Nouvel essai : sous vos yeux ébaubis, je vous présente le Juge du Contentieux des Protections, le JCP, anciennement juge d'instance & rebaptisé suite à la fusion tribunal d'instance-de grande instance. C'est un juge civiliste spécialisé, statuant à juge unique
il a perdu certains domaines de compétence avec la fusion en tribunal judiciaire. C'est un juge accessible, devant lequel le ministère d'avocat n'est pas obligatoire. Il en ressort une grande spontanéité pendant les audiences, le JCP étant habitué au contact direct du justiciable
et notamment à traduire en terme juridiques ses demandes, qui sont parfois peu claires, ainsi qu'à mettre de l'ordre dans le pièces qui lui sont remises, souvent dans un fouillis indescriptible. Il a des contentieux réservés qui constituent son pré carré!
Il est compétent en matière de baux d'habitation : non paiement de loyers, résiliation-résolution du bail, non remise de quittances, non remboursement du dépôt de garantie...& expulsion. Le JCP doit maintenir l'équilibre entre droits du bailleur et protection du locataire.
Il est également compétent en matière de crédit à la consommation: le droit civil est protecteur du consommateur face à des sociétés de crédit poussent parfois à l'endettement déraisonnable, l'augmentation délirante de la dette au vu du taux d'intérêt plombant les ménages
Le JCP peut priver un créancier professionnel du droit à réclamer les intérêts au consommateur lorsqu'il n'a pas respecté les règles du jeu en la matière : c'est la déchéance du droit aux intérêts. ça, le JCP... il aime bien (ne niez pas, ON VOUS VOIT).
Le JCP est aussi le juge du surendettement. Face à un justiciable de bonne foi qui ne peut plus assumer ses dettes, le JCP peut échelonner le remboursement de celles ci, voire les effacer. C'est le rétablissement personnel, très encadré.
Le JCP protège également les majeurs incapables: rien de péjoratif! Quand en raison de l'age, 1 handicap,1 maladie, une personne ne peut plus prendre les bonnes décisions pour elle & la gestion de son patrimoine, le JCP peut la placer sous mesure de protection.
Si la personne a besoin d'être aidée, assistée, elle sera placée sous curatelle. Si elle est vraiment fragilisée elle devra être représentée et du coup placée sous tutelle. La mesure peut être confiée à un membre de la famille ou un mandataire (organisme ou personne privée).
Les comptes de tutelle sont vérifiés. Le JCP reçoit le protégé, ou se déplace chez lui ou en maison de retraite s'il ne peut pas se déplacer. C'est une mesure difficile à faire accepter, parfois le moment où on réalise sa fragilité. Au JCP de la présenter sous un jour positif!
Le JCP peut se voir déléguer certaines tâches qui ne ressortent pas de son pré carré par le président du tribunal: prud'hommes, baux ruraux, contentieux civil à enjeu pécuniaire faible à moyen... C'est un juge très polyvalent et très pragmatique
Le JCP est présent au tribunal judiciaire mais également dans les juridictions de proximité, dans des plus petites villes, ce qui accentue encore sa facilité d'accès par le justiciable.
fiche technique de la fonction
+: fonction diversifiée, proche du justiciable, utilité sociale +++; contentieux technique et intéressant
- : expulsion, tutelles, surendettement, le JCP doit garder le moral!! Masse de travail ; certains contentieux sont répétitifs
qualités requises : écoute, bienveillance et capacité à se rendre accessible ; empathie ; force de travail, organisation ; optimisme !!
Défauts possibles : parfois un peu isolé du reste de la juridiction, mais franchement il en a peu!!
Encore désolée pour le contretemps! Merci à mes correcteurs, j'avoue que ces fonctions civiles restent trop peu connues de votre serviteur, formé et déformé au pénal.
Des questions, des observations, des compléments?
A vous!!
Oubli TRES important merci aux attentifs 😀
Petits camarades de jeu : c'est un juge spécialisé donc son greffe, bien sûr ; les mandataires judiciaires en charge des mesures de protection ; lds bailleurs sociaux, pour le contentieux locatif
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Aujourd'hui mes amis, parce que ma grande famille judiciaire n'est pas encore réunie, je vous présente sous vos yeux enchantés le pôtichat des tribunaux, j'ai nommé le greffier. Il est formé à l'école nationale des greffes a Dijon, à laquelle on accède par concours.
Commençons par ce que N'EST PAS le greffier : ce n'est pas le secrétaire du magistrat. Ce n'est d'ailleurs même pas son subordonné : le magistrat n'a à proprement parler aucun pouvoir hiérarchique sur le greffier, qui dépend dans une juridiction de son directeur de greffe.
Le magistrat et le greffier sont une équipe, inséparable. L'un sans l'autre ne servent à rien. La team est complétée par des agents administratifs, de catégorie C, dont beaucoup font fonction de greffier. L'ensemble fait tourner la machine judiciaire.
Mes amis aujourd'hui sous vos yeux médusés je vous présente ce grand inconnu, le juge civil. Magistrat généraliste s'il en est, il est affecté au civil par le président du tribunal. Vous souvenez vous de toutes les attributions des autres juges? Eh bien il fait tout le reste!
Tous les contentieux qui ne relèvent pas du JCP et du JAF relèvent du juge civil, saisi par le justiciable et son avocat (obligatoire dans un grand nombre de cas) pour tous les litiges qui peuvent le concerner. Le juge civil doit avoir des connaissances approfondies
dans un grand nombre de domaines, tant il peut être sollicité dans un grand nombre de contentieux dont le commun des mortels ne connaît rien.L'avocat du demandeur lui soumet son argumentaire par voie de conclusions,auxquelles l'avocat du défendeur répond. Ils joignent des pièces
Mes amis aujourd'hui sous vos yeux stupéfaits, le juge aux affaires familales, le JAF. Magistrat généraliste, il est juge ou vice-président & affecté à cette fonction par le président du tribunal. Vous êtes prêts? C'est partiiii
Le JAF est bien sûr en premier lieu le juge du divorce, dissolution du lien marital. Il y a plusieurs types de divorce, du plus pacifique (les époux sont d'accord sur tout, et une partie des divorces par consentement mutuel échappe d'ailleurs au JAF et se fait devant notaire)...
Au divorce accepté, où les conjoints sont en accord sur le principe du divorce mais pas sur ses effets (partage des biens, logement garde des enfants...), que le juge va trancher. On ne parle alors pas des causes de la séparation.
Aujourd'hui mes amis, sous vos yeux éberlués je vous présente le juge d'application des peines, le JAP pour les intimes. Magistrat spécialisé, il est nommé JAP par décret. Il s'occupe de la phase post sentencielle, c'est a dire après le procès, exclusivement.
A ce propos, cessez de dire au JAP que vous êtes innocent. Il est là pour veiller à la meilleure application possible de la/des peine(s) prononcée(s) par le tribunal correctionnel, pas pour refaire le match. Il en a marre qu'on lui dise "s'pas moi".
Le JAP s'occupe du milieu carcéral mais également de beaucoup de peines qui s'exécutent hors des murs d'1 prison. Il applique 1 droit très technique, fréquemment réformé. Il a 1 vrai pouvoir d'adaptation de la peine prononcée par la juridiction, pour l'individualiser a chacun.
Pour plus de lisibilité (& faciliter vos révisions si besoin), je vais regrouper tous mes portraits de la grande famille judiciaire sous ce tweet.
Pour ce faire je suis téléguidée par mon assistant, étant bien incapable de le faire seule.
Coeur et flan vanille sur lui!!
Aujourd'hui mes amis, sous vos yeux émerveillés, le Tribunal correctionnel, et en particulier son président. C'est un magistrat du siège généraliste : il est nommé selon son ancienneté juge ou vice-président, et c'est le président du tribunal qui va l'affecter a cette fonction
Le tribunal correctionnel statue selon les infractions a juge unique, donc seul, ou en collégialité c'est a dire a 3. C'est la loi qui décide, 1 ou 3 : la liste des infractions relevant de la juge unique va en augmentant a chaque réforme, pour des raisons évidentes d'économies
A présent seules les infractions les plus "graves" relèvent de la collégialité : homicide involontaire, agressions sexuelles, stup, escroqueries, vols et violences avec plusieurs circonstances aggravantes...La comparution immédiate relève TOUJOURS de la formation collégiale