Carte du taux d'incidence par département (nombre de cas détectés pour 100 000 habitants sur les 7 derniers jours disponibles, ici du 10 au 16 novembre).
La France était à 392 jeudi dernier (400,9 après consolidation), aujourd'hui elle est à 219,9.
Timide retour de la couleur en métropole.
L'objectif de Macron était de faire revenir la France sous 50 d'incidence (< au rouge sur la carte) au 1er décembre, dans une dizaine de jours.
L'espoir fait vivre, comme on dit.
Le taux d'incidence par classe d'âge.
Les 0-9 ans sont sous-dépistés par un facteur 3 comparé à leur poids dans la population.
La situation en Outre-Mer : la Guadeloupe est passée sous le seuil d'alerte, la Guyane est stable un peu au-dessus de ce niveau, la Martinique baisse, augmentation récente contenue à La Réunion et Mayotte.
Sur le point hebdo SPF (S46).
Le R tests a baissé à 0,65, sur une semaine à "double dimanche" (le 11 novembre étant férié, activité similaire à un dimanche).
La baisse de l'incidence est réelle, mais amplifiée par celle du dépistage. Depuis leurs pics respectifs, incidence ×0,44 et dépistage remonté ×0,60.
À noter que la différence entre nombre brut de tests et nombre de personnes testées ne cesse de s'amplifier (à cause des personnes négatives à répétition qui ne sont comptabilisées qu'une fois comme personne testée).
Si SPF pouvait remédier à ce problème pour que le taux de positivité puisse être évalué plus précisément…
30,6% des tests positifs concernent des 60+, contre 11% au point bas fin août. À mon avis, ça traduit (au moins en partie) le resserrement du dépistage.
Les indicateurs hospitaliers.
Décrue des admissions.
Les décès en plateau depuis le 15 novembre, à J+6 après le pic des hospitalisations du 9 novembre.
Niveau très élevé d'occupation hospitalière, début de lent reflux. Il y a 3300 autres patients non-Covid en réanimation d'après Salomon (17/11), ou "3000 à 3500" (Véran aujourd'hui) donc plus de 8000 en tout.
La mortalité est très élevée. Ces deux dernières semaines, entre le 5 et le 19 novembre, on a recensé 8090 décès (hôpital + Ehpad), soit en moyenne 578 par jour.
En ce moment, plus de 160 décès dus au Covid-19 par jour dans les Ehpad.
Les décès à l'hôpital par région.
Début novembre, excès de mortalité exceptionnel en ARA, très élevé en BFC et PACA, élevé dans les HDF et en OCC.
Pour les admissions à l'hôpital, descente ou plateau partout.
« Les vacances de la Toussaint ont pu influencer favorablement la situation en réduisant la transmission du fait de la fermeture des établissements scolaires »
Qu'en dit Blanquer ?
Conclusion : "confirmation de la diminution".
On s'éloigne lentement du pic.
Comme annoncé, la médiocrité du "reconfinement" a accouché d'un R de descente poussif vers 0,9. À vue de museau, le temps de division par deux de l'épidémie tourne actuellement entre 25 et 30 jours, contre moins de 2 semaines lors du premier confinement.
Je mangerai volontiers mon chapeau si les hospitalisations finissent par suivre au même rythme, mais pour l'instant je ne retiens pas le R tests à 0,7 de cette semaine. À J+10 après les pics respectifs, on a -21% sur les hospitalisations contre -43% sur les tests positifs.
Le rétrécissement de l'épidémie est réel, mais à mon avis il y a aussi un effondrement simultané du taux de détection, de sorte que l'incidence décroît plus vite que l'épidémie.
En tout cas, si Macron avait confiné correctement avec les écoles fermées, ce qu'il aurait dû faire dès le dimanche 11 octobre, on aurait sans doute pu atteindre un bon R de descente vers 0,7 et supprimer plus vite cette deuxième vague.
On aurait même eu des avantages significatifs comparé à mars : masques, aération, tests. Le fait de confiner la majorité de la population active aurait permis un dépistage massif dans le circuit non-confiné grâce à la capacité de plus de 2 millions de tests/semaine.
Au lieu de cela, on aura eu 4 semaines de confinement Canada Dry avant détricotage. Commerces, sport, lieux de culte devraient bientôt rouvrir, on va sans doute se retrouver avec un couvre-feu glorifié plus les bars et restaurants encore fermés pour 8 (?) semaines.
Les perspectives de descente ne me paraissent pas terribles, entre les futures réouvertures/levées de restrictions (qui augmenteront les contacts), la baisse tendancielle des températures (l'hiver reste devant nous !) et aussi l'inconnue des fêtes de fin d'année.
Jusqu'ici, on a eu du bol sur les températures avec des dernières semaines plutôt douces, mais depuis aujourd'hui ça baisse. Si c'était bien le choc de la vague de froid en semaine 39 qui avait propulsé l'épidémie, attention…
La règle d'or pour diminuer le risque de contamination, c'est d'éviter de passer du temps en intérieur sans masques avec des gens qui vivent hors du foyer (en considérant les contacts à domicile comme incompressibles).
Donc les fêtes de fin d'année dans leur format traditionnel (repas avec brassage de multiples ménages) ne devraient pas avoir lieu, c'est aussi simple que ça.
Les repas en intérieur sont l'une des activités les plus dangereuses en présence d'un malade qui s'ignore. Aucune distance, pas de masques, temps d'exposition long, les gens parlent/rigolent, parfois crient ou chantent, et vu qu'il fera froid, la fenêtre ne sera pas ouverte…
Vu leur refus de reconfiner comme il faut, l'épidémie sera encore trop étendue pour que l'on puisse avoir ces fêtes familiales. Donc au lieu de laisser les gens s'infecter entre l'huître et la bûche, qu'ils recommandent franchement aux gens de ne pas faire de repas.
Véran le sait puisqu'il fait référence au Thanksgiving canadien, qui a été considéré comme un propulseur de l'épidémie là-bas en octobre.
Sauf que "en même temps", il dit vouloir permettre aux gens de se voir en famille. Qu'est censé retenir le public de cette énième injonction contradictoire ?
Et quelques jours après cette période des fêtes, l'épandeur scolaire se remettra à ventiler du virus partout, puisque Capitaine Passoire refuse obstinément de faire son boulot. Qu'ont-ils prévu pour éviter un double effet propulseur sur l'épidémie ?
Rappel sur l'ampleur de la vague, pour ne pas oublier où on en est.
Pour la première, on avait eu EN TOUT plus de 105 000 hospitalisations jusqu'à la mi-juillet ; la semaine dernière, au (premier ?) pic de la deuxième, on était déjà à 193 000 en cumulé.
Hors domicile, on avait 30 000 décès hôpital + Ehpad en juillet. Depuis, on a enregistré 17 000 décès de plus et on n'a pas encore commencé à descendre.
Donc la deuxième vague va être plus sévère à tous les niveaux : nombre d'infections (donc de malades au long cours et autres séquelles), d'hospitalisations et aussi de décès. Par choix politique de l'exécutif.
On peut toujours se dire "c'est mieux que si c'était pire". Mais en ce qui me concerne, je reste assez stupéfait de la facilité avec laquelle on banalise une catastrophe historique. C'est sidérant.
On va passer en revue quelques endroits aux 4 coins du pays.
D'abord, l'IDF. Là-bas, on nous annonce la descente royale : regardez la chute de l'incidence ! OK, mais reste à voir si les hospitalisations raconteront la même histoire.
La baisse est réelle, mais si elle est couplée à une chute du taux de détection (à vérifier dans les jours à venir), attention à l'illusion d'optique.
Du côté de la Haute-Savoie, l'une des pointes de la catastrophe ARA (frontière avec la Suisse, et peut-être un malus dû au climat ?), la baisse hospitalière commence à peine, et plateau sur les 4 derniers jours. Rien de bien enthousiasmant.
La courbe des cas nous raconte une belle histoire dans le Nord, mais les hospitalisations stagnent sur les 5 derniers jours. À voir sur la suite.
Ici, une descente convenable avec deux messages en phase.
Les fruits amers de l'été du n'importe quoi. Déjà 33% de décès en plus comparé à la première vague, et on n'est qu'à S+1 après le pic des décès.
Dans le 06, plateau sur les 5 derniers jours d'admissions à l'hôpital après un début de baisse plus nette. Est-ce que la descente reprendra ?
En Gironde, depuis 2 semaines, le mauvais scénario du plateau hospitalier au niveau du pic…
Idem ici.
Pic des cas passé depuis 2 semaines en Mayenne, pas de signe de descente dans les admissions à l'hôpital.
Bref, on voit le problème avec l'absence d'un confinement strict : un travail de descente propre et net n'a pas été engagé partout. Certaines descentes sont passables, ailleurs on a des plateaux ou des situations incertaines, et on sent que ça pourrait vite se gripper.
L'exécutif n'aura aucune excuse si son coup de frein minimal est sanctionné par des plateaux en décembre. Ne serait-ce que par sécurité, il fallait insuffler plus de puissance de descente.
Dans le débat médiatique, on commence à voir des sujets sur le thème "comment éviter une troisième vague". La deuxième n'est pas derrière nous, et la première étape pour en éviter une troisième, c'est de supprimer celle en cours.
On pourrait se réjouir de ces préoccupations à long terme, mais j'ai comme l'impression qu'il y a un présupposé un peu rapide là-dessous, à savoir qu'on va dévaler la pente comme en avril-mai.
Je sais que je rabâche, mais je le répète : une descente est semée d'embûches et celle que nous avons entamé ne s'effectue par sur des conditions structurelles stables.
Il paraît que le monarque va prendre la parole la semaine prochaine pour "donner de la visibilité".
On l'invite à répondre aux questions suivantes :
• comment va-t-on finir de supprimer rapidement cette deuxième vague ?
• ensuite, comment éviter la formation d'une troisième vague d'ampleur ?
• comment améliorer le dispositif dépister-tracer-isoler qui dysfonctionne dans ses trois composantes ?
Il n'y a pas que l'isolement (puisque c'est le thème en vogue dans le débat). Le dépistage préventif de masse n'est toujours pas là. Les résultats du traçage sont de pire en pire : en moyenne, 1,3 contact cette semaine par cas index. Mais encore ?
S'il n'y a pas de changement dans la stratégie et les politiques menées, si "trop peu, trop tard" reste le slogan officiel de la gestion de cette pandémie, alors les mêmes causes produiront tôt ou tard les mêmes effets.
Tribune à lire : « Il est donc urgent d’imposer ce débat que fuient nos dirigeants dont l'attentisme nous expose, en l'absence d'une implémentation optimale d'un vaccin sûr et efficace, à une troisième vague dont on sait déjà qui en subirait le coût »
Carte du taux d'incidence par département (nombre de cas détectés pour 100 000 habitants sur les 7 derniers jours disponibles, ici du 3 au 9 novembre).
La France était à 451,6 jeudi dernier (498,3 après consolidation), aujourd'hui elle est à 392.
Troisième semaine d'affilée où 100% des départements en métropole ont passé le seuil d'alerte originel par un facteur 2.
Vue graduée :
Le taux d'incidence par classe d'âge.
Les 0-9 ans sont sous-dépistés par un facteur 4 comparé à leur poids dans la population.
Carte du taux d'incidence par département (nombre de cas détectés pour 100 000 habitants sur les 7 derniers jours disponibles, ici du 27 octobre au 2 novembre).
La France était à 416,5 jeudi dernier (441,4 après consolidation), aujourd'hui elle est à 451,6.
Le dépistage ayant sauté sous la pression de l'épidémie, les délais de remontée ont fortement augmenté et l'incidence consolidée pourrait être à 500+ (le dernier point haut mesuré est à 490).
Je ne mets pas les tendances, impossible de savoir si plateaux et baisses sont réels.
Ne dites plus : l'exponentielle a fait péter le Minitel.
Carte du taux d'incidence par département (nombre de cas détectés pour 100 000 habitants sur les 7 derniers jours disponibles, ici du 20 au 26 octobre).
La France était à 268,7 jeudi dernier (274,8 après consolidation), aujourd'hui elle est à 416,5.
Félicitations au gouvernement pour son grand chelem ! Par sa nullité stupéfiante, l'exécutif est parvenu à noircir toute la France métropolitaine en 15 semaines. Nous pouvons à présent lui décerner le label IOC (Incompétence d'Origine Contrôlée).
[Dépistage ×4 depuis juillet.]
Pour la légende, je rappelle qu'elle est basée sur les intervalles qu'utilisait SPF initialement…
0 à 10
10 à 20
20 à 50
50+
… auxquels j'avais rajouté moins de 1 et 100+ (ils utilisaient eux aussi ce critère pour distinguer, à l'époque, les départements en pointe...).
Macron vient d'inventer le confinement Canada Dry : ça a l'allure du confinement, le goût du confinement, mais ça ne baisse pas le taux de contact comme le confinement, donc ça va infecter et tuer plein de gens. Une catastrophe vu la hauteur actuelle de la vague.
Sur qui/quoi Macron va-t-il rejeter la faute demain pour se défausser de son écrasante responsabilité dans ce désastre de la deuxième vague ?
À quel point allez-vous avoir la veine lorsque Macron dira « nous n'avons pas réussi collectivement à maîtriser l'épidémie », comme si la responsabilité dans ce fiasco était également partagée ?
Macron commettra-t-il à nouveau l'erreur de déconfiner sans préparation correcte ?