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Jour 118 au procès des attentats du #13Novembre
Aujourd'hui, la cour va entendre le célèbre juge Marc Trévidic, qui a été pendant 10 ans le visage de l'antiterrorisme français, l'un des meilleurs connaisseurs du terrorisme islamiste.

LT @franceinter sur ce fil
@ChPiret à la 📻
@franceinter Le juge Trévidic avait dû quitter son poste deux mois avant les attentats du #13Novembre car il arrivait au bout des dix ans incompressibles dans sa spécialité. Poste qu'il avait quitté à regret. A l'été 2015, le juge avait perçu l'imminence de nouveaux attentats d'ampleur.
@franceinter Le juge Trévidic avait été frappé les attentats de #Janvier2015 contre #CharlieHebdo. Son ancien garde du corps, Franck Brinsolaro, avait été assassiné par les frères Kouachi.
Le juge rendait hommage au policier dans ce portrait @franceinter
franceinter.fr/justice/proces…
@franceinter Six mois plus tard, à l'été 2015, le juge Trévidic interrogeait le djihadiste Reda Hame, de retour de #Syrie, qui lui révélait qu'Abaaoud l'avait missionné pour frapper une salle de concert.
Reda Hame, condamné depuis, qui sera entendu en visio cet après-midi après le juge.
@franceinter D'autres djihadistes incarcérés seront entendus en visio aujourd'hui. Tous envoyés en France par Abaaoud pour commettre des attentats en 2015.
L'un d'eux, Ayoub El Khazzani a été condamné pour l'attentat contre le #Thalys en août 2015.
#13Novembre
@franceinter La cour doit enfin entendre en fin de journée le journaliste @N_Henin qui avait été pris en otage en #Syrie par #EI avec d'autres confrères entre 2013 et 2014.
#13Novembre
Ce 118e jour d'audience s'annonce donc chargé. Tous les accusés sont dans le box sauf Mohamed Abrini qui le boude aujourd'hui comme hier. Osama Krayem lui est revenu.
#13Novembre
Voici le compte-rendu d'audience du jour 117 par @ChPiret.
La cour a entendu hier le chercheur Bernard Rougier et le journaliste Mohamed Sifaoui qui ont été contestés et n'ont pas vraiment éclairé les débats, surtout à ce stade du procès #13Novembre
franceinter.fr/justice/proces…
@ChPiret Jour 118. L'audience reprend. "Je m'appelle Marc Trévidic, j'ai 56 ans, je suis magistrat" décline le juge Trévidic, à la barre, costume sombre et cravate rouge, air juvénile.
#13Novembre
Comme pour chaque témoin, la cour demande s'il connaissait des accusés. "Je connaissais les frères Clain" dit le juge Trévidic. Les Clain, parmi les accusés présumés morts en #Syrie #13Novembre
Pour trancher d'emblée avec la journée d'hier, le juge Trévidic prévient : "Je vais pas me lancer dans des grandes théories sur l'islamisme".
#13Novembre
Et Marc Trévidic raconte son arrivée à l'antiterrorisme. D'abord au parquet. 2000. 4 magistrats et 10 policiers de la DST, "c'était rien du tout".
#13Novembre
Marc Trévidic : "Ce qui intéressait la DST à l'époque, c'était les filières afghanes. Il y a eu aussi les projets d'attentats à New York. Un #djihad international de plus en plus. On appelait les filières Ben Laden".
#13Novembre
Marc Trévidic décrit un "modèle français" de l'antiterrorisme, un modèle efficace dit-il, pour recueillir de nombreuses informations, jusqu'à Peshawar.
#13Novembre
Marc Trévidic parle d'un "âge d'or" et d'un système "idyllique" pour contrer les terroristes. Puis il y a septembre 2001. La DST passe de 10 à 50 personnes.
#13Novembre
Seuls les gendarmes sont les absents. Marc Trévidic le regrette. "Je pense qu'ils auraient pu aider quand le bateau a pris l'eau en 2013"
#13Novembre
Marc Trévidic parle de 2004. Attentats en Espagne. Atocha. 200 morts.
Puis 2005. Les Anglais, "ils ont l'habitude de se prendre des bombes".
#13Novembre
En France en 2006, Marc Trévidic découvre un autre visage du terrorisme en France. Il est surpris par "une autre génération, des petits jeunes, fruit du djihad médiatique qui a commencé en 2003, des gens qui avaient pas des kalach mais des caméras"
#13Novembre
Marc Trévidic : "Je me retrouve avec des dossiers, trois petits jeunes de Tours qui se montent la tête devant des vidéos. Cette radicalisation par internet est très inquiétante. On l'a pas découverte en 2015"
#13Novembre
Marc Trévidic estime que cette radicalisation par internet a commencé en 2006 et 2007. Et "c'est à cette époque que va naître l'idée d'empêcher judiciairement des départs"
#13Novembre
Marc Trévidic : "On va les considérer comme des terroristes pour pas qu'ils le deviennent". Pour la première fois, "on allait poursuivre des gens parce qu'ils avaient l'intention de partir" en terre de djihad.
#13Novembre
Avant, la justice française ne poursuivait que les revenants de zone de djihad. On a donc poursuivi en amont. L'AMT, association de malfaiteurs terroriste a alors largement commencé à évoluer"
#13Novembre
Marc Trévidic : "Il y a les nouveaux terroristes mais aussi les anciens." Et il cite le groupe Artigat avec les frères Clain ou Thomas Barnouin, des "gens qui vont en Egypte, radicalisés de façon profonde"
#13Novembre
Marc Trévidic, sur Artigat : "J'ai jamais perçu de vrai chef. Il y avait Olivier Corel le théoricien qui mettait pas la main à la pâte et quelques excités qui voulaient partir". Les frères Clain n'en faisaient pas partie à ce moment-là.
#13Novembre
Rappelons que les frères Fabien et Jean-Michel Clain accusés à ce procès #13Novembre ont lu/ chanté entre autres la revendication des attentats au lendemain des attaques.
Le juge Trévidic cite le juge Jean-Louis Bruguière qui fut longtemps le nom de l'antiterrorisme français. Autre nom, autre époque, autre méthode que Trévidic. Ce qu'il ne dit pas, à la barre.
#13Novembre
Alors que le juge Trévidic parle à la barre, grand silence dans la salle d'audience. Chacun l'écoute. Dans le box aussi, les accusés sont hyper attentifs, pas de bavardages entre eux aujourd'hui.
#13Novembre
Le juge Trévidic raconte le djihad médiatique et autre point "qui a un impact sur 2013-2015, on est dans la logique tout renseignement, il y a rien de plus fort que le renseignement, le problème c'est qu'on se rend compte que non, on arrête les gens avec des preuves judiciaires"
Marc Trévidic : "On a en Europe des groupes qui s'affichent qui réclament la charia en France". Il cite Forsane Alizza en France, Sharia4Belgium en Belgique.
#13Novembre
Marc Trévidic : "Et puis quelque chose qui m'a marqué, on continue de faire semblant qu'on est invulnérables". Il entend dire qu'il n'y a pas eu d'attentats en France depuis 1995. "Et puis est arrivé Mohamed #Merah". 2012
#13Novembre
Marc Trévidic rappelle que ça arrive à la pire période, peu avant l'élection présidentielle, période électorale. Le juge rappelle les propos de Bernard Squarcini (DCRI) qui disait qu'il n'y avait pas de menace en France or "il savait ce qu'il en était"...
#13Novembre
Marc Trévidic lui savait qu'on était vulnérables. Et il est alors surtout frappé par les réactions aux attentats de #Merah. Il dit à la barre avoir vu des gens qui se réjouissaient "d'une petite fille morte d'une balle dans la tête". Il est alors "estomaqué" et très inquiet.
Une de ses collègues qu'il ne citera pas lui dit "on a déjà perdu". Ce qui est très inquiétant, c'est que Mohamed #Merah devient un héros pour certains djihadistes.
#13Novembre
Puis le juge Trévidic parle d'un autre dossier de cette année 2012, "je suis désolé pour les parties civiles mais un dossier comme un autre", le dossier de jeunes qui voulaient partir au Yémen. Parmi eux, S. Amimour, qui deviendra l'un des kamikazes au #Bataclan le #13Novembre
Le juge Trévidic, voix un peu émue : "Après ce qui s’est passé, ce massacre au #Bataclan, on peut que regretter de pas l’avoir mis en prison". Car Samy Amimour avait été placé sous contrôle judiciaire, qu'il avait enfreint ensuite et était parti en #Syrie...
Le juge Trévidic : "Ces jeunes parfois on les mettait en prison, parfois on le mettait pas". Il précise que ce n'est pas lui qui avait fait l'interrogatoire de S. Amimour mais un de ses collègues.
#13Novembre
Le juge Trévidic : "Samy Amimour, je l'ai pas connu, je ne cherche pas d'excuses, c'est moi qui ai validé son contrôle judiciaire" Il précise qu'à l'époque, la prison n'était pas non plus idéale pour ce type de profils. Et qu'il n'y avait pas de bracelet électronique
#13Novembre
Le juge Trévidic rappelle que le bracelet électronique n'évite pas tout. "On a vu ce qu'il s'est passé avec le père Hamel" assassiné entre autres par un radicalisé sous bracelet électronique. En 2016.
#13Novembre
Puis le juge Trévidic raconte "l'appel de la #Syrie. Tout le monde est parti. J'avais jamais vu ça".
#13Novembre
Le juge Trévidic parle comme un livre. Il est la mémoire vivante de ces années du terrorisme islamiste. Son discours est limpide, passionnant. Toujours le même silence recueilli dans la salle d'audience. Y compris dans le box. Les accusés le regardent et l'écoutent.
#13Novembre
Marc Trévidic parle de ce qu'on a appelé "Artigat 2", "tous ceux que j'avais eus en 2007 sont sortis de prison. Ils se réunissent à nouveau, ils connaissent tout, on met des micros dans les voitures, clairement, ils se foutent de nous dans les micros et les enlèvent"
#13Novembre
Marc Trévidic décrit "l'impossibilité de traiter tous ces départs" vers la #Syrie et même les retours dont ils se rendent compte après coup. Services de police et de justice sont dépassés. "On ne contrôle plus rien"
#13Novembre
Et la menace augmente. Marc Trévidic : "On sait qu'on nous en veut. On a tous les signaux au rouge. Les enquêteurs sont dans le même état que les juges, on sait qu'on va avoir des attentats et on peut rien faire"
#13Novembre
Et Marc Trévidic dit que si certains attentats échouent c'est grâce à "la chance, Ghlam se tire dessus", ou le #Thalys, des voyageurs neutralisent le tireur.
#13Novembre
Marc Trévidic : "En août 2015, je reçois Reda Hame, il va parler très franchement, il dit j'ai accepté la mission pour pouvoir déserter et va décrire la situation, les attentats en France, je dois attendre les consignes"...
#13Novembre
Marc Trévidic : "Tout n'était pas clair, c'était bizarre la rapidité avec laquelle Abaaoud l'avait renvoyé". Abaaoud qui avait missionné ce djhadiste pour frapper une salle de concert. C'était donc en août 2015.
#13Novembre
Marc Trévidic : "Après, moi, je ne sais pas ce qu'il s'est passé, j'ai terminé le 15 août" 2015 conclut le juge Trévidic, la gorge serrée.
#13Novembre
Après, en septembre 2015, on l'avait envoyé pour un nouveau poste. Les affaires familiales à Lille. Ce qu'il ne dit pas à la barre. Il est aujourd'hui à Versailles. Mais depuis 7 ans ne s'est jamais caché de sa passion pour la matière terroriste, qu'il a donc quittée à regret.
Le président Périès a une unique question pour le juge. Marc Trévidic : "On sait que Abaaoud veut taper la France et la Belgique. Il aurait fallu avoir des mesures radicales franco-belges, avoir une politique commune antiterroriste, quelque chose de très puissant"
#13Novembre
Marc Trévidic rappelle qu'on "a toujours l’idée qu’ils sont très mauvais et que nous on est très bons. Il y a une déloyauté vis-à-vis des Belges. Quand on voit qu'Abaaoud se retrouve à St-Denis, c'est qu'on a pas été très bons non plus..."
#13Novembre
Marc Trévidic : "Je crois que tout le monde était noyé, on n'a pas pu prendre des mesures draconiennes pour régler ce problème franco-belge. On ne peut pas non plus bloquer l'autoroute du Nord avec tous ses camions pour des contrôles massifs"...
#13Novembre
La 1ère assesseure a une question sur la radicalisation d'Amimour. Son père à la barre, avait dit qu'il ne l'avait pas perçue. Vrai ? demande la magistrate à Marc Trévidic ?
#13Novembre
Marc Trévidic : "Moi j’arrive pas à rentrer dans la tête des gens. Ce serait super !" Il rit, d'un petit rire qui revient souvent entre ses phrases. "Mais je me suis toujours astreint à jauger avec des critères objectifs" dit le juge.
#13Novembre
Le juge Trévidic donne un exemple de critère objectif : "Une personne qui a coupé des têtes à Raqqa a plus de chances d’être dangereuse qu’une personne qui n'a jamais touché une arme". Il dit aussi qu'il y a les intelligents et les autres, ceux qui dissimulent...
#13Novembre
Marc Trévidic sur les départs en #Syrie, puis les attentats de 2015 : "Tout est lié à l’inadéquation des moyens par rapport à la menace à un moment donné"
#13Novembre
Une autre magistrate l'interroge sur cette "organisation terroriste très structurée en amont mais qui a commis quelques ratages au moment de passer à l'acte"
#13Novembre
Marc Trévidic : "J’ai connu l’époque Al Qaïda et #EI, ça n’a rien à voir. Al Qaïda, des cours de taqya, des agents dormants, ils passaient tous par Londres. Hors de question de prendre des femmes, des mineurs. C’était pas la même catégorie de mon point de vue"
#13Novembre
Marc Trévidic : "L’#EI a ouvert les vannes totalement. Ils ont dit vous pouvez tous venir". Certains, "on en rirait presque, l’un dans mon bureau était arrivé à Raqqa avec une cigarette et s'était pris un coup de bâton" !
#13Novembre
Le juge Trévidic se souvient de tous ceux qui étaient partis à Raqqa et ont voulu déserter aussitôt. Dont cet homme, mais "quand il a voulu déserter, sa femme lui a tiré dessus"
#EI #13Novembre
Le juge Trévidic note "le côté bravache" de tous ceux qui sont partis rejoindre #EI
"Moi, j’ai jamais vu quelqu’un d’Al Qaïda se mettre sur Facebook et dire Coucou, c’est moi !" Ce qui était donc le cas de tous ceux qui se photographiaient kalach à la main.
#13Novembre
Ce côté bravache, c'était aussi pour dire "on brûle nos passeports, on ne reviendra pas"
Le juge Trévidic estime que clairement, #EI et Al Qaïda, "pas du tout la même mentalité"
#13Novembre
Ces organisations terroristes ont des modes de fonctionnement différents. Notons qu'en France, de manière inédite, en janvier 2015, les 3 terroristes qui s'étaient concertés pour frapper @Charlie_Hebdo_ et #HyperCacher avaient agi au nom d'AQPA pour les uns, #EI pour l'autre.
En une phrase, le juge Trévidic résume les djihadistes qui sont partis en #Syrie rejoindre #EI : "Ils ont été formés à l’émotion de la vidéo", pas dans les livres (comme Al Qaïda).
#13Novembre
Le juge Trévidic note une autre différence. #EI donnait l'impression de pouvoir envoyer indifféremment plusieurs djihadistes frapper, se moquant de l'attentat manqué. Si ça rate, on en envoie un autre frapper dans l'esprit d'Abaaoud, dit Trévidic.
#13Novembre
Alors que c'était pas le cas d'Al Qaïda, "avant le 11 septembre" on choisit les terroristes qui vont partir frapper. Autrement selon le juge Trévidic.
#13Novembre
Le juge à qui une avocate de parties civiles, Virginie Leroy demande si la police a laissé partir volontairement des djihadistes en #Syrie en 2013-2014...
Le juge, embarrassé, se souvient que les policiers disaient qu'ils n'arrivaient pas à retenir les velléitaires.
#13Novembre
Du coup, le juge Trévidic a pu entendre dire : "On a qu'à les laisser partir, on les tuera là-bas avec des bombardements, moi je trouvais pas ça très sympa pour les populations locales"
#13Novembre
L'avocate l'interroge sur Samy Amimour, kamikaze du #13Novembre, qui a donc enfreint son contrôle judiciaire. On ne s'est pas inquiété avant qu'il ne parte ?
Le juge Trévidic rappelle qu'à l'époque, il n'y avait pas eu d'attentats, on ne s'inquiétait pas au moindre non-pointage.
Et puis le juge rappelle que dans les maisons d'arrêt, il y avait aussi beaucoup de radicalisation. Radicalisation extrême, même. Marc Trévidic : "J'ai vu des gens préparer des attentats en prison avec un téléphone portable"
#13Novembre
L'avocate l'interroge sur Reda Hame qui en août 2015 disait qu'il était missionné pour frapper une salle de concert et attendre les forces de l'ordre et faire le plus de morts possibles. Ce qu'il s'est passé le #13Novembre au #Bataclan
L'avocate: "Reda Hame c’est la dernière mise en examen que vous allez faire, en août 2015. Et en 2009, le Bataclan avait été évoqué comme une cible entre le dossier de Farouk Ben Abbes. Est-ce que le lien aurait été possible? Et qu’est-ce qu'il aurait pu être fait?"
#13Novembre
Marc Trévidic : "Je ne me souvenais pas en août 2015 que le Bataclan avait été cité par Farouk Ben Abbes. Moi, quand il [Reda Hame, ndlr] a dit ça, j’ai discuté avec la DGSI : “il y a Rock en Seine bientôt, il faudrait peut-être regarder de ce côté-là".
#13Novembre
Et puis le 2 septembre, le juge Trévidic prend donc son poste de juge aux affaires familiales à Lille. "Donc j’étais un peu démobilisé. Et je ne sais pas ce qu’il s’est passé après"...
#13Novembre
Marc Trévidic : "Je sais que la DGSI voulait se faire passer pour Reda Hame auprès d’Abaaoud. C’était leur projet. Mais je ne sais pas ce qu’il s’est passé après"...
#13Novembre
Le juge Trévidic a une question que commence à poser Me Mouhou, avocat de parties civiles. Me Mouhou qui commence par dire "on redescend sur terre", sans qu'on ne comprenne pourquoi, et il se met à poser une question qui dure depuis plusieurs minutes sans qu'on ne la comprenne...
Le président Périès finit par l'interrompre.
"Je la contextualise", rétorque Me Mouhou.
Le président, air las : "On avait remarqué, oui"
#13Novembre
Me Mouhou demande au juge s'il n'a pas eu une certaine "naïveté", par exemple sans mettre Amimour en prison ?
Marc Trévidic : "C’est dur pour un juge de se dire je vais mettre tout le monde en prison, je vais pas analyser tous les cas individuels"
#13Novembre
Marc Trévidic : "Avec tout ce qu’il s’est passé, évidemment que je regrette de ne pas avoir mis en prison Samy Amimour"
#13Novembre
#Bataclan
Me Olivier Morice, autre avocat de parties civiles, se lève à son tour : "Ce que nous avons entendu aujourd'hui est exceptionnel parce que vous n’avez pas eu peur de protéger une institution ou les institutions"
#13Novembre
Me Olivier Morice : "Sur @franceinter le 22 novembre 2015, vous disiez, il y a des failles, c’est évident, sinon il n’y aurait pas eu un attentat de cette ampleur", alors pourquoi si difficile pour l'Etat de le reconnaître ?
#13Novembre
Marc Trévidic : "C'est avouer son échec"
Le juge, qui à la barre, n'a pas eu de mal à reconnaître le sien avec Amimour. En expliquant ses choix et leurs raisons.
#13Novembre
Marc Trévidic interrogé sur la taqqya, cette technique de dissimulation, la ruse, utilisée par des terroristes.
#13Novembre
Marc Trévidic rappelle qu'il y "a eu des cours de taqqya dans les camps d'Al Qaïda pour apprendre à vivre comme un mécréant"
#13Novembre
Marc Trévidic : "La taqqya c’est une technique logique pour vivre dans la société avant de passer à l’action.
Devant un juge, j’appelle ça mentir"
#13Novembre
Le juge Marc Trévidic, lucide : "Une cour d’assises ou un tribunal correctionnel, c’est aussi le lieu du mensonge".
#13Novembre
Le juge Trévidic qui après avoir été procureur, puis juge d'instruction antiterroriste (jusqu'en août 2015), puis juge aux affaires familiales à Lille, est aujourd'hui président de cour d'assises en région parisienne.
#13Novembre
Le juge Trévidic : "On a cette question, en matière de terroriste, est-ce qu'on peut être convaincu par la cause et en dehors quand même des actes ?"
En réponse à @NoguerasXavier sur l'évolution de l'infraction de l'association de malfaiteurs terroriste (AMT).
#13Novembre
@NoguerasXavier @NoguerasXavier : "Y a clairement un avant et un après #Merah. On peut aujourd'hui à 30 années de réclusion criminelle une personne simplement en estimant qu'elle ne pouvait ignorer la radicalisation"...
#13Novembre
@NoguerasXavier Rappelons que Mohamed #Merah avait assassiné 7 personnes lors de trois attentats à Toulouse et Montauban en tirant seul. Mais son frère Abdelkhader avait été jugé pour complicité. Un autre homme qui avait vendu les armes aussi jugé et condamné.
#13Novembre
@NoguerasXavier Pour l'infraction de l'association de malfaiteurs terroriste, la question est de savoir si des complices quand il y en a connaissaient le degré de radicalisation du terroriste.
Dans le procès des attentats de #janvier2015, plusieurs accusés ont été acquittés pour ce T de AMT.
Certains accusés avaient été reconnus coupables d'association de malfaiteurs pour des armes fournies mais pas association de malfaiteurs terroriste car on n'a pas prouvé leur connaissance des attentats.
#13Novembre
Et en conclusion, @NoguerasXavier remercie "beaucoup beaucoup" le juge Trévidic qu'il connaît bien. Le juge qui reçoit plein de mercis dans cette salle d'audience.
#13Novembre
@MeJonathanDeTa1 avocat belge d'un autre accusé du #13Novembre remercie aussi chaleureusement le juge Trévidic : "Je voudrais vous remercier parce que vous êtes un homme courageux"
@MeJonathanDeTa1 lui demande s'il estime normal que des témoins #13Novembre à Paris soient prévenus dans un procès belge Paris Bis.
Marc Trévidic aurait milité pour un procès unique.
"Mais peut-être que les parties civiles n'auraient pas été d'accord" avait dit le juge Périès.
Me Méchin a une question : tous les membres d'un groupe criminel sont-ils forcément radicalisés si projet terroriste ? Ce qu'affirmait hier un témoin.
Marc Trévidic a vu des délinquants de droit commun faire des braquages avec des radicalisés et "chacun prend sa part du butin".
Marc Trévidic qui ajoute que ce n'est pas écrit terroriste sur la tête des gens ! Et qui donne l'exemple d'un délinquant "avec ses Ray Ban et ses commerces et qui était pourtant fortement radicalisé"
#13Novembre
Le juge Trévidic interrogé par une autre avocate de la défense, Me @MeArabtigrine. Question compliquée. Il répond de manière limpide.
#13Novembre
@MeArabtigrine Marc Trévidic : "Quand un meurtrier tue, il peut nier, mais il sait que c'est mal. Quand un terroriste tue, il pense que c'est juste".
#13Novembre
Olivia Ronen, avocate de Salah #Abdeslam se lève.
Le juge Trévidic lui répond : "Je sais très bien qu’il y a beaucoup de familles endeuillées qui peuvent estimer qu’on a été naïfs. Mais on n'a pas eu de prisonniers en tenue orange" (comme à Guantanamo).
#13Novembre
Le juge Trévidic : "C’est le drame de l’antiterrorisme, en 2000 on disait il y aura zéro attentat, comme si on pouvait éviter tous les vols, les meurtres ! C’est un leurre".
#13Novembre
Le juge Trévidic : "Disons la vérité, ces jeunes terroristes utilisent aussi la violence politique. Il y a des guerres dégueulasses dans le monde".
#13Novembre
Le juge Trévidic : "On ne peut pas limiter tout risque".
#13Novembre
Le juge Trévidic : "Sinon, on est prisonnier de nous-mêmes".
#13Novembre
Le juge Trévidic : "La justice c’est l’art de l’équilibre. Il faut savoir punir justement".
#13Novembre
Le juge Trévidic que l'avocate de Salah Abdeslam remercie "beaucoup pour cette déposition".
Le président Périès conclut avec un bref merci.
Marc Trévidic quitte la barre d'un pas rapide.
Il sera resté plus de 3 heures 30 durant lesquelles la salle aura été captivée.
#13Novembre
Et pendant que la pause se poursuit et est sur le point de s'achever, l'accusé Mohamed Abrini est finalement venu s'installer dans le box. Le box qu'il boudait depuis hier, mais le président Périès l'avait incité à "changer d'avis pour la 2e partie d'après-midi"
#13Novembre
La cour va maintenant entrer en visio avec des djihadistes condamnés dans d'autres procès et tous liés à Abdelhamid Abaaoud.
#13Novembre
Président Périès : "On va tout de suite se mettre en relation avec la prison de Lille"
Et on voit une image de pièce en visio.
On attend que le détenu Bilal Chatra apparaisse.
#13Novembre
Bilal Chatra est "l'éclaireur" algérien qui avait ouvert la voie à Abaaoud à l'été 2015 par la route des Balkans. Il avait été arrêté. A été condamné en 2020 dans le procès de l'attentat du #Thalys perpétré à l'été 2015. Condamné à 27 ans de réclusion criminelle.
Et Bilal Chatra vient s'asseoir sur une chaise. On le voit tout flou. Le président Périès se fâche et d'un ton très autoritaire contre les surveillants de prison : "c'est pas possible, on le distingue à peine !"
#13Novembre
Le président Périès, las : "Bon, ben on va faire comme ça. Bonjour Monsieur. Veuillez indiquer à la cour vos nom, prénom, domicile, svp"
"Chatra Bilal" dit le jeune détenu avec un accent.
#13Novembre
On le voit tout flou. Les surveillants n'ont pas réussi à corriger l'image. Mais on distingue sa jeunesse. Visage imberbe. Veste de survêtement. Mains dans les poches. Bilal Chatra est assis sur une chaise dans une pièce de couleur mauve, prison de Lille.
#13Novembre
Le président Périès lui demande de parler avec franchise.
"J'ai rien à dire, je garde silence" dit Bilal Chatra.
Le juge : "Vous voulez pas répondre aux questions, c'est ça ?"
Bilal Chatra : "Oui"
#13Novembre
Le président Périès tente quand même de lui poser une question, lui demande s'il peut parler d'accusés de ce procès #13Novembre qu'il aurait rencontrés en Syrie ?
Mais Bilal Chatra répète qu'il n'a "rien à dire"
#13Novembre
"Bon ben j'ai plus de question alors !" convient Jean-Louis Périès.
Une avocate de parties civiles, Me Rimalhlo pose à son tour une question sur Abaaoud.
Bilal Chatra n'a rien à dire. Il le répète.
#13Novembre
Elle lui demande quand même s'il a rencontré Mohamed Abrini (revenu dans son box pour écouter donc) en Turquie.
"Non", dit Bilal Chatra.
#13Novembre
Elle tente d'autres questions.
Bilal Chatra : "Je ne réponds à aucune question"
#13Novembre
Jean-Louis Périès, ironique : "Merci monsieur pour toutes ces précisions !"
#13Novembre
Et on coupe la visio et Bilal Chatra disparaît de l'image.
#13Novembre
Et le président Périès annonce que Reda Hame, que l'on devait aussi entendre, ne veut pas de visio. "Il est malade, quelque chose de ce goût-là" commente le magistrat.
#13Novembre
Et commence la visio avec Ayoub El Khazzani, "3-9-89" dit-il pour sa date de naissance. Il apparaît tee-shirt blanc sous une chemise de jean clair ouverte. Il porte une barbe, cheveux tirés en arrière. Il a été condamné pour l'attaque dans le #Thalys en août 2015. Il a fait appel
Il parle avec un fort accent. Ayoub El Khazzani, marocain, a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour l'attentat du #Thalys
Le président lui pose de courtes questions sur son domicile avant la détention. Il sourit. Puis très vite, annonce : "Déjà, je veux pas répondre aux questions. C’est pas contre vous, mais j’ai un autre procès en novembre, je veux pas répondre, désolé"
#13Novembre
Ayoub El Khazzani : "Croyez-moi j’ai envie de parler, mais procès en novembre et je préfère ne pas parler"
Il sourit encore. Le président annonce qu'on va donc couper la visio. Le détenu fait un petit signe de la main pour dire au revoir.
#13Novembre
Reda Hame, lui, ne sera jamais entendu devant cette cour. Le président Périès annonce un manque de temps et tous les avocats de parties civiles et défense sont d'accord pour passer outre cette déposition. Personne ne veut retenter de l'appeler en visio plus tard.
#13Novembre
On attend le dernier témoin du jour : Nicolas Hénin, journaliste, qui a fait partie de ceux qui couvraient la guerre en Irak pour @radiofrance en 2003.
10 ans plus tard, il a été otage de #Daech en #Syrie
Parmi ses geôliers, des terroristes liés à la cellule du #13Novembre
Nicolas Hénin arrive à la barre, costume-cravate. Il a marché en se tournant vers les avocats et le box des accusés.
#13Novembre
Président : "Connaissiez-vous les accusés avant ?"
Nicolas Hénin : "Je ne suis pas sûr".
#13Novembre
Nicolas Hénin : "Je vais expliquer les raisons de ma présence. J'ai été pendant une grosse quinzaine d'années reporter de guerre, d'abord en Irak, puis j'ai couvert les printemps arabes. Et je me suis rendu en Syrie"
#13Novembre
Nicolas Hénin : "C'est lors de mon 5e reportage en Syrie que j'ai été pris en otage par l’EI dans la ville de Raqqa en juin 2013. J’ai été retenu au côté de trois autres journalistes français. Nous sommes restés 10 mois en captivité".
#13Novembre
Nicolas Hénin : "Après ma libération, j’ai décidé de quitter le journalisme et je me suis engagé dans la lutte contre le terrorisme et la radicalisation".
#13Novembre
Nicolas Hénin @N_Henin : "Je voudrais revenir sur ce qu’est une prise d’otage. Lorsque vous êtes otage, vous avez en quelque sorte une vision trou de souris. Il faut imaginer que vous voyez comme à travers un judas le groupe qui est autour de vous".
#13Novembre
@N_Henin Nicolas Hénin : "Un peu comme si Daech au moment où il nous détenait, avait eu une webcam avec une focale extrêmement serrée qui les aurait suivis, écoutés. Parfois on n’avait pas le son, parfois on n’avait que le son. Nous ne voyions qu’une petite partie des activités du groupe"
Nicolas Hénin : "La focale était serrée mais la permanence était là. C’était 24h sur 24, tous les jours, pendant dix mois".
#13Novembre
Nicolas Hénin : "Je suis donc là pour vous parler principalement de cette détention, pour vous donner du contexte. Le procès de notre enlèvement devrait se tenir l’année prochaine et je ne voudrais pas excessivement déflorer mon propos".
#13Novembre
Nicolas Hénin : "Je voudrais vous dire ma conviction que nous avons assister à la gestation de la cellule OPEX du groupe EI qui allait mener les attentats en Europe".
#13Novembre
Nicolas Hénin : "Au départ, cette cellule Opex de l’EI était partie comme une cellule de kidnapping. Je voudrais donc vous parler de ce groupe qui a capturé au total 24 otages. 19 hommes et 5 femmes dans la pièce à côté".
#13Novembre
Nicolas Hénin : "Nous avons un petit noyau de 12 personnes qui se sont retrouvées à faire la jonction entre notre prise d’otages et la vague d’attentats qui a suivi. Parmi ces 12 personnes, 2 vétérans français : Boubakeur El-Amni et Oussama Atar"
#13Novembre
Nicolas Hénin : "Il y avait des Britanniques, surnommés les Beatles dans les articles de presse. Nous avions aussi deux notables locaux : Abou Loqman, émir de la sécurité, l’Amni, et qu'entre otages, nous surnommions Number One. Et moi je l’avais surnommé Abou montre d’or."
Nicolas Hénin : "Le deuxième local c’était Abou El-Adnani qui était à la fois le porte-parole de l’EI et son ministre de la propagande. Et, j’en ai la conviction, il a également été nommé ministre des attentats. Car il y a un lien ténu entre propagande et attentats."
#13Novembre
Nicolas Hénin : ""Cette cellule est née d’un sous-groupe qui s’appelait la Liwa As-Sadiq.
Oussama Atar, je l’ai vu principalement à l’hiver 2013-2014 notamment lors du grand transfert des otages depuis Idlib vers Raqqa".
#13Novembre
Nicolas Hénin : "Je me suis retrouvé à l’arrière d’un pick-up. A l’avant, à la place du conducteur, Oussama Atar. Et à côté de lui, Abou Idris : Najim Laachraoui".
Laachraoui, artificier des attentats #13Novembre, Oussama Atar, commanditaire.
Nicolas Hénin : "Ce qui est marquant à propos d’Oussama Atar, c’était sa volonté de se dissimuler. La première nuit j’étais le seul otage francophone et donc je me suis retrouvé dans une nuit de dialogue avec Najim Laachraoui. Et Atar faisait mine de ne pas comprendre"
Nicolas Hénin : "Il y a juste à une ou deux occasions que j’ai compris qu’il parlait français parce qu’il réagissait immédiatement à ce que je venais de dire sans que Najim Laachraoui ait le temps de prétendre lui traduire".
#13Novembre
Nicolas Hénin : "Ces deux nuits ont été une plongée assez vertigineuse dans l’idéologie du groupe". Silence, et il ajoute : "Ça a été un moment d’échange privilégié". #13Novembre
Nicolas Hénin: "Nous étions menottés, les yeux bandés. Il y a eu 2 incidents. Le 1er : une grave crise nerveuse de mon co-otage John Cantlin qui a perdu connaissance car Najim Laachraoui a exercé une forte pression psychologique sur John qui a hyperventilé et perdu connaissance".
Nicolas Hénin : "Et puis, il y a eu un gros choc. La voiture a freiné brusquement. Oussama Atar a échangé en arabe avec Najim Laachraoui. C’était quoi ? C’était un gosse. Je m’arrête ? Non t’en fais pas, il est mort."
#13Novembre
Nicolas Hénin : "En traversant un village en trombe avec notre voiture de nuit, nous venions de tuer un enfant".
A la barre, le reporter de guerre parle d'une voix émue.
#13Novembre
Dans le box, certains accusés semblent moins attentifs que pour le juge Trévidic.
Yassine Atar, lui, fixe Nicolas Hénin.
Yassine Atar qui est le petit frère d'Oussama Atar, considéré comme le commanditaire du #13Novembre
Nicolas Hénin parle de l'un de ses geôliers, Salim Benghalem, Français. "A chaque fois que nous étions transférés dans une cellule, il venait installer un ventilateur".
#13Novembre
Nicolas Hénin : "Il était féru de ventilateurs. De fait, nous étions, contre notre gré, assez entassés et avions difficilement accès à des facilités sanitaires. Et dans nos cellules improvisées, régnait une méchante odeur".
#13Novembre
#Daech
Le président Périès redemande à Nicolas Hénin s'il connaît des accusés ou pas. Au début, il a dit "je ne suis pas sûr"
#13Novembre
Nicolas Hénin regarde des noms d'accusés sur une feuille. Puis il se tourne vers le box. "Euh", dit-il. Le président insiste. "Vous avez parlé de Krayem, vous l'avez vu là-bas ?"
Le journaliste : "Je ne pense pas"
#13Novembre
Nicolas Hénin : "Mais cela dit, pendant deux mois, à l’hôpital ophtalmologique, nous avons rencontré beaucoup de djihadistes francophones qui parlaient un français sans accent. Que nous avions pensé comme étant soit Français soit Belges"
#13Novembre
Nicolas Hénin : "Nous sommes loin de les avoir tous identifiés. Ils étaient souvent masqués ou c’est nous qui avions un bandeau sur les yeux. Et il y a sûrement des djihadistes français qui ont été impliqués dans notre prise d’otages et qui n’ont pas été identifiés". #13Novembre
Président : "Qu'est-ce que vous pouvez nous dire de vos conditions de détention ?"
Nicolas Hénin : "Ces 10 mois à attendre la mort était une forme de torture"
#13Novembre
Nicolas Hénin explique qu'il savait très bien, en étant journaliste dans cette région, ayant couvert des kidnappings se terminant par des exécutions, qu'il risquait d'être lui aussi exécuté.
#13Novembre
Nicolas Hénin : "Sur les 24 otages, nous avons tous été frappés, violentés, avec plus ou moins de sophistication. Depuis les simples coups de poings, de pieds, jusqu’à des instruments : des câbles, des chaînes, des matraques".
#13Novembre
Nicolas Hénin : "A peu près un tiers d’entre nous ont été torturés de façon intensive, au point de rester physiquement marqués : des cicatrices importantes, ce genre de choses". #13Novembre
Nicolas Hénin : "Moi-même, j’ai eu droit à quelques séances de torture assez sophistiquées à l’issue d’une tentative d’évasion au tout début de ma captivité, qui m’ont laissé handicapé pendant plusieurs mois".
#13Novembre
Nicolas Hénin : "Leur objectif principal était de nous casser physiquement et moralement. De nous briser".
#13Novembre
Nicolas Hénin : "Il y a eu 9 otages exécutés. Ils nous ont forcés à regarder des photos de notre co-otage exécuté, des photos en gros plan de sa tête perforée par une balle. Et ils ont envoyé cette photo par courrier électronique à mon épouse, de façon à faire pression sur elle"
Immense silence dans la salle d'audience.
Nicolas Hénin : "Par chance, ce courrier électronique ne lui est jamais parvenu".
#13Novembre
Nicolas Hénin : "La plupart de nos geôliers étaient relativement discrets sur leur parcours, leur visage. Pour un certain nombre d’entre eux, je ne les ai vus que masqués".
#13Novembre
Nicolas Hénin : "Autant Mehdi Nemmouche tenait clairement à profiter de la présence de journalistes français en Syrie à ses côtés, qu’il y ait quelqu’un qui puisse plus tard venir témoigner de son parcours".
#13Novembre
Nicolas Hénin : "A plusieurs reprises, il nous a lancé : “hey, tu seras partie civile à mon procès, tu viendras à la cour d’assises”. Il nous provoquait sur ce plan là. Lui, il venait clairement pour se faire voir avant de commettre une attaque en Occident".
Nicolas Hénin : "Najim Laachraoui -artificier du #13Novembre- était vraiment un personnage surprenant, extrêmement convaincu, tordant pas mal le cou aux réalités"
Nicolas Hénin: "Laachraoui ne nous maltraitait pas, n’a jamais porté la main sur aucun de nous, nous donnait même du rab de nourriture alors qu’il y a clairement des périodes où nous étions sous-nutris. Il cherchait à se positionner comme quelqu’un de positif, presque généreux".
Nicolas Hénin : "Pendant le transfert, il m’avait donné une barre chocolatée. C’est la seule fois en dix mois où je mangeais du chocolat. C’est la personnalité complexe de Najim Laachraoui, capable de la pire des violences comme lorsqu’il s’est donné la mort".
#13Novembre
Rappelons que Laachraoui, artificier #13Novembre, est mort en kamikaze le 22 mars 2016 à Bruxelles dans les attentats.
Nicolas Hénin : "Il y a eu une phase où Mehdi Nemmouche venait très souvent nous faire des quizz pour s’amuser, pour nous tester. Et Laachraoui a ponctuellement contribué à ces quizz avec des questions scientifiques".
#13Novembre
Me Seban demande à Nicolas Hénin s'il était entravé.
"La plupart du temps non, mais on a passé 1 mois et demi menotté deux par deux"
#13Novembre
Nicolas Hénin : "Heureusement, parmi les otages, il y avait quelqu’un qui avait eu une vie antérieure etqui savait confectionner des clés de menottes avec un objet du quotidien"
#13Novembre
Nicolas Hénin : "Ça nous permettait, sinon de passer trop de temps détachés parce que les geôliers pouvaient surgir à tout moment, mais au moins donner un petit peu de mou à nos poignets"
#13Novembre
Me @Gerard_Chemla souligne qu'il a été très "pudique" sur ses conditions de détention.
Nicolas Hénin : "Nous avons passé 10 mois à dormir sur le sol nu, parfois du parquet mais souvent du ciment ou du carrelage"
#13Novembre
@Gerard_Chemla Nicolas Hénin : "Et on ne sait pas combien de temps ça va durer et on ne sait pas quelle sera la fin. Sachant que les deux issues sont possibles, comme l’a montré l’assassinat de mes co-otages".
#13Novembre
@Gerard_Chemla Nicolas Hénin : "L’action de cette cellule que je vous ai décrite a été détestable, avant tout pour la Syrie. Car suite à cette série d’enlèvements, on n’a plus eu de journaliste se rendant en Syrie. On n’a plus eu non plus d’humanitaire. Et ça c’est triste".
#13Novembre
@Gerard_Chemla Nicolas Hénin : "Au-delà des souffrances que ce groupe m’a fait fait vivre personnellement, a fait vivre à nos familles parce que derrière chaque victime, il y a une famille qui souffre et qui souffre d’autant plus que l’attente est longue". #13Novembre
@Gerard_Chemla Nicolas Hénin : "Et au-delà, la première injustice, le premier méfait et les premières victimes qu’ils ont faite c’est la population syrienne qu’ils ont privé de journalistes et d’humanitaires". #13Novembre
@Gerard_Chemla Ainsi s'achève la déposition de Nicolas Hénin, que le président de la cour remercie. Il quitte la barre. Plusieurs familles endeuillées viennent lui parler à quelques mètres du box des accusés.
#13Novembre
@Gerard_Chemla Fin de cette 118e journée.
Compte-rendu web @franceinter à suivre.
@Gerard_Chemla @franceinter Et voici le compte-rendu web @franceinter du jour 118 au procès #13Novembre.
Avec les témoignages très forts de Marc Trévidic, juge antiterroriste, et Nicolas Hénin, ex-otage de #Daech. franceinter.fr/justice/proces…

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May 2
Le procès des attentats du #13Novembre reprend à 12h30 après une semaine de pause.
Ce matin, ⁦@Arthur_Dvx⁩, rescapé du #Bataclan, président de ⁦@lifeforparis⁩ était sur ⁦@franceinter⁩ au micro de ⁦@MathildeMunos⁩ 📻
franceinter.fr/emissions/l-in… via @franceinter
@Arthur_Dvx @lifeforparis @franceinter @MathildeMunos Retour dans la grande salle d'audience du procès #13Novembre
Les bancs des parties civiles comme des journalistes très clairsemés.
Aujourd'hui, on doit entendre des témoins. Dont Marc Trévidic, qui fut longtemps juge antiterroriste.
@Arthur_Dvx @lifeforparis @franceinter @MathildeMunos Le juge Trévidic avait mis en examen en 2012, Samy Amimour, pour ses projets de djihad. Trois ans plus tard, le jeune homme qui avait enfreint son contrôle judiciaire revenait de #Syrie et mitraillait le #Bataclan le #13Novembre 2015.
Read 4 tweets
Apr 12
Jour 110 au procès des attentats du #13Novembre
Cette semaine, la cour interrogera pour la dernière fois les accusés.
Aujourd'hui, M. Amri, H. Attou et A. Oulkadi, sur leur aide à Salah Abdeslam après les attentats.

LT @franceinter sur ce fil.
@ChPiret pour le compte-rendu📻
@franceinter @ChPiret Le compte-rendu @franceinter jour 109. Quand Sonia, témoin cruciale, a raconté devant la cour comment elle avait croisé Abaaoud après les attentats du #13Novembre devant un buisson, puis prévenu la police. Elle a été applaudie par des parties civiles.
franceinter.fr/justice/proces…
Jour 110, l'audience reprend. Sans l'accusé Krayem, représenté par ses avocats. L'accusé Mohammed Almi se lève dans son box. Chemise blanche.
#13Novembre
Read 106 tweets
Apr 8
Au procès du #13Novembre, la cour entendra aujourd'hui la témoin cruciale qui a dénoncé Abaaoud. Elle s'était retrouvée face à lui durant sa cavale. Il était caché dans un buisson, après son massacre sur les terrasses parisiennes.
Témoignage @franceinter
franceinter.fr/justice/au-pro…
@franceinter Jour 109 au procès du #13Novembre.

Le LT @franceinter sur ce fil
@ChPiret à la radio 📻 dans le #1314

A 15h30 est attendue la témoin qui avait dénoncé Abaaoud, après l'avoir identifié devant le buisson où il se cachait durant sa cavale.

Elle s'était confiée à @franceinter
@franceinter @ChPiret Je remets ici le lien @franceinter vers le récit de l'incroyable histoire de ce témoin. Que la cour entendra cet après-midi à distance. Elle sera derrière un paravent. Voix déformée par un brouilleur acquis par la cour d'assises spéciale.
#13Novembre
franceinter.fr/justice/au-pro…
Read 81 tweets
Apr 7
Jour 108 au procès des attentats du #13Novembre
Aujourd'hui, c'est une juge d'instruction belge qui revient à la barre.
Elle était déjà venue au début du procès, avec un ton décapant. C'est elle qui a été la première à interroger la plupart des accusés en Belgique.
Le LT @franceinter est sur le fil de @ChPiret
@franceinter @ChPiret Et voici ici le compte-rendu du jour où la juge Panou était venue la première fois. Par @ChPiret
franceinter.fr/justice/proces…
Read 4 tweets
Apr 6
Jour 107 au procès des attentats du #13Novembre 2015
La cour va entendre des enquêteurs belges. Sur la cavale de Salah #Abdeslam et d'autres co-accusés, impliqués dans les attentats de Bruxelles. On évoquera leurs interpellations. Abdeslam a été arrêté le 18 mars 2016 en Belgique
Le LT @franceinter est à suivre sur ce fil aujourd'hui.

Pour retrouver le compte-rendu web du jour 106, c'est ici, signé @ChPiret avec un dessin de @ValPSQR
franceinter.fr/justice/proces…
En ce jour 107, la salle d'audience est très peu remplie. Quelques parties civiles sur les bancs. Les accusés discutent dans le box. Ils sont tous là sauf Krayem. L'audience reprend sans lui, comme toujours ou presque.
#13Novembre
Read 84 tweets
Apr 4
Jour 105 au procès du #13Novembre 2015

Aujourd'hui, la cour va entendre des enquêteurs sur la fuite de Salah #Abdeslam après avoir garé sa voiture de location à Paris 18e, puis avoir jeté sa ceinture explosive dans une poubelle de Montrouge, puis son exfiltration en Belgique.
La semaine dernière a été tellement chargée à ce procès #13Novembre

D'abord, Mohamed Abrini a fait les "révélations" qu'il avait promises et n'ont pas convaincu tout le monde.
franceinter.fr/justice/proces…
Puis Salah #Abdeslam a été interrogé sur cette soirée du #13Novembre 2015, lors de laquelle il s'est débarrassé de sa ceinture explosive à Montrouge, après avoir déposé des terroristes au Stade de France.
Il a répondu par son "droit au silence", sauf face à Me @CJosseandavocat
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