard, je recommence.
Mon amie ne le remarque pas. Ou peut-ĂȘtre que si, et qu’elle s’y est habituĂ©e. On fait tous ça maintenant.

On est prĂ©sents mais pas vraiment. Ici mais ailleurs. On Ă©coute mais on n’entend pas.
Et je me dis : putain, quand est-ce que ça a commencĂ© ? Quand un appareil est-il devenu plus intĂ©ressant qu’une vraie personne assise en face de moi ?

Quand mon cerveau a-t-il commencĂ© Ă  prĂ©fĂ©rer la possibilitĂ© d’une notification Ă  une vraie connexion humaine ?

Quand ai-je perdu la capacitĂ© de simplement
 ĂȘtre prĂ©sent ?
Il y a 8 mois, c’est tout ce à quoi je pouvais penser.

Je me souviens, quand j’étais enfant, de m’immerger complĂštement dans les choses.

Construire des Lego pendant des heures, perdu dedans. Lire des livres et oublier que le temps existait. Avoir des conversations qui semblaient infinies.

Je me souviens quand le monde semblait vivant. Quand les couleurs paraissaient plus vives, quand les expĂ©riences Ă©taient plus riches, quand les moments s’étiraient au lieu de s’embrouiller.

Quelque part entre alors et maintenant, quelque chose a changé.

Et je l’attribuais Ă  la maturitĂ©. Aux responsabilitĂ©s. À « c’est juste la vie ».

Mais assis lĂ , Ă  lutter contre l’envie de vĂ©rifier mon tĂ©lĂ©phone pendant que mon amie parle de putains de cascades, je rĂ©alise : ce n’est pas la vie. C’est l’appareil.

Mon cerveau avait été détourné. Recùblé. Reprogrammé pour préférer la stimulation numérique à la réalité.

Et je savais que je n’étais pas seul Ă  ressentir ça. Je savais que les gens le ressentaient. Je sais que vous le ressentez aussi.
Cette anxiĂ©tĂ© constante de bas niveau quand votre tĂ©lĂ©phone n’est pas Ă  portĂ©e de main. Cette compulsion Ă  le vĂ©rifier mĂȘme quand vous savez qu’il n’y a rien. Ce sentiment que la vraie vie est devenue
 moins.

Moins intéressante. Moins colorée. Moins captivante que ce petit rectangle luminescent.
Huit mois plus tard, l’étincelle en moi a Ă©tĂ© ravivĂ©e. AprĂšs d’innombrables heures de recherche et une motivation infinie pour aller au fond des choses, je l’ai trouvĂ©.

Alors laissez-moi vous expliquer exactement ce qui est arrivĂ© Ă  votre cerveau, pourquoi vous ne pouvez pas arrĂȘter, et ce que ça vous coĂ»te.

Une tasse de cafĂ© noir posĂ©e Ă  cĂŽtĂ© de moi. Dans cette lecture de 10 minutes, je vais fondamentalement changer votre vision de votre tĂ©lĂ©phone pour toujours, et peut-ĂȘtre, juste peut-ĂȘtre, que je pourrai vous aider Ă  vaincre votre addiction. Je ne promets rien, mais lire ça sera dĂ©finitivement un coup de pouce dans la bonne direction.
Allons-y.

LA MACHINE À SOUS DANS VOTRE POCHE

« La technologie est un serviteur utile mais un maßtre dangereux. » - Christian Lous Lange

Votre téléphone est un casino.
Et vous ĂȘtes le joueur qui ne peut pas quitter la table.

À chaque fois que vous le prenez, vous tirez sur le levier d’une machine Ă  sous. Y aura-t-il une notification ? đŸ”œImage
2.
Un like ? Un message ? Quelque chose d’intĂ©ressant ?

Qu’est-ce qui va booster ma dopamine maintenant ?
Vous ne savez pas. Et cette incertitude est ce qui rend ça addictif.

C’est ce qu’on appelle un schĂ©ma de renforcement Ă  ratio variable, et c’est le modĂšle de renforcement le plus addictif connu en psychologie.

Les machines à sous l’utilisent.

Les téléphones aussi.

Vous tirez le levier (déverrouillez votre téléphone) et parfois vous gagnez une récompense (notification, contenu intéressant) et parfois non (rien de nouveau).

Mais comme vous ne pouvez pas prédire quand la récompense arrivera, vous continuez à vérifier.

Parce que la prochaine vĂ©rification pourrait ĂȘtre la bonne. Le prochain rafraĂźchissement pourrait avoir quelque chose.

Votre cerveau libĂšre de la dopamine non seulement quand vous obtenez la rĂ©compense, mais en anticipation de la possibilitĂ© de l’obtenir.

Et cette anticipation vous maintient accro.

Voici la neurologie : votre aire tegmentale ventrale (VTA) libÚre de la dopamine quand vous anticipez une récompense.

Cette dopamine voyage jusqu’au nucleus accumbens, qui traite la rĂ©compense et la motivation.
Quand la récompense est incertaine, la libération de dopamine est en fait plus élevée que quand elle est garantie.
L’incertitude crĂ©e plus de craving que la certitude.

C’est pourquoi vous ne pouvez pas arrĂȘter de vĂ©rifier votre tĂ©lĂ©phone mĂȘme quand vous savez consciemment qu’il n’y a probablement rien.

Votre cerveau chasse le hit de dopamine de la possibilitĂ© d’une rĂ©compense.

Et les entreprises tech le savent. Elles l’ont conçu dĂ©libĂ©rĂ©ment.

Le scroll infini signifie qu’il y a toujours potentiellement quelque chose d’intĂ©ressant juste un swipe plus loin.

Le timing variable des notifications signifie que vous ne savez jamais quand quelque chose arrivera, donc vous devez continuer à vérifier.

Le badge de notification rouge crĂ©e de l’urgence et dĂ©clenche le comportement de vĂ©rification.

Le pull-to-refresh imite l’action physique du levier d’une machine à sous.

Chaque élément est conçu pour exploiter votre systÚme dopaminergique et vous garder engagé.

Vous n’ĂȘtes pas faible parce que vous ĂȘtes accro. Vous ĂȘtes face Ă  des milliards de dollars de recherche en neurosciences optimisĂ©e pour dĂ©tourner votre cerveau.

Les rĂ©seaux sociaux ont perfectionnĂ© ça avec leur algorithme de contenu court. Sachez juste que si quelque chose est gratuit, vous ĂȘtes gĂ©nĂ©ralement le produit.

LE PIÈGE DE L’HYPERSTIMULATION

Votre tĂ©lĂ©phone produit plus d’intensitĂ© sensorielle que n’importe quoi dans le monde naturel.

Des couleurs plus saturées que les fleurs. Des sons plus variés que le chant des oiseaux. Des mouvements plus rapides que tout ce que vous verriez dehors.
Votre Ă©cran peut afficher des millions de couleurs. Les changer instantanĂ©ment. Les faire clignoter Ă  des frĂ©quences conçues pour attirer l’attention.
C’est de l’hyperstimulation. Et votre cerveau s’y adapte en augmentant le seuil de ce qui compte comme intĂ©ressant.

C’est comme vivre dans une maison avec un bruit constant fort. Éventuellement, vous arrĂȘtez de l’entendre. Votre systĂšme auditif s’adapte en devenant moins sensible.

La mĂȘme chose arrive Ă  vos systĂšmes visuel et de rĂ©compense.

AprÚs des heures de contenu lumineux, coloré et rapide sur votre téléphone, la vraie vie paraßt grise en comparaison.

LittĂ©ralement. Votre perception des couleurs s’émousse parce que votre cerveau s’est recalibrĂ© pour attendre l’intensitĂ© numĂ©rique. đŸ”œImage
3.
Vous entendez toujours les gens dire « la vie Ă©tait plus lumineuse quand on Ă©tait enfants » ou « le monde est devenu terne ». Oui, nos corps voient naturellement le monde comme « moins colorĂ© » en vieillissant, mais votre tĂ©lĂ©phone amplifie ça Ă  un degrĂ© que vous ne pouvez mĂȘme pas imaginer.

Votre téléphone est la raison pour laquelle les couchers de soleil qui vous coupaient le souffle ne vous font plus rien.

Votre téléphone est la raison pour laquelle les conversations semblent lentes et ennuyeuses.

Votre tĂ©lĂ©phone est la raison pour laquelle les livres demandent trop d’effort.

Votre téléphone est la raison pour laquelle vous ne pouvez pas simplement vous asseoir et exister sans vous sentir sous-stimulé.

Votre base de référence pour « intéressant » a été artificiellement gonflée à un niveau que la réalité ne peut pas égaler.

Et plus vous utilisez votre téléphone, pire ça devient.

Vous avez besoin de plus en plus de stimulation pour ressentir le mĂȘme niveau d’engagement.
C’est la tolĂ©rance. Le mĂȘme mĂ©canisme que l’addiction aux drogues.

Vous développez une tolérance à la vie normale.

LA PEUR DE MANQUER QUELQUE CHOSE EST PRIMALE

« Dans un monde d’algorithmes, de hashtags et de followers, connaissez la vraie importance de la connexion humaine. » - Simi Fromen

Le FOMO n’est pas juste un mot Ă  la mode millennial. C’est un mĂ©canisme Ă©volutionnaire armĂ© contre vous. Les humains ont Ă©voluĂ© en petites tribus oĂč l’exclusion sociale signifiait la mort.

Si vous n’étiez pas au courant de ce que faisait le groupe, vous pouviez manquer une information critique, perdre du statut, ou ĂȘtre laissĂ© derriĂšre.

Donc votre cerveau a développé une hypervigilance pour les informations sociales.

Qu’est-ce que les autres font ? De quoi parlent-ils ? Suis-je inclus ? Suis-je valorisĂ© ?

Ces questions dĂ©terminaient la survie pendant des milliers d’annĂ©es.

Votre téléphone détourne ce systÚme ancien.

Chaque notification est une mise Ă  jour sociale potentielle.

Chaque scroll pourrait révéler ce que vous manquez.

Et parce que les rĂ©seaux sociaux vous montrent les highlights de tout le monde en mĂȘme temps, vous voyez constamment des choses dont vous ne faites pas partie.

Vos amis qui s’amusent sans vous. Des Ă©vĂ©nements auxquels vous n’étiez pas invitĂ©. Des expĂ©riences que vous ne vivez pas.

Votre amygdale, qui traite les menaces sociales, s’allume.

Votre cerveau interprĂšte ça comme une exclusion sociale, ce qui dĂ©clenche les mĂȘmes circuits de douleur que la douleur physique.

Ça fait mal. LittĂ©ralement. Les scans cĂ©rĂ©braux montrent que le rejet social active les centres de la douleur.

Donc vous continuez à vérifier pour vous assurer que vous ne manquez rien, ce qui vous expose à plus de preuves de ce que vous manquez, ce qui vous fait vérifier plus.

C’est une boucle de rĂ©troaction conçue pour vous garder engagĂ©.

Mais voilà ce qui est fucked up : le FOMO est basé sur un mensonge.

Vous ne manquez pas vraiment quelque chose. Vous vivez le fait de manquer quelque chose.
Il y a une différence.

Manquer quelque chose signifie que vous ĂȘtes prĂ©sent dans votre propre vie mais pas dans le reel highlights de quelqu’un d’autre.

Vivre le fait de manquer signifie que vous n’ĂȘtes pas prĂ©sent dans votre propre vie parce que vous ĂȘtes trop occupĂ© Ă  regarder celle des autres.

L’ironie est que plus vous essayez d’éviter le FOMO en restant connectĂ©, plus vous manquez vraiment votre propre vie.

Vous ratez le coucher de soleil parce que vous regardez celui de quelqu’un d’autre sur Instagram.

Vous ratez la conversation parce que vous vérifiez quelles autres conversations se passent.

Vous ratez votre vie en scrollant Ă  travers celle des autres. đŸ”œImage
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Jan 2
🔮 Annus Horribilis. 2025, l’annĂ©e de l’effondrement moral de la « civilisation » occidentale
par @RealPepeEscobar

📍Tellement Ă  faire, si peu de temps. Que 2026 soit l’annĂ©e de la renaissance des PrĂ©socratiques. Et aussi l’annĂ©e de la renaissance du Figatisme : rĂ©flexion, introspection, silence, quĂȘte de l’équilibre intĂ©rieur et, quand la musique s’impose, un environnement physique et mental Ă©quivalent Ă  l’ethos japonais du jazz-kissa.

Le dĂ©sir excessif de pouvoir fit chuter les anges ; le dĂ©sir excessif de connaissance fit chuter l’homme : mais dans la charitĂ©, il n’y a pas d’excĂšs ; ni l’ange ni l’homme ne courent de danger par elle.
– François Bacon

NAPLES et PALERME – En parcourant l’Italie de long en large, du Frioul et du PiĂ©mont Ă  la Toscane, Ă  l’Ombrie, Ă  Rome et au sud – Naples et Sicile –, on ne peut se dĂ©faire de cette sensation irritante d’une surprenante cĂ©citĂ© anthropologique et culturelle qui prend le dessus sur ce qui est et reste, sans conteste, la civilisation-État dĂ©finitive de tout l’Occident (sans concurrence possible).

Comment Godard, s’il Ă©tait encore vivant, aurait-il filmĂ© ce malaise qui imprĂšgne la rĂ©interprĂ©tation par Fritz Lang de l’OdyssĂ©e d’HomĂšre Ă  la Villa Malaparte de Capri, mais sans la beautĂ© fatale de Brigitte Bardot ? HĂ©las, tout cela n’est plus que souvenirs – fragments Ă©tayĂ©s contre nos ruines, pour reprendre T.S. Eliot.

La scĂšne en ruines d’aujourd’hui n’a rien d’homĂ©rique : l’Occident y apparaĂźt comme un fantĂŽme insignifiant au torse bombĂ©, se complaisant dans sa propre irrelevance, sa superficialitĂ©, sa fragmentation sociale, son absence d’Esprit et de Logos, tout en alimentant son obsession pour une Guerre Éternelle – une tragĂ©die traitĂ©e comme un jeu d’enfants, et non pour ce qu’elle est vraiment : un abĂźme. Rien d’étonnant Ă  ce que PosĂ©idon se dĂ©sintĂ©resse totalement de ces mortels stupides.

Dans les conversations avec mes hĂŽtes italiens, amis et nouvelles connaissances, la lĂąchetĂ© et le manque d’acuitĂ© politique des classes « dominantes » europĂ©ennes sont apparus avec une clartĂ© cristalline, tout comme leur absence de courage face Ă  l’essor d’un nouveau siĂšcle multipolaire (titre de mon dernier livre, Le SiĂšcle Multipolaire, publiĂ© en Italie dĂ©but dĂ©cembre 2025).

Cette « Europe » artificielle s’acharne Ă  maintenir Ă  tout prix un paradigme Ă©puisĂ© – politiquement et Ă©conomiquement –, un statu quo archaĂŻque et anachronique qui la contraint Ă  se replier sur elle-mĂȘme, coquille vide aux consĂ©quences extrĂȘmement destructrices.

La beautĂ© Ă©blouissante de la cĂŽte amalfitaine, entre Amalfi et Ravello, parvient Ă  peine Ă  masquer le vide physique et mĂ©taphysique qui prĂ©vaut dans toute l’UE : l’Occident a tout tuĂ© – mĂȘme la BeautĂ© – pour la remplacer par le NĂ©ant. Le nihilisme rĂšgne en maĂźtre.

Et pourtant, il est d’un eurocentrisme abject de croire que le Chaos rĂ©gnant sur cette petite pĂ©ninsule occidentale de l’Eurasie bouleverse le monde entier. L’Eurasie – et l’Asie orientale en particulier – vivent pleinement une dimension supplĂ©mentaire d’optimisme et d’affirmation culturelle.

À l’avenir, l’Europe pourrait adhĂ©rer Ă  des paradigmes venus d’autres cultures et, bon grĂ© mal grĂ©, les absorber dans un syncrĂ©tisme d’acceptation. Tout comme elle a imposĂ© Ă  la MajoritĂ© Globale ses propres paradigmes et « valeurs » Ă  partir de la seconde moitiĂ© du XVIIIe siĂšcle.

L’effondrement moral de la « civilisation » occidentale
Ainsi, dans tout l’Occident, 2025 fut un vĂ©ritable Annus Horribilis Ă  plus d’un titre. Les historiens futurs s’en souviendront comme l’annĂ©e oĂč l’ancien « ordre » fondĂ© sur des « rĂšgles » facilement manipulables, qui rĂ©genta le monde pendant des dĂ©cennies, fut brisĂ© en tant que principe organisateur – mĂȘme s’il subsiste encore sous forme d’appareil. Les institutions « fonctionnent » encore, pour ainsi dire. Les alliances ne se sont pas encore effondrĂ©es. Les « rĂšgles » continuent d’ĂȘtre invoquĂ©es et dĂ©fendues.

Pourtant, elles ne produisent plus aucun effet tangible. đŸ”œImage
2.
Francesca Albanese a rĂ©sumĂ© l’essentiel, en Ă©voquant l’exemple le plus horrifiant de l’effondrement moral total de la « civilisation » occidentale :
« Je n’aurais jamais imaginĂ© voir les dirigeants europĂ©ens se retourner contre leurs propres citoyens – rĂ©primant manifestations, journalisme libre et libertĂ© acadĂ©mique – tout cela pour Ă©viter de tenir responsable un État gĂ©nocidaire. »

Et oui : l’Histoire se prĂ©sente rarement sous les traits de la barbarie. Elle se dĂ©guise souvent en « civilisation ».

Ce Ă  quoi nous assistons aujourd’hui est un accaparement de terres indiscriminĂ© et sordide par l’axe USA-sioniste, qui instaure criminellement une nouvelle normalitĂ© : de l’« hĂ©misphĂšre occidental » (le Venezuela n’est qu’un dĂ©but) Ă  l’Asie occidentale (Palestine, Liban, Syrie) et, bientĂŽt peut-ĂȘtre, au Groenland.
Les think tanks amĂ©ricains estiment que le contrĂŽle du Groenland, au-delĂ  de l’évidente appropriation impĂ©riale de ressources naturelles, pourrait perturber la Route maritime du Nord russe – que les Chinois appellent la Route de la soie arctique.

Non pas sur le plan gĂ©oĂ©conomique, mais assurĂ©ment sur le plan militaire : le Groenland deviendrait une base idĂ©ale pour les moyens ISR amĂ©ricains, destinĂ©s Ă  « soutenir » – c’est-Ă -dire diriger dans l’ombre – les EuropĂ©ens dans leur Guerre Éternelle en Ukraine, tout en menaçant la Chine.

Il s’agirait, en substance, d’une tactique de diversion visant Ă  introduire le « Diviser pour rĂ©gner » dans le partenariat stratĂ©gique russo-chinois, pendant que Trump 2.0 gagne le temps nĂ©cessaire pour remodeler et renforcer le complexe militaro-industriel amĂ©ricain et mener la guerre technologique, notamment sur le front de l’intelligence artificielle.

L’ancien PDG de Google, Eric Schmidt – qui contrĂŽle des entreprises technologiques directement impliquĂ©es dans la guerre contre la Russie en Ukraine – est obsĂ©dĂ© par la course Ă  l’IA. Le pari des Big Tech amĂ©ricaines est que cette course sera tranchĂ©e d’ici 2040 (les Chinois sont convaincus que ce sera bien plus tĂŽt). Le vainqueur marquera le XXIe siĂšcle de son empreinte. Les enjeux sont immenses : il s’agit fondamentalement d’une confrontation entre l’hĂ©gĂ©monie amĂ©ricaine et le monde multipolaire et multinodal pilotĂ© par la Russie et la Chine.

Monsieur Oreshnik est prĂȘt Ă  distribuer ses cartes de visite
En 2025, les Guerres Éternelles ont, comme prĂ©vu, continuĂ© sans relĂąche
 Ukraine et Gaza se fondant en une seule et mĂȘme guerre.

Pour l’Ukraine, le théùtre kabuki des nĂ©gociations de « paix » se poursuivra en 2026. Les faits sur le terrain, eux, sont immuables. La Russie poursuivra son avance militaire constante. Moscou dĂ©vastara toujours plus les infrastructures ukrainiennes. L’« Europe », dĂ©sagrĂ©gĂ©e de l’intĂ©rieur, est un continent mort-vivant. Les États-Unis ne fourniront plus d’armes supplĂ©mentaires. Moscou n’est pas pressĂ©e : elle a froidement calculĂ© que l’Occident s’épuisera avant elle.

La Russie peut procĂ©der en quelques minutes Ă  une opĂ©ration « Oreshnik » qui Ă©liminerait tous les sommets des « organisations criminelles » Ă  Kiev et au-delĂ , y compris les responsables de l’OTAN et du MI6. Comme l’a notĂ© Andrei Martyanov, les satellites russes de la sĂ©rie Resurs scannent 24 h/24 et 7 j/7 la surface terrestre « avec une rĂ©solution permettant de traquer quiconque, oĂč qu’il soit » et d’assurer un ciblage prĂ©cis. Alors pourquoi ne pas frapper la tĂȘte du serpent ? Parce que « l’Europe se suicide elle-mĂȘme, et 404 avec elle, mieux que les Russes ne l’auraient jamais imaginĂ© ».

Par ailleurs, la technique offensive russe de la « limace », combinĂ©e Ă  celle de la machine Ă  broyer, a dĂ©jĂ  progressivement dĂ©truit l’immense rĂ©seau de bunkers installĂ© par l’OTAN dans le Donbass – supĂ©rieur Ă  la ligne Maginot. Ces mĂ©thodes ont atteint un rapport de dix pour un en faveur de la Russie. Autre fait immuable du champ de bataille. Seuls les incorrigibles insensĂ©s raillent la Russie en la qualifiant de « lente » et « faible ». đŸ”œ
3.
L’offensive de la « limace » se prolongera jusqu’en 2026.
Quant Ă  la Guerre Éternelle, elle est dĂ©sormais le monopole du systĂšme bancaire et financier europĂ©en. Le Plan A – sans Plan B – consistait Ă  infliger une dĂ©faite stratĂ©gique Ă  la Russie. Il a Ă©chouĂ© lamentablement, avec des pertes colossales. Voici venu le Plan B, qui n’en est mĂȘme pas un : la Guerre – Ă©ternelle, comme les diamants – comme moyen de rĂ©cupĂ©rer ces coĂ»ts irrĂ©cupĂ©rables abyssaux, de restructurer une dette europĂ©enne impayable et de justifier de nouvelles escroqueries financiĂšres estampillĂ©es « sĂ©curitĂ© ».

En cas de doute, consultez Empédocle.

Revenons au kabuki. La nouvelle tactique amĂ©ricaine, mise en Ɠuvre fin 2025, consiste essentiellement Ă  abandonner l’Europe – dĂ©jĂ  un cadavre gĂ©opolitique – et Ă  tenter de « sĂ©duire » la Russie avec quelques carottes diplomatiques et Ă©conomiques apparemment avantageuses pour les deux parties, tout en persuadant Moscou que Washington souhaite s’intĂ©grer au monde multipolaire.

Moscou et PĂ©kin sont assez fins pour comprendre ce jeu grossier. Ils avanceront avec une extrĂȘme prudence – et en parfaite synchronie.

La Russie atteindra un paroxysme taoĂŻste de patience, rappelant qu’elle a toujours Ă©tĂ© prĂȘte Ă  nĂ©gocier, mais uniquement dans le respect des faits sur le terrain ; en creusant les causes profondes du drame OTAN/Ukraine/Russie ; et en visant un accord qui mette dĂ©finitivement fin Ă  l’immense escroquerie par procuration de l’OTAN.

De leur cĂŽtĂ©, les EuropĂ©ens continueront d’accumuler des dĂ©chets conceptuels, qualifiant le projet de Poutine de « promĂ©thĂ©en » et « idĂ©ologique ». Pure absurditĂ©. Tout repose sur le respect mutuel et l’indivisibilitĂ© de la sĂ©curitĂ©.

Pendant ce temps, la StratĂ©gie de sĂ©curitĂ© nationale amĂ©ricaine poursuivra ses attaques de guerre hybride contre des nƓuds jugĂ©s faibles du Sud global, particuliĂšrement dans l’« hĂ©misphĂšre occidental » (CaraĂŻbes, AmĂ©rique latine).
Il devient crucial que les BRICS consolident enfin leur action commune – bien avant le sommet annuel en Inde fin 2026. Les BRICS doivent accĂ©lĂ©rer toutes les expĂ©rimentations Ă©conomiques et financiĂšres dans ce que j’ai autrefois appelĂ© le « laboratoire BRICS », afin de bĂątir un systĂšme de paiement vĂ©ritablement alternatif, indĂ©pendant et post-occidental, Ă  l’abri de la folie des sanctions occidentales.

Russie, Inde et Chine recombinent enfin le triangle originel « RIC » de Primakov, avec des partenariats stratĂ©giques interconnectĂ©s et une coopĂ©ration croissante dans le commerce, l’agriculture, la technologie et, bien entendu, la dĂ©dollarisation. Les BRICS produisent dĂ©jĂ  plus de 42 % du pĂ©trole mondial ; contrĂŽlent plus de 20 % des rĂ©serves d’or (Russie et Chine Ă  elles deux 14 %, en hausse) ; et reprĂ©sentent plus de 30 % du PIB mondial.
Revenons Ă  la lumiĂšre au bout du tunnel occidental : l’Italie. Il y a deux mois seulement, le grand philosophe Massimo Cacciari donna une leçon magistrale Ă  Agrigente – capitale italienne de la culture 2025. EmpĂ©docle, le maĂźtre prĂ©socratique grec, naquit non loin de lĂ . EmpĂ©docle formula la thĂ©orie cosmogonique des quatre Ă©lĂ©ments classiques – air, eau, terre, feu –, mĂ©langĂ©s sans cesse par l’Amour et la Discorde.

Influencé par Héraclite et Parménide, Empédocle finit par marquer Aristote, Nietzsche, Hölderlin et François Bacon.
Nous devrions, comme Bacon et selon Cacciari, rĂ©apprendre ce qu’enseigna EmpĂ©docle – afin de mieux dĂ©construire le dogme anglo-amĂ©ricain de la positivitĂ© : cette formule magique qui engendra le consumĂ©risme effrĂ©nĂ© et la marchandisation de la vie, copiĂ©e Ă  l’infini par la pĂ©riphĂ©rie de l’Empire du Chaos, Ă©liminant toute rĂ©flexion Ă©thique, philosophique, sĂ©mantique, sociologique, historique ou politique sur des notions comme « dĂ©mocratie » et « libertĂ© ».

Tellement Ă  faire, si peu de temps. Que 2026 soit l’annĂ©e de la renaissance des PrĂ©socratiques. Et aussi l’annĂ©e de la renaissance du Figatisme : rĂ©flexion, introspection, silence, quĂȘte de l’équilibre intĂ©rieur đŸ”œ
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