À Istanbul 🇹🇷, l’Ukraine 🇺🇦 a montré qu’elle était prête à négocier, la Russie 🇷🇺 qu’elle pouvait attendre
Moscou n'a pas intérêt à entrer en négociations et préfère temporiser. La stratégie ? Demander des concessions massives en continuant la guerre.
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En 2022, en Biélorussie puis à Istanbul, des négociateurs ukrainiens et russes se sont rencontrés pour négocier un cessez-le-feu.
Ces négociations n’ont pas abouti, notamment en raison de la grande divergence dans les objectifs : retrait russe/capitulation ukrainienne.
À l’époque, l’armée russe contrôlait environ 25 % du territoire ukrainien, puis environ 20 % après le retrait du nord de l’Ukraine.
Ce retrait n’a pas été négocié, il a été unilatéralement décidé par Moscou après son échec militaire, se tournant vers l'est et le sud du pays.
Depuis, il n’y a pas eu de nouvelles négociations ; seuls des échanges réguliers de prisonniers ont été réalisés, sachant que les Russes détiennent davantage de prisonniers ukrainiens (encerclements, notamment à Marioupol avec plus de 5 000 capturés).
L’arrivée de Donald Trump au pouvoir à Washington a changé la donne, tout comme la fixation d’un front dans une guerre de tranchées (seulement 3 000 km² de progression en 2024, un peu moins en 2023), meurtrière pour les deux camps.
Donald Trump a d’abord exercé une pression sur l’Ukraine, en coupant l’aide militaire et le soutien américain. Des tensions sont même apparues lorsque Zelensky s’est rendu à la Maison Blanche.
Cette pression sur l’Ukraine a été surmontée grâce à une longue médiation, qualifiée d’« épuisante », des leaders occidentaux pour convaincre Donald Trump de revenir à la raison.
On doit en partie le retour aux discussions à l’Arabie Saoudite, qui, une fois de plus, a joué un rôle en faveur de l’Ukraine, comme elle le fait régulièrement depuis le début de la guerre.
Cette diplomatie saoudienne envers l’Ukraine reste discrète. Elle vise à concurrencer Moscou, son principal rival dans la vente d’hydrocarbures, ainsi que l’Iran et les Émirats, qui soutiennent plutôt la Russie.
Les États-Unis et l’Ukraine sont parvenus à un accord sur les terres rares ukrainiennes, un accord qui semble relativement équitable comparé aux premières négociations.
Cependant, il faut garder à l’esprit que ces richesses ne se trouvent pas principalement à l’arrière du front.
La majeure partie des ressources ukrainiennes critiques est située dans le Donbass, dont la majorité est occupée.
Ce qu’il reste, ce sont des gisements sur la ligne de front, à Shevchenko, Pokrovsk, Dobropillia, ainsi que des usines à Kramatorsk ou Kostiantynivka.
Pour les États-Unis, l’exploitation de ces ressources implique la libération des territoires occupés, mais il n’est pas certain que l’administration américaine l’ait réellement intégré dans ses calculs.
Donald Trump a repris contact avec Vladimir Poutine, qui, une fois de plus, a vaguement évoqué sa disponibilité pour des négociations.
Pour montrer sa bonne foi, Moscou a unilatéralement annoncé des cessez-le-feu de quelques jours, tout en renforçant ses positions au passage.
Ces épisodes ont également prouvé que la Russie est à l’origine des décisions de cessez-le-feu et qu’elle serait donc en mesure de stopper la guerre elle-même.
Les États-Unis et les Européens ont proposé un cessez-le-feu de 30 jours. Poutine l’a refusé, arguant que le Kremlin était prêt à reprendre les négociations à Istanbul.
Zelensky a donné son accord et a pris l’avion pour Istanbul. La délégation ukrainienne n’a été accueillie que par les mêmes négociateurs qu’en 2022, Vladimir Poutine, ses hauts gradés ou ministres ne s’étant pas déplacés.
En réalité, cela montre clairement que Moscou n'a aucun intérêt à négocier un cessez le feu ou la fin de la guerre.
La Russie peut se permettre de continuer la guerre longtemps, et elle espère que l'Ukraine ou les occidentaux cèderont sur certaines de ses demandes.
En réalité, l'objectif de la Russie est de montrer une bonne volonté de négocier, en gagnant du temps. Cela doit lui permettre de garder Trump raisonnable dans son soutien à l'Ukraine, en espérant un abandon de l'aide à l'Ukraine.
Poutine espère l'impossible, que les 4 oblasts annexés le soient entièrement, c'est à dire que l'Ukraine se retire. C'est honnêtement impossible et c'est une ligne rouge. Soyons un tout petit peu réalistes.
Des postes comme celui-ci, publié par un compte qui suit la guerre, sont totalement pro-russe.
L'Ukraine devrait abandonner les 4 régions. En l'occurrence, la ville de Zaporizhia, 6ème ville d'Ukraine, l'ouest du Donbass, minier et industriel...
...mais aussi la région de Kherson libéré en 2022, permettant ce qui est impossible jusque là, la traversée de l'armée russe du Dniepr (à Kherson et Zaporizhia), permettant dans la prochaine guerre de s'en prendre Mykolaiv, Odessa, Dnipro ou Krivi Rih.
Hors sol.
La situation militaire est difficile, oui. Mais il ne faut pas abuser, elle l'est depuis 2014 et l'Ukraine tient depuis tout ce temps.
Si nous voulons être réaliste, nous pouvons dire que l'Ukraine a intérêt à un arrêt de la guerre maintenant, elle le veut, d'ailleurs.
Mais le problème ici, c'est bien Moscou. La Russie n'a pas vraiment intérêt à terminer la guerre maintenant, et les négociations bloquent à cause de la Russie.
Alors n'écoutons pas ceux qui n'ont toujours pas compris comment fonctionne la Russie de Poutine.
Les promesses ne seront pas tenues et la Russie lancera une nouvelle invasion. Lui abandonner l'Ukraine et une partie de ses territoires, c'est lui donner l'opportunité de recommencer.
La base de toute négociation est un gel du front et un cessez le feu...
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On a 250 km long frontline, I managed to map 12 000 russian 🇷🇺 and ukrainian 🇺🇦 artillery strikes thanks to the snow cover
With this map, I'll analyse with precision the current trends and next movements on the frontline as well as the location of the frontline
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The latest commercial satellite images (Sentinel-2) showed most of eastern Ukraine covered with snow, which is very useful.
Indeed, we can see every artillery and airstrike impacts, something we cannot see otherwise. I mapped 12 000 of them between Kostiantynivka and the Dnipro river, with two holes, the area around Novopavlivka/Ivanivka (some clouds) and the one north of Stepnohirsk and along the Dnipro, because there was no snow.
Disclaimer, this map is obviously not showing all the impacts, I may have missed some, and the ones in urban areas are a bit more difficult to map. Moreover, some of those impacts are in fact airstrikes, but it is a minority.
Let's start !
First, we can see 3 main areas of bombing : Pokrovsk-Dobrbropilla, Hulialpole-Ternuvate and Stepnohirsk.
There is one trend : Russia is putting a big effort to attack Orikhiv from both sides and to take Dobropilla in the first part of the year.
L'attaque de l'aéroport de Niamey au Niger 🇳🇪 un an et demi après celui de Bamako au Mali 🇲🇱 est un signe très clair de l'augmentation des capacités djihadistes.
La situation sécuritaire des Etats de l'AES 🇲🇱🇳🇪🇧🇫 s'est tellement dégradée qu'elle menace désormais toute la région d'Afrique de l'Ouest.
L'attaque de l'aéroport de Niamey où sont stationnés la majorité de la force aérienne nigérienne (drones de combats qui permettaient, jusqu'à là d'obtenir des victoires locales contre les djihadistes), les 350 soldats italiens 🇮🇹 (qui n'ont pas combattu, semble-t-il) et les 200 soldats russes 🇷🇺 d'Africa Corps qui gardent le précieux convois d'Uranium (volé à la société Orano et qui devait prendre le chemin de la Russie) était prévisible.
Un an et demi auparavant, en septembre 2024, c'était l'aéroport de Bamako qui était attaqué par le JNIM, faisant de nombreuses victimes parmi les cadets de l'armée et détruisant plusieurs avions, dont l'avion présidentiel.
Les 3 états putshistes du Sahel, Mali, Niger et Burkina Faso, qui forment l'AES, l'Alliance des Etats du Sahel font face à l'explosion du terrorisme islamiste depuis qu'ils ont demandé le départ des occidentaux et de leurs alliés africains.
Tout a commencé par le départ forcé des français et des américains, les deux seuls états qui disposaient d'une force aérienne suffisante pour contrer les rassemblements djihadistes et permettre aux armées locales de tenir le terrain. Depuis, l'absence de cette force aérienne, compensée par quelques avions et hélicoptères russes et surtout des drones turcs ne permet plus de mener autant de missions qu'auparavant. Résultat, les deux groupes djihadistes concurrent, le JNIM (Al Qaida) et l'Etat Islamique, Province du Grand Sahara (EIGS) peuvent s'entrainer facilement, se déplacer dans les 3 états et lancer des offensives multiples, sans toutefois, occuper les principales villes, qui se transforment souvent en garnisons encerclées.
La stratégie des putschistes de mener une guerre beaucoup moins propre, en faisant venir Wagner, puis Africa Corps, en lançant des attaques de représailles contre les populations locales et en basant leur discours sur la propagande n'a pas vraiment fonctionné.
Les peuples du nord, marginalisés et menacés sont bien plus enclin à rejoindre les groupes djihadistes, ou, le cas échéant, les groupes séparatistes, comme les Touaregs de l'Azawad. Les djihadistes, profitant des défaillances généralisées des états locaux peuvent avancer vers des régions qu'ils ne contrôlaient pas, des régions plus riches, peuplées ou ils trouvent de quoi alimenter leurs forces et recruter des hommes.
Ces derniers jours, le JNIM a frappé l'ouest du Mali, détruisant 50 camions de carburant, tandis qu'en parallèle, l'Etat Islamique frappait Niamey et Ménaka au Mali.
En l'espace de 4 ans, les groupes djihadistes ont réalisé une expansion rapide vers le sud. Alors qu'ils étaient concentrés dans le nord du Sahel, ils sont désormais positionnés dans l'ouest et le sud du Mali, dans le nord de la plupart des Etats du golfe de Guinée, à peu près partout au Burkina Faso sauf dans la région centrale et principalement dans l'ouest du Niger.
Des Etats peuplés et aux ressources économiques conséquentes sont donc désormais menacés, à cause des 3 états de l'AES qui s'effondrent sur eux-mêmes.
▪️Le Mali, en voulant décapiter l'Azawad a provoqué l'effet inverse. Les rebelles sont désormais coalisés au sein du FLA. La présence des FAMA et de l'Africa Corps aux confins du nord du Mali requiert ainsi une ligne logistique de moins en moins tenable. Et ce, alors qu'au même moment, le JNIM en a profité pour assiéger de fait les principales villes du Nord et du Centre et faire son apparition au sud et à l'ouest, comme nous l'avons vu avec les attaques sur les ressources de carburants. Aujourd'hui, un voyage entre Bamako et la frontière Sénégalaise se fait forcément par un passage via un checkpoint du JNIM, obligeant la ségrégation dans les bus.
▪️Le Burkina Faso a lui fait le choix des milices locales d'auto-défense, les VDP, pour l'aider à combattre le JNIM à l'ouest et au nord et l'EIGS au nord et à l'est. Le pays est dans une situation catastrophique face à la progression djihadiste, qui se permettent parfois des entrées dans de petites villes.
▪️Le Niger est principalement touché à l'ouest, avec l'EIGS qui est présent à quelques dizaines de km de la capitale Niamey. La situation du pays est aussi mauvaise, comme nous l'avons vu avec la dernière attaque, que celle de ses voisins, d'après de nombreuses sources russes (Telegram), l'armée nigérienne n'a pas vraiment défendue l'aéroport de Niamey et la force aérienne aurait été annihilée sans la présence des soldats russes.
Only 3 years after the ceasefire of the devastating Tigray war (600 000 dead), a new war is on the verge in northern Ethiopia
This time, Sudan🇸🇩 Erytrea🇪🇷 Somalia🇸🇴 the UAE🇦🇪 Egypt🇪🇬 and others may be implicated.
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What we are calling the "Pretoria Peace Deal" now seems closer than never to belong to the past.
Already, 5 months after the deal between Tigray and Ethiopia (november 2nd 2022), a new war was starting, this time in Amhara, Ethiopia second most populated region.
The war in Tigray lasted 3 years. It saw the Ethiopian National Defense Forces (ENDF), the Amhara special forces and Eritrean troops occupy most of Tigray before being humiliated by a massive TPLF counter-offensive.
The war ended in status quo, on the border of the state.
Le réveil européen 🇪🇺 tant annoncé en 2022 n'a eu lieu que dans la tête et le discours des dirigeants après 4 ans de guerre.
On nous a promis un "tournant historique" qui n'arrive pas et pendant ce temps nos adversaire s'affutent. L'heure est à un premier bilan.
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Les grands sommets, Versailles en tête, étaient censés inculquer une nouvelle dynamique. Une Europe puissance, capable de tenir tête à la Russie seule.
Les discours martiaux appelant au réarmement, à la défense européenne, au basculement stratégique n'ont pas donné de véritable suite.
D'abord, il a fallu du temps, beaucoup de temps pour se réveiller. Quand certains avaient commencés en 2014, d'autre sont partis de presque 0 en 2022, comme l'Allemagne. Il y a un bon élève, la Pologne, qui dépense 4.8% de son PIB pour la défense, qui recrute énormément pour l'armée, mais, en achetant principalement hors UE.
Les autres font mieux, mais la lenteur du processus est frappante. Certains ne se sentent même pas concernés (Espagne ou Italie)...
Entre 60 et 80% des armes achetés par les états membre de l'UE depuis 2022 ne proviennent pas de l'UE.
64% sont achetés directement aux Etats-Unis. Un symbole, le F35, choisit par 13 !!! Etats européens. En sachant que :*
-Le F35 est très cher
-Sa maintenance est complexe
-Les Etats-Unis peuvent l'empêcher de voler
-C'est un avion qui est très performant mais fragile, très couteux à faire voler…
Dans le cas des Etats-Unis, malgré 4 ans de guerre à l'est (et une aide américaine qui baisse constamment), les pays européens n'ont pas vraiment changé de doctrine. Certes, l'Europe aide plus l'Ukraine que les Etats-Unis, mais elle continue de compter sur Washington pour sa défense.
Big victory for the Sudanese 🇸🇩 Army after they lifted the 2.5 years long siege of the city of Dilling
It is the biggest victory for the SAF since they liberated the capital city a year ago. At the same time, RSF attempted to open a new front in Blue Nile.
Massive forces led by the 5th division of El Obeid, the 10th division of Abu Jubaynah as well as the brigades 53rd and 38th and joint forces entered today the city of Dilling in South Kordofan.
After a month long counter-offensive south of El Obeid, those forces took the Rapid Support Forces by surprise, pushed on open terrain between the Nuba mountains and reached Habila this morning.
After that, they continued their push and reached the city of Dilling, one of the two remaining encircled garrison (after most fell, apart from Kadugli, capital city of south Kordofan, still encircled.
Held by the 54th infantry brigade alone, the city stood 2.5 years.
Who are the actors, why are they fighting ? Is the conflict origine from money, gold, oil, power, religion or ethnicities ? Which foreign powers are involved ?
Here, you will find a general guide of the Sudan war :
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When did it start ?
On april 15th 2023. Where ? In Khartoum, the capital city, unlike previous conflicts.
Sudan was already partly at war before, discontinuously since 1983 (1983-2005, 2nd South Sudan war, 2003-2020, Darfur war, 2011-2020, South Kordofan and Blue Nile war).
Who is fighting :
The Sudanese Armed Forces :
The SAF are based in Khartoum and Port Sudan; they defend the state's borders and internal stability. Their leader is Al-Burhan, and the military commanders are heirs to the military-Islamist regime of Omar al-Bashir (1989-2019).