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Je réponds en partie à ma propre requête en faisant un rapide résumé de ma (rapide) lecture de ce papier les enquêtes de victimations, leur historique, leurs limites et leurs divergences avec les sources policières. (1/?)
cairn.info/revue-idees-ec…
La mise en place des enquêtes de victimation en France dans les années 80 s'avère doublement tardive :
1) C'est après la crise de 29 que les sources administratives furent "discréditées" (terme un peu fort mais issu de l'article) en science économique

(2/?)
2) Ce n'est que dans les années 60 aux USA qu'on a commencé à remettre en question les sources policières pour la mesure de délinquances (suite à des grosses fluctuations difficile à interpréter) et à mettre en place des enquêtes de victimation

(3/?)
En France ce n'est qu'en 1985 que fut mise en place la première enquête de victimation. La première enquête de victimation régulière arriva en 1996 et l'enquête Cadre de Vie et Sécurité date de 2006.

(4/?)
Là où les sources administratives se basent sur des enregistrements d'actes institutionnels (condamnation, prise de plainte,...) les enquêtes de victimations sont des sondages sur la population générale (et se focalise donc sur le repérage et le point de vue des victimes).

(5/?)
Pour penser les limites de ces diverses sources le papier utilise le principe de "filtre" que doit traverser un acte (crime/délit) pour être comptabilisé. (6/?)
Un premier filtre est la définition du crime qui est une construction sociale dépendant de l'action d'acteurs de monde social (victimes/témoins qui vont saisir les autorités, enregistrement de l'acte de la part des policiers/procureurs/juges). (7/?)
La volonté de connaître le nombre exact d'infractions est un "fantasme de chercheur/d'homme politique" et chaque source doit amener des précautions particulières. (8/?)
Dans le cadre des enquêtes de victimation, quels filtres ?
Elles ne peuvent mesurer les délits sans victime, les homicides (la victime ne sera pas interrogée) ou les actes dont la victime n'est pas témoin (ex : la corruption). (9/?)
Elles supposent un travail de mémoire de la part de l'enquêté qui doit aussi se reconnaitre dans les étiquettes suggérées par l'enquête. L'enquête doit aussi oser en parler avec l'enquêteur. (10/?)
Rq : si on compare les données policières et les enquêtes de victimation certains de ces filtres sont communs. (11/?)
Elles nécessitent aussi un travail et des moyens particuliers liés au fait qu'on est devant un sondage et qu'il est difficile de repérer les évenements rares (il faut des échantillons plus gros que ceux des enquêtes d'opinion classiques). (12/?)
Le papier compare ensuite les évolutions des mesures de diverses infractions entre les sources policières et les enquêtes de victimation. Je vais résumer les deux premiers, les "agressions" et les "violences sans contact". (13/?)
Sur les agressions un résultat saute aux yeux : la divergence de plus en plus marquée entre les sources policières et les enquêtes de victimation. (14/?)
Avec un résultat qu'il faut expliquer : plus d'actes enregistrés par la police (donc ayant passé le filtre du dépot de plainte) que d'actes dont les français auraient été victimes. Les deux sources "ne sont plus comparables". (15/?)
Pour le papier la forte augmentation des chiffres policiers vient de l'élargissement progressif du délit de violence qui n'est plus limité par les 8 jours d'ITT.

Les enquêtes de victimation montrent des évolutions très limitées (plutôt une baisse). (16/?)
Les violences sans contact sont presque absentes des chiffres policiers (le filtre qui sépare l'acte du dépot et de la prise de plainte est important) mais semblent augmenter fortement dans l'enquête de victimation nationale. Pourquoi ? (17/?)
L'effet serait presque uniquement lié à un changement de questionnaire, interprétation qui repose sur un contrôle à partir d'une enquête de victimation locale en IdF qui ne montre pas une telle hausse. (18/?)
Je ne me suis pas plongé dans les dernières parties (sur les vols) mais en regardant les graphiques il y a encore des divergences fortes entre les sources policières et les enquêtes. (19/?)
Divergences qui devraient systématiquement nous interroger : même en se limitant à des analyses en évolution on doit se poser des questions méthodo - certes parfois laborieuse - quand on lit un "chiffre de la délinquance/criminalité". (20/20)
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