đ«đ· Lors dâun rapport devant la @AN_Defense « sur la prĂ©paration Ă la haute intensité », les dĂ©putĂ©s @MIRALLESMP et @JL_Thieriot ont indiquĂ© que « lâaviation de chasse française pourrait ĂȘtre rĂ©duite Ă nĂ©ant en cinq jours » dans un engagement « haute intensité ». THREAD đ
Au terme dâune cinquantaine auditions, les rapporteurs dressent un panorama des menaces actuelles et sâattachent Ă caractĂ©riser la haute intensitĂ© (HA). [...] et ont analysĂ© la probabilitĂ© que survienne un conflit conventionnel de grande ampleur.
En proposant trois scĂ©narios schĂ©matiques de conflits de haute intensitĂ©, les rapporteurs montrent quâun dĂ©rapage, une erreur dâapprĂ©ciation, ou des pratiques dissimulĂ©es peuvent conduire Ă des conflits militaires dâampleur.
En proposant trois scĂ©narios schĂ©matiques de conflits de haute intensitĂ©, les rapporteurs @JL_Thieriot / @MIRALLESMP montrent quâun dĂ©rapage, une erreur dâapprĂ©ciation, ou des pratiques dissimulĂ©es peuvent conduire Ă des conflits militaires dâampleur.
Les tendances identifiées dans les livres blancs sur la défense et le sécurité nationale depuis 2008 se sont toutes, depuis, accentuées ou réalisées.
.@ElieTenenbaum estime quâil faut distinguer lâintensitĂ© militaire de lâintensitĂ© politique dâun conflit. La comprĂ©hension de la haute intensitĂ© est selon lui obscurcie par les exemples historiques des guerres napolĂ©oniennes, ou des deux guerres mondiales.
Les conflits asymĂ©triques montrent que la haute intensitĂ© politique nâimplique pas nĂ©cessairement la haute intensitĂ© capacitaire : les guerres dâIndochine ou dâAlgĂ©rie Ă©taient des guerres totales, avec des moyens trĂšs limitĂ©s, mĂȘme au regard des capacitĂ©s militaires de lâĂ©poque.
Selon les rapporteurs, l'une des questions fondamentales est de savoir, pour la France, quels sont les « enjeux majeurs voire existentiels » qui justifieraient lâengagement de la force armĂ©e sans pour autant dĂ©clencher une riposte nuclĂ©aire.
Comme lâa soulignĂ© @BrunoTertrais (@FRS_org), il nâexiste a priori pas de scĂ©nario vraisemblable dans lequel une grande puissance sâen prendrait Ă un pays couvert par lâarticle 5 du traitĂ© de lâAtlantique-Nord (#OTAN).
Un affrontement de haute intensité pourrait survenir dans trois cas de figure :
1/ Miscalculation
2/ Escalade non maßtrisée
3/ Dissimulation
Le conflit de haute intensitĂ© occupe donc une place tĂ©nue dans le triptyque compĂ©tition - contestation - affrontement, juste avant le seuil des « intĂ©rĂȘts vitaux de la Nation », qui, eux, entrent dans la dialectique de la dissuasion nuclĂ©aire.
Le conflit de haute intensitĂ© occupe donc une place tĂ©nue dans le triptyque compĂ©tition - contestation - affrontement, juste avant le seuil des « intĂ©rĂȘts vitaux de la Nation », qui, eux, entrent dans la dialectique de la dissuasion nuclĂ©aire.
Un futur engagement de haute intensitĂ© commencerait probablement dans le domaine cybernĂ©tique, lâespace ou le milieu informationnel. Il ne serait pas facile dâen lire les prĂ©mices. « La guerre des perceptions a dĂ©jĂ commencĂ© en rĂ©alitĂ© ».
Le conflit se prolongerait vraisemblablement par des pratiques hybrides, sous le seuil du conflit armĂ© : dĂ©stabilisation, utilisation des flux migratoires, chantage, intimidations, attaques cyber contre les systĂšmes de fourniture de services tels que lâĂ©nergie ou banques.
Câest dans ce « brouillard de la guerre » Ă©paissi, qui nâa plus rien, en rĂ©alitĂ©, de clausewitzien, que peut survenir et durer un conflit de haute intensitĂ©.
Depuis la guerre du Golfe, qualifiĂ©e par les USA de "premiĂšre guerre spatiale", lâimportance du spatial dans les combats de HA est connue. Les satellites de tĂ©lĂ©com., de gĂ©olocali., dâimagerie sont devenus essentiels Ă notre mode de vie et Ă de nombreux aspects de notre Ă©conomie.
Sera-t-il possible de savoir quand aura commencĂ© et quand finira un conflit de haute intensitĂ© ? « Il nây a plus de dĂ©claration de guerre ou de dĂ©cision de faire la guerre. Tout lâenjeu est de dĂ©tecter le passage du seuil entre la contestation et lâaffrontement » selon le CPCO.
Mener une campagne de HA nâexige pas uniquement la mobilisation de puissantes capacitĂ©s initiales, mais aussi lâaptitude Ă rĂ©gĂ©nĂ©rer le potentiel de combat. En dâautres termes, le caractĂšre de haute intensitĂ© dâun conflit est avant tout une affaire militaire et logistique.
La question est posĂ©e : notre l'outil de dĂ©fense français, bien quâen pleine rĂ©orientation, saurait-il faire face Ă un conflit de haute intensitĂ© ?
LâAdT qui comptait 15 divisions Ă la fin de la Guerre froide (300k militaires), nâa plus que lâĂ©quivalent de 2 divisions concentrĂ©es sur le segment mĂ©dian, cad polyvalentes, capables de survivre dans un enviro. contestĂ© mais suffisamment lĂ©gĂšres pour demeurer expĂ©ditionnaires.
Selon lâancien commandant des FAS, avec 117 #Rafale et un taux de disponibilitĂ© qui peut difficilement dĂ©passer 0,7, lâarmĂ©e de lâAir et de lâespace nâa en rĂ©alitĂ© que 80 avions de chasse « bons de guerre ».
Dans le cas dâun conflit de HA, compte tenu du taux de dispo et de la sanctuarisation des AdC nĂ©cessaires pour la dissuasion et la posture permanente de sĂ»retĂ© aĂ©rienne, seule une trentaine dâAdC environ seraient vĂ©ritablement dispo pour mener le combat conventionnel au dĂ©but.
Selon lâancien CDT des FAS, le gĂ©nĂ©ral Bruno Maigret, « dans un conflit de haute intensitĂ©, avec un taux dâattrition proche de celui des Malouines en 1982 (8 %) lâarmĂ©e de lâAir nâaurait plus dâavions en 10 jours et vraisemblablement plus de missiles au bout de deux jours. »
Les forces navales ont Ă©tĂ© considĂ©rablement rĂ©duites depuis 1985, le nombre de marins passant de 75 000 Ă 35 000 environ et la flotte se rĂ©duisant de 147 vaisseaux Ă 80 aujourdâhui.
En dĂ©pit de son caractĂšre Ă©chantillonnaire, la FR reste une puissance militaire crĂ©dible. Bien que le soutien US reste indispensable pour de nombreuses opĂ©, la recherche dâun modĂšle dâarmĂ©e complet, garantie dâune capacitĂ© Ă entrer en 1er sur un théùtre, reste un guide constant.
La France dispose en effet de plateformes de renseignement Ă©lectromagnĂ©tique lui permettant de localiser les adversaires et les Ă©metteurs radars, de capacitĂ©s dâimagerie satellitaire ou de reconnaissance optique de haute altitude et de munitions guidĂ©es.
La France ne dispose en revanche ni de capacitĂ©s de brouillage aĂ©roportĂ©es, ni de munitions antiradars, ce quâelle surmonterait vraisemblablement au prix de risques accrus pour ses pilotes.
LâarmĂ©e française est enfin considĂ©rĂ©e Ă bon droit comme lâune des plus aguerries du monde occidental, notamment grĂące Ă la variĂ©tĂ© et Ă a frĂ©quence de ses engagements depuis plus de 20 ans, en Afghanistan, en Syrie, en Libye, au Sahel, au Liban, dans le ciel des Ătats baltes...
StĂ©phane Bouillon, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de la dĂ©fense et de la sĂ©curitĂ© nationale (SGDSN), au cours de son audition, « la haute intensitĂ©, pour nous, câest de la haute interministĂ©rialitĂ© ! »
Un reprĂ©sentant du COS dĂ©plorait pour sa part que les armĂ©es soient insuffisamment acculturĂ©es au #marketing : « câest la base de toute entreprise privĂ©e qui fait du commerce ! Les armĂ©es auraient besoin de psychologues guerriers, en somme. »
Face aux stratĂ©gies indirectes de nos compĂ©titeurs, lâoutil militaire doit rester crĂ©dible mais gagner en agilitĂ©, et rester le bras armĂ© de toute une Nation. « Un conflit, ce nâest pas que lâaffaire de lâĂtat, câest lâaffaire de tout un peuple », a rĂ©sumĂ© le SGDSN.
LâhypothĂšse dâengagement majeur prĂ©vue dans le contrat opĂ©rationnel ne prend pas non plus suffisamment en compte la consommation des munitions et lâattrition prĂ©visible en cas de conflit de HA. Il serait nĂ©cessaire de repenser un modĂšle en repartant dâhypothĂšses politiques.
Il est hautement improbable que la France se trouve isolĂ©e dans un conflit de haute intensitĂ©, aussi est-il vital dâĂȘtre assurĂ©s de pouvoir conduire des opĂ©rations efficacement avec des partenaires sĂ»rs.
LâinteropĂ©rabilitĂ© des futurs standards du #Rafale avec les Fâ35, et plus largement, la poursuite de lâinteropĂ©rabilitĂ© des Ă©quipements français avec le monde Fâ35 (capteurs, ravitailleurs, Ă©changes dâinformation) est un sujet de prĂ©occupation constant.
Dans le domaine des munitions, le prochain changement du calibre standard amĂ©ricain pour les fusils dâassaut, qui passera de 5,56 mm Ă 6,8 mm Ă partir de 2023, pourrait avoir des consĂ©quences majeures sur les normes #OTAN et donc sur le marchĂ© des munitions.
Comme lâa trĂšs justement soulignĂ© un officier de lâEMA, il ne faut pas que lâhypothĂšse dâun conflit de haute intensitĂ© devienne le prĂ©texte à « une course aux armements qui nous mĂšnerait Ă lâescalade, Ă un Ă©puisement et augmenterait voire effacerait le seuil de la dissuasion. »
« Il vaut mieux rechercher un avantage comparatif en identifiant des niches sur lesquelles nos compétiteurs ne sont pas encore ou en étant en mesure de combiner les effets dans tous les champs et milieux »
« Il vaut mieux rechercher un avantage comparatif en identifiant des niches sur lesquelles nos compétiteurs ne sont pas encore ou en étant en mesure de combiner les effets dans tous les champs et milieux » selon @ChamussyN (@Nexter_Group).
Ă court terme, il est difficile de jouer sur le format des armĂ©es mais la prĂ©paration Ă la HA doit tout dâabord passer par un renforcement des capacitĂ©s effectives des forces françaises en Ă©toffant les stocks dâĂ©quipements de mission, de munitions, ravitaillement divers.
Pour lâancien CDT des FAS, « le niveau de munitions nâest pas non plus crĂ©dible. Le raid Hamilton (en Syrie) a consommĂ© des munitions Ă un niveau quâon nâaurait pas pu tenir beaucoup plus de quelques jours dâaffilĂ©e. Les US ont tirĂ© 200 Tomahawks dans les 48 premiĂšres heures. »
Se référant au conflit du Haut-Karabagh, « il est à craindre que certains de nos adversaires soient capables de nous épuiser à la fois dans nos stocks et dans notre ressource humaine. »
« 180 #Rafale en 2035, cela paraĂźt trĂšs long. 117 rafale aujourdâhui, câest peu. On aura du mal Ă faire mieux que 0,7 de taux de disponibilitĂ©. Ăa ne fait que 80 avions » a dĂ©plorĂ© le gĂ©nĂ©ral Maigret.
Comme lâa rappelĂ© le gĂ©nĂ©ral de corps dâarmĂ©e Christian Jouslin de Noray, directeur central de la @MCO_Terre, depuis la Guerre de SĂ©cession, soit la guerre se gagne en quelques jours, soit câest le pays qui a lâindustrie la plus puissante qui finit vainqueur.
Le DC SIMMT a ajoutĂ© que la France disposait dâun modĂšle de maintenance terrestre remarquablement performant pour faire face Ă la haute intensitĂ© parce quâil allie lâagilitĂ©, lâinnovation et la puissance du privĂ© Ă la rĂ©silience et Ă la rĂ©activitĂ© de la maintenance Ă©tatique.
Au-delĂ des considĂ©rations capacitaires, les RH sont celles qui prĂ©sentent en rĂ©alitĂ© le plus de dĂ©fis. La France rencontre pour lâinstant moins de difficultĂ©s de recrutement que dâautres nations occidentales mais ces difficultĂ©s sont patentes pour certaines spĂ©cialitĂ©s.
Selon un reprĂ©sentant du COS, les armĂ©es comme le COS sont en retard dans le domaine des systĂšmes dâinformation et de commandement.
« LâinteropĂ©rabilitĂ© est en rĂ©alitĂ© un moyen de suprĂ©matie technologique et commerciale US. Il va nous falloir un concept de type C3PO : un module qui parle estonien, espagnol, ATO de forces aĂ©riennes, etc. GrĂące Ă lâIA, câest une chose qui sera accessible dans 2, 3 ou 5 ans. »
Dans la prochaine loi de programmation militaire, il faudra réinvestir dans des capteurs permettant de faire du renseignement à distance, trÚs discrets ou trÚs protégés (blindage, protection NRBC, etc.).
Il faudra aussi remplacer les capacitĂ©s embarquĂ©es sur les aĂ©ronefs tels que le pod Reco NG, dont lâobsolescence est survenue plus vite que prĂ©vu et dont le remplacement nâest pas prĂ©vu, en dehors du systĂšme dâaviation de combat du futur (#SCAF), et du programme Archange.
Comme le souligne le rapport de la RAND Corporation précité, la crédibilité des forces françaises est altérée par son manque de « readiness », comprendre : de disponibilité des matériels et de préparation opérationnelle.
Dans la perspective dâun conflit de haute intensitĂ©, il faut garantir aux personnels â et Ă tous les personnels â un haut niveau dâentraĂźnement et donc des heures de fonctionnement sur les diffĂ©rents engins de combat.
La nécessité de reconstituer les stocks de munitions pour faire face à un conflit de haute intensité mais aussi et avant pour permettre un entraßnement suffisant a été évoquée avec une remarquable unanimité au cours des auditions des rapporteurs.
Lâeffort de rĂ©paration poursuivi par LPM sâest certes traduit par la programmation de 6,5 Mds⏠entre 2021-2030. Mais pour tenir lâensemble des contrats opĂ© des 3 armĂ©es en 2030, le besoin financier complĂ©mentaire est Ă©valuĂ© Ă 3,5 Mds⏠+ 350 MâŹ/an pour lâentretien de ces stocks
Il faudrait 2,4 milliards dâeuros sur une loi de programmation, soit 400 millions dâeuros supplĂ©mentaires par an, pour atteindre les normes dâentraĂźnement fixĂ©es en LPM pour les forces terrestres et tenir le contrat opĂ©rationnel dans lâhypothĂšse dâengagement majeur :
650 M⏠pour augmenter le potentiel des matériels terrestres, notamment pour la constitution de stocks de piÚces de rechange suffisants au titre des AIP, pour résoudre certaines obsolescences et organiser la maintenance étatique des matériels #Scorpion
300 millions dâeuros pour augmenter le potentiel des hĂ©licoptĂšres de lâaviation lĂ©gĂšre de lâarmĂ©e de Terre dont les contrats de maintenance, dĂ©sormais « verticalisĂ©s », sont plus efficaces mais plus coĂ»teux
700 millions dâeuros pour le financement de lâactivitĂ© dâentraĂźnement proprement dite, parmi lesquels les grands exercices interalliĂ©s
500 millions dâeuros au titre des infrastructures dâentraĂźnement ;
200 millions dâeuros de munitions (inclus dans les 3,5 milliards dâeuros prĂ©citĂ©s).
AprĂšs Warfighter 21.4 et Polaris 21, #Orion23 est le prochain grand exercice divisionnaire qui fera la dĂ©monstration des capacitĂ©s françaises et sera lâoccasion dâun Ă©tat des lieux.
Lâambition du @CEMAT_FR est de tenir effectivement Ă cette occasion lâensemble du contrat opĂ©rationnel : 10 000 hommes sur le territoire national en quelques jours et un engagement de 15 000 hommes dans une coalition. #Orion23
Poursuivre la modernisation engagée passe par :
1/ Préparer les futurs standards du Rafale en attendant un hypothétique #SCAF
2/ Financer le prochain PANG et se préparer à sauver les projets de lutte anti-mines, de futurs missiles de croisiÚre et de la patrouille maritime
3/ Renouveler le segment lourd et développer la robotisation dans les forces terrestres
4/ Poursuivre la numérisation des soutiens et de la maintenance
Toutes les dĂ©faites sont avant tout des dĂ©faites intellectuelles. PrĂ©parer lâavenir ne requiert pas uniquement des investissements financiers mais aussi des Ă©volutions doctrinales â comme celle qui ont Ă©tĂ© publiĂ©es dans le domaine cyber ou lâespace.
Dans la perspective dâun conflit de haute intensitĂ©, la coordination des moyens civils et militaires, la connaissance par les hauts fonctionnaires et les Ă©lus du fonctionnement militaire et des enjeux de la dĂ©fense sera plus que jamais indispensable.
Les rapporteurs prĂ©conisent le lancement dâune mission dâinformation parlementaire sur le sujet des sociĂ©tĂ©s militaires privĂ©es dĂšs le dĂ©but de la prochaine lĂ©gislature.
Si lâidĂ©e de recourir Ă des mercenaires fait lâobjet dâun rejet unanime au sein de la commu. militaire et diplo., lâemploi, par les US ou RU, de sociĂ©tĂ©s privĂ©es mĂ©rite dâĂȘtre Ă©tudiĂ© pour en connaĂźtre les potentialitĂ©s et les limites et rechercher un meilleur encadrement.
Les rapporteurs @MIRALLESMP / @JL_Thieriot prĂ©conisent aussi de lancer une mission dâinformation parlementaire sur la guerre dâinfluence ou guerre cognitique.
Les rapporteurs retiennent aussi de lâaudition de plusieurs officiers que la dĂ©centralisation de la prise de dĂ©cision sera un enjeu croissant dans les conflits futurs pour amĂ©liorer la rĂ©activitĂ© des forces.
Compte tenu de lâattrition prĂ©visible en cas de conflit de haute intensitĂ© et des besoins de munitions, une mobilisation urgente de lâindustrie serait nĂ©cessaire ainsi que le passage Ă une Ă©conomie de guerre avec la rĂ©quisition (indemnisĂ©e) dâinstallations civiles.
DâaprĂšs les industriels, lâouverture en urgence de nouvelles chaĂźnes prendrait entre 18 et 36 mois pour la plupart des matĂ©riels et Ă©quipements et jusquâĂ cinq Ă six ans pour les plus complexes.
Comme lâa confirmĂ© la @DGA et lâont dĂ©plorĂ© la plupart des industriels, il nâexiste pas aujourdâhui de cellule de planification de la remontĂ©e en puissance au ministĂšre des ArmĂ©es ou de plan dĂ©jĂ nĂ©gociĂ©.
Comme lâa rĂ©sumĂ© avec une remarquable efficacitĂ© le PDG de @Nexter_Group, @ChamussyN , pour remonter en puissance, il faudra rĂ©unir les quatre Ă©lĂ©ments suivants :
â du personnel (qualifiĂ©, formĂ©) ;
â des machines ;
â des matiĂšres premiĂšres ;
â des espaces.
Compte tenu de lâattrition probable des matĂ©riels mais surtout des ressources humaines, et du temps de formation des pilotes ou des Ă©quipages, la perspective dâun conflit de haute intensitĂ© impose de reconsidĂ©rer nos formats dâarmĂ©es actuels dĂšs aujourdâhui.
Changer les formats des forces navales et aériennes passe par :
1/ Augmenter le format de lâaviation de chasse
2/ Augmenter le format des forces navales à moindre coût
3/ Utiliser tout le potentiel de la robotisation pour acquérir de la masse
Les rapporteurs estiment que la France devrait se donner lâobjectif dâavoir 18 frĂ©gates de premier rang dĂšs que possible. Cet objectif nâest cependant atteignable quâaprĂšs 2030, en raison des capacitĂ©s industrielles.
Dans le domaine aĂ©roterrestre, un conflit de haute intensitĂ© imposerait de reconstituer des capacitĂ©s aujourdâhui Ă©chantillonnaires ou abandonnĂ©es mais de maniĂšre innovante. Le renforcement de ces capacitĂ©s reprĂ©sente entre 0,5 et 1 milliard dâeuros pour chacune dâelles.
Le gĂ©nĂ©ral Michel Delion, directeur du centre de doctrine et dâenseignement du commandement (CDEC) de lâarmĂ©e de Terre lâa volontiers reconnu : « nous manquons de portĂ©e, de systĂšmes dâacquisition. Il faudra un renforcement considĂ©rable en feux »
Pour corriger ces lacunes, [...] il faudrait investir dans un « high-low mix », câest-Ă -dire panacher des capacitĂ©s de haute technologie avec des solutions plus rustiques et moins coĂ»teuses, Ă lâinstar de ce que recherchent les AmĂ©ricains.
Un effort dâacquisition - dans la dĂ©fense sol-air - est absolument nĂ©cessaire dans ce domaine dans les annĂ©es Ă venir, pour combler cette faille devenue majeure dans la protection des forces aĂ©roterrestres.
Les capacitĂ©s du gĂ©nie sont aujourdâhui insuffisantes pour un engagement de grande ampleur. Le franchissement connaĂźtra une amĂ©lioration relative si le programme SYFRALL est rĂ©alisĂ©.
Les capacitĂ©s de minage mĂ©canique, indispensables pour arrĂȘter une offensive ennemie dâampleur, et les capacitĂ©s de brĂ©chage, permettant aux forces terrestres de franchir sous le feu les obstacles adverses, nĂ©cessitent une remontĂ©e en puissance.
Selon les rapporteurs, avant dâenvisager lâentrĂ©e dans un conflit de haute intensitĂ©, la France devrait aussi compenser des dĂ©cennies de sous-investissement dans les soutiens interarmĂ©es.
Accompagner lâaugmentation des risques par des Ă©volutions du soutien santĂ©. Compte tenu de lâattrition probable dans un conflit de HA, le soutien santĂ© devrait se rĂ©former profondĂ©ment bien quâil dispose dĂ©jĂ en rĂ©alitĂ© de nombreux atouts, notamment dâune expĂ©rience de 300 ans.
Les effectifs du @santearmees, mĂȘme en y ajoutant les 4 000 rĂ©servistes, sont dĂ©jĂ sursollicitĂ©s et ne seront pas suffisants pour faire face Ă un conflit de haute intensitĂ©.
Lâobjectif pour la prochaine loi de programmation militaire est dâobtenir vĂ©hicules de la gamme #Scorpion pour le soutien sanitaire, afin de pouvoir suivre la manĆuvre santĂ© au niveau tactique.
Le SSA devra pouvoir compter sur le systĂšme de santĂ© publique. En cas dâun afflux massif de blessĂ©s, et, en gĂ©nĂ©ral, dâune mise sous tension intense et prolongĂ©e de la chaĂźne de soins du SSA, le risque de saturation rapide des hĂŽpitaux des armĂ©es est bien rĂ©el.
Les rapporteurs @JL_Thieriot / @MIRALLESMP ont Ă©galement appris que les Britanniques pourraient louer ou vendre leurs flottes dâhĂ©licoptĂšres de transport #Chinook Ă la France.
Dans la perspective dâun conflit de haute intensitĂ©, la dĂ©fense opĂ©rationnelle du territoire (DOT) doit ĂȘtre remise au goĂ»t du jour, notamment en intĂ©grant sa dimension #cyber.
Pour le gĂ©nĂ©ral Delion (CDEC), « il faudra penser Ă sĂ©curiser la base spatiale de Kourou, les points dâentrĂ©e et de sortie des cĂąbles sous-marins⊠les besoins sont Ă©normes ! »
Les forces de sĂ©curitĂ© intĂ©rieure, et plus particuliĂšrement la @Gendarmerie, devront relever ces nombreux dĂ©fis. Les armĂ©es risquent en effet de voir leurs effectifs intĂ©gralement mobilisĂ©s sur les théùtres dâaffrontement.
Il ressort de tout ce qui prĂ©cĂšde que les efforts consentis pour prĂ©parer lâappareil de dĂ©fense Ă la haute intensitĂ© seront vains si les Français ne sont pas davantage informĂ©s des enjeux de dĂ©fense et impliquĂ©s dans les choix structurants Ă faire pour le pays.
La singularitĂ© militaire est menacĂ©e, tout comme la pĂ©rennitĂ© de nos industries de dĂ©fense, du fait des Ă©volutions dâune sociĂ©tĂ© qui ne comprend plus la dĂ©fense.
Le @snujemengage est un outil intĂ©ressant sur lequel lâĂtat peut sâappuyer pour alimenter lâesprit de rĂ©silience au sein de la jeunesse en lâapprofondissant encore, Ă condition de faire lâobjet dâun financement ad hoc.
Les rapporteurs ont le sentiment que la solution ne peut pas venir des militaires eux-mĂȘmes qui font dĂ©jĂ beaucoup pour communiquer, pour sâouvrir Ă la sociĂ©tĂ© et, en particulier, Ă la jeunesse.
Ă lâissue de leurs travaux, les rapporteurs @JL_Thieriot et @MIRALLESMP sont cependant convaincus que la France dispose de solides atouts pour relever ces dĂ©fis.
Le modĂšle dâarmĂ©e français reste un modĂšle de cohĂ©rence, de crĂ©dibilitĂ© et a su conserver en son sein, en germe, toutes les compĂ©tences nĂ©cessaires Ă une vigoureuse remontĂ©e en puissance.
Notre base industrielle et technologique de dĂ©fense (#BITD), parmi les meilleures au monde, continue dâinvestir dans les innovations qui garantiront notre supĂ©rioritĂ© opĂ©rationnelle Ă lâavenir. @Gican_InduNav @GICAT_FR @GifasOfficiel
Il convient maintenant de poursuivre les efforts engagĂ©s par la LPM 2019-2025. @JL_Thieriot estime que cet effort reprĂ©sente un montant supplĂ©mentaire compris entre 40 et 60 milliards dâeuros sur deux LPM.
Concernant les "trous capacitaires" @JL_Thieriot distingue deux grandes lacunes. Le premier, qui touche toutes nos armĂ©es, est le manque de stocks de munitions, quâelles soient simples ou complexes. Le second est relatif au manque de moyens pour lâentraĂźnement.
Pour lâAdT, quelques trous capacitaires ont Ă©tĂ© clairement identifiĂ©s. Premier Ă©lĂ©ment, les capacitĂ©s de frappe dans la profondeur, en clair les lance-roquettes unitaires et les canons #Caesar, avec toute lâarchitecture permettant la gestion des feux dans le combat collaboratif.
DeuxiĂšme Ă©lĂ©ment, la dĂ©fense sol-air basse couche, puisque nous ne sommes plus certains dâavoir la supĂ©rioritĂ© aĂ©rienne et quâĂ cela sâajoute la menace gĂ©nĂ©rale des drones.
Enfin, je citerai les capacitĂ©s de minage-brĂ©chage, que nous avons quasiment abandonnĂ©es, ainsi que la chaĂźne logistique et le systĂšme dâarmes du maintenancier selon @JL_Thieriot
Concernant ensuite lâarmĂ©e de lâAir, nous sommes prĂ©occupĂ©s de la taille de notre flotte de #Rafale, amputĂ©e â et on sâen fĂ©licite â par les ventes Ă lâexport. Il faut remĂ©dier Ă la situation actuelle qui est extrĂȘmement tendue.
"Les avions ravitailleurs, les MRTT, sont en nombre insuffisant. Nous manquons dâavions de cargo de taille intermĂ©diaire. Nous avons nos #A400M mais nos CASA arrivent en bout de course et une solution devra ĂȘtre trouvĂ©e."
"Jâajoute que nous nâavons plus du tout dâhĂ©licoptĂšres lourds, dont on a pourtant vu lâintĂ©rĂȘt pour lâopĂ©ration #Barkhane. Aucune production europĂ©enne nâexiste dans ce domaine."
"Enfin, pour la Marine, les lacunes sont de deux ordres : premiĂšrement, la densitĂ© de lâarmement de nos bateaux et quelques capacitĂ©s insuffisantes ; deuxiĂšmement, le format de la flotte de surface."
"Nous devons aussi avancer rapidement sur le successeur de lâExocet, un excellent missile mer-mer mais dont la conception date des annĂ©es 1970. Nous avons besoin dâune allonge de plus de 100 kilomĂštres aujourdâhui."
Suite Ă une question budget. @JL_Thieriot "Les marches de 3 Mds⏠par an jusquâen 2025 sont vitales. Le plus dur est devant nous. Avec un budget qui atteindra 50Mds⏠en 2025, cela reprĂ©sente, au doigt mouillĂ©, un effort Ă hauteur de 2,5 % du produit intĂ©rieur brut (PIB)."
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