Si vous n’avez pas le temps de tout lire, résumons ce que devient la réalité sous votre plume ou lors de vos interventions :
@TotalEnergies enregistre entre un quart et un tiers de ses profits mondiaux totaux en Suisse et à Singapour —> « Nous ne délocalisons pas nos profits dans les paradis fiscaux. »
Vous occultez la Suisse et Singapour de votre comptabilité pays par pays —> « Nous sommes parfaitement transparents. »
Vos concurrents publient une ventilation complète de leurs bénéfices et de leurs impôts pays par pays —> « Nos concurrents ne sont pas transparents. »
Votre taux d’imposition a été de 4 % en Suisse et à Singapour en 2022, chiffre que chacun peut vérifier aisément —> « Cet expert économique ne sait pas calculer. »
Vous ne payez la plupart du temps pas un iota d’impôt sur les sociétés en France —> « Nous payons beaucoup d’impôts en France ».
C’est un rapport tout de même assez particulier à la vérité que vous semblez entretenir.
Le problème que posent vos profits dans les paradis fiscaux est simple :
Taxation faible = enrichissement maximal pour les majors et leurs propriétaires = incitations maximales à continuer d’extraire des énergies fossiles.
Cela crée un cercle vicieux qui met en danger l’habitabilité de notre planète.
Lutter contre le changement climatique impose de réduire à néant ces incitations le plus vite possible – tout le contraire de la tendance qui a prévalu au cours des dernières décennies.
Alors que 90 % de la rente pétrolière se voyait imposée dans les années 1970, seulement 30 % à 40 % est fiscalisée aujourd’hui.
Paradoxe accablant :
Alors qu’il n’a jamais été aussi urgent d’arrêter l’extraction d’énergie fossile au profit de sources décarbonées, les profits que les acteurs privés peuvent tirer de cette activité n’ont jamais été aussi fabuleux.
Ce n’est pas une fatalité.
Contrairement à ce que soutiennent les tenants du statu quo, il existe un éventail de possibilités pour imposer les majors pétrolières, particulièrement en période de superprofits.
Et chaque pays peut le faire seul.
On peut par exemple envisager d’imposer les superprofits mondiaux, difficiles à manipuler, et non ceux que les multinationales prétendent « réaliser » en France, qu’elles parviennent à réduire à peau de chagrin.
Cela a été la règle par le passé, par exemple aux Etats-Unis dans les années d’après-guerre.
D’autres solutions sont concevables, comme ventiler les superprofits au pro-rata du chiffre d’affaires réalisé dans chaque Etat.
Par exemple, si 20 % des ventes mondiales de @TotalEnergies sont réalisées en France (ce qui est actuellement le cas), alors la France pourrait imposer 20 % des superprofits mondiaux de Total.
Comme l’explique Reuven Avi-Yonah, référence mondiale en matière de droit fiscal, c’est d’ailleurs le sens des évolutions engagées depuis une dizaine d’années à l’OCDE : il n’y a pas d’obstacle juridique ou technique infranchissable.
Il est bien sûr compréhensible que ces évolutions ne vous enchantent pas. Vous ne souhaitez pas payer plus d’impôt, soit.
Vous souhaitez pouvoir, le plus longtemps possible, continuer à profiter, le plus possible, de l’extraction de pétrole et de gaz. C’est votre métier.
Mais votre intérêt, M. @PPouyanne , est opposé à celui des 8 milliards d’habitants de notre planète et à celui de leurs descendants.
Pour cette humanité, combattre l’évasion fiscale du secteur extractif – cette évasion qui permet à quelques-uns de s’enrichir plus que jamais, les encourageant ainsi à forer toujours plus – est devenu une question de survie.
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Bonjour M. @SebLecornu , alors que la France fait face à un été record de canicules et de méga-feux, TotalEnergies vient d’annoncer des bénéfices historiques.
Pourtant, Total ne paie toujours pas d’impôt sur les sociétés en France. Pourquoi ?
Alors qu’une nouvelle canicule est annoncée cette semaine et que nos pompiers se battent contre le feu en Gironde et ailleurs en France, @TotalEnergies vient d’enregistrer 11,2 milliards de dollars de profits (environ 10 milliards d’euros) au cours des 6 premiers mois de 2026.
Soit une hausse de 72 % sur un an, grâce à la guerre en Iran et à l’envolée des prix du pétrole que celle-ci a provoquée.
On pourrait penser que cette explosion des bénéfices de TotalEnergies profitera à l’État français et à nos services publics. Il n’en est rien.
Pourquoi? Parce que @TotalEnergies utilise différents stratagèmes pour se soustraire à l’impôt sur les sociétés en France.
L’impôt sur les sociétés est le principal impôt acquitté par les entreprises, au taux normal de 25% sur les bénéfices.
Il rapporte environ 60 milliards d’euros par an, soit l’équivalent du budget de l’Éducation nationale.
Now that the California billionaire tax is officially on the ballot this November, voters deserve logical arguments.
This guest essay in today’s New York Times, by two economists from the Hoover Institution, is based on a shocking logical mistake. 🧵
The California billionaire income tax is a one-time tax of 5% on the wealth of California’s ~250 billionaires.
It would be owed by billionaires residing in California as of January 1, 2026.
Because these billionaires own >$2 trillion in wealth, it would generate ~$100 billion.
Crucially, moving to another state doesn’t allow one to avoid the tax, since it would be owed by billionaires who lived in California at the beginning of 2026.
It is too late to dodge the tax: there is no incentive to move to another state.
I have some tremendous news to share: we've just won a decisive victory against Mark Zuckerberg and the Silicon Valley billionaires 🧵
Together with my colleague Emmanuel Saez, we’ve spent years working alongside California's civil society to make the 200 Silicon Valley billionaires—including Mark Zuckerberg and Peter Thiel—pay their fair share.
Today, they have just lost a crucial battle.
It all began in July 2025, when Donald Trump signed the One Big Beautiful Bill Act into law.
The legislation included sweeping budget cuts, slashing funding for Medicaid, the health insurance program that serves low-income Americans. nytimes.com/interactive/20…
J’ai une immense bonne nouvelle à vous annoncer: nous venons de remporter une victoire décisive face à Mark Zuckerberg et aux milliardaires de la Silicon Valley 🧵
Avec mon collègue Emmanuel Saez, cela fait des années que nous travaillons avec la société civile californienne pour imposer les 200 milliardaires de la Silicon Valley comme Mark Zuckerberg ou Peter Thiel.
Aujourd’hui, ils viennent de perdre une manche cruciale.
Tout a commencé en juillet 2025, lorsque Donald Trump a promulgué la loi « One Big Beautiful Bill Act » : un ensemble de mesures budgétaires qui réduisait drastiquement le financement de Medicaid, le programme fédéral d'assurance maladie destiné aux Américains à faibles revenus.
Alors que les canicules s’intensifient, pourquoi le gouvernement a-t-il divisé par trois le Fonds vert destiné à l’adaptation des territoires au changement climatique ? 🧵
Pour le comprendre, il faut se plonger dans le budget de la France.
Objectiver les choix structurants qui ont été réalisés et qui nous conduisent à cette situation édifiante.
Le gouvernement, d’abord, a choisi de réduire les recettes fiscales du pays.
Depuis 2017, ce sont 2 points de PIB de recettes qui manquent à l’appel, soit 60 milliards d’euros par an.
C’est l’équivalent du budget de l’éducation nationale qui s’est volatilisé.