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Jun 14, 2023 ‱ 8 tweets ‱ 6 min read ‱ Read on X
🔮 #VaccinCovid19

📍Le dĂ©mantĂšlement d'un nouveau mensonge : Des milliers de dĂ©cĂšs dus au #Covid19 sont Ă©vitĂ©s en #IsraĂ«l "grĂące Ă  la vaccination".

📍Le Dr Eyal Shahar, professeur Ă©mĂ©rite de santĂ© publique en Ă©pidĂ©miologie et biostatistique, prouve, dans un billet de blog
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2.
Il existe plusieurs façons de dĂ©montrer la faussetĂ© des affirmations concernant les avantages "exceptionnels" des vaccins Covid. Je m'appuierai sur des donnĂ©es comparatives provenant de SuĂšde. Le pays qui a prouvĂ© au monde entier l'inutilitĂ© des blocages et de l'obligation de
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3.
Contrairement Ă  IsraĂ«l, la SuĂšde a traversĂ© la vague hivernale sans ĂȘtre vaccinĂ©e. Lorsque la vague s'est calmĂ©e, Ă  la fin du mois de mars 2021, seuls 10 % de la population suĂ©doise avaient reçu au moins une dose de vaccin Covid, contre 55 % de la population israĂ©lienne. À la
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4.
La figure 4 montre le nombre cumulĂ© de dĂ©cĂšs par Covid signalĂ©s dans chaque pays au dĂ©but et Ă  la fin de la pĂ©riode considĂ©rĂ©e, ainsi que le pourcentage de la population ayant reçu au moins une dose de vaccin Covid Ă  quatre moments diffĂ©rents. Les graphiques sont affichĂ©s sur
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5.
Début novembre 2020, le taux de mortalité Covid était de 2,3 (=5 995/2 569). Fin mars 2021, il était de 2,2 (=13 583/6 205). Entre-temps, le ratio était de 2,1 (7 588 décÚs Covid-19 en SuÚde contre 3 636 en Israël). C'est exactement le ratio de mortalité typique de la SuÚde
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Comme le montre l'histogramme de droite, le mĂȘme ratio (1,9) a Ă©tĂ© maintenu entre novembre 2020 et mars 2021 : 43 954 dĂ©cĂšs en SuĂšde contre 22 830 en IsraĂ«l. Si la vaccination en IsraĂ«l permettait d'Ă©viter 5 000 dĂ©cĂšs, le ratio devrait passer d'un niveau de rĂ©fĂ©rence de 2 à
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7.
Le ministÚre israélien de la santé a estimé une surmortalité de 9,5 % sur une période de quatre mois (à l'exclusion de novembre 2020), similaire à mon estimation la plus prudente (8,9 %), qui incluait le mois de novembre. Si 5 000 décÚs avaient été évités, la surmortalité au
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Jan 9
🚹 GrĂšve des mĂ©decins : pourquoi les mĂ©decins ferment le rideau ?

Voici une synthÚse trÚs claire qui explique parfaitement la colÚre légitime des médecins. Nous sommes TOUS concernés !
Merci de la partager largement autour de vous.

1. LE CONSTAT

Les Français ont le sentiment que le systĂšme de santĂ© fonctionne de moins en moins bien. Ce ressenti est partagĂ© par les patients
 et par les mĂ©decins. (dĂ©lais d’accĂšs aux soins qui explosent, remboursements de plus en plus insuffisants, cotisations de complĂ©mentaires santĂ© en constante augmentation, perte de libertĂ© dans le choix de sa mutuelle
)

2. POURQUOI JE VOUS INFORME ?

Je suis médecin, et je constate chaque jour la difficulté croissante pour obtenir un rendez-vous médical, ou faire réaliser un examen dans des délais raisonnables.

Contrairement Ă  une idĂ©e rĂ©pandue, les difficultĂ©s d’accĂšs aux soins ne sont pas dues aux complĂ©ments d’honoraires. Elles sont avant tout liĂ©es Ă  la dĂ©mographie mĂ©dicale (nous manquons de mĂ©decins) et Ă  un financement devenu insuffisant pour couvrir le coĂ»t rĂ©el des soins.

Dans ce contexte, les complĂ©ments d’honoraires ne sont pas un moyen d’enrichissement, mais un levier devenu indispensable pour maintenir la qualitĂ© et la sĂ©curitĂ© des soins, tout en consacrant du temps Ă  nos patients.

En effet, la dĂ©mographie mĂ©dicale s’est effondrĂ©e, et le financement du soin n’a pas suivi l’évolution des charges ni des besoins. Sans cette part complĂ©mentaire au tarif de l’assurance maladie devenu insuffisant, aucun cabinet spĂ©cialisĂ© ne peut fonctionner correctement.

Si je vous informe aujourd’hui, c’est pour vous expliquer comment notre systĂšme de santĂ© s’est progressivement dĂ©gradĂ© et pourquoi cela vous concerne directement.

3. CE QUE VOUS ALLEZ COMPRENDRE EN LISANT CE DOCUMENT

‱ comment la SĂ©curitĂ© Sociale s’est progressivement dĂ©sengagĂ©e du financement du soin ?

‱ comment les ComplĂ©mentaires SantĂ© ont augmentĂ© leurs cotisations sans augmenter leurs remboursements ?

‱ pourquoi les ComplĂ©ments d’honoraires existent et pourquoi ils sont devenus incontournables ?

4. POURQUOI MAINTENANT ?

Parce que la Loi de Financement de la SĂ©curitĂ© Sociale (LFSS) de 2026 change profondĂ©ment la logique du financement de la santĂ©. En diminuant brutalement les Objectifs de DĂ©penses d’Assurance Maladie (ONDAM), il mettra en danger les hĂŽpitaux privĂ©s, et aggravera les dysfonctionnements des hĂŽpitaux publics.

Entre autres, il permettra Ă  l’État de baisser unilatĂ©ralement les tarifs mĂ©dicaux, ce qui revient mĂ©caniquement Ă  rĂ©duire vos remboursements et Ă  affaiblir la mĂ©decine libĂ©rale qui assure 80 % du soin en France.

C’est votre accĂšs aux soins qui est menacĂ©.

Les médecins libéraux ont donc organisé une grÚve nationale du 5 au 15 janvier 2026.

(Pages suivantes avec frise chronologique et résumé court)
1946 – CrĂ©ation de la SĂ©curitĂ© Sociale pour les travailleurs.
1971 – Autorisation de la libertĂ© des honoraires par les mĂ©decins
2014 – Les Mutuelles sont rendues obligatoires pour les salariĂ©s
2026 – l’ONDAM ne permettra plus de nous soigner convenablement

RĂ©sumĂ© court : Ce document retrace l’histoire de l’assurance maladie. NĂ©e en 1946 pour protĂ©ger les Français, le systĂšme de santĂ© s’est progressivement dĂ©gradĂ© sous l’effet des dĂ©cisions politiques. Les complĂ©mentaires santĂ© devenues obligatoires ne remplissent pas leur rĂŽle. Les tarifs mĂ©dicaux de l’assurance maladie n’ont pas suivi l’évolution des charges, rendant indispensables les complĂ©ments d’honoraires, qui compensent l’insuffisance des remboursements. Aujourd’hui, avec la LFSS de 2026, le systĂšme menace directement la libertĂ© de se soigner des Français.

1946 – LE GRAND PROJET
En 1946, au sortir de la guerre, la France rĂȘve d’un systĂšme unifiĂ©, simple, protecteur. La SĂ©curitĂ© sociale est pensĂ©e avec un financement solidaire, gĂ©rĂ© par les travailleurs, financĂ© par les cotisations sociales.

Initialement pour les travailleurs. À l’origine, la SĂ©curitĂ© sociale ne couvrait pas l’ensemble de la đŸ”œImage
2.
population ; les chĂŽmeurs, les Ă©tudiants, les retraitĂ©s et les personnes sans activitĂ© en Ă©taient exclus. Elle est ensuite gĂ©nĂ©ralisĂ©e pour l’ensemble des français.

Ce projet, ambitieux et lumineux, reposait sur un principe : l’indĂ©pendance vis-Ă -vis de l’État. Le soin devait ĂȘtre une libertĂ©, pas un instrument politique.

“Mais dĂšs les premiĂšres annĂ©es, les difficultĂ©s financiĂšres et les arbitrages parlementaires contraignent l’État Ă  intervenir.” TrĂšs vite, l’État y a vu une perte de pouvoir et a voulu reprendre la main.

La premiĂšre Ă©tape de la stratĂ©gie de l’État a consistĂ© Ă  dĂ©crĂ©dibiliser la gestion autonome du rĂ©gime gĂ©nĂ©ral. Pour y parvenir, l’État lui a imposĂ© la prise en charge de dĂ©penses qui n’avaient pas Ă©tĂ© prĂ©vues lors du calcul des cotisations sociales. En allouant ainsi des charges indues, il a créé artificiellement un dĂ©ficit qu’il a ensuite pu reprocher aux gestionnaires.

DĂšs 1949, cette problĂ©matique du dĂ©ficit fut dĂ©battue Ă  l’AssemblĂ©e, avec des critiques sur la gestion justifiant, selon un grand nombre de dĂ©putĂ©s, le renforcement du contrĂŽle de l’État sur la SĂ©curitĂ© sociale
 et sur les assurĂ©s eux-mĂȘmes


La SĂ©curitĂ© sociale Ă©tait alors dĂ©crite par certains journalistes de l’époque comme un « monstre Ă  cinq pattes qui allaite et dĂ©vore ses enfants ».
Peu Ă  peu, l’édifice prĂ©vu comme autonome devient un systĂšme administrĂ©, orientĂ© par des dĂ©cisions politiques plutĂŽt que par les besoins mĂ©dicaux.

1960 – L’ÉTAT RÉGLEMENTE

Les dĂ©cennies suivantes voient la montĂ©e des dĂ©penses, l’évolution des techniques, et la hausse des attentes de la population. Pourtant, les tarifs fixĂ©s par la SĂ©curitĂ© sociale restaient bas, parfois figĂ©s. Les mĂ©decins alertaient dĂ©jĂ  : “les tarifs opposables ne couvrent plus les coĂ»ts rĂ©els du soin”

À l’époque, les syndicats de mĂ©decins se sont opposĂ©s aux tarifs imposĂ©s par l’assurance maladie de leurs honoraires.

Face Ă  l’augmentation de leurs charges, les mĂ©decins demandent une Ă©volution.
AprÚs des années sans accord, le décret du 12 mai 1960 a profondément modifié la gouvernance du systÚme de santé en centralisant la négociation tarifaire et en réduisant le rÎle des syndicats médicaux.

Ce dĂ©cret marque le dĂ©but du tarif opposable. Les mĂ©decins qui acceptaient individuellement la convention s’engageaient Ă  respecter un tarif fixĂ© par l’État, en Ă©change d’un meilleur remboursement pour leurs patients. Ceux qui refusaient voyaient leurs patients moins bien remboursĂ©s.

Ce systĂšme a divisĂ© la profession et affaibli toute nĂ©gociation collective. Surtout, il a installĂ© durablement un Ă©cart entre le coĂ»t rĂ©el d’un soin et son remboursement par la SĂ©curitĂ© sociale.

1971 – LA SANTÉ PILOTÉE COMME UN BUDGET

L’État venait ainsi de prendre la main sur les acteurs du systĂšme de soin. Il lui fallait dĂ©sormais mettre la main sur la sĂ©curitĂ© sociale et le rĂ©gime gĂ©nĂ©ral.
Sous Georges Pompidou, l’État a repris le contrĂŽle de la SĂ©curitĂ© sociale par deux dĂ©cisions majeures. D’abord, en sĂ©parant les caisses maladie, famille et retraite, ce qui a rompu le principe de solidaritĂ© financiĂšre globale entre les diffĂ©rents risques. Ensuite, en modifiant la gouvernance : les salariĂ©s cotisants, jusque-lĂ  largement majoritaires, n’ont plus dĂ©tenu que la moitiĂ© des siĂšges, l’autre moitiĂ© revenant au patronat.

“Les salariĂ©s perdaient ainsi la main sur la gestion administrative.”

Ce nouvel Ă©quilibre a rĂ©duit la capacitĂ© des cotisants Ă  peser collectivement, et a facilitĂ© l’imposition de choix budgĂ©taires dĂ©cidĂ©s au sommet de l’État.

Ces rĂ©formes ont transformĂ© la SĂ©curitĂ© sociale en un systĂšme de plus en plus pilotĂ© par des contraintes financiĂšres, plutĂŽt que par les besoins de santĂ©. Ces rĂ©formes ont retirĂ© aux cotisants la maĂźtrise de leur systĂšme de santĂ© et donnĂ© Ă  l’État les moyens de piloter la SĂ©curitĂ© sociale comme un budget.

1979 – L’ÉTAT RÉINTRODUIT LA LIBERTÉ TARIFAIRE

Le gouvernement de ValĂ©ry Giscard d’Estaing est incapable d’augmenter ses capacitĂ©s de financement des soins đŸ”œ
3.
dont les coĂ»ts augmentent. Il autorise alors aux mĂ©decins de pratiquer des honoraires libres, cela permettait d’augmenter le financement des soins, sans que cela ne coĂ»te rien Ă  l’État !

En 1979, face Ă  l’impossibilitĂ© de revaloriser correctement les actes mĂ©dicaux, l’État a rĂ©introduit une part de libertĂ© tarifaire pour les mĂ©decins : c’est la crĂ©ation du Secteur 2, avec complĂ©ments d’honoraires.
L’objectif n’était pas d’augmenter les dĂ©penses publiques, mais de permettre aux mĂ©decins de compenser l’écart croissant entre le tarif fixĂ© par la SĂ©curitĂ© sociale et le coĂ»t rĂ©el des soins.
“La crĂ©ation du secteur 2 a permis de financer des soins modernes, sans augmenter les dĂ©penses de l’État.”

Ce choix a aussi renforcĂ© le rĂŽle des complĂ©mentaires santĂ©, appelĂ©es Ă  prendre en charge une part croissante du reste Ă  charge. TrĂšs rapidement, l’accĂšs secteur 2 a Ă©tĂ© restreint Ă  certains spĂ©cialistes, ce qui a figĂ© la majoritĂ© des mĂ©decins gĂ©nĂ©ralistes en Secteur 1.

1980–2000 : L’ÉTAT PREND LA MAIN, LE BUDGET PREND LE POUVOIR

En 1991, sous François Mitterrand est créé la CSG, Contribution Sociale Généralisée.

En 1996, le Premier ministre Alain JuppĂ© met en place les ordonnances qui changent tout : crĂ©ation de l’ONDAM, mise sous tutelle des budgets, dĂ©but de la mĂ©decine pilotĂ©e par objectifs financiers


Au dĂ©but des annĂ©es 1990, le financement de la santĂ© change profondĂ©ment. Avec la crĂ©ation de la CSG, l’État remplace progressivement les cotisations des salariĂ©s par un impĂŽt. Ce changement peut paraĂźtre technique, mais il a une consĂ©quence majeure : la santĂ© devient un poste budgĂ©taire pilotĂ© par l’État, et non plus un systĂšme gĂ©rĂ© par les cotisants en fonction des besoins.
“À partir de lĂ , le soin n’est plus financĂ© selon les BESOINS, mais selon un BUDGET dĂ©fini par l’État. La santĂ© devient une variable d’ajustement.”

Peu Ă  peu, une logique nouvelle s’impose : il ne s’agit plus de financer les soins nĂ©cessaires, mais de faire entrer les soins dans un budget fixĂ© Ă  l’avance.
En 1996, cette logique est officialisĂ©e avec la crĂ©ation d’un budget annuel de la SĂ©curitĂ© sociale. Un plafond de dĂ©penses est fixĂ© : c’est l’ONDAM. DĂšs lors, lorsque les besoins augmentent (vieillissement, progrĂšs mĂ©dicaux, pĂ©nurie de mĂ©decins), ce ne sont plus les financements qui s’adaptent aux soins, mais les soins qui s’adaptent au budget.

2000–2020 : LES COMPLÉMENTAIRES PRENNENT LE RELAIS


Faute de financer correctement la santé, les gouvernements successifs transfÚrent une part croissante du remboursement vers les assurances privées et mutuelles.

En 2014, sous François Hollande, leur souscription devient obligatoire pour les salariĂ©s. Les complĂ©mentaires santĂ© deviennent obligatoires pour tous les salariĂ©s, et parallĂšlement, un nouveau contrat est proposĂ© aux mĂ©decins : l’OPTAM.

Le principe de l’OPTAM est simple en apparence ; Les mutuelles acceptent de mieux rembourser les patients, Ă  condition que les mĂ©decins s’engagent Ă  limiter leurs complĂ©ments d’honoraires.

PrĂ©sentĂ©e comme une solution Ă©quilibrĂ©e, cette rĂ©forme reposait sur une promesse implicite : des honoraires mieux encadrĂ©s, des mutuelles alors qualifiĂ©es de “plus responsables” plus impliquĂ©es, et un reste Ă  charge mieux maĂźtrisĂ© pour les patients.
Les mutuelles rendues obligatoires et financées par les employeurs et les salariés.

Dans les faits, les rĂ©sultats n’ont pas Ă©tĂ© Ă  la hauteur des promesses. Les cotisations des mutuelles ont continuĂ© Ă  augmenter, les contrats sont devenus de plus en plus complexes et difficiles Ă  comprendre, les salariĂ©s ont perdu la libertĂ© de choisir leur mutuelle, dĂ©sormais imposĂ©e par l’employeur, et les remboursements n’ont pas suivi l’augmentation des coĂ»ts rĂ©els des soins.

Peu à peu, les mutuelles sont devenues un intermédiaire central, coûteux et opaque, sans pour autant mieux financer les soins.

Pour les patients, ces Ă©volutions ont une consĂ©quence directe : “la perte de libertĂ© de choix.” đŸ”œ
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Jan 7
🔮 La psychologie derriĂšre l’addiction au tĂ©lĂ©phone.
Comment l’hyperstimulation a tuĂ© votre capacitĂ© Ă  voir la beautĂ© dans le monde rĂ©el.
©ixcarus

📍Laissez-moi vous raconter une petite histoire qui date d’il y a environ 8 mois.

Je suis assis en face de mon amie dans un café, juste aprÚs son retour de vacances.
Elle me raconte son voyage en Islande : les cascades, les aurores boréales, tout le tralala.
Je hoche la tĂȘte, je montre de l’intĂ©rĂȘt, je pose des questions. Vous savez, ce que les gens font normalement pendant une conversation, quoi.

Mais au milieu de son rĂ©cit, je me rends compte que je n’ai pas entendu un seul mot de ce qu’elle a dit depuis les deux derniĂšres minutes.

Parce que je pense à mon téléphone. Il est dans ma poche. Je ne le vois pas. Mais je le sens.

Avant qu’elle ne commence vraiment Ă  dĂ©tailler son voyage, j’ai entendu un ping et ressenti cette attraction. Cette attirance magnĂ©tique. Cette petite voix qui dit : « VĂ©rifie-moi, il y a peut-ĂȘtre quelque chose. »

Je me surprends Ă  tendre la main vers lui au milieu de la conversation. Je m’arrĂȘte. Je repose ma main.
Cinq minutes plus tard, je recommence.
Mon amie ne le remarque pas. Ou peut-ĂȘtre que si, et qu’elle s’y est habituĂ©e. On fait tous ça maintenant.

On est prĂ©sents mais pas vraiment. Ici mais ailleurs. On Ă©coute mais on n’entend pas.
Et je me dis : putain, quand est-ce que ça a commencĂ© ? Quand un appareil est-il devenu plus intĂ©ressant qu’une vraie personne assise en face de moi ?

Quand mon cerveau a-t-il commencĂ© Ă  prĂ©fĂ©rer la possibilitĂ© d’une notification Ă  une vraie connexion humaine ?

Quand ai-je perdu la capacitĂ© de simplement
 ĂȘtre prĂ©sent ?
Il y a 8 mois, c’est tout ce à quoi je pouvais penser.

Je me souviens, quand j’étais enfant, de m’immerger complĂštement dans les choses.

Construire des Lego pendant des heures, perdu dedans. Lire des livres et oublier que le temps existait. Avoir des conversations qui semblaient infinies.

Je me souviens quand le monde semblait vivant. Quand les couleurs paraissaient plus vives, quand les expĂ©riences Ă©taient plus riches, quand les moments s’étiraient au lieu de s’embrouiller.

Quelque part entre alors et maintenant, quelque chose a changé.

Et je l’attribuais Ă  la maturitĂ©. Aux responsabilitĂ©s. À « c’est juste la vie ».

Mais assis lĂ , Ă  lutter contre l’envie de vĂ©rifier mon tĂ©lĂ©phone pendant que mon amie parle de putains de cascades, je rĂ©alise : ce n’est pas la vie. C’est l’appareil.

Mon cerveau avait été détourné. Recùblé. Reprogrammé pour préférer la stimulation numérique à la réalité.

Et je savais que je n’étais pas seul Ă  ressentir ça. Je savais que les gens le ressentaient. Je sais que vous le ressentez aussi.
Cette anxiĂ©tĂ© constante de bas niveau quand votre tĂ©lĂ©phone n’est pas Ă  portĂ©e de main. Cette compulsion Ă  le vĂ©rifier mĂȘme quand vous savez qu’il n’y a rien. Ce sentiment que la vraie vie est devenue
 moins.

Moins intéressante. Moins colorée. Moins captivante que ce petit rectangle luminescent.
Huit mois plus tard, l’étincelle en moi a Ă©tĂ© ravivĂ©e. AprĂšs d’innombrables heures de recherche et une motivation infinie pour aller au fond des choses, je l’ai trouvĂ©.

Alors laissez-moi vous expliquer exactement ce qui est arrivĂ© Ă  votre cerveau, pourquoi vous ne pouvez pas arrĂȘter, et ce que ça vous coĂ»te.

Une tasse de cafĂ© noir posĂ©e Ă  cĂŽtĂ© de moi. Dans cette lecture de 10 minutes, je vais fondamentalement changer votre vision de votre tĂ©lĂ©phone pour toujours, et peut-ĂȘtre, juste peut-ĂȘtre, que je pourrai vous aider Ă  vaincre votre addiction. Je ne promets rien, mais lire ça sera dĂ©finitivement un coup de pouce dans la bonne direction.
Allons-y.

LA MACHINE À SOUS DANS VOTRE POCHE

« La technologie est un serviteur utile mais un maßtre dangereux. » - Christian Lous Lange

Votre téléphone est un casino.
Et vous ĂȘtes le joueur qui ne peut pas quitter la table.

À chaque fois que vous le prenez, vous tirez sur le levier d’une machine Ă  sous. Y aura-t-il une notification ? đŸ”œImage
2.
Un like ? Un message ? Quelque chose d’intĂ©ressant ?

Qu’est-ce qui va booster ma dopamine maintenant ?
Vous ne savez pas. Et cette incertitude est ce qui rend ça addictif.

C’est ce qu’on appelle un schĂ©ma de renforcement Ă  ratio variable, et c’est le modĂšle de renforcement le plus addictif connu en psychologie.

Les machines à sous l’utilisent.

Les téléphones aussi.

Vous tirez le levier (déverrouillez votre téléphone) et parfois vous gagnez une récompense (notification, contenu intéressant) et parfois non (rien de nouveau).

Mais comme vous ne pouvez pas prédire quand la récompense arrivera, vous continuez à vérifier.

Parce que la prochaine vĂ©rification pourrait ĂȘtre la bonne. Le prochain rafraĂźchissement pourrait avoir quelque chose.

Votre cerveau libĂšre de la dopamine non seulement quand vous obtenez la rĂ©compense, mais en anticipation de la possibilitĂ© de l’obtenir.

Et cette anticipation vous maintient accro.

Voici la neurologie : votre aire tegmentale ventrale (VTA) libÚre de la dopamine quand vous anticipez une récompense.

Cette dopamine voyage jusqu’au nucleus accumbens, qui traite la rĂ©compense et la motivation.
Quand la récompense est incertaine, la libération de dopamine est en fait plus élevée que quand elle est garantie.
L’incertitude crĂ©e plus de craving que la certitude.

C’est pourquoi vous ne pouvez pas arrĂȘter de vĂ©rifier votre tĂ©lĂ©phone mĂȘme quand vous savez consciemment qu’il n’y a probablement rien.

Votre cerveau chasse le hit de dopamine de la possibilitĂ© d’une rĂ©compense.

Et les entreprises tech le savent. Elles l’ont conçu dĂ©libĂ©rĂ©ment.

Le scroll infini signifie qu’il y a toujours potentiellement quelque chose d’intĂ©ressant juste un swipe plus loin.

Le timing variable des notifications signifie que vous ne savez jamais quand quelque chose arrivera, donc vous devez continuer à vérifier.

Le badge de notification rouge crĂ©e de l’urgence et dĂ©clenche le comportement de vĂ©rification.

Le pull-to-refresh imite l’action physique du levier d’une machine à sous.

Chaque élément est conçu pour exploiter votre systÚme dopaminergique et vous garder engagé.

Vous n’ĂȘtes pas faible parce que vous ĂȘtes accro. Vous ĂȘtes face Ă  des milliards de dollars de recherche en neurosciences optimisĂ©e pour dĂ©tourner votre cerveau.

Les rĂ©seaux sociaux ont perfectionnĂ© ça avec leur algorithme de contenu court. Sachez juste que si quelque chose est gratuit, vous ĂȘtes gĂ©nĂ©ralement le produit.

LE PIÈGE DE L’HYPERSTIMULATION

Votre tĂ©lĂ©phone produit plus d’intensitĂ© sensorielle que n’importe quoi dans le monde naturel.

Des couleurs plus saturées que les fleurs. Des sons plus variés que le chant des oiseaux. Des mouvements plus rapides que tout ce que vous verriez dehors.
Votre Ă©cran peut afficher des millions de couleurs. Les changer instantanĂ©ment. Les faire clignoter Ă  des frĂ©quences conçues pour attirer l’attention.
C’est de l’hyperstimulation. Et votre cerveau s’y adapte en augmentant le seuil de ce qui compte comme intĂ©ressant.

C’est comme vivre dans une maison avec un bruit constant fort. Éventuellement, vous arrĂȘtez de l’entendre. Votre systĂšme auditif s’adapte en devenant moins sensible.

La mĂȘme chose arrive Ă  vos systĂšmes visuel et de rĂ©compense.

AprÚs des heures de contenu lumineux, coloré et rapide sur votre téléphone, la vraie vie paraßt grise en comparaison.

LittĂ©ralement. Votre perception des couleurs s’émousse parce que votre cerveau s’est recalibrĂ© pour attendre l’intensitĂ© numĂ©rique. đŸ”œImage
3.
Vous entendez toujours les gens dire « la vie Ă©tait plus lumineuse quand on Ă©tait enfants » ou « le monde est devenu terne ». Oui, nos corps voient naturellement le monde comme « moins colorĂ© » en vieillissant, mais votre tĂ©lĂ©phone amplifie ça Ă  un degrĂ© que vous ne pouvez mĂȘme pas imaginer.

Votre téléphone est la raison pour laquelle les couchers de soleil qui vous coupaient le souffle ne vous font plus rien.

Votre téléphone est la raison pour laquelle les conversations semblent lentes et ennuyeuses.

Votre tĂ©lĂ©phone est la raison pour laquelle les livres demandent trop d’effort.

Votre téléphone est la raison pour laquelle vous ne pouvez pas simplement vous asseoir et exister sans vous sentir sous-stimulé.

Votre base de référence pour « intéressant » a été artificiellement gonflée à un niveau que la réalité ne peut pas égaler.

Et plus vous utilisez votre téléphone, pire ça devient.

Vous avez besoin de plus en plus de stimulation pour ressentir le mĂȘme niveau d’engagement.
C’est la tolĂ©rance. Le mĂȘme mĂ©canisme que l’addiction aux drogues.

Vous développez une tolérance à la vie normale.

LA PEUR DE MANQUER QUELQUE CHOSE EST PRIMALE

« Dans un monde d’algorithmes, de hashtags et de followers, connaissez la vraie importance de la connexion humaine. » - Simi Fromen

Le FOMO n’est pas juste un mot Ă  la mode millennial. C’est un mĂ©canisme Ă©volutionnaire armĂ© contre vous. Les humains ont Ă©voluĂ© en petites tribus oĂč l’exclusion sociale signifiait la mort.

Si vous n’étiez pas au courant de ce que faisait le groupe, vous pouviez manquer une information critique, perdre du statut, ou ĂȘtre laissĂ© derriĂšre.

Donc votre cerveau a développé une hypervigilance pour les informations sociales.

Qu’est-ce que les autres font ? De quoi parlent-ils ? Suis-je inclus ? Suis-je valorisĂ© ?

Ces questions dĂ©terminaient la survie pendant des milliers d’annĂ©es.

Votre téléphone détourne ce systÚme ancien.

Chaque notification est une mise Ă  jour sociale potentielle.

Chaque scroll pourrait révéler ce que vous manquez.

Et parce que les rĂ©seaux sociaux vous montrent les highlights de tout le monde en mĂȘme temps, vous voyez constamment des choses dont vous ne faites pas partie.

Vos amis qui s’amusent sans vous. Des Ă©vĂ©nements auxquels vous n’étiez pas invitĂ©. Des expĂ©riences que vous ne vivez pas.

Votre amygdale, qui traite les menaces sociales, s’allume.

Votre cerveau interprĂšte ça comme une exclusion sociale, ce qui dĂ©clenche les mĂȘmes circuits de douleur que la douleur physique.

Ça fait mal. LittĂ©ralement. Les scans cĂ©rĂ©braux montrent que le rejet social active les centres de la douleur.

Donc vous continuez à vérifier pour vous assurer que vous ne manquez rien, ce qui vous expose à plus de preuves de ce que vous manquez, ce qui vous fait vérifier plus.

C’est une boucle de rĂ©troaction conçue pour vous garder engagĂ©.

Mais voilà ce qui est fucked up : le FOMO est basé sur un mensonge.

Vous ne manquez pas vraiment quelque chose. Vous vivez le fait de manquer quelque chose.
Il y a une différence.

Manquer quelque chose signifie que vous ĂȘtes prĂ©sent dans votre propre vie mais pas dans le reel highlights de quelqu’un d’autre.

Vivre le fait de manquer signifie que vous n’ĂȘtes pas prĂ©sent dans votre propre vie parce que vous ĂȘtes trop occupĂ© Ă  regarder celle des autres.

L’ironie est que plus vous essayez d’éviter le FOMO en restant connectĂ©, plus vous manquez vraiment votre propre vie.

Vous ratez le coucher de soleil parce que vous regardez celui de quelqu’un d’autre sur Instagram.

Vous ratez la conversation parce que vous vérifiez quelles autres conversations se passent.

Vous ratez votre vie en scrollant Ă  travers celle des autres. đŸ”œImage
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Jan 2
🔮 Annus Horribilis. 2025, l’annĂ©e de l’effondrement moral de la « civilisation » occidentale
par @RealPepeEscobar

📍Tellement Ă  faire, si peu de temps. Que 2026 soit l’annĂ©e de la renaissance des PrĂ©socratiques. Et aussi l’annĂ©e de la renaissance du Figatisme : rĂ©flexion, introspection, silence, quĂȘte de l’équilibre intĂ©rieur et, quand la musique s’impose, un environnement physique et mental Ă©quivalent Ă  l’ethos japonais du jazz-kissa.

Le dĂ©sir excessif de pouvoir fit chuter les anges ; le dĂ©sir excessif de connaissance fit chuter l’homme : mais dans la charitĂ©, il n’y a pas d’excĂšs ; ni l’ange ni l’homme ne courent de danger par elle.
– François Bacon

NAPLES et PALERME – En parcourant l’Italie de long en large, du Frioul et du PiĂ©mont Ă  la Toscane, Ă  l’Ombrie, Ă  Rome et au sud – Naples et Sicile –, on ne peut se dĂ©faire de cette sensation irritante d’une surprenante cĂ©citĂ© anthropologique et culturelle qui prend le dessus sur ce qui est et reste, sans conteste, la civilisation-État dĂ©finitive de tout l’Occident (sans concurrence possible).

Comment Godard, s’il Ă©tait encore vivant, aurait-il filmĂ© ce malaise qui imprĂšgne la rĂ©interprĂ©tation par Fritz Lang de l’OdyssĂ©e d’HomĂšre Ă  la Villa Malaparte de Capri, mais sans la beautĂ© fatale de Brigitte Bardot ? HĂ©las, tout cela n’est plus que souvenirs – fragments Ă©tayĂ©s contre nos ruines, pour reprendre T.S. Eliot.

La scĂšne en ruines d’aujourd’hui n’a rien d’homĂ©rique : l’Occident y apparaĂźt comme un fantĂŽme insignifiant au torse bombĂ©, se complaisant dans sa propre irrelevance, sa superficialitĂ©, sa fragmentation sociale, son absence d’Esprit et de Logos, tout en alimentant son obsession pour une Guerre Éternelle – une tragĂ©die traitĂ©e comme un jeu d’enfants, et non pour ce qu’elle est vraiment : un abĂźme. Rien d’étonnant Ă  ce que PosĂ©idon se dĂ©sintĂ©resse totalement de ces mortels stupides.

Dans les conversations avec mes hĂŽtes italiens, amis et nouvelles connaissances, la lĂąchetĂ© et le manque d’acuitĂ© politique des classes « dominantes » europĂ©ennes sont apparus avec une clartĂ© cristalline, tout comme leur absence de courage face Ă  l’essor d’un nouveau siĂšcle multipolaire (titre de mon dernier livre, Le SiĂšcle Multipolaire, publiĂ© en Italie dĂ©but dĂ©cembre 2025).

Cette « Europe » artificielle s’acharne Ă  maintenir Ă  tout prix un paradigme Ă©puisĂ© – politiquement et Ă©conomiquement –, un statu quo archaĂŻque et anachronique qui la contraint Ă  se replier sur elle-mĂȘme, coquille vide aux consĂ©quences extrĂȘmement destructrices.

La beautĂ© Ă©blouissante de la cĂŽte amalfitaine, entre Amalfi et Ravello, parvient Ă  peine Ă  masquer le vide physique et mĂ©taphysique qui prĂ©vaut dans toute l’UE : l’Occident a tout tuĂ© – mĂȘme la BeautĂ© – pour la remplacer par le NĂ©ant. Le nihilisme rĂšgne en maĂźtre.

Et pourtant, il est d’un eurocentrisme abject de croire que le Chaos rĂ©gnant sur cette petite pĂ©ninsule occidentale de l’Eurasie bouleverse le monde entier. L’Eurasie – et l’Asie orientale en particulier – vivent pleinement une dimension supplĂ©mentaire d’optimisme et d’affirmation culturelle.

À l’avenir, l’Europe pourrait adhĂ©rer Ă  des paradigmes venus d’autres cultures et, bon grĂ© mal grĂ©, les absorber dans un syncrĂ©tisme d’acceptation. Tout comme elle a imposĂ© Ă  la MajoritĂ© Globale ses propres paradigmes et « valeurs » Ă  partir de la seconde moitiĂ© du XVIIIe siĂšcle.

L’effondrement moral de la « civilisation » occidentale
Ainsi, dans tout l’Occident, 2025 fut un vĂ©ritable Annus Horribilis Ă  plus d’un titre. Les historiens futurs s’en souviendront comme l’annĂ©e oĂč l’ancien « ordre » fondĂ© sur des « rĂšgles » facilement manipulables, qui rĂ©genta le monde pendant des dĂ©cennies, fut brisĂ© en tant que principe organisateur – mĂȘme s’il subsiste encore sous forme d’appareil. Les institutions « fonctionnent » encore, pour ainsi dire. Les alliances ne se sont pas encore effondrĂ©es. Les « rĂšgles » continuent d’ĂȘtre invoquĂ©es et dĂ©fendues.

Pourtant, elles ne produisent plus aucun effet tangible. đŸ”œImage
2.
Francesca Albanese a rĂ©sumĂ© l’essentiel, en Ă©voquant l’exemple le plus horrifiant de l’effondrement moral total de la « civilisation » occidentale :
« Je n’aurais jamais imaginĂ© voir les dirigeants europĂ©ens se retourner contre leurs propres citoyens – rĂ©primant manifestations, journalisme libre et libertĂ© acadĂ©mique – tout cela pour Ă©viter de tenir responsable un État gĂ©nocidaire. »

Et oui : l’Histoire se prĂ©sente rarement sous les traits de la barbarie. Elle se dĂ©guise souvent en « civilisation ».

Ce Ă  quoi nous assistons aujourd’hui est un accaparement de terres indiscriminĂ© et sordide par l’axe USA-sioniste, qui instaure criminellement une nouvelle normalitĂ© : de l’« hĂ©misphĂšre occidental » (le Venezuela n’est qu’un dĂ©but) Ă  l’Asie occidentale (Palestine, Liban, Syrie) et, bientĂŽt peut-ĂȘtre, au Groenland.
Les think tanks amĂ©ricains estiment que le contrĂŽle du Groenland, au-delĂ  de l’évidente appropriation impĂ©riale de ressources naturelles, pourrait perturber la Route maritime du Nord russe – que les Chinois appellent la Route de la soie arctique.

Non pas sur le plan gĂ©oĂ©conomique, mais assurĂ©ment sur le plan militaire : le Groenland deviendrait une base idĂ©ale pour les moyens ISR amĂ©ricains, destinĂ©s Ă  « soutenir » – c’est-Ă -dire diriger dans l’ombre – les EuropĂ©ens dans leur Guerre Éternelle en Ukraine, tout en menaçant la Chine.

Il s’agirait, en substance, d’une tactique de diversion visant Ă  introduire le « Diviser pour rĂ©gner » dans le partenariat stratĂ©gique russo-chinois, pendant que Trump 2.0 gagne le temps nĂ©cessaire pour remodeler et renforcer le complexe militaro-industriel amĂ©ricain et mener la guerre technologique, notamment sur le front de l’intelligence artificielle.

L’ancien PDG de Google, Eric Schmidt – qui contrĂŽle des entreprises technologiques directement impliquĂ©es dans la guerre contre la Russie en Ukraine – est obsĂ©dĂ© par la course Ă  l’IA. Le pari des Big Tech amĂ©ricaines est que cette course sera tranchĂ©e d’ici 2040 (les Chinois sont convaincus que ce sera bien plus tĂŽt). Le vainqueur marquera le XXIe siĂšcle de son empreinte. Les enjeux sont immenses : il s’agit fondamentalement d’une confrontation entre l’hĂ©gĂ©monie amĂ©ricaine et le monde multipolaire et multinodal pilotĂ© par la Russie et la Chine.

Monsieur Oreshnik est prĂȘt Ă  distribuer ses cartes de visite
En 2025, les Guerres Éternelles ont, comme prĂ©vu, continuĂ© sans relĂąche
 Ukraine et Gaza se fondant en une seule et mĂȘme guerre.

Pour l’Ukraine, le théùtre kabuki des nĂ©gociations de « paix » se poursuivra en 2026. Les faits sur le terrain, eux, sont immuables. La Russie poursuivra son avance militaire constante. Moscou dĂ©vastara toujours plus les infrastructures ukrainiennes. L’« Europe », dĂ©sagrĂ©gĂ©e de l’intĂ©rieur, est un continent mort-vivant. Les États-Unis ne fourniront plus d’armes supplĂ©mentaires. Moscou n’est pas pressĂ©e : elle a froidement calculĂ© que l’Occident s’épuisera avant elle.

La Russie peut procĂ©der en quelques minutes Ă  une opĂ©ration « Oreshnik » qui Ă©liminerait tous les sommets des « organisations criminelles » Ă  Kiev et au-delĂ , y compris les responsables de l’OTAN et du MI6. Comme l’a notĂ© Andrei Martyanov, les satellites russes de la sĂ©rie Resurs scannent 24 h/24 et 7 j/7 la surface terrestre « avec une rĂ©solution permettant de traquer quiconque, oĂč qu’il soit » et d’assurer un ciblage prĂ©cis. Alors pourquoi ne pas frapper la tĂȘte du serpent ? Parce que « l’Europe se suicide elle-mĂȘme, et 404 avec elle, mieux que les Russes ne l’auraient jamais imaginĂ© ».

Par ailleurs, la technique offensive russe de la « limace », combinĂ©e Ă  celle de la machine Ă  broyer, a dĂ©jĂ  progressivement dĂ©truit l’immense rĂ©seau de bunkers installĂ© par l’OTAN dans le Donbass – supĂ©rieur Ă  la ligne Maginot. Ces mĂ©thodes ont atteint un rapport de dix pour un en faveur de la Russie. Autre fait immuable du champ de bataille. Seuls les incorrigibles insensĂ©s raillent la Russie en la qualifiant de « lente » et « faible ». đŸ”œ
3.
L’offensive de la « limace » se prolongera jusqu’en 2026.
Quant Ă  la Guerre Éternelle, elle est dĂ©sormais le monopole du systĂšme bancaire et financier europĂ©en. Le Plan A – sans Plan B – consistait Ă  infliger une dĂ©faite stratĂ©gique Ă  la Russie. Il a Ă©chouĂ© lamentablement, avec des pertes colossales. Voici venu le Plan B, qui n’en est mĂȘme pas un : la Guerre – Ă©ternelle, comme les diamants – comme moyen de rĂ©cupĂ©rer ces coĂ»ts irrĂ©cupĂ©rables abyssaux, de restructurer une dette europĂ©enne impayable et de justifier de nouvelles escroqueries financiĂšres estampillĂ©es « sĂ©curitĂ© ».

En cas de doute, consultez Empédocle.

Revenons au kabuki. La nouvelle tactique amĂ©ricaine, mise en Ɠuvre fin 2025, consiste essentiellement Ă  abandonner l’Europe – dĂ©jĂ  un cadavre gĂ©opolitique – et Ă  tenter de « sĂ©duire » la Russie avec quelques carottes diplomatiques et Ă©conomiques apparemment avantageuses pour les deux parties, tout en persuadant Moscou que Washington souhaite s’intĂ©grer au monde multipolaire.

Moscou et PĂ©kin sont assez fins pour comprendre ce jeu grossier. Ils avanceront avec une extrĂȘme prudence – et en parfaite synchronie.

La Russie atteindra un paroxysme taoĂŻste de patience, rappelant qu’elle a toujours Ă©tĂ© prĂȘte Ă  nĂ©gocier, mais uniquement dans le respect des faits sur le terrain ; en creusant les causes profondes du drame OTAN/Ukraine/Russie ; et en visant un accord qui mette dĂ©finitivement fin Ă  l’immense escroquerie par procuration de l’OTAN.

De leur cĂŽtĂ©, les EuropĂ©ens continueront d’accumuler des dĂ©chets conceptuels, qualifiant le projet de Poutine de « promĂ©thĂ©en » et « idĂ©ologique ». Pure absurditĂ©. Tout repose sur le respect mutuel et l’indivisibilitĂ© de la sĂ©curitĂ©.

Pendant ce temps, la StratĂ©gie de sĂ©curitĂ© nationale amĂ©ricaine poursuivra ses attaques de guerre hybride contre des nƓuds jugĂ©s faibles du Sud global, particuliĂšrement dans l’« hĂ©misphĂšre occidental » (CaraĂŻbes, AmĂ©rique latine).
Il devient crucial que les BRICS consolident enfin leur action commune – bien avant le sommet annuel en Inde fin 2026. Les BRICS doivent accĂ©lĂ©rer toutes les expĂ©rimentations Ă©conomiques et financiĂšres dans ce que j’ai autrefois appelĂ© le « laboratoire BRICS », afin de bĂątir un systĂšme de paiement vĂ©ritablement alternatif, indĂ©pendant et post-occidental, Ă  l’abri de la folie des sanctions occidentales.

Russie, Inde et Chine recombinent enfin le triangle originel « RIC » de Primakov, avec des partenariats stratĂ©giques interconnectĂ©s et une coopĂ©ration croissante dans le commerce, l’agriculture, la technologie et, bien entendu, la dĂ©dollarisation. Les BRICS produisent dĂ©jĂ  plus de 42 % du pĂ©trole mondial ; contrĂŽlent plus de 20 % des rĂ©serves d’or (Russie et Chine Ă  elles deux 14 %, en hausse) ; et reprĂ©sentent plus de 30 % du PIB mondial.
Revenons Ă  la lumiĂšre au bout du tunnel occidental : l’Italie. Il y a deux mois seulement, le grand philosophe Massimo Cacciari donna une leçon magistrale Ă  Agrigente – capitale italienne de la culture 2025. EmpĂ©docle, le maĂźtre prĂ©socratique grec, naquit non loin de lĂ . EmpĂ©docle formula la thĂ©orie cosmogonique des quatre Ă©lĂ©ments classiques – air, eau, terre, feu –, mĂ©langĂ©s sans cesse par l’Amour et la Discorde.

Influencé par Héraclite et Parménide, Empédocle finit par marquer Aristote, Nietzsche, Hölderlin et François Bacon.
Nous devrions, comme Bacon et selon Cacciari, rĂ©apprendre ce qu’enseigna EmpĂ©docle – afin de mieux dĂ©construire le dogme anglo-amĂ©ricain de la positivitĂ© : cette formule magique qui engendra le consumĂ©risme effrĂ©nĂ© et la marchandisation de la vie, copiĂ©e Ă  l’infini par la pĂ©riphĂ©rie de l’Empire du Chaos, Ă©liminant toute rĂ©flexion Ă©thique, philosophique, sĂ©mantique, sociologique, historique ou politique sur des notions comme « dĂ©mocratie » et « libertĂ© ».

Tellement Ă  faire, si peu de temps. Que 2026 soit l’annĂ©e de la renaissance des PrĂ©socratiques. Et aussi l’annĂ©e de la renaissance du Figatisme : rĂ©flexion, introspection, silence, quĂȘte de l’équilibre intĂ©rieur đŸ”œ
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Dec 4, 2025
🔮 407 Mensonges : L'Autopsie d'un Systùme
par @gigicicicricri

📍Huit ans d'inversions, de dĂ©nis et de dissimulations. Ce dossier n'est pas un procĂšs politique, c'est une piĂšce Ă  conviction.

Il y a le mensonge banal, celui de la promesse électorale oubliée. Et il y a le mensonge systémique, celui qui devient une méthode de gouvernement.
Depuis 2017, la France vit sous un régime de réalité alternative. Quand le Président dit "Je protÚge", le systÚme précarise. Quand il dit "Souveraineté", il vend Alstom. Quand il dit "Transparence", il verrouille les documents Uber.
Nous avons documentĂ© 407 contradictions factuelles​. Ce chiffre, aussi massif soit-il, est vertigineux pour une autre raison : il est incomplet​.
Si l'on comptait un seul mensonge ou omission par jour depuis mai 2017, nous en serions à prÚs de 3 000. Ce dossier, fruit d'une investigation technique, n'a fait qu'effleurer la surface. Mais l'échantillon est suffisant pour dessiner une architecture précise : celle d'une liquidation contrÎlée du modÚle français, couverte par un brouillard de mots.
Voici l'inventaire de ce qui se cache sous la surface.
I - LA MÉCANIQUE DU MENSONGE
Comment fait-on pour dire tout et son contraire sans jamais payer l'addition politique ? En analysant 8 ans de discours, trois mécanismes apparaissent. Ils sont la signature du macronisme.
L'Inversion Orwellienne
C'est le pattern le plus fréquent (Note 9/10 sur l'échelle Truth Engine). Il consiste à nommer une mesure du nom de l'effet inverse qu'elle va produire.

‱ La "Loi pour la libertĂ© de choisir son avenir professionnel"​ ? Elle a rĂ©duit les droits au chĂŽmage et durci le contrĂŽle des demandeurs d'emploi.

‱ Le "Pacte enseignant"​ ? PrĂ©sentĂ© comme une revalorisation, c'est une surcharge de travail contractuelle ("travailler plus pour gagner plus").

‱ La "Loi de protection du pouvoir d'achat"​ ? Elle a actĂ© une dĂ©sindexation de fait des salaires face Ă  l'inflation rĂ©elle.

Ce n'est pas de la novlangue, c'est une technique de désarmement. Si le mot "Souveraineté" est utilisé pour justifier la vente de turbines nucléaires aux Américains, comment l'opposition peut-elle réclamer de la souveraineté ? Le mot a été volé et vidé de sa substance.

👉 ConsĂ©quence : Le dĂ©bat public devient impossible car les mots n'ont plus de sens commun.

Le DĂ©ni d'Évidence (Gaslighting d'État)
Face à une crise, le premier réflexe n'est pas l'explication, mais la négation pure et simple du réel.

‱ "Il n'y a pas de violences policiĂšres"​ (2020), alors que les vidĂ©os de gilets jaunes Ă©borgnĂ©s circulent dans le monde entier et que l'ONU s'inquiĂšte.

‱ "Je ne rendrai pas la vaccination obligatoire"​ (2020), alors que le Pass Vaccinal se prĂ©pare et rendra la vie impossible aux non-vaccinĂ©s quelques mois plus tard ("J'ai trĂšs envie de les emmerder").

‱ "Il n'y a pas de pĂ©nurie de masques"​, alors que les stocks stratĂ©giques ont Ă©tĂ© liquidĂ©s et non renouvelĂ©s.

Ce déni sert à gagner du temps. Le temps que la colÚre monte, on nie. Quand la colÚre explose, on passe à la répression.

‱ 👉 ConsĂ©quence : Une perte totale de confiance dans la parole scientifique et politique.

L'Amnésie Organisée
Emmanuel Macron est le maßtre du temps politique effacé. Il peut soutenir une thÚse le lundi et son exact contraire le mardi, sans jamais expliquer le revirement.
L'exemple le plus flagrant est le nuclĂ©aire​.

‱ 2017-2020​ : Fermeture de Fessenheim (centrale opĂ©rationnelle et rentable), promesse de rĂ©duire le nuclĂ©aire Ă  50%.

‱ 2022 (Belfort)​ : "Renaissance du nuclĂ©aire", annonce de 6 Ă  14 EPR2.

Entre les deux ? Aucune explication, aucune excuse. Fessenheim est fermée, l'outil industriel est cassé, et soudain, il faut tout reconstruire en urgence.

👉 ConsĂ©quence : Une planification erratique qui coĂ»te des milliards (23,7 Md€ pour l'EPR Flamanville) et fragilise la sĂ©curitĂ© Ă©nergĂ©tique.

II - L'ICEBERG FINANCIER : "UN POGNON DE DINGUE"
Pendant que l'on demande des efforts aux chĂŽmeurs et aux retraitĂ©s ("On ne peut đŸ”œImage
2.
pas dépenser l'argent qu'on n'a pas"), des flux financiers massifs et opaques irriguent des réseaux privés.

Le Scandale McKinsey
Ce n'est pas juste "quelques consultants". C'est une privatisation de la pensĂ©e de l'État.

‱ Les faits​ : 72,8 millions d'euros de contrats entre 2017 et 2022.

‱ Le mensonge​ : "Il n'y a pas de combine".

‱ La rĂ©alitĂ© (2025)​ : Une nouvelle perquisition a eu lieu le 6 novembre 2025. La justice enquĂȘte sur des soupçons de financement illĂ©gal de campagne (consultants travaillant bĂ©nĂ©volement pour En Marche en 2017 en Ă©change de contrats ultĂ©rieurs).

‱ Le dĂ©tail qui tue​ : McKinsey n'a payĂ© aucun impĂŽt sur les sociĂ©tĂ©s en France entre 2011 et 2020, tout en conseillant l'État sur sa stratĂ©gie fiscale.

L'Affaire Kohler : Le conflit d'intĂ©rĂȘts au cƓur du pouvoir
Alexis Kohler est le SecrĂ©taire GĂ©nĂ©ral de l'ÉlysĂ©e, le "cerveau" du PrĂ©sident.

‱ Le mensonge​ : Macron a signĂ© une attestation assurant que Kohler n'avait jamais traitĂ© de dossiers liĂ©s Ă  l'armateur MSC (fondĂ© par la famille de sa mĂšre).

‱ La rĂ©alité​ : Kohler est mis en examen pour "prise illĂ©gale d'intĂ©rĂȘts". Il a participĂ© Ă  8 dĂ©libĂ©rations concernant MSC alors qu'il Ă©tait Ă  Bercy.

‱ 2025​ : La Cour de Cassation a ordonnĂ© en septembre le rĂ©examen de la prescription. L'affaire n'est pas finie, mais Kohler est restĂ© Ă  son poste crucial pendant des annĂ©es.

👉 ConsĂ©quence : L'État est gĂ©rĂ© comme une entreprise privĂ©e, au bĂ©nĂ©fice de rĂ©seaux d'influence (Uber Files, Alstom) plutĂŽt que de l'intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral.

III - LA LIQUIDATION DE LA SOUVERAINETÉ
Le mot "Souveraineté" est dans toutes les bouches macronistes. Les actes, eux, organisent la dépendance.

La Vente d'Alstom : Péché Originel

C'est le dossier qui suit Macron depuis Bercy.

‱ L'acte​ : Autoriser la vente de la branche Ă©nergie d'Alstom (turbines nuclĂ©aires Arabelle) Ă  l'amĂ©ricain General Electric.

‱ La consĂ©quence​ : La France perd le contrĂŽle de la maintenance de ses propres centrales nuclĂ©aires et de ses sous-marins nuclĂ©aires.

‱ Le coĂ»t​ : EDF a dĂ» racheter ces turbines en 2022 pour un prix exorbitant (plus d'un milliard), aprĂšs que GE a supprimĂ© des milliers d'emplois. Une opĂ©ration perdant-perdant pour la France, gagnant-gagnant pour les banquiers d'affaires.

Le Mythe du "Cloud Souverain"

‱ Promesse​ : IndĂ©pendance numĂ©rique europĂ©enne.

‱ RĂ©alité​ : Le Health Data Hub​ (donnĂ©es de santĂ© de tous les Français) a Ă©tĂ© confiĂ© Ă  Microsoft (Azure). Les donnĂ©es sont techniquement soumises au Cloud Act​ amĂ©ricain.

‱ Le symbole​ : MĂȘme pour les Jeux Olympiques 2024, la cybersĂ©curitĂ© a impliquĂ© des prestataires Ă©trangers et Atos, fleuron français laissĂ© en perdition.

L'Effondrement Diplomatique

‱ Afrique​ : "Fin de la Françafrique" promise Ă  Ouagadougou. RĂ©sultat : expulsion humiliante des troupes françaises du Mali, du Burkina et du Niger. La Russie a pris la place.

‱ Liban​ : Des promesses de reconstruction et de garantie politique ("Je ne vous lĂącherai pas") qui se sont soldĂ©es par une impuissance totale.

👉 ConsĂ©quence : La France est plus isolĂ©e et plus dĂ©pendante (militairement, technologiquement, Ă©nergĂ©tiquement) qu'en 2017.

IV - LA RUPTURE DU CONTRAT SOCIAL
C'est la partie immergée la plus douloureuse de l'Iceberg. Celle qui touche la vie quotidienne.

La Casse des Services Publics

‱ HĂŽpital​ : "Pas de fermeture". RĂ©alitĂ© : 5 700 lits supprimĂ©s entre 2017 et 2019, puis des milliers d'autres aprĂšs le Covid. Les urgences sont en grĂšve perpĂ©tuelle.

‱ École​ : "PrioritĂ© Ă©ducation". RĂ©alitĂ© : Crise de recrutement inĂ©dite (le mĂ©tier n'attire plus), classes surchargĂ©es, Parcoursup qui trie les Ă©tudiants par des algorithmes opaques.

‱ Logement​ : Promesse d'un "choc de l'offre". RĂ©alitĂ© : effondrement de la construction (-22% en 2023), baisse des APL, explosion du nombre de SDF (+130%). đŸ”œ
3.
La Dette Cachée

‱ Le mensonge​ : "Gestion en bon pĂšre de famille", "Quoi qu'il en coĂ»te maĂźtrisĂ©".

‱ La rĂ©alité​ : La dette publique a explosĂ© de plus de 1000 milliards d'euros. Elle atteint 3 416 milliards (115,6% du PIB) mi-2025.

‱ La dissimulation​ : Une lettre de Bruno Le Maire datĂ©e d'avril 2024, alertant sur le dĂ©rapage du dĂ©ficit (5,8%), a Ă©tĂ© gardĂ©e secrĂšte jusqu'aprĂšs les Ă©lections europĂ©ennes et lĂ©gislatives. Le vote des Français a Ă©tĂ© Ă©clairĂ© Ă  la bougie.

👉 ConsĂ©quence : Les services publics s'effondrent alors que la dette explose. L'argent a disparu, mais pas dans les hĂŽpitaux ni les Ă©coles. OĂč est-il ? (Voir partie II).

V - POURQUOI IL EST ENCORE LÀ ? LE VERROUILLAGE DU SYSTÈME
Face à une telle accumulation de scandales (407 faits, rappelons-le), n'importe quel dirigeant d'une démocratie nord-européenne aurait démissionné dix fois. Pourquoi Emmanuel Macron est-il "indestructible" ?
Parce que la VĂšme RĂ©publique a Ă©tĂ© conçue pour rĂ©sister Ă  tout, mĂȘme Ă  la vĂ©ritĂ©.
Le Verrou Constitutionnel (Article 68 & 67)
La Constitution de 1958 est un gilet pare-balles.

‱ L'Article 67 (L'ImmunitĂ©)​ : Le PrĂ©sident est intouchable. Il ne peut ĂȘtre ni mis en examen, ni entendu comme tĂ©moin tant qu'il est Ă  l'ÉlysĂ©e. Les juges peuvent tourner autour (Kohler, Dupond-Moretti, collaborateurs), mais le centre est inaccessible jusqu'en 2027.

‱ L'Article 68 (La Destitution Impossible)​ : Pour destituer un prĂ©sident, il faut une majoritĂ© des deux tiers Ă  l'AssemblĂ©e ET au SĂ©nat. En pratique, c'est impossible sans une alliance contre-nature entre tous les opposants. Le "Bureau de l'AssemblĂ©e" filtre les demandes avant mĂȘme qu'elles soient dĂ©battues. C'est un systĂšme conçu pour protĂ©ger le monarque, quoi qu'il fasse.

Le "Mur de l'Argent" Médiatique
C'est l'autre pilier du maintien au pouvoir. En 2017 comme en 2022, l'élection s'est jouée sur une saturation médiatique.

‱ La Concentration​ : 90% des mĂ©dias privĂ©s français appartiennent Ă  9 milliardaires (Arnault, Drahi, Niel, BollorĂ©...).

‱ Le Deal Tacite​ : Ces capitaines d'industrie ont bĂ©nĂ©ficiĂ© de mesures fiscales massives (fin de l'ISF, Flat Tax). En retour, leurs groupes de presse assurent un "service aprĂšs-vente" des rĂ©formes, qualifiant de "nĂ©cessaires" les rĂ©gressions sociales et de "complotistes" les critiques structurelles.

‱ L'Effet​ : Les scandales (Uber Files, McKinsey) explosent, font la Une 48h, puis sont recouverts par une autre actualitĂ©. Il n'y a pas de sĂ©dimentation de la colĂšre, juste une fatigue.

L'Opposition de "Confort"
Pourquoi les motions de censure ne passent-elles pas ?

‱ Parce qu'une partie de l'opposition (LR notamment) joue un double jeu : elle critique devant les camĂ©ras mais vote les textes essentiels (Retraites, Immigration) ou s'abstient au moment dĂ©cisif. Ils sont la bĂ©quille invisible du systĂšme.

‱ Le systùme tient par la peur du vide ("Moi ou le chaos"). Cette peur est entretenue quotidiennement pour paralyser toute alternative radicale.

👉 ConsĂ©quence : Le systĂšme est bloquĂ©. Il ne peut pas se corriger de l'intĂ©rieur. Il ne tombera pas par la loi, car il est la loi.

VI - LA FRACTURE MORALE : UN PRÉSIDENT CONTRE SON PEUPLE

Au-delĂ  des chiffres et des affaires, il restera de cette Ă©poque une trace indĂ©lĂ©bile : la violence. Jamais sous la Ve RĂ©publique un PrĂ©sident n'avait suscitĂ© une telle haine viscĂ©rale. Ce rejet n'est pas irrationnel , il est la rĂ©ponse d'un peuple qui s'est senti non seulement trahi, mais humilié​.

Le Mépris de Classe comme Langage Officiel

Emmanuel Macron n'a pas seulement menti sur ses actes, il a nié l'humanité de ses opposants.

‱ "Les gens qui ne sont rien"​ (2017) : L'acte fondateur. Une division ontologique entre l'Ă©lite et la plĂšbe.

‱ "Je traverse la rue, je vous trouve du travail"​ (2018) : La nĂ©gation de la rĂ©alitĂ© Ă©conomique, remplacĂ©e par la culpabilisation individuelle.

‱ "Les Gaulois rĂ©fractaires", "Les FainĂ©ants"​ : L'insulte faite au peuple qu'il est censĂ© reprĂ©senter. đŸ”œ
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Nov 19, 2025
🔮 Discours de John Mearsheimer devant le Parlement europĂ©en Ă  Bruxelles, le 11 novembre 2025. 

Devant un hémicycle pétrifié, le professeur Mearsheimer a asséné quelques vérités que personne ne voulait entendre.

📍Son titre : « L’avenir sombre de l’Europe ».

Son verdict : le continent est en train de basculer dans une Ăšre de dĂ©clin, de divisions et de dangers qu’il n’a plus connue depuis 1945.

« L'Europe traverse aujourd'hui une période de grande crise, principalement en raison de la guerre en Ukraine, qui a joué un rÎle déterminant dans la déstabilisation d'une région jusque-là largement pacifique.

Malheureusement, la situation ne devrait pas s'amĂ©liorer dans les annĂ©es Ă  venir. En rĂ©alitĂ©, l'Europe risque mĂȘme d'ĂȘtre moins stable qu'elle ne l'est aujourd'hui. 

La situation actuelle en Europe contraste fortement avec la stabilitĂ© sans prĂ©cĂ©dent dont elle a bĂ©nĂ©ficiĂ© durant la pĂ©riode unipolaire, qui s'est Ă©tendue approximativement de 1992, aprĂšs l'effondrement de l'Union soviĂ©tique, Ă  2017, annĂ©e oĂč la Chine et la Russie sont devenues des grandes puissances, transformant l'unipolaritĂ© en multipolaritĂ©. Nous nous souvenons tous du cĂ©lĂšbre article de Francis Fukuyama, paru en 1989 et intitulĂ© « La fin de l'histoire ? », qui affirmait que la dĂ©mocratie libĂ©rale Ă©tait destinĂ©e Ă  se rĂ©pandre dans le monde entier, apportant avec elle paix et prospĂ©ritĂ©. Cette thĂšse Ă©tait manifestement erronĂ©e, mais beaucoup en Occident y ont cru pendant plus de vingt ans. Rares Ă©taient les EuropĂ©ens qui imaginaient, Ă  l'apogĂ©e de l'unipolaritĂ©, que l'Europe serait aujourd'hui confrontĂ©e Ă  de telles difficultĂ©s. 

📍Alors, qu'est-ce qui a mal tournĂ© ? 

La guerre en Ukraine, que je soutiendrai avoir Ă©tĂ© provoquĂ©e par l'Occident, et notamment par les États-Unis, est la principale cause de l'insĂ©curitĂ© qui rĂšgne aujourd'hui en Europe. Toutefois, un second facteur entre en jeu : le basculement de l'Ă©quilibre des pouvoirs mondiaux en 2017, d'un systĂšme unipolaire Ă  un systĂšme multipolaire, qui menaçait inĂ©vitablement l'architecture de sĂ©curitĂ© europĂ©enne. Il y avait nĂ©anmoins de bonnes raisons de penser que ce changement dans la rĂ©partition du pouvoir Ă©tait un problĂšme gĂ©rable. Mais la guerre en Ukraine, conjuguĂ©e Ă  l'avĂšnement de la multipolaritĂ©, a engendrĂ© de graves troubles, qui ne sont pas prĂšs de se rĂ©sorber. 

Je commencerai par expliquer comment la fin de l'unipolarité menace les fondements de la stabilité européenne. J'aborderai ensuite les conséquences de la guerre en Ukraine sur l'Europe et la maniÚre dont elles ont interagi avec le passage à la multipolarité pour transformer profondément le paysage européen. 

📍Le passage de l'unipolaritĂ© Ă  la multipolarité 

La clĂ© du maintien de la stabilitĂ© en Europe occidentale pendant la Guerre froide et dans toute l'Europe durant la pĂ©riode unipolaire rĂ©sidait dans la prĂ©sence militaire amĂ©ricaine en Europe, intĂ©grĂ©e Ă  l'OTAN. Les États-Unis, bien entendu, ont dominĂ© cette alliance dĂšs sa crĂ©ation, rendant quasiment impossible tout conflit entre les États membres placĂ©s sous leur protection. De fait, les États-Unis ont exercĂ© une influence pacificatrice majeure en Europe. Les Ă©lites europĂ©ennes actuelles reconnaissent ce fait, ce qui explique leur profond attachement au maintien des troupes amĂ©ricaines en Europe et Ă  une OTAN dominĂ©e par les États-Unis. 

Il est important de noter qu'Ă  la fin de la Guerre froide, alors que l'Union soviĂ©tique retirait ses troupes d'Europe de l'Est et mettait fin au Pacte de Varsovie, Moscou n'a pas objectĂ© au maintien d'une OTAN dominĂ©e par les États-Unis. À l'instar des EuropĂ©ens de l'Ouest de l'Ă©poque, les dirigeants soviĂ©tiques comprenaient et apprĂ©ciaient la logique pacifiste. Cependant, ils s'opposaient fermement Ă  l'Ă©largissement de l'OTAN, mais nous y reviendrons. 

Certains pourraient affirmer que l'UE, et non l'OTAN, a Ă©tĂ© le principal artisan de la stabilitĂ© europĂ©enne durant la pĂ©riode unipolaire, ce qui expliquerait pourquoi elle a reçu le prix đŸ”œImage
2.
Nobel de la paix en 2012. Or, c'est une erreur. Si l'UE a Ă©tĂ© une institution remarquablement efficace, ce succĂšs repose sur le maintien de la paix en Europe par l'OTAN. Pour paraphraser Marx, l'institution politico-militaire constitue la base, tandis que l'institution Ă©conomique en est la superstructure. Autrement dit, sans l'appui des États-Unis, non seulement l'OTAN, telle que nous la connaissons, disparaĂźtrait, mais l'UE serait Ă©galement gravement fragilisĂ©e. 

Durant la pĂ©riode d'unipolaritĂ©, qui s'est Ă©tendue de 1992 Ă  2017, les États-Unis Ă©taient de loin la puissance dominante du systĂšme international et pouvaient aisĂ©ment maintenir une prĂ©sence militaire importante en Europe. Leurs Ă©lites en matiĂšre de politique Ă©trangĂšre souhaitaient d'ailleurs non seulement prĂ©server l'OTAN, mais aussi l'Ă©tendre en accueillant des alliances en Europe de l'Est. 

Ce monde unipolaire a disparu avec l'avĂšnement de la multipolaritĂ©. Les États-Unis n'Ă©taient plus la seule grande puissance mondiale. La Chine et la Russie Ă©taient dĂ©sormais des puissances majeures, ce qui impliquait que les dĂ©cideurs politiques amĂ©ricains devaient repenser leur vision du monde. 

Pour comprendre ce que signifie la multipolaritĂ© pour l'Europe, il est essentiel d'examiner la rĂ©partition du pouvoir entre les trois grandes puissances mondiales. Les États-Unis demeurent la premiĂšre puissance mondiale, mais la Chine a considĂ©rablement augmentĂ© son influence et est dĂ©sormais considĂ©rĂ©e comme un concurrent de taille. Son immense population, conjuguĂ©e Ă  une croissance Ă©conomique remarquable depuis le dĂ©but des annĂ©es 1990, en a fait une puissance hĂ©gĂ©monique potentielle en Asie de l'Est. Pour les États-Unis, dĂ©jĂ  hĂ©gĂ©mons rĂ©gionaux dans l'hĂ©misphĂšre occidental, la perspective de voir une autre grande puissance accĂ©der Ă  l'hĂ©gĂ©monie en Asie de l'Est ou en Europe est profondĂ©ment inquiĂ©tante. Rappelons-nous que les États-Unis sont entrĂ©s en guerre lors des deux conflits mondiaux pour empĂȘcher l'Allemagne et le Japon de devenir des puissances hĂ©gĂ©moniques rĂ©gionales en Europe et en Asie de l'Est, respectivement. Ce raisonnement reste valable aujourd'hui. 

La Russie est la plus faible des trois grandes puissances et, contrairement Ă  ce que pensent nombre d'EuropĂ©ens, elle ne reprĂ©sente pas une menace d'invasion de l'Ukraine entiĂšre, et encore moins de l'Europe de l'Est. AprĂšs tout, elle n'a passĂ© que trois ans et demi Ă  tenter de conquĂ©rir le cinquiĂšme oriental de l'Ukraine. L'armĂ©e russe n'est pas la Wehrmacht et la Russie – contrairement Ă  l'Union soviĂ©tique pendant la Guerre froide et Ă  la Chine en Asie de l'Est aujourd'hui – n'est pas une puissance hĂ©gĂ©monique rĂ©gionale potentielle. 

Compte tenu de cette rĂ©partition des puissances mondiales, il est stratĂ©giquement impĂ©ratif pour les États-Unis de contenir la Chine et de l'empĂȘcher de dominer l'Asie de l'Est. Cependant, rien ne justifie stratĂ©giquement le maintien d'une prĂ©sence militaire significative en Europe, la Russie ne constituant pas une menace hĂ©gĂ©monique. De fait, consacrer des ressources de dĂ©fense prĂ©cieuses Ă  l'Europe rĂ©duit celles disponibles pour l'Asie de l'Est. Ce raisonnement explique le recentrage des États-Unis sur l'Asie. Or, tout recentrage d'un pays sur une rĂ©gion s'Ă©loigne, par dĂ©finition, d'une autre, Ă  savoir l'Europe.

Il existe une autre dimension importante, sans lien direct avec l'Ă©quilibre des puissances mondiales, qui rĂ©duit encore la probabilitĂ© que les États-Unis maintiennent une prĂ©sence militaire significative en Europe. Plus prĂ©cisĂ©ment, les États-Unis entretiennent avec IsraĂ«l une relation particuliĂšre, sans prĂ©cĂ©dent dans l'histoire. Ce lien, fruit de l'immense influence du lobby pro-israĂ©lien aux États-Unis, implique non seulement un soutien inconditionnel des dĂ©cideurs amĂ©ricains Ă  IsraĂ«l, mais aussi une implication des États-Unis dans les guerres israĂ©liennes, directement ou indirectement. En bref, les États-Unis continueront d'allouer des ressources militaires. đŸ”œ
3.
considérables à Israël et de déployer d'importantes forces militaires au Moyen-Orient.

Cette obligation envers Israël constitue une incitation supplémentaire à réduire les forces américaines en Europe et à encourager les pays européens à assurer leur propre sécurité. 

En rĂ©sumĂ©, les puissantes forces structurelles liĂ©es au passage de l'unipolaritĂ© Ă  la multipolaritĂ©, conjuguĂ©es Ă  la relation particuliĂšre qu'entretiennent les États-Unis avec IsraĂ«l, risquent d'Ă©liminer le rĂŽle apaisant des États-Unis en Europe et de paralyser l'OTAN, ce qui aurait Ă©videmment de graves consĂ©quences pour la sĂ©curitĂ© europĂ©enne. Il est toutefois possible d'Ă©viter un retrait amĂ©ricain, ce que souhaite sans doute la quasi-totalitĂ© des dirigeants europĂ©ens. Pour y parvenir, il faut tout simplement des stratĂ©gies judicieuses et une diplomatie habile des deux cĂŽtĂ©s de l'Atlantique. Or, ce n'est pas ce que nous avons obtenu jusqu'Ă  prĂ©sent. Au lieu de cela, l'Europe et les États-Unis ont imprudemment cherchĂ© Ă  intĂ©grer l'Ukraine Ă  l'OTAN, ce qui a provoquĂ© une guerre perdue d'avance contre la Russie et accroĂźt considĂ©rablement les risques de dĂ©part des États-Unis d'Europe et d'effondrement de l'OTAN. Je m'explique. 

📍Qui a dĂ©clenchĂ© la guerre en Ukraine ?

L’opinion communĂ©ment admise 
Pour bien comprendre les conséquences de la guerre en Ukraine, il est essentiel d'en examiner les causes, car la raison pour laquelle la Russie a envahi l'Ukraine en février 2022 en dit long sur les objectifs de guerre de la Russie et sur les effets à long terme de cette guerre. 

L'opinion communĂ©ment admise en Occident est que Vladimir Poutine est responsable du dĂ©clenchement de la guerre en Ukraine. Son objectif, selon cette thĂšse, est de conquĂ©rir l'Ukraine entiĂšre et de l'intĂ©grer Ă  une Russie plus vaste. Une fois cet objectif atteint, la Russie s'attacherait Ă  crĂ©er un empire en Europe de l'Est, Ă  l'instar de l'Union soviĂ©tique aprĂšs la Seconde Guerre mondiale. Dans ce rĂ©cit, Poutine reprĂ©sente une menace mortelle pour l'Occident et doit ĂȘtre neutralisĂ© avec force. En rĂ©sumĂ©, Poutine est un impĂ©rialiste dont le plan directeur s'inscrit parfaitement dans une riche tradition russe.

Ce récit comporte de nombreuses failles. Permettez-moi d'en exposer cinq. 

PremiĂšrement, rien ne prouve, avant le 24 fĂ©vrier 2022, que Poutine ait souhaitĂ© conquĂ©rir l'intĂ©gralitĂ© de l'Ukraine et l'annexer Ă  la Russie. Les partisans de cette thĂšse ne peuvent citer aucun Ă©crit ni aucune dĂ©claration de Poutine indiquant qu'il considĂ©rait la conquĂȘte de l'Ukraine comme un objectif souhaitable, rĂ©alisable, ou qu'il avait l'intention de le poursuivre.
InterrogĂ©s sur ce point, les tenants de l'opinion communĂ©ment admise mettent en avant l'affirmation de Poutine selon laquelle l'Ukraine Ă©tait un État « artificiel », et notamment son point de vue selon lequel Russes et Ukrainiens ne forment qu'un seul peuple, thĂšme central de son cĂ©lĂšbre article du 12 juillet 2021. Ces propos, cependant, n'Ă©clairent en rien les raisons de son entrĂ©e en guerre. En rĂ©alitĂ©, cet article apporte des preuves significatives que Poutine reconnaissait l'Ukraine comme un pays indĂ©pendant. Par exemple, il dĂ©clare au peuple ukrainien : « Vous souhaitez crĂ©er votre propre État : vous ĂȘtes les bienvenus ! » Quant Ă  la maniĂšre dont la Russie devrait traiter l'Ukraine, il Ă©crit : « Il n'y a qu'une seule rĂ©ponse : avec respect. » Il conclut ce long article par ces mots : « Quant Ă  l'avenir de l'Ukraine, il appartient Ă  ses citoyens d'en dĂ©cider. » 

Dans ce mĂȘme article, puis lors d'un discours important prononcĂ© le 21 fĂ©vrier 2022, Poutine a soulignĂ© que la Russie acceptait « la nouvelle rĂ©alitĂ© gĂ©opolitique nĂ©e de la dissolution de l'URSS ». Il a rĂ©itĂ©rĂ© ce point une troisiĂšme fois le 24 fĂ©vrier 2022, en annonçant l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Toutes ces dĂ©clarations contredisent frontalement l'affirmation selon laquelle Poutine souhaitait conquĂ©rir l'Ukraine et l'intĂ©grer Ă  une Grande Russie.Â đŸ”œ
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Nov 17, 2025
🔮 Dialogue à Hiroshima
par Emmanuel Todd

📍Le 18 octobre dernier j’ai Ă©tĂ© invitĂ© par monsieur Mitsuo Ochi, prĂ©sident de l’universitĂ©, Ă  donner une confĂ©rence Ă  Hiroshima. J’avais dĂ» annuler il y a juste un an une premiĂšre invitation pour raison de santĂ© mais il Ă©tait important pour moi, compte tenu de l’ambiance guerriĂšre qui nous envahit, de retourner Ă  Hiroshima.

Suivent :

- la prĂ©sentation de la confĂ©rence par l’universitĂ©,
- le texte de ma conférence
- enfin le rĂ©sumĂ© par l’universitĂ© de la discussion que nous avons eue, monsieur Mitsuo Ochi et moi, aprĂšs la confĂ©rence.

Monsieur Ochi est nĂ© en 1952. Je suis moi-mĂȘme nĂ© en 1951. Il a Ă©tĂ© diplĂŽmĂ© de la facultĂ© de mĂ©decine de l’UniversitĂ© d’Hiroshima en 1977, professeur Ă  l’UniversitĂ© de mĂ©decine de Shimane en 1995. AprĂšs avoir Ă©tĂ© directeur de l’hĂŽpital universitaire d’Hiroshima, il est devenu prĂ©sident de l’UniversitĂ© de Hiroshima en 2015. Il est chirurgien orthopĂ©diste spĂ©cialisĂ© dans l’articulation du genou et la mĂ©decine du sport. Membre du Conseil scientifique du Japon (2017-2022), Membre associĂ© du Conseil scientifique du Japon (2011-2017 et depuis 2022).

« Le Japon d’aujourd’hui face Ă  la crise morale de l’Occident » — Les choix du monde et du Japon, et une rĂ©flexion sur la paix —
Le 18 octobre 2025, sur le campus Kasumi de l’UniversitĂ© de Hiroshima, nous avons eu l’honneur d’accueillir l’historien, dĂ©mographe et anthropologue de la famille français, M. Emmanuel Todd, pour une confĂ©rence intitulĂ©e « Le Japon d’aujourd’hui face Ă  la crise morale de l’Occident ». M. Todd a analysĂ© avec perspicacitĂ©, depuis sa perspective unique, la crise Ă©thique et sociale Ă  laquelle la sociĂ©tĂ© occidentale contemporaine est confrontĂ©e, et a offert des propositions riches en suggestions sur le rĂŽle que le Japon pourrait jouer dans ce contexte. AprĂšs la confĂ©rence, il s’est entretenu avec le prĂ©sident de l’UniversitĂ© de Hiroshima, M. Ochi, approfondissant la discussion sous divers angles sur les thĂšmes de la pensĂ©e, de la culture et de la paix.

Ma conférence

Je suis trĂšs heureux et trĂšs reconnaissant Ă  monsieur Ochi, prĂ©sident de l’UniversitĂ© d’Hiroshima, de m’avoir invitĂ©. Je suis particuliĂšrement Ă©mu de revenir Ă  Hiroshima. C’est ma deuxiĂšme visite. J’étais venu une premiĂšre fois il y a 33 ans, lors de mon premier voyage au Japon. InvitĂ© par la fondation du Japon, j’avais demandĂ© que ce premier voyage inclue un pĂšlerinage Ă  Hiroshima. Je suis venu dans votre pays plus de vingt fois depuis.

Je suis retournĂ© hier au MusĂ©e pour la Paix afin d’y rĂ©flĂ©chir Ă  la bombe atomique. Ce musĂ©e, que j’avais dĂ©jĂ  visitĂ© il y a 33 ans, a changĂ©. Mais ce qui m’a le plus surpris, c’est Ă  quel point j’ai Ă©tĂ© plus impressionnĂ© cette fois-ci. Je suis clairement plus prĂ©occupĂ© maintenant par la question de l’arme nuclĂ©aire.
Je crois que je sais pourquoi. 1992 Ă©tait un moment d’optimisme. Le communisme venait de s’effondrer. La guerre froide se terminait. Et mĂȘme si l’attaque nuclĂ©aire sur Hiroshima et Nagasaki apparaissait comme quelque chose de terrible, elle semblait vraiment appartenir au passĂ©. C’était terminĂ©. Une erreur de l’humanitĂ©, une erreur des États-Unis. Mais quelque chose qui Ă©tait dans le passĂ©.
Les valeurs dominantes de l’époque, vers 1992, Ă©taient celle d’un Occident libĂ©ral et prospĂšre. C’était d’abord, avant mĂȘme la consommation, la production, la production industrielle. C’était la libertĂ©, l’égalitĂ© : l’égalitĂ© entre hommes et femmes, aux États-Unis l’égalitĂ© entre Blancs et Noirs. Et par-dessus tout, un espoir de paix aprĂšs la guerre froide.
Mais maintenant, que voyons nous en Occident ? Je ne parle pas ici de valeurs, mais de la réalité. Nous voyons tout à fait autre chose. Nous voyons la désindustrialisation, la baisse du niveau de vie, le déclin des libertés.

Aux États-Unis, le dĂ©clin des libertĂ©s, ça va ĂȘtre la cancel culture du cĂŽtĂ© dĂ©mocrate et ça va ĂȘtre ensuite les attaques anti-libĂ©rales de Trump dans toutes sortes de directions.
Historiquement đŸ”œ

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2.
la France est un pays de libertĂ©. Mais moi-mĂȘme, en France, je suis pour ce qui concerne ma libertĂ© dans une situation trĂšs particuliĂšre. Mon Ă©diteur (les Ă©ditions Gallimard) est certes le plus prestigieux de France. Mais je ne peux plus m’exprimer, comme c’était le cas autrefois, sur les chaĂźnes publiques de l’audiovisuel comme France-Inter, France-Culture ou France 2. C’est comme si, au Japon, j’étais interdit d’expression sur NHK. Ma rĂ©putation au Japon m’a d’ailleurs protĂ©gĂ© contre ces interdictions françaises. Je suis infiniment reconnaissant au Japon de m’avoir protĂ©gĂ© contre le nouvel autoritarisme d’État français.

Au prĂ©sent, ce que l’on observe aussi, en Occident, ce n’est plus l’égalitĂ©, mais la montĂ©e des inĂ©galitĂ©s : aux États-Unis, en Europe. Aux États-Unis on ne marche plus vers l’égalitĂ© des Noirs et des Blancs mais on assiste Ă  un retour des obsessions raciales.

A l’échelle la plus globale, on voit aussi un incroyable retour de l’arrogance occidentale vis-Ă -vis du reste du monde.

Par-dessus tout, et c’est la raison ultime de ma prĂ©sence Ă  Hiroshima, nous devons admettre le retour de la guerre. D’abord la guerre dans la rĂ©alitĂ©, en Ukraine ou au Moyen-Orient, mais au-delĂ  de cette rĂ©alitĂ©, nous observons l’émergence d’une obsession de la guerre dans les mentalitĂ©s.

Je vais rapidement parler de la dĂ©faite militaire occidentale en Ukraine parce que c’est l’analyse de cette guerre qui m’a conduit Ă  travailler, en profondeur, sur l’ensemble de la crise occidentale. La guerre est un choc de rĂ©alitĂ© et c’est Ă  partir de la guerre d’Ukraine que j’ai commencĂ© Ă  rĂ©flĂ©chir sur le problĂšme nouveau de la moralitĂ© occidentale.

Ce qui est d’abord incroyable, c’est la façon dont les États-Unis et l’Europe avaient surestimĂ© leur puissance face Ă  la Russie. Il est vrai que le produit intĂ©rieur brut de la Russie ne reprĂ©sentait, Ă  la veille du conflit, que 3% du produit intĂ©rieur brut de l’Occident (en incluant, le Japon, la CorĂ©e et TaĂŻwan). Et malgrĂ© cela, la Russie, avec 3% du produit intĂ©rieur brut de l’Occident, a rĂ©ussi Ă  produire plus d’armes que tout l’Occident. La guerre a dĂ©voilĂ© notre faiblesse industrielle et rĂ©vĂ©lĂ© que ce produit intĂ©rieur brut qu’on mesure par habitude ne reprĂ©sente plus une capacitĂ© rĂ©elle Ă  construire des choses.

Cette insuffisance industrielle m’a renvoyĂ© Ă  la faible capacitĂ© des États-Unis Ă  former des ingĂ©nieurs. La Russie, avec une population deux fois et demie plus petite que celle des Etats-Unis, forme plus d’ingĂ©nieurs. C’est la clef de la victoire russe.
Pour la formation des ingĂ©nieurs, la France et le Royaume-Uni ressemblent aux États-Unis.

Mais le Japon et l’Allemagne ressemblent plutĂŽt Ă  la Russie, parce que ces deux pays gardent une forte capacitĂ© Ă  former des ingĂ©nieurs. L’analyse de la guerre m’a donc amenĂ© Ă  m’intĂ©resser Ă  la crise de l’éducation aux États-Unis, Ă  la chute du potentiel Ă©ducatif, Ă  la fois en termes de nombre d’étudiants par gĂ©nĂ©ration et de niveau intellectuel de ces Ă©tudiants.

Ensuite, pour comprendre la chute Ă©ducative, je suis arrivĂ© au facteur ultime, celui dont tout dĂ©coule, la mutation religieuse des États-Unis. Ce qui avait fait la force des États-Unis, de l’Angleterre, du cƓur de l’Occident en fait, c’était la puissance Ă©ducative de la religion protestante. La disparition du protestantisme explique l’effondrement Ă©ducatif amĂ©ricain.

Ma rĂ©flexion sur la guerre, sur ce que tout le monde peut voir en regardant les informations tĂ©lĂ©visĂ©es (notre spectacle quotidien), m’a donc conduit Ă  un intĂ©rĂȘt nouveau pour la religion en tant que facteur historique. Observer au prĂ©sent les consĂ©quences de la disparition de la religion a mĂȘme ouvert pour moi un domaine de recherche complĂštement nouveau. Lorsque je dĂ©cris l’histoire de la disparition de la religion, je distingue dĂ©sormais trois stades : religion active, religion zombie, religion zĂ©ro.

La religion active, c’est quand les gens croient en leur dieu et lui rendent un culte. Je parle ici de đŸ”œ
3.
religion en un sens occidental, monothéiste. Je pense au christianisme, je pense au judaïsme.

Ensuite, le deuxiĂšme stade, c’est le stade zombie, quand la croyance en dieu a disparu, quand le culte a disparu, mais dans un monde social oĂč les habitudes morales associĂ©es Ă  la religion sont toujours vivantes. Les individus restent encadrĂ©s par un systĂšme de valeurs, ils restent capables d’action collective. La religion est remplacĂ©e par des idĂ©ologies de substitution, comme le sentiment national, les sentiments de classes, et toutes sortes de groupes idĂ©ologiques qui remplacent l’appartenance religieuse de dĂ©part.

Et puis il y a le troisiĂšme stade, dans laquelle nous sommes, le stade de la religion zĂ©ro, dans lequel les valeurs hĂ©ritĂ©es de la religion ont disparu. On entre dans un monde oĂč l’individu est vraiment privĂ© de valeurs fondamentales ; il est dĂ©sormais seul, privĂ© de la capacitĂ© d’action collective. C’est un individu affaibli parce que les valeurs inculquĂ©es par la religion, puis reprises par l’idĂ©ologie, Ă©taient une force pour sa personnalitĂ©.
Cet Ă©tat zĂ©ro des croyances religieuses n’est pas vĂ©cu par l’individu comme une vraie libertĂ©. L’ĂȘtre humain se retrouve confrontĂ© au problĂšme trĂšs banal du sens de la vie. Que fait-il sur terre ? Quel est le but de son existence ? Dans ce genre de contexte, on voit apparaĂźtre ce que j’appelle le nihilisme.
L’angoisse du vide se transforme en glorification, en dĂ©ification du vide. Une passion de la destruction des choses, de la destruction des hommes, de la destruction de la rĂ©alitĂ©, Ă©merge peu Ă  peu. L’état psychique actuel de l’Occident c’est en partie ça : le nihilisme, qui mĂšne Ă  une passion de la guerre dans les mentalitĂ©s, et Ă  une prĂ©fĂ©rence pour la guerre en gĂ©opolitique. Nous saisissons l’arriĂšre-plan moral de la nouvelle prĂ©fĂ©rence occidentale pour la guerre.

Je vais Ă©voquer quelques-unes des guerres dont l’Occident est responsable, mais sans que les Occidentaux, nihilistes sans le savoir, soient capables de comprendre leur responsabilitĂ©. C’est ça qui est impressionnant aujourd’hui : les Occidentaux provoquent des guerres, nourrissent des guerres en se racontant Ă  eux-mĂȘmes qu’ils sont du cĂŽtĂ© de la justice.
Commençons par la guerre d’Ukraine. La guerre d’Ukraine est vĂ©cue en Occident comme une invasion russe de l’Ukraine et j’admets bien sĂ»r que c’est l’armĂ©e russe qui est entrĂ©e en Ukraine. Mais la rĂ©alitĂ© historique, c’est que c’est l’expansion de l’OTAN vers la Russie, Ă  travers l’Ukraine, et la guerre menĂ©e par les Ukrainiens eux-mĂȘmes, poussĂ©s par les Occidentaux, contre les Russes du Donbass, qui sont les vraies causes du conflit. Il est tout Ă  fait exact que, pour les Russes cette guerre est dĂ©fensive. Il est pour moi Ă©vident que les AmĂ©ricains, les EuropĂ©ens, sont les agresseurs, arrivĂ©s Ă  moins de mille kilomĂštres de Moscou. VoilĂ  pour la situation objective. Ce qui est fascinant c’est que ces agresseurs pensent qu’ils sont agressĂ©s et qu’eux-mĂȘmes sont obligĂ©s de se dĂ©fendre. Il y a un Ă©lĂ©ment de folie dans notre situation en Europe.

Et puis il y a l’exemple encore plus Ă©vident du gĂ©nocide de Gaza. Le dĂ©but de gĂ©nocide a Ă©tĂ© perpĂ©trĂ© par l’État d’IsraĂ«l, c’est une autre Ă©vidence historique mais, selon moi, l’État d’IsraĂ«l est tĂ©lĂ©guidĂ© par les États-Unis. Sans les armes amĂ©ricaines, et tant d’autres formes de soutien, l’armĂ©e israĂ©lienne n’aurait pu faire ce qu’elle a fait, tout comme l’armĂ©e ukrainienne, sans les armes amĂ©ricaines, n’aurait pu mener sa guerre d’agression dans le Donbass.

Et encore une fois, ce qui est frappant, au-delĂ  de la violence et de la guerre, c’est la bonne conscience des AmĂ©ricains et des IsraĂ©liens, aprĂšs que 60 000, 70 000, 80 000 Palestiniens ont Ă©tĂ© tuĂ©s.
Nous arrivons ces jours-ci Ă  un problĂšme de comprĂ©hension historique trĂšs intĂ©ressant. Les États-Unis depuis bien longtemps, et Trump, plus rĂ©cemment, ont encouragĂ©, peut-ĂȘtre mĂȘme dĂ©cidĂ©, l’action israĂ©lienne. Trump, lors de sa premiĂšre prĂ©sidence, avait Ă©tabli đŸ”œ
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