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[@Telerama] Une épidémie est toujours un phénomène politique. Aussi, que dit le COVID-19 de notre rapport à la surveillance ? Y aurait-il un point commun entre les épidémies de peste du XVIIe siècle et la quarantaine technologique de 2020 ?

telerama.fr/medias/ce-que-…
Je reste assez soufflé par la modernité de Foucault lorsqu'il décrit le pouvoir normalisateur des grandes épidémies de peste :

"Derrière les dispositifs disciplinaires, se lit la hantise [...] des gens qui apparaissent et disparaissent, vivent et meurent dans le désordre. »
A mettre en regard avec le terrible paradoxe du Xinjiang : tandis que les autorités chinoises mettent des régions entières sous cloche, les Ouighours, si surveillés en temps "normal", sont renvoyés au travail. Main d'oeuvre sacrifiable...

washingtonpost.com/opinions/2020/…
Autre point intéressant soulevé par ce 🇫🇷 expatrié en 🇨🇳. Le coronavirus agit ici comme un puissant révélateur de la surveillance : la géolocalisation est une arme effective, tandis que la reconnaissance faciale vaut surtout pour son potentiel dissuasif.

Illustration supplémentaire de mon papier d’hier sur le lien entre épidémies et surveillance : aux Etats-Unis, certains parlementaires songeraient à utiliser le risque du coronavirus pour proroger des dispositions du Patriot Act expirant prochainement.

theintercept.com/2020/02/27/cor…
Très curieux de voir ce que va donner la collision entre le 49.3 et les mesures sanitaires contre le coronavirus qui interdisent certains rassemblements.
Face au confinement extrême de plusieurs communes 🇮🇹, Agamben déplore dans un edito « l’Etat d’exception comme paradigme normal de gouvernement ». Que dirait-il du notre, qui décrète le 49.3 lors d’un conseil des ministres exceptionnel consacré à une crise sanitaire mondiale ?
Pour lutter contre le coronavirus, les autorités chinoises collectent de plus en plus de données sur les citoyens, notamment médicales. Que deviendront-elles quand l'épidémie sera terminée ?

scmp.com/tech/apps-soci…
Je continue ce thread en citant un épidémiologiste. Puisque le coronavirus risque de devenir une maladie saisonnière, il ne faut pas négliger son pouvoir normalisateur :

« Petit à petit, on va s’habituer à des mesures qui modifient notre quotidien. »

lemonde.fr/planete/articl…
Face au coronavirus, la Chine déploie une application pour mesurer la contagiosité des habitants. Les informations sont transmises à la police.

A la manoeuvre ? La branche financière d'Alibaba. Qui, ô surprise, met déjà en oeuvre le crédit social.

nytimes.com/2020/03/01/bus…
L'article précise que l'application, Alipay Health Code, a d'abord été testée à Hangzhou, dans l'est du pays. Rien d'étonnant : c'est le siège d'Ant Financial, la filiale d'Alibaba qui en a fait l'un des laboratoires du crédit social.

monde-diplomatique.fr/2019/01/RAPHAE…
J'en parlais dans #alatrace (p. 28-29) : avec 900M d'utilisateurs, Alipay - et son rival WeChat Pay - sont les instruments d'une vie entièrement médiée par le smartphone. La crise sanitaire liée au coronavirus offre au pouvoir 🇨🇳 une incroyable opportunité pour changer d'échelle.
Pour plus de détails sur le fonctionnement de l’app, il faut suivre ce thread de @paulmozur, correspondant du NYT en Chine.
Dans le cadre de l'épidémie de coronavirus, le ministre de la Santé vient de saisir le Comité consultatif national d’éthique pour qu'il "évalue des mesures de santé publique contraignantes" potentiellement attentatoires aux libertés.

la-croix.com/Sciences-et-et…
Très intéressant billet d'@Affordanceinfo2 : "[Le coronavirus] nous raconte une histoire qui n'est pas l'histoire de sa propagation, de sa nuisance ou de sa dangerosité. Mais l'histoire de la plupart des enjeux primaires du siècle à venir."

affordance.info/mon_weblog/202…
En Corée du Sud, les autorités envoient des textos indiquant les derniers déplacements de personnes touchées par le coronavirus. Résultat : des citoyens paranoïaques se fliquent entre eux et se dénoncent publiquement.

theguardian.com/world/2020/mar…
Avec le COVID-19, les charognards de la donnée rôdent déjà : "Nous pensons qu’il faut aller beaucoup plus loin et ne pas manquer l’opportunité digitale. Nous devons avoir une gestion ambitieusement moderne de la crise et en profiter pour préparer l’avenir"
Pour s’assurer que les voyageurs arrivant de Chine, d’Italie ou de France respectent leur quarantaine, Moscou mise sur la reconnaissance faciale. La ville possède 170 000 caméras. Les contrevenants risquent 950€ d’amende et jusqu’à 5 ans de prison.

lemonde.fr/planete/articl…
En Corée du Sud, où plus de 30 000 personnes sont momentanément assignées à résidence à cause du coronavirus, le ministère de l'Intérieur a déployé une app afin de les géolocaliser. Celle-ci n'est pas obligatoire, assurent les autorités.

technologyreview.com/s/615329/coron…
Ca na traîne pas : une entreprise chinoise, qui travaille avec la police, assure que son logiciel de reconnaissance faciale est capable de reconnaître quelqu'un même s'il porte un masque. Bientôt à l'export ?

(Ce thread est parti pour durer...)

reuters.com/article/us-hea…
J'avais prévenu : la France se sert du coronavirus pour pousser la reconnaissance faciale.

"[Elle] peut apporter un certain nombre de bénéfices à la fois dans l'ordre public mais également dans la gestion de maladies", estime @cedric_o.

liberation.fr/direct/element…
Je ne voudrais pas faire l'oiseau de mauvais augure, mais voilà ce que j'écrivais il y a 15 jours.

telerama.fr/medias/ce-que-…
Au Danemark, le gouvernement vient de proposer une loi d'exception qui autorise la police à pénétrer à l'intérieur des logements de personnes soupçonnées d'être infectées par le coronavirus (via @afhivert).

politiken.dk/indland/politi…
Pour endiguer l’épidémie de coronavirus, les autorités israéliennes vont surveiller leurs citoyens en utilisant « des outils technologiques d’ordinaire réservés à la lutte antiterroriste ».

reut.rs/2WdKBkh
Conséquence inattendue du coronavirus : il révèle l’existence de programmes de surveillance clandestins.

nytimes.com/2020/03/16/wor…
Toute start-up nation qu'elle est, la France a opté pour un contrôle analogique du confinement, quand les Coréens ont déployé une app (cf. technologyreview.com/s/615329/coron…). Outre le taux d'équipement en smartphones, je vois une autre explication : on ne pratique pas de tests massifs.
Je dis ceci en réaction à cela. Stratégies très différentes :
C'est au tour des Etats-Unis de réfléchir à une exploitation des données de géolocalisation pour contrôler l'évolution du COVID-19. Facebook et Google ont notamment été approchés.

washingtonpost.com/technology/202…
Dans le même temps, une entreprise texane affirme qu'elle est sur le point de déployer sur le sol américain des caméras thermiques capables de détecter qui a de la fièvre. Ce n'est pas sans rappeler les casques utilisés par la police en Chine.

vice.com/en_us/article/…
L'Italie durcit le contrôle policier du confinement : toute personne mentant sur le fait qu'elle n'est pas astreinte à la quarantaine risque jusqu'à 12 ans de prison.

corriere.it/cronache/20_ma…
NSO, le sulfureux champion israélien de la surveillance, travaille sur un nouvel outil, qui permet de retracer les déplacements d'une personne infectée par le COVID-19. Une douzaine de pays seraient en train de le tester.

bloomberg.com/news/articles/…
Le coronavirus est une opportunité pour les usual suspects de la surveillance :

- Palantir aide l'agence fédérale 🇺🇸 de santé publique à analyser des données
- Clearview, l'épouvantail de la reconnaissance faciale, veut identifier les patients infectés

wsj.com/articles/to-tr…
En Italie, les opérateurs téléphoniques, représentés par l'Association des télécoms, se mettent à disposition des autorités pour collecter les données de géolocalisation de la population, et ainsi retracer l'itinéraire des personnes infectées.

asstel.it/comunicato-sta…
Le député @ebothorel a raison : borner les téléphones pour endiguer l'épidémie en France n'a pas de sens dans la mesure où l'on ne pratique plus de tests. Je ne m'avancerai pas trop sur le cadre légal en revanche, l'état d'urgence sanitaire arrive...

bfmtv.com/tech/covid-19-…
COVID-19 : Mark Zuckerberg dément tout partage de données de géolocalisation avec les autorités en invoquant :tousse: le consentement des utilisateurs.

cnet.com/news/zuckerber…
Pour compléter ce thread viral sur la gestion chinoise de l'épidémie, intéressant point de vue d'un chercheur de l'université de HK : non seulement le modèle de surveillance 🇨🇳 n'a pas endigué l'épidémie, mais il l'a favorisée.

somatosphere.net/forumpost/coro…

On y vient : les sénateurs @BrunoRetailleau et @P_Chaize déposent un amendement au projet de loi coronavirus visant "à faciliter les procédures imposées aux opérateurs dans la collecte et le traitement des données de santé et de localisation".

senat.fr/amendements/co…
MàJ : amendement rejeté.

senat.fr/encommission/2…
Le ministère des Armées lance un appel à projets de solutions innovantes pour lutter contre le COVID-19. Dotation : 10M€. Dans le cahier des charges : "Facteurs de limitation des déplacements et lutte contre la transgression".

defense.gouv.fr/aid/appels-a-p…
L'Espagne lance coronamadrid.com, son application pour géolocaliser les personnes infectées par le COVID-19 dans la capitale.

lavanguardia.com/tecnologia/202…
A Nice, à Paris, des drones sont déployés par la police pour surveiller le respect du confinement. Que deviendront-ils quand tout ça sera derrière nous ?
Grosse concentration en Floride : les légions de spring breakers qui n’avaient pas peur du virus ?
Intéressante tribune de Žižek sur la charge politique du COVID-19 : il bat en brèche la grille de lecture de la surveillance et du contrôle social, et estime que nous allons devoir "apprendre à mener une existence plus fragile".

nouvelobs.com/coronavirus-de…
Une existence plus fragile dans laquelle "votre état de santé peut soudainement être partagé avec des millions de personnes".

nytimes.com/2020/03/23/tec…
En Pologne, les autorités imposent une app aux individus placés en quarantaine : une fois téléchargée, celle-ci les oblige à se prendre régulièrement en selfie ; passé un délai de 20mn, la police débarque.

cbsnews.com/news/coronavir…
Un avant-goût des temps à venir ? A Brioude, en Haute-Loire, une mère verbalisée parce qu’elle se promenait avec un de ses enfants positif au coronavirus.
Chaque jour qui passe nous rapproche un peu plus du contact tracing intrusif. Comité de 12 chercheurs, présidé par la virologue et prix Nobel Françoise Barré-Sinoussi.

La Commission européenne demande aux opérateurs télécom de partager les données - anonymisées - de leurs clients pour combattre le coronavirus. « Nous allons en choisir un par pays », dixit Thierry Breton.

politi.co/2UDzleW
Et voici la liste des 12 membres du CARE, le comité chargé par l’Elysée de s’intéresser à la surveillance des personnes au contact du virus : une virologue, deux infectiologues, une immunologiste, un chercheur de l’INRIA, une anthropologue, un membre du CEA... (via @mart1oeil)
Pour @Telerama, je me pose la délicate question de l'après-confinement. Qui signera peut-être l'inévitable recul de nos libertés, à mesure que la technologie, en 🇫🇷 et dans le monde, s'impose comme le remède politique à la crise sanitaire. Extraits. 👇

telerama.fr/medias/covid-1…
D'Israël aux Etats-Unis, de l'Italie à la Pologne, de l'Espagne à la France, on semble se diriger vers une généralisation du "contact tracing", afin de suivre toutes les personnes exposées au virus. Ca ressemblerait à ça (schéma issu des travaux de chercheurs d'Oxford) :
C'est la tactique sud-coréenne : tester, tracer, traiter. Jean-François Delfraissy, le président du conseil scientifique, le reconnaît lui-même : " C'est une atteinte aux libertés". Mais c'est aussi l'option qui tient la corde, faute d'alternative.
Comme le dit l'éthicien italien Michele Loi, qui a conseillé l'OMS, "nous sommes confrontés à la plus grande menace sur les libertés de notre génération". Des normes pourraient voler en éclats, à commencer par la vie privée et le secret médical. le dilemme éthique est énorme.
Petite digression : saviez-vous qu'en 1916, le New York Times publiait en pages intérieures le nom et l'adresse des personnes infectées par la polio ? Imaginez les conséquences aujourd'hui, avec les réseaux sociaux, sur le tissu social.
Quand le confinement sera levé, il est peu probable que nous revenions à la normale. Le risque ? Qu'émergent de nouvelles classes dangereuses, les plus précaires, ceux qu'on somme de rester littéralement au contact en travaillant : les caissières, les ouvriers, les livreurs.
Dans l'Italie du XVIIe siècle, il y avait les untori, accusés de propager intentionnellement la peste. En 2020, il y a tous ces travailleurs obligés de circuler dans l'espace public, qui seront peut-être ceux qu'on immobilise demain. Ce n'est pas de la science-fiction.
Double dose d'inquiétude dans @lemondefr :

- Agamben s'inquiète de la banalisation de l'état d'exception
- @raphkempf estime que l'état d'urgence sanitaire est une loi scélérate

lemonde.fr/idees/article/…
lemonde.fr/idees/article/…
Puisque l'on risque d'en reparler dans les semaines qui viennent lors de l'incontournable débat sur la surveillance des malades :

Les 👏 données 👏 anonymisées 👏 n'existent 👏 pas 👏

themarkup.org/ask-the-markup…
J'ai oublié de l'intégrer à mon article : selon cette étude de l'Imperial College de Londres, il faut se préparer à subir des mesures de distanciation sociale pendant au moins 18 mois (le temps qu'un vaccin soit disponible, et en espérant qu'il marche).

imperial.ac.uk/media/imperial…
Bon thread récapitulatif sur l'utilisation des données contre le COVID-19. 3 cas d'usage se dégagent :

- cartes de chaleur
- prévention
- surveillance des confinés

Et un tableur qui compile les expérimentations pays par pays : lite.framacalc.org/9fqk-CNNumMesu…

« Les analyses seront effectuées uniquement dans les espaces publics, et pas, par exemple, dans les immeubles d’habitation ni les locaux d’entreprises. »
En attendant une position officielle du gouvernement sur le traçage post-confinement, la @CNIL recommande un traitement de données anonymisées. Pour un dispositif plus intrusif (un suivi individuel par ex.), « une intervention législative s’imposerait ».

mediapart.fr/journal/france…
Sur Europe 1, Stéphane Richard, le patron d’Orange, a expliqué la coopération avec l’@Inserm : géolocalisation des téléphones des français pour affiner le modèle épidémiologique.
Quand on voit les tensions liées aux transhumances pré-confinement, on peut sans mal imaginer les conséquences d'un modèle plus intrusif : stigmatisation publique et délation, comme en Corée. Imaginez le cas d'un parisien contagieux exilé sur l'Ile de Ré.

theguardian.com/world/2020/mar…
C'est d'autant plus préoccupant qu'Emmanuel Macron use et abuse en effet du vocabulaire militaire.
Un chiffre à avoir en tête au moment de discuter d'une possible surveillance par temps de COVID-19 : le taux de pénétration du smartphone. En tête, on retrouve 2 pays qui pratiquent le contact tracing : la Corée du Sud (95%) et Israël (88%). 75% en 🇫🇷.

statista.com/statistics/539…
En 3 jours, 620 000 habitants de Singapour ont téléchargé TraceTogether, l'application (open source) du gouvernement. Grâce au Bluetooth, elle peut identifier toute personne ayant été à moins de 2m d'une personne infectée pendant au moins 30 minutes.

straitstimes.com/singapore/coro…
Les drones qui quadrillent le ciel 🇫🇷 pour faire respecter le confinement ? De confection chinoise, capables de prendre la température d’un individu. « Pas envisagé » chez nous pour le moment, mais « qui sait si l’on ne devrait pas s’y résoudre » ?

lemonde.fr/economie/artic…
Pour organiser ses données et allouer ses ressources dans la lutte contre le coronavirus, le système de santé publique britannique a trouvé de l'aide auprès d'une entreprise bien connue du petit monde du renseignement :

🔮 Palantir 🔮

news.sky.com/story/coronavi…
Communiqué de l'@inserm sur la coopération avec Orange : "Nous n’allons pas nous intéresser aux déplacements d’un individu particulier [...] plutôt analyser des données quantitatives anonymisées qui rendent compte de la mobilité entre zones géographiques"

presse.inserm.fr/les-donnees-de…
Deux objectifs :

- Analyser la mobilité autour du confinement (notamment pour vérifier s'il est respecté)
- Affiner le modèle épidémiologique en fonction de la mobilité des personnes pour ajuster la réponse sanitaire.

Résultats connus dans les prochaines semaines.
Au Royaume-Uni ou en Israël, 2 millions de personnes ont déjà téléchargé des apps afin de partager leurs données de santé et leur géolocalisation avec les autorités.

C'est l'un des enseignements de cette pandémie : le consentement se donne volontiers.

forbes.com/sites/thomasbr…
Voici une excellente initiative pour inventorier les expérimentations de surveillance sanitaire (ça bouge très vite)
Bulletins individuels, contrôle des déplacements et magistrats dédiés : comment, au XVe siècle, la République de Venise a inventé la surveillance sanitaire pour endiguer la peste (thread recommandé)👇

Attendez-vous à ce que ce type de discours se répande un peu partout dans les semaines à venir ⚠️
"Le numérique qu’on nous enjoint de pratiquer en ce moment pourrait ainsi être qualifié de quick and dirty", dit @AntonioCasilli dans @AOC_media, évoquant autant le télétravail que la surveillance. "Move fast and break things", dirait Zuckerberg.

aoc.media/entretien/2020…
Pas de répit pour l’IA bullshit, même en temps de pandémie...

Devinez qui serait discriminé par un tel algorithme : toutes les personnes, souvent précaires, qui continuent de travailler et sont plus exposées au virus. La double peine.

Savoir et prévoir > Surveiller et punir

"Lorsque le temps des comptes sera venu, il nous faudra comprendre comment nous en sommes arrivés à la situation actuelle". Et le solutionnisme technologique ne suffira pas à camoufler la casse de l'hôpital public.

laviedesidees.fr/Savoir-et-prev…
État d’urgence sanitaire, tour de vis sécuritaire
« Vu la crise que nous traversons, le RGPD, on a dépassé ces histoires-là » 🤷🏻‍♂️

rtl.fr/actu/justice-f…
Vous vous souvenez de Two-I, cette start-up messine qui veut faire de la reconnaissance des émotions dans le tram niçois et identifier les visages dans les stades ? Elle met sa technologie à disposition des villes pour contrôler le confinement.

lejournaldesentreprises.com/lorraine/breve…
"Ce n’est pas de la surveillance de masse mais l’outil pourrait permettre de sortir plus rapidement du confinement", dit le patron.
La pandémie banalise déjà la surveillance : imaginez que votre employeur puisse surveiller votre télétravail en faisant des captures d’écran de votre écran d’ordinateur toutes les 10 minutes grâce à des logiciels-espions achetés en catastrophe.

bloomberg.com/news/features/…
Les Etats-Unis analysent les données de géolocalisation pour mesurer la mobilité ou le respect du confinement. Grâce aux opérateurs télécom ? Non, en s'appuyant sur l'industrie opaque du marketing mobile, connue pour revendre les infos qu'elle collecte.

msn.com/en-us/news/us/…
Après les drones, l’hélicoptère de nuit de la gendarmerie qui quadrille le ciel nantais pour faire respecter le confinement à l’aide de caméras infrarouges. 🌙

larochesuryon.maville.com/actu/actudet_-…
Alors que Moscou vient de passer en confinement total, la mairie travaille sur un « système intelligent de contrôle » : chaque habitant devra s’enregistrer en ligne et recevra un QR code individuel à présenter à la police.

meduza.io/en/feature/202…
Selon le ministre de la Défense israélien, géolocaliser les personnes infectées ne suffit plus ; chaque habitant pourrait être affecté d’une note (de 1 à 10) pour mesurer la contagiosité. NSO, le sulfureux marchand de surveillance, y travaille.

haaretz.com/israel-news/.p…
L’edito du Monde du jour tape dans le mille : « L’urgence sanitaire doit devenir le laboratoire des bonnes méthodes de prévention et de traitement des pandémies, pas celui de mesures liberticides. »

lemonde.fr/idees/article/…
Au Royaume-Uni, la police fait voler ses drones jusqu’au-dessus des champs et gronde sur Twitter tous ceux qui se livrent à des activités non-essentielles pendant le confinement.
"Même si nous n’avons pas la même culture qu’en Asie, la géolocalisation pourra s’avérer utile, surtout à la sortie du confinement", dit le sénateur LR @BrunoRetailleau. "Je dis : Attention !" lui répond le @Defenseurdroits, Jacques Toubon.

nouvelobs.com/coronavirus-de…
Pandémie, Spring Break et courtiers en données👇
Dans @libe, Alain Damasio parle de l'état d'urgence du moment et de la tentation techno-sécuritaire : "La police n’a pas à être le bras armé d’une incompétence sanitaire massive"

liberation.fr/debats/2020/03…
A ses yeux, "on mobilise face à cette pandémie les trois techniques décrites par Michel Foucault dans Surveiller et Punir pour affronter la peste, la lèpre et la variole" : "biopolitique des territoires", "exclusion clôture" et "individualisation forcenée".
⚠️ Une équipe de chercheurs d’Oxford - dont je parlais plus haut dans ce thread - avance sur un projet d’application afin de suivre les personnes exposées au virus post-confinement.

Leurs préconisations : pas obligatoire, fonctionne grâce au Bluetooth et à un code couleur.
Ils publient de nouvelles conclusions en ce sens dans la revue Science. En résumé : le virus progresse trop vite pour s'en tenir à un suivi analogique ; une application pourrait s'avérer très utile à conclusion qu'elle soit massivement utilisée.

science.sciencemag.org/content/early/…
L’un des chercheurs rappelle cependant une évidence : toute la technologie du monde ne sert à rien si l’on ne pratique pas de tests à grande échelle.
« Le pharmakon est ce qui, surgissant du dehors, force le vivant à avoir rapport à son autre, au risque d’un mal d’allergie » - Jacques Derrida
En 🇩🇪, comme au 🇬🇧, des chercheurs avancent sur une application de backtracking. Après installation, celle-ci génère un ID aléatoire, et les données sont stockées localement sur le téléphone. Pas de géolocalisation : ce qui compte, c'est la proximité.

sueddeutsche.de/digital/corona…
Le fonctionnement d'une telle application est expliqué assez précisément dans cet article de @netzpolitik (trad Google Translate). L'idée centrale : empêcher qu'on puisse identifier un téléphone, et donc une personne.

netzpolitik.org/2020/corona-tr…
D'un état d'urgence à un autre, François Sureau s'inquiète de cette exception qui devient la règle :

"Pour en sortir ça suppose une conscience civique et une force morale chez les dirigeants, dont je ne les crois pas nécessairement capables."

franceinter.fr/emissions/l-in…
Après avoir signé un partenariat avec le système de santé britannique afin de lutter contre le COVID-19, Palantir est en discussion avec la France et l'Allemagne. L'entreprise assure qu'elle peut être utile pour sortir du confinement.

bloomberg.com/news/articles/…
Comme le précise l’article, Palantir est en pourparlers avec l’AP-HP. Rappel : si l’entreprise financée par la CIA est connue pour son travail avec la police ou les services de renseignement, elle a déjà proposé ses services pour contenir une épidémie de choléra à Haïti en 2010.
La méthode allemande pour combattre le virus ? Dépistage massif, structures sanitaires solides et "contrôle du contact plutôt que du déplacement". Selon un document du ministère de l'Intérieur, la géolocalisation "est inévitable à long terme".

mediapart.fr/journal/intern…
Selon @LesEchos, la France planche sur une app de traçage. Inspirations : Singapour, le Royaume-Uni et l'Allemagne. "Si nous avons une commande éclairée du comité scientifique, il nous faudra au moins une dizaine de jours pour [la] lancer", dit @cedric_o.

lesechos.fr/tech-medias/hi…
En l’absence de cadre légal, et étant acquis qu’on ne sortira pas tous du confinement en même temps, ce serait la seule option du gouvernement.
8 Français sur 10 seraient favorables à une application les suivant à la trace pour sortir du confinement, selon un sondage réalisé par les chercheurs d'Oxford travaillant justement sur une app de ce type (je vous en parlais plus haut).

lemonde.fr/pixels/article…
Les chercheurs pondèrent toutefois le résultat de leur sondage : "Nous n’avons pu discuter de l’application qu’en termes très généraux [...] le taux d’installation pourrait être beaucoup plus faible en réalité".

Parmi les freins : crainte que ça survive à la pandémie, anxiété.
Mon malaise grandit face à ce type de déclarations, aux relents d’ethnocentrisme et d’« asiatiques obéissants ». Par ailleurs, on connaît notre culture : le tout sécuritaire et l’arbitraire policier.
Une petite observation matinale sur Singapour, dont le modèle de traçage inspire nombre de pays européens dont la France : c'est aussi un showroom sécuritaire, "une cité de capteurs" qui fait rêver les architectes de la "ville sûre" de demain.

citylab.com/life/2017/04/s…
« Si on veut aller [vers le backtracking], il faudra une loi », rappelle la députée @YaelBRAUNPIVET, qui annonce des auditions à ce sujet par la Commission des Lois de l’Assemblée nationale.

ouest-france.fr/sante/virus/co…
Le ministre de la Défense israélien exhibe fièrement le tableau de bord de "l'outil le plus avancé au monde" pour lutter contre le coronavirus, fourni par NSO, la plus sulfureuse des officines de surveillance. Il ne manque plus que le go de Netanyahou.

[Un thread dans un thread 🧵] Sur LCI, un médecin se demande s'il ne faudrait pas tester un vaccin en Afrique, "comme on a fait des études sur les prostituées pour le sida" 🤦 C'est l'occasion d'une digression, car le VIH dit quelque chose du coronavirus.

Comme le rappelle le sociologue Gabriel Girard, "les années sida" partagent un point commun avec le moment COVID-19 : "la désignation de boucs-émissaires [et de] comportements irresponsables", entraînant la stigmatisation des LGBTQI ou des toxicomanes.

seronet.info/article/covid-…
Dans le contexte actuel, on imagine ce que ça peut donner. Puisque "nous sommes en guerre", le corps de l'ennemi devient celui des personnes malades. Ce sont les "nouvelles classes dangereuses", au contact du virus parce qu'elles continuent à travailler.
C'est aussi celui des personnels soignants. Il suffit de regarder ces épouvantables mots laissés sur certains paillassons, leur intimant d'aller dormir ailleurs, ou de lire l'histoire de cette infirmière montpelliéraine expulsée par ses propriétaires.

francebleu.fr/infos/faits-di…
Dans le cas du sida comme dans celui du coronavirus, nous sommes dans un intense moment foucaldien, face au biopouvoir dans toute sa nudité. C'est d'ailleurs le constat lucide posé par Yuval Noah Harari quand il parle de "surveillance sous la peau".

ft.com/content/19d903…
Il y a 30 ans, le VIH a fait émerger ce que Linda Singer a appelé "une logique de contagion" dans son livre Erotic Welfare en 1990 : un prétexte pour contrôler les corps - en l'occurrence, la sexualité - au nom d'un impératif de santé publique. C'est un levier très puissant.
Dès les années 80, pour discipliner les individus "récalcitrants" (aux pratiques à risque), la moitié des Etats américains sont même allés - dans quelques cas - jusqu'à les placer en quarantaine. Et demain, quand on sera sortis du confinement ?

ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/P…
A la fin des années 90, des voix 🇺🇸 réclamaient encore la création d'un registre nominatif des personnes séropositives. En 2020, on pense à l'anonymat de nos données. Se fera-t-on dépister si on risque d'être privé de sa liberté ?

aclu.org/other/hiv-surv…
A noter que, pour l'heure, l'AP-HP travaille avec un concurrent français de Palantir, Dataiku, pour produire des statistiques "désidentifiées" à partir des outils de soin (moniteurs de réanimation, diagnostics, médicaments, etc.).

De nouveaux détails sur Fleming, l'outil de surveillance de masse développé par NSO pour traquer les citoyens israéliens pendant la pandémie. C'est une simple adaptation de Pegasus, le logiciel-espion que l'entreprise vend à des régimes autoritaires.

vice.com/en_us/article/…
Les autorités peuvent suivre tous les déplacements d'un individu, appliquer des filtres et, évidemment, désanonymiser les données. Ce qui repose la question cruciale de tous les dispositifs de surveillance évoqués en ce moment : qui centralise les informations ?
On apprend également qu'en Italie, une entreprise, @cy4gate_cyber, propose (gratuitement) aux autorités de combiner les données GPS, Bluetooth et celles des antennes-relais pour pister les malades. Nom du système : Human Interaction Tracking System. HITS.
Ces systèmes, développés par des entreprises qui font de la surveillance leur fond de commerce, ressemblent trait pour trait à ceux que ces mêmes sociétés vendent à des pays pas toujours recommandables au nom de la lutte contre le terrorisme. Terrifiante gémellité.
En 90, dans La transparence du mal, Baudrillard parlait du sida, du terrorisme ou des virus informatiques comme d'événements spectaculaires qui "obéissent au même protocole de virulence et d'irradiation" et font reconsidérer le risque ou la maladie. On peut ajouter le COVID-19.
(merci @AntonioCasilli, qui replonge dans sa thèse de doctorat pour m'aider à alimenter cet interminable thread <3)
Un Etat australien vient de voter un texte imposant le port d'un bracelet électronique pour les personnes placées en quarantaine. Une caméra de surveillance peut également être installée à leur domicile. Ils risquent la prison en cas de refus.

theregister.co.uk/2020/04/01/wes…
Comment, face à de telles mesures extrêmes, ne pas penser au « continuum carcéral » de Foucault, « qui diffuse les techniques pénitentiaires jusqu’aux plus innocentes disciplines […] et fait peser sur la plus petite déviation la menace de la délinquance ». (S&P, Le carcéral)
Après avoir installé un comité technique le 24 mars, le gouvernement lance une mission informelle pour réfléchir à une app de tracking. Confiée à Aymeril Hoang, ancien dircab de @mounir, chargé de comparer les options et d'approcher les entreprises.

acteurspublics.fr/articles/exclu…
Comme le rappelle judicieusement l'ami @mart1oeil, on a quitté les rivages de la science pour l'archipel de la start-up nation.
Depuis quelques jours, on loue beaucoup le modèle singapourien. D'ailleurs, la plupart des projets européens d'applications de tracking s'inspirent de la cité-Etat.

Sauf que celle-ci vient de décréter le confinement, ses mesures n'ayant pas suffi.

bloomberg.com/news/articles/…
Après Orange avec l’@Inserm, c’est au tour de SFR de partager les données de géolocalisation de ses abonnés, avec l’AP-HP et l’@Inria.

nouvelobs.com/economie/20200…
Malgré le traçage, le Premier ministre singapourien explique qu’il est impossible de savoir comment les gens sont tombés malades dans la moitié des nouveaux cas.

Et on parle d’un territoire de 720km2. Une application ne nous sauvera pas du virus.

straitstimes.com/singapore/heal…
Au nom de l’état d’urgence sanitaire, le Conseil d’Etat valide la prolongation de la détention provisoire sans juge. « Une première depuis 1793 », selon le président de l’ordre des avocats au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation.

lemonde.fr/societe/articl…
Aymeril Hoang, l’ex-dircab de @mounir chargé par le gouvernement de réfléchir aux modalités de mise en œuvre du tracking, est nommé au conseil scientifique en qualité d’« expert en numérique ».

legifrance.gouv.fr/affichTexte.do…
Très bon papier de @g_gendron sur la stratégie israélienne de lutte contre le coronavirus. Tout tient dans le titre : "l'antiterrorisme pour détecter les malades", en utilisant les données secrètement collectées pour prévenir les attentats-suicides.

liberation.fr/planete/2020/0…
Du côté des dithyrambistes de la surveillance, on se frotte déjà les mains : "Il semble raisonnable de prévoir que la robotisation va progresser fortement du fait du coronavirus"
Une start-up américaine veut déployer des objets connectés pour permettre aux entreprises de suivre elles-mêmes leurs malades. Elle veut en produire 10 000. Ça me rappelle ces mouchards Bluetooth utilisés pour mesurer la productivité (Humanyze par ex).

techcrunch.com/2020/04/02/est…
Des chercheurs sud-africains travaillent sur une app qui permettrait non seulement de suivre les personnes infectées, mais également de récompenser par des promotions dans les magasins ceux qui respectent le confinement. Le tout avec de la blockchain. ☠️

news.uct.ac.za/article/-2020-…
Paternalisme & pandémie : le JDD nous explique que nous sommes des veaux indisciplinés en se basant sur les données collectées sur des apps (lesquelles ?) par une start-up - Covimoov - qui entend remporter la mise post-confinement.

lejdd.fr/Societe/exclus…
Résultat : les journaux font déjà leurs titres sur « les Français qui se relâchent ». Le patron de Covimoov reconnaît pourtant lui-même que la hausse des déplacements est en partie liée à la reprise de l’activité économique. 🤦🏻‍♂️

Covimoov est parait-il moins intrusif car l’application ne traque personne. Mais puisque Edouard Philippe a parlé d’un déconfinement progressif, quel est l’enseignement de cette carte ? Que la Manche, le Cantal ou les Ardennes (en rouge) doivent sortir plus tard ?
Edit : la start-up s’appelle Geo4cast, Covimoov est le nom de l’outil.
En 2017, Geo4cast faisait partie de la tournée chinoise de la French Tech. Sa spécialité : outils de collecte et de traitement de données géolocalisées, analyse des déplacements et des comportements.

lepetitjournal.com/hong-kong/actu…
Jusqu'à présent, ils avaient par exemple pratiqué du machine learning sur la gestion des flux de personnes dans le métro de Pékin.

A-t-on envie de confier le déconfinement à un algorithme ?

telecom-paris.fr/geo4cast-solut…
En regardant la carte de Covimoov, on voir qu'ils ont concentré leurs efforts sur les préfectures et sous-préfectures (ex. ici en Ille-et-Vilaine, avec Rennes, Fougères et Saint-Malo). Mais d'où viennent les données ? Comment sont-elles traitées ?

covimoov.geo4cast.ai/communes/commu…
En région parisienne, c'est encore plus illisible, un vrai tableau du MoMA. En voyant ça, certains pourraient aller jusqu'à imaginer un déconfinement par communes. Mais quelle est la méthodologie utilisée, @GEO4CAST ?
Le JDD écrit que "le taux de respect du confinement" est calculé sur la base de données issues notamment de l'application Covimoov. Qui n'existe ni sur l'App Store, ni sur Google Play. Alors elle est calculée comment cette insubordination française ?
Indice : GEO4CAST commercialise également GEO4TRACK, un outil qui permet de "monétiser les données de géolocalisation". C'est ce qui transforme une application que vous téléchargez en aspirateur de vie privée. Ne reste plus qu'à retrouver leurs clients ?

geo4cast.ai/geo4track/
Je résume :

1) Une entreprise place un mouchard dans une app qui embarque de la géolocalisation
2) Vous la téléchargez innocemment
3) Ces données sont utilisées - sans votre consentement - par l’entreprise pour faire la promotion de sa solution post-confinement.

👌
Un exemple d'app dont Geo4cast récupère les données : Coyote, un rival de Waze. Monétiser la vie privée pour vendre une application de déconfinement censée la protéger, c'est audacieux.

lvmt.fr/wp-content/upl…
Dans cette vidéo, le patron de Geo4cast explique comment sa "solution de géolocalisation indoor" permet de suivre à la trace les personnels d'entretien, "pour garantir qu'ils passent au bon endroit". Je vous laisse l'appliquer au déconfinement.

Dans celle-ci, il explique que sa société veut s'implanter en Chine et a rejoint le pôle de compétitivité Advancity, qui a noué un "partenariat privilégié" avec la ville de... Wuhan (à 1"45). C'est ce qu'on appelle un homerun. 😱

Au passage, la carte de Covimoov me fait furieusement penser aux Dutch Landscapes de Mishka Henner, ces vues satellites « polygonisées » de sites néerlandais classifiés. 📡
A Singapour, 1 habitant sur 6 a téléchargé TraceTogether, l’application pour pister les personnes infectées. Largement insuffisant selon le gouvernement (qui vise 75% de la population). A ce rythme, ça ne va pas rester optionnel très longtemps.
"La crise du coronavirus pourrait constituer une répétition générale qui préfigure la dissolution des derniers foyers de résistance au capitalisme numérique et à l’avènement d’une société sans contact."

"Economie sans friction", rêvait Bill Gates en 95.

monde-diplomatique.fr/2020/04/HALIMI…
Castaner le 27 mars, interrogé sur le tracking : « Ce n’est pas la culture française »

Castaner le 5 avril, interrogé sur le tracking : « [S’il permet] de lutter contre le virus et s’il respecte nos libertés, ce sera un outil retenu et soutenu »
Dans ce bon papier récapitulatif du Monde, le responsable de l’équipe de chercheurs d’Oxford qui réfléchit au tracking prévient : c’est l’immobilisation ou la filature.

« Le choix réside entre le confinement et ce suivi de contact par téléphone. »

lemonde.fr/pixels/article…
Le plan de déconfinement (de « coexistence avec le virus ») annoncé par les autorités italiennes prévoit, outre le port obligatoire du masque, une application de suivi des personnes contaminées sur le modèle sud-coréen.

lemonde.fr/international/…
Et aussi : l’Italie a coché le 16 mai comme date d’entrée dans cette « phase 2 », à condition que la situation sanitaire reste stable. Rappelons qu’on a deux semaines de retard sur nos voisins. ⏳
Il y a suffisamment de motifs d’inquiétude pour ne pas en rajouter : a priori, pas de lièvre à lever ici, et tant mieux.
Après les drones parisiens ou l’hélicoptère nantais : l’avion marseillais, affrété par la police pour repérer les attroupements et faire respecter le confinement.

francebleu.fr/amp/infos/soci…
« Le tracking n’a du sens que s’il est obligatoire [...] La démocratie n’est pas un horizon indépassable. »

Après vérification, pas d’inquiétude : Jean-Michel Aphatie parlait de trekking.
Pierre Person, le n°2 de LREM, s'oppose au tracking : "Que des dirigeants au centre de l'échiquier politique ouvrent cette brèche alors qu'elle peut conduire à une accoutumance de nos sociétés à des régimes illibéraux contrevient à ce que nous sommes."

De toute évidence, le sujet est une ligne de fracture au sein de la majorité. "Faire croire aux Français qu’il pourrait y avoir un tracking vertueux est, de mon point de vue, un mensonge", écrit le député @SachaHoulie dans @leJDD.

lejdd.fr/Politique/le-d…
Et il y a quelques jours, c'était le député européen @steph_sejourne qui s'inquiétait de nous voir emboîter le pas des régimes autoritaires. Dénominateur commun : tous ces élus macronistes ont moins de 35 ans. Schisme générationnel ?

Dans son bulletin de veille, le Comité national consultatif d'éthique s'inquiète des effets d'une application de suivi des malades : discrimination, stigmatisation, arbitraire et extension du contrôle social par les pouvoirs publics ou les acteurs privés.

ccne-ethique.fr/sites/default/…
Dans son rapport sur le tracking, @mounir évoque la tentation de la coercition et la possibilité qu'une application soit rendue obligatoire par l'intermédiaire des opérateurs téléphoniques ou des fournisseurs d'OS (Apple et Android), qui pourraient l'activer à distance.
Précision de @mounir : « Il s'agit d'une note d'analyse exhaustive sur les pratiques à travers le monde et les enjeux technologiques et éthiques, pas d'un rapport de recommandation. »

A ce titre, ne gagnerait-elle pas à être rendue publique ?

En Russie, grâce aux données recueillies par Yandex, chaque ville est affectée d'un indice de respect du confinement, sur une échelle de 0 à 5.

L’étude de @mounir est disponible dans son intégralité ici : medium.com/@mounir/tra%C3…
Dans une itv au Monde, @olivierveran et @cedric_o annoncent que la France travaille sur StopCovid, une « brique technologique incertaine » pour « retracer les interactions sociales » des personnes infectées. Bluetooth & volontariat.

lemonde.fr/planete/articl…
« Il faut se garder du fantasme d’une application liberticide », dit @cedric_o. Et d’ajouter : « Il faut se garder aussi d’un fantasme opposé, celui de l’application magique qui permettrait de tout résoudre ».
Deux courses s’engagent en parallèle : le développement d’une application et la production massive de tests sans lesquelles elle ne sert à rien.
Et pour les millions de Français qui, par choix ou parce qu’ils sont victimes de la fracture numérique, n’ont pas de smartphone ? @cedric_o parle de « diverses politiques d’aide à l’équipement » et d’alternatives.
Il y a deux semaines, le directeur général de SFR annonçait vouloir "fournir à des dizaines de milliers de Français les plus démunis, des téléphones gratuitement, des cartes SIM et de la data". Pour pouvoir, demain, pister les malades ? (via @wnstnsmith)

rmc.bfmtv.com/emission/un-op…
Les lignes bougent, même chez les plus fervents partisans de la vie privée sur Internet : le Chaos Computer Club 🇩🇪, la plus vieille organisation de hackers d'Europe, publie ses 10 commandements d'une application de tracking acceptable.

ccc.de/en/updates/202…
Dans le @Telerama de cette semaine, reprise - condensée - de mon article du 24/03 (telerama.fr/medias/covid-1…).

Un immense merci à l’édition et à toute la chaîne de fabrication/distribution qui se décarcassent pour continuer à fabriquer un journal dans des conditions inédites.
En attendant l'AP-HP, Palantir continue son OPA sur la santé en temps de pandémie : l'entreprise vient de signer un contrat avec les gardes-côtes américains, qui participent notamment à l'évacuation des navires de croisière depuis plusieurs semaines.

forbes.com/sites/thomasbr…
Le sociologue Christian Mouhanna s'interroge sur le contrôle policier du confinement. Et pointe ce paradoxe : alors qu'ils sont mobilisés pour nous discipliner, ils se transforment aussi en agents contaminants. Les flics, nouvelles classes dangereuses ?

theconversation.com/les-policiers-…
On nous dit qu'une app de traçage serait fondée sur le volontariat. Soit. Mais une fois qu'on a reçu une notification ?

Pour faire respecter la quarantaine, la Corée du Sud, souvent érigée en modèle, songe à imposer le port d'un bracelet électronique.

m-en.yna.co.kr/view/AEN202004…
C'est ce qui m'interpelle le plus depuis les annonces gouvernementales autour de StopCovid. Le contrôle du confinement est policier, comment le contrôle du déconfinement pourrait-il ne pas l'être ?
Par ailleurs, l'exemple coréen montre bien les risques de stigmatisation liés au tracking : le gouverneur de la province de Jeju poursuit une étudiante et sa mère qui ont provoqué la fermeture de 20 commerces et la quarantaine de 96 personnes.

wilsoncenter.org/blog-post/usin…
[@Telerama] Post-scriptum sur le déconfinement. Spoiler : au-delà d'une application, ce qui m'inquiète le plus, c'est que dans une société organisée en scores de risque, nous devenions tous des auxiliaires de police au service d'un Sim City sécuritaire.

telerama.fr/medias/post-sc…
La crise sanitaire, et l'évolution des normes qu'elle impose, n'a pas fini d'offrir des opportunités aux marchands de surveillance de toutes obédiences.

Plusieurs députés LR viennent de déposer une proposition de loi pour créer une app de géolocalisation des personnes infectées : "[Elle] ne devra pas permettre la mise en œuvre de sanctions applicables aux personnes n’ayant pas respecté le confinement"

assemblee-nationale.fr/dyn/15/textes/…
« Personne ne pourra retracer ni qui a été infecté, ni qui a infecté qui », promet @cedric_o en évoquant le tracking.

franceinter.fr/emissions/l-in…

Réponse - indirecte - d’un infectiologue : « Je ne sais pas faire porter un masque à un point ».

lemonde.fr/planete/articl…
Parfait exemple de la « police du quotidien » légitimée par le confinement. Je suis partagé entre l’effroi et le fou rire. 🤦🏻‍♂️

Tribune de 15 députés, principalement issus de la majorité, emmenés par @PaulaForteza : "Nous avons besoin d’un dépistage massif, pas d’un pistage massif"

lefigaro.fr/vox/politique/…
Des auditeurs de l' @IHEDN emmenés par un magistrat (!) nous expliquent que "la guerre a changé de forme" et qu'elle est "à chaque coin de rue". Et l'ennemi, c'est le corps malade ? Ce vocabulaire militaire abîme le tissu social.

lefigaro.fr/actualite-fran…
San Francisco est en train d’assembler une task force, étudiants en médecine ou bibliothécaires, pour identifier toutes les personnes infectées. Elle sera épaulée par une application.

technologyreview.com/2020/04/08/998…
Ca commence bien, la transparence au sujet de StopCovid.

« Une donnée n’est jamais le reflet d’une réalité qui lui préexisterait. Elle n’est que le couronnement provisoire d’une série d’approximations sur laquelle nous nous accordons pour représenter un phénomène. »

linc.cnil.fr/fr/coronoptiqu…
Un certain @Snowden s'inquiète de voir les gouvernements utiliser le coronavirus pour "bâtir une architecture de l'oppression".

vice.com/en_us/article/…
Ce thread d'un entrepreneur en IA montre très bien pourquoi la notion de volontariat est une illusion dans le projet d'application du gouvernement : la coercition conditionne son hypothétique succès.

De la surveillance sanitaire à celle des travailleurs sans avoir eu le temps de passer par la case déconfinement. "Back on track" traduit du reste l'impératif de redressement économique qui va justifier toujours plus de privatisation du contrôle.

S'il y a un secteur d'activité qui ne s'inquiète pas du coronavirus, c'est bien celui de la surveillance : Palantir projette un chiffre d'affaires d'un milliard de $ en 2020, en hausse de 35% par rapport à l'an dernier.

cnbc.com/2020/04/09/pal…
Aux Etats-Unis, un médecin qui a dirigé l'agence fédérale en charge de la santé publique préconise d'embaucher 300 000 personnes pour recenser manuellement les malades. Et cite l'exemple d'un jeune tuberculeux qu'aucune app n'aurait jamais retrouvé.

getrevue.co/profile/caseyn…
La chute de l'article rappelle ceci : pour l'heure, l'humain offre plus de garanties que la technologie pour identifier les personnes infectées.

En suivant le raisonnement de l'ex-patron du @CDCgov, il faudrait 60 000 personnes dévolues au traçage en France.
Pourquoi s’inquiéter de la collecte de données en période d’épidémie alors qu'on accepte d’être suivis à la trace en temps normal ?

Réponse du géographe Boris Beaude : "Ce n’est pas avec le numérique que nous avons un problème, mais avec le politique".

liberation.fr/debats/2020/04…
Apple et Google s'associent pour déployer un système Bluetooth commun afin de faciliter le traçage des personnes infectées. Alice et Bob sont assis sur un banc...

theverge.com/2020/4/10/2121…
Sur le papier, c'est comme StopCovid. Mais comme le résume le fondateur de @signalapp :

1) L'anonymat est garanti... jusqu'à ce que quelqu'un soit infecté
2) La géolocalisation semble inévitable
3) L'identification de données personnelles aussi

Il y a quelques jours, un sondage d'Oxford nous disait que 8 Français sur 10 étaient prêts à télécharger une application de tracking. Mais selon une étude de la fondation @j_jaures, 53% s'opposeraient à l'installation obligatoire de StopCovid. Prudence.

jean-jaures.org/nos-production…
L'étude dit que seuls 46% des Français seraient prêts à installer une application de contact tracing. Mais n'ont été interrogés que les propriétaires de smartphones. On élimine les 25% qui n'en possèdent pas ?*

* chiffre issu du dernier baromètre du numérique de l'Arcep (2018)
Ça alors : au Royaume-Uni, les données médicales traitées par Palantir dans le cadre de la crise sanitaire ne sont pas si anonymes que ça.

theguardian.com/world/2020/apr…
Une app sait détecter un contact, pas un environnement : « Finally, the experience of Singapore’s contact tracers suggest that contact tracing should remain a human-fronted process ».

Le reste n’est que « triomphalisme technologique » et « hubris ».

En voilà une riche idée ! 🤦🏻‍♂️

Quel meilleur exemple de la banalisation de la surveillance en temps de pandémie qu’une commande du ministère de l’Intérieur pour des « micro-drones du quotidien » ?

Depuis quelques jours, je lis beaucoup qu’il suffirait de laisser son téléphone à la maison pour échapper à une app de tracking. Pour parer à cette éventualité, la Corée du Sud vient d’imposer le port du bracelet électronique en quarantaine.

businessinsider.com/south-korea-wr…
Vent debout contre StopCovid, @laquadrature diffuse ce visuel résumant ses arguments :

- obstacle démographique
- résultats inexploitables
- sentiment de sécurité illusoire
- discrimination
- mesure liberticide prise en urgence
- accoutumance techno-sécuritaire
"Qu’est-ce donc qui a rendu possible aussi facilement le recours au confinement général de la population dans nos États ?"

Réponse : le domicile, cette "monade interconnectée", ce "nœud logistique" qui ordonne les flux de la gouvernementalité libérale.

lundi.am/Pouvoir-domici…
Edward Snowden en remet une couche sur la réponse israélienne face à l'épidémie (=mobiliser les services de renseignement pour suivre les personnes infectées) :

"Ce que fait Netanyahou est plus dangereux que le coronavirus"

ynetnews.com/magazine/artic…
Dans @laviedesidees, le microbiologiste Philippe Sansonetti plaide pour une participation des citoyens ordinaires - la fameuse "troisième ligne" - au contrôle du déconfinement. Vous préférez devenir manager de rue ou auxiliaire de police ?

laviedesidees.fr/Sortie-de-conf…
Au Royaume-Uni, pour faire respecter le confinement, les autorités ont un allié providentiel : leur système de reconnaissance automatique des plaques d'immatriculation (capable de flasher jusqu'à 40 millions de véhicules par jour).

news.sky.com/story/coronavi…
Ce matin, la Commission des Lois du Sénat auditionnait Jean-François Delfraissy, président du conseil scientifique, et Aymeril Hoang, chargé de réfléchir au tracking, au sujet des "mesures de traçage numérique dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire". Petit récap ⤵️
Des indicateurs sanitaires d'abord : selon Delfraissy, il faut s'attendre à 10-15 000 nouvelles contaminations/jour à partir de mi-mai (avec disparités suivant les régions). Malgré une capacité de tests accrue, "on ne va pas passer du noir au blanc, mais du noir au gris foncé".
Delfraissy divise la 🇫🇷 en 3 catégories :

- 50M de personnes qu'on peut libérer
- 18M de personnes à risque (confinement prolongé)
- 1M de personnes en grande précarité, SDF & migrants

Problème : les populations les plus fragiles sont aussi les plus mal équipées en smartphones.
Le président du conseil scientifique ajoute un autre "grand bémol" : le taux d'immunité populationnelle pourrait ne pas dépasser 10-12% après la première vague. "On ne va pas tout résoudre avec le numérique", ajoute-t-il.
Delfraissy met en garde contre un fantasme techno-solutionniste en expliquant qu'une mobilisation humaine est indispensable : "Ia Corée du Sud a une armada de 20 000 personnes pour suivre les cas contact, on n'a pas ça en France. Sans cette brigade, ça ne marchera pas."
Il y a 51,6 millions d'habitants en 🇰🇷 ; proportionnellement, en France, il faudrait au moins 27 000 personnes pour assurer ce suivi des personnes suspectées d'infection. "[Une app] ne viendrait qu'en appui des forces humaines des personnels de santé", renchérit Aymeril Hoang.
Selon l'ancien dircab de @mounir, la détection des "cas contact" est "un trou dans la raquette". Il évoque de nouveau les modèles à l'étranger : Corée, Taiwan, Chine, Vietnam, Israël, Singapour. Il se tient à distance des stratégies privilégiant "un monitoring très intrusif".
Singapour revient une fois de plus sur la table : c'est "la solution la plus minimaliste et proportionnée possible". Mais @aymeril oublie d'ajouter que l'application n'a pas suffi à enrayer la propagation du virus dans la cité-Etat, qui a durci ses mesures de confinement.
Alors que Hoang liste les acteurs impliqués (INRIA, EPFL, entreprises anonymes), Delfraissy insiste sur la "tentative d'harmonisation européenne", qui permettrait de renforcer l'enrôlement dans l'app. Il note toutefois que l'🇪🇺 n'a pas été au rendez-vous jusqu'à présent...
Il est de nouveau question de l'architecture technique : "Le statut de séropositivité n'est jamais transmis", assure Hoang, ajoutant que les identifiants anonymes enregistrés par le Bluetooth sont "remontés sur un serveur". Pas d'état civil, pas de numéro de téléphone, promet-il.
L'expert du gouvernement répète que l'app ne sera pas obligatoire, "même si ça pose question en termes d'efficacité". Reste cet angle mort : qui fera respecter les mesures privatives de liberté à la réception d'une alerte ? La Corée du Sud généralise le bracelet électronique...
Répétant qu'il souhaite une application open source, Aymeril Hoang voit d'un oeil méfiant l'alliance entre Apple et Google, "qui pose une vraie question de souveraineté et d'indépendance technologique". Comprendre : nous ne l'adopterons qu'en ultime recours.
"Serons-nous prêts le 11 mai ?", demande Philippe Bas, le président de la Commission des Lois. Réponse de Jean-François Delfraissy, qui liste les pré-requis (tests, application, "brigade" pour suivre les cas contact) : "S'il faut retarder de quelques jours, on le fera."
Alors qu'on parle de plus en plus de certificats d'immunité et de passeports sanitaires (pour circuler, travailler, prendre l'avion), la pandémie va-t-elle paupériser encore un peu plus le précariat, d'autant plus surveillé qu'il est au contact du virus ?

lpeblog.org/2020/04/13/imm…
A ce sujet, il y a trois semaines, je m'interrogeais - sommairement - sur l'émergence de "nouvelles classes dangereuses", ordonnées dans l'espace public. La sociologie aura du pain sur la planche dans les mois qui viennent... (source : telerama.fr/medias/covid-1…)
Un très bon exemple de Covid-washing avec la start-up Datawalk, ersatz polonais de Palantir : sa solution ordinairement destinée aux services de renseignement est ici proposée aux autorités afin de suivre à la trace les personnes infectées. Anonymat zéro.

datawalk.com/solutions/covi…
Il y aura un débat parlementaire autour de l'application StopCovid... mais pas de vote. C'est donc ça, l'état d'urgence sanitaire.

lesechos.fr/politique-soci…
Et pourquoi n'y aura-t-il pas de vote sur un sujet aussi sensible, possiblement attentatoire aux libertés ? Cédric O l'a expliqué lui-même devant ses troupes : parce que ça divise jusque dans la majorité.

En ce moment, les caméras thermiques commercialisées par des marchands de surveillance se vendent comme des petits pains. De quoi offrir une fausse impression de sécurité, alors qu'elles sont peu fiables et incapables de détecter les asymptomatiques.

nbcnews.com/tech/security/…
Six entreprises françaises veulent aider le gouvernement à développer l'application StopCovid : Orange, Capgemini, Dassault Systèmes, Sopra Steria, Accenture et Sia Partners.

lesechos.fr/tech-medias/hi…
StopCovid va être un bon moyen d’éprouver les défenses immunitaires de notre démocratie parlementaire.

La crise sanitaire en cours est un bon révélateur du rapport de forces entre les Etats et les oligopoles du numérique : au Royaume-Uni, Google et Apple veulent imposer leur standard et tentent de saboter le projet d'application des autorités.

theguardian.com/technology/202…
Des chercheurs marocains annoncent avoir mis au point un "masque intelligent de détection automatique à distance du COVID-19", relié à une application nommée Trackorona. Projet retenu dans le cadre d'un hackathon organisé par HEC. 😷

middleeasteye.net/fr/en-bref/mar…
Que ce soit pour traquer la tuberculose ou la syphilis, le contact tracing a toujours été humain, ingrat et solitaire. Le président du conseil scientifique l'a rappelé hier : ce travail est indispensable. Sans volontaires, une application ne sert à rien.

D'abord testée dans quelques régions pilotes, l'application sera "un pilier important dans la gestion de la phase 2", selon le commissaire extraordinaire au coronavirus. Il espère "une adhésion massive des citoyens".

L’AP-HP ne laissera pas Palantir s’approcher de ses données.

bfmtv.com/tech/donnees-d…
Regardons bien l'appli italienne. C'est tout ce qu'il ne faut pas faire. Précision : l'idée a été piquée à Ferrari, qui la teste sur ses 4000 employés-cobayes, et embarque un passeport sanitaire contenant les antécédents médicaux.

corrieredibologna.corriere.it/bologna/cronac…

Justification de @GillesLeGendre : "Aujourd'hui, l'hémicycle fonctionne à effectifs très réduits". Suivant cette logique, une démocratie parlementaire ne vote plus rien sous l'état d'urgence sanitaire ?

Très intéressant papier du @NewYorker sur la stratégie sud-coréenne face au virus, qui permet de tirer quelques enseignements par rapport à nos propres débats sur la surveillance sanitaire et le déconfinement à venir. ⤵️

newyorker.com/news/news-desk…
1) A la différence des pays occidentaux, la Corée du Sud a mis en place un protocole après le syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) en 2015. Nous naviguons dans des eaux inconnues en nous demandant quelles libertés sacrifier. Eux sont formés.
2) Fondée sur la transparence, la doctrine sud-coréenne peut s'appuyer sur une ressource dont nous disposons en quantité très limitée : la confiance dans les mesures prises par le gouvernement.
3) Oui, ce suivi à la trace des personnes infectées crée des phénomènes de stigmatisation, malgré l'anonymisation des données. Puisque tout le monde consulte les itinéraires de chacun comme on regarderait la météo, individus et commerces peuvent subitement devenir radioactifs.
4) Du reste, l'équilibre à trouver est un exercice délicat : partager trop d'informations sur les patients, c'est prendre le risque que certains cachent leurs symptômes pour éviter d'apparaître dans le radar.
5) Enfin, et c'est peut-être le point le plus important : on dit partout que la recette coréenne fonctionne, mais c'est trop tôt pour le dire ; un infectiologue "prie" pour qu'un foyer ne se déclare pas à Séoul, où la densité du tissu urbain pourrait entraver le suivi omniscient.
Outre le terrifiant niveau de détails pour les cas les plus anciens (nom de l'employeur, adresse, etc.), on remarquera que la plupart des personnes contaminées sont des travailleurs bangladais et indiens ayant contracté la maladie dans leurs dortoirs.

« Un peu comme un maître et son chien, il y a le drone et le pilote », rigole un des 450 gendarmes et policiers formés à la surveillance du ciel français pendant le confinement (via @PanierSalade).

estrepublicain.fr/edition-belfor…
Auditionné au Sénat hier, @cedric_o « a bon espoir » que l’application StopCovid soit prête le 11 mai. A condition qu’Apple « lève les barrières techniques » qui, pour l’heure, rendent toute solution inopérante. Mêmes accrochages qu’au Royaume-Uni.

lesechos.fr/tech-medias/hi…
Le Premier ministre singapourien, qui vient de prolonger le confinement (dites "circuit breaker") jusqu'au 01/06, explique que pour en sortir, "tout le monde devra coopérer" en installant les apps du gouvernement (à 32"). Rappelons que c'est le modèle 🇫🇷.

facebook.com/leehsienloong/…
15 chercheurs (dont la moitié de l'Inria, qui pilote pourtant StopCovid) publient un document pointant les dangers du traçage. Certains exemples sont caricaturaux (interdits par la loi) mais beaucoup sont intéressants, et déjà observables à l'étranger.

risques-tracage.fr/docs/risques-t…
Cette prise de position contraste singulièrement avec ce texte de Bruno Sportisse, le patron d'Inria, qui assure que StopCovid "n’est pas une application de surveillance" car elle est "totalement anonyme".

inria.fr/fr/contact-tra…
Au-delà des discussions technico-techniques sur les différents protocoles, reste cette question à laquelle aucun responsable politique ne répond (le patron d'Inria refile d'ailleurs la patate chaude au gouvernement) : que se passe-t-il après la réception d'une notification ?
"Nous devrions éviter de faire porter à nos concitoyens un dilemme moral : serions-nous fautifs si nous ne téléchargeons pas cette application ?"

Inquiétude légitime de @PaulaForteza, qui craint "le consentement induit, indirectement contraint".

numerama.com/politique/6194…
Comme l'écrit l'éthicien Luciano Floridi, au-delà des risques qu'elle fait peser sur la vie privée, une application de type StopCovid risque de creuser des inégalités déjà existantes, entre connectés et laissés-pour-compte de la fracture numérique.

…ephilosophyofinformation.blogspot.com/2020/04/mind-a…
Je repense à cette phrase de @BasPhilippe, président de la Commission des Lois du Sénat, lors d'une audition la semaine dernière : "[avec ce projet d'application] on voit se dessiner un intérêt individuel plus qu'un intérêt collectif". Au risque d'abîmer le corps social ?
Un entrepreneur français spécialisé dans les réseaux pour objets connectés : « On va dire que je défends ma soupe mais un bracelet c’est mieux qu’une appli de tracing ».

lesechos.fr/tech-medias/hi…
Pour espérer être efficace, une app de type StopCovid doit être installée par au moins 60% de la population ; une étude montre qu'on peut endiguer l'épidémie si 8 personnes sur 10 portent un masque.

Est-ce qu'on ne se tromperait pas de débat ? 🤔

theatlantic.com/health/archive…
Ironie suprême : les autorités invoquent des coupes budgétaires liées au coronavirus pour justifier l'arrêt du programme.
Le bluetooth est moins intrusif que la géolocalisation pour traquer le virus. Soit. Mais est-ce que ça marche ? Entre les faux positifs, l'épaisseur des murs de votre domicile ou la position de votre téléphone dans votre poche, c'est loin d'être acquis.

technologyreview.com/2020/04/22/100…
La Belgique renonce à une application de traçage : « [La recherche de contacts] peut être effectuée manuellement et elle existe depuis des années », selon le ministre du numérique.

numerama.com/tech/620121-co…
Dans le même temps, @Inria, qui planche sur le protocole de StopCovid, songe à "un dispositif autonome émulant les fonctionnalités de l'application". C'est flou : veut-on suivre des contacts ou faire respecter un confinement ? 🤔

github.com/ROBERT-proximi…

StopCovid n'est même pas terminée que 37 entreprises françaises veulent déjà développer tout un tas d'autres applications, en s'appuyant notamment sur le Health Data Hub, le méga-fichier de données de santé lancé par le gouvernement au début de l'année.

collectif-codata.fr/note.pdf
La @CNIL rend son avis sur le projet StopCovid. Dubitative devant son efficacité, la Commission veut l'évaluer régulièrement & rappelle que l'installation de l'app "ne devrait conditionner ni la possibilité de se déplacer, ni l’accès à certains services".

cnil.fr/fr/publication…
"Son efficacité dépend de certaines conditions techniques", signale la CNIL. Comme la coopération d'Apple et Google, qui privilégient toujours le protocole DP-3T... et pas celui sur lequel planche la France (ROBERT).

techcrunch.com/2020/04/24/app…
Notons à ce sujet que l'Allemagne, contrairement à nous, vient de pivoter vers un protocole décentralisé, compatible avec Apple et Google.

reuters.com/article/us-hea…
Si je lis correctement Cédric O, StopCovid va en plus nous permettre de nous interroger sur la place des oligopoles numériques dans nos vies. 🙄

De Cambridge Analytica à StopCovid, le risque des "applications parasites" et des apprentis sorciers.

lemonde.fr/idees/article/…
« Nous étions entrés en confinement principalement pour éviter la saturation du système de santé, parce que nous n’avions pas assez de masques, ni de tests, ni de respirateurs, par défaut donc. Nous nous apprêtons à faire de même avec StopCovid. »

telerama.fr/idees/journal-…
Salutaire tribune dans @libe : plutôt que de se focaliser sur StopCovid, si on réfléchissait à la meilleure manière d'outiller les milliers de "contact tracers" qu'il va falloir recruter et former d'ici la fin du confinement ? Rien n'est dit à ce sujet.

liberation.fr/debats/2020/04…
Le conseil scientifique au sujet d'une app de type StopCovid (avis n°6 du 20/04) : "Si les usages volontaires sont à privilégier, des options obligatoires ne peuvent être écartées"

solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/avis_c…
L'immunologue Jean-Laurent Casanova veut même imposer l'obligation d'avoir en permanence son téléphone allumé et connecté en Bluetooth lors de tout déplacement dans l'espace pubic. 😱
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