Pourquoi nous (enfin moi en tout cas) sommes bien plus intéressés par la prochaine arrivée du Paxlovid (Nirmatrelvir/Ritonavir) que par bien d’autres traitements proposé dans le #COVID19 ? Un 🧵 1/9
Le Nirmatrelvir est un inhibiteur de protease, un mécanisme pharmacologique classique pour un antiviral. C’est ce type de médicaments qui a révolutionné la prise en charge du VIH et de l’hépatite C. 2/9
Beaucoup de virus lors de leur cycle de réplication produisent une grande protéine (polyproteine) qui doit ensuite être clivée en protéines plus petites pour réformer une nouvelle particule virale. C’est la protease virale qui effectue ce clivage. Sans elle pas de réplication.3/9
Le Paxlovid possède une efficacité importante pour inhiber la réplication du #SARS_CoV_2, sa concentration inhibant 50% de la réplication est de 62 nM (rappelez-vous des valeurs des autres antiviraux de l’ordre du microgramme, là on est près de 10-20 fois en dessous). 4/9
Cette concentration est assez largement atteinte chez l’homme contrairement à ce qu’on a connu avec d’autres médicaments candidats. Il semble également y avoir eu un modèle animal (murin) avec des résultats positifs. 5/9
Enfin, l’essai clinique randomisé contrôlé de phase III conduit chez 2246 patients montre une réduction de 88% du risque d’hospitalisation versus placebo après 5 jours de traitements. 6/9
Mécanisme antiviral + données pré cliniques positives + concentrations atteignables chez le patient + RCT positif = combo gagnant! 💪 D’où l’enthousiasme de certains (dont moi)! C’est un traitement particulièrement important pour les patients à risque d’infection sévère. 7/9
Bien-sûr, il reste des points d’attention : 1️⃣ le Nirmatrelvir est donné avec du Ritonavir pour ralentir l’élimination trop rapide de l’inhibiteur de protease mais qui peut entraîner des interactions médicamenteuses (☎️ votre pharmacologue). 8/9
2️⃣ C’est une monothérapie et on préférerait disposer de bi voire trithérapie qui limiterait le risque de sélection de résistance au traitement. Toutefois, il s’agit d’un traitement court et les inhibiteurs de protease sont connus pour rester efficace malgré des mutations. 9/9 🔽
Vous lisez souvent l'argument : "Les vaccins contre le SARS-CoV-2 sont expérimentaux : la preuve les résultats ne seront connus qu'en 2023". 🧐 D'où vient cette drôle d'assertion (pas drôle dans le sens marrant, hein! Drôle dans le sens curieux et un peu triste). De là 👇 1/4
C'est la date estimée de la fin de l'étude sur clinical.trials.gov. Sauf qu'évidemment l'étude de phase III est terminée due à une inclusion ultra-rapide des près de 44000 (!) participants (On est alors en pleine pandémie, c'est pourquoi ça a été si vite!). Alors 2023? 👇 2/4
L'étude de phase III est même publiée (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33301246/) , j'ai oublié de le mentionner. Le 2023 tient juste au fait que deux objectifs de l'étude (les 19 et 20) nécessitent un suivi des participants à 2 ans. 3/4
Bon, j'ai fait le staff biblio récemment et le sujet c'était les vaccins contre l'infection à SARS-CoV-2. Je vous livre ce que j'ai retiré de la littérature (bon, c'est vrai que depuis, il s'est passé des choses...) 1/15
Sous-titre de la présentation : " La dernière saison de la série qui a terrorisée le monde"😅 2/15
Les questions auxquelles j'ai entrepris de répondre :
1⃣ Comment ça marche ?
2⃣ Quels sont les résultats des essais cliniques ?
3⃣ Quel est le profil de sécurité (car on ne dit pas tolérance en pharmacologie...)?
4⃣ Combien de temps garde-t-on une immunité ? 3/15
A propos de la colchicine, quelques éléments que nous donnons aux étudiants de 2ème année de médecine ⬇️
1️⃣Il s’agit d’un poison du fuseau mitotique qui bloque la division cellulaire (on l’utilise pour faire les caryotypes par exemple). A ce titre, il agit sur TOUTES les cellules de l’organisme
2️⃣ Elle est indiquée dans le traitement de la crise de goutte principalement par son effet d’inhibition de la phagocyte mais aussi en diminuant le chimiotactisme et la production de certains médiateurs de l’inflammation. Elle est également indiquée dans la péricardite.
Pourquoi je ne crois pas beaucoup à l'ivermectine comme un traitement éventuel du SARS-CoV-2 en quelques points.
1⃣ Le mécanisme d'action avancé est putatif (l'inhibition d'un transporteur nucléaire, l'importine) et je ne connais aucun antiviral efficace qui possède ce mécanisme
2⃣ L'ivermectine montre une efficacité dans les modèles de cellules VeroE6 avec une IC50 de l'ordre de 2 µM comme l'a montré @lionel_case. On sait que les résultats en cellules pulmonaires peuvent être bien différents (cf HCQ).