1 dossier de violences particulièrement grave cette semaine.
Si parmi vous mes touitoui, homme, femme, peu importe, vous subissez de la violence là où vous devriez être en sécurité ;
Si la personne qui dit vous aimer vous fait du mal, vous effraie, vous humilie, vous frappe;
Si tout vous paraît sombre, si vous vous sentez pris au piège;
Parlez-en.
A un policier ou 1 gendarme, si vous le pouvez, si vous y arrivez.
A un avocat, il va vous aider.
A un magistrat, si vous en connaissez un, ou au procureur par courrier si vous trouvez ça plus facile.
Appelez le 3919, vous y serez écouté, conseillé.
Confiez vous à 1 médecin. A 1 association.
A 1 ami. A votre famille.
Ne restez pas seul(e), ça peut aller mieux.
Je sais que vous avez peur, mais ça peut aller mieux.
Le 1er pas est le + dur. Ce ne sera pas facile, je sais.
On peut s'en sortir, je vous le promets.
Parlez.
Partez.
Vous ne serez pas seul, demandez de l'aide. Prenez soin de vous, vraiment.
Faites vous confiance, vous méritez le mieux pour vous.
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Tribunal correctionnel. Aujourd'hui on juge Noëlle, quadra à l'air blasée, coquettement vêtue, & son époux Adam, qui jette des coups d'oeil inquiets 1 peu partout.
Elle est jugée pour abus de faiblesse, lui pour recel. Il y a environ 10 ans, elle s'est rapprochée de Jeanne,
80 ans, 1 grand-tante solitaire vivant seule.
Jeanne a des enfants, devenus grands & partis loin, qui prennent bien peu de nouvelles. Elle a perdu son mari, il y a bien longtemps. Les jours sont longs dans sa grande maison qu'elle refuse de quitter;
elle y a tous ses repères
& partir en EHPAD c'est vraiment vieillir &, elle l'a dit à ses quelques proches, des vieilles dames de son voisinage qui s'accrochent comme elle à leur cocon, commencer à mourir, lentement.
Et Jeanne aime la vie, les goûters avec ses amies, son jardin rempli de fleurs,
Cour d'assises, 1 début d'après-midi. La salle est baignée des rayons de soleil de cette journée de printemps, j'ai chaud dans ma robe d'audience en laine.
Chacun retient son souffle en écoutant Adélaïde raconter le jour où sa vie a basculé, une vie qu'elle n'a jamais retrouvée.
Dans le box, assis très raide l'écoute Pierre, l'accusé. Il ne la regarde pas, les yeux un peu vides comme perdus dans le vague, comme depuis le début de ce procès. Accusé de tentative de meurtre, Pierre reconnaît les faits mais semble hors de portée, comme indifférent à ce
qui se joue.
Près de trois ans auparavant.
Adélaïde comme souvent est allée courir autour d'1 lac, non loin de chez elle. Mon ressort n'est pas connu pour 1 insécurité galopante, il ne lui est jamais venu à l'esprit qu'elle courait le moindre risque. Elle a 25 ans,est sportive.
Je suis jeune substitut quand je prends des réquisitions dans 1 dossier presque caricatural dn matière d'atteintes sexuelles sur mineurs.
Il y a beaucoup de monde dans la salle, des adolescents & leurs familles qui prennent 1 côté de la salle et forment un groupe compact, dont
je ressens depuis ma place l'hostilité mais également l'angoisse. Plusieurs avocats représentent les mineurs victimes et leurs parents à ce procès, qui fait suite à 1 instruction d'un peu plus de 18 mois.
A la barre, l'escorte vient de retirer à ma demande les menottes à Jean,
dit Jeannot, le prévenu, détenu depuis sa mise en examen pour agressions sexuelles aggravées.
La cinquantaine bien tassée, Jean s'est bien habillé pour l'occasion. Il présente bien. C'est difficile d'imaginer qu'il se soit comporté comme 1 prédateur sexuel, & pourtant...
Twitter me signale que c'est mon twittanniversaire.
Il y a un an tout pile j'enfilais ma culotte de peau de hobbit pour suivre un grand procès et ses live tweet, et peu à peu j'ai commencé à raconter la justice, ses travers, ses tracas, ses instants de vérité crue,
j'ai commencé à me raconter aussi inévitablement, mes rencontres, mes doutes, mes lumbagos et mes chats. J'ai voulu faire comprendre que ce n'est pas si simple, que tout est à parfaire, faire réfléchir, et faire rire.
Et surprise, ça a intéressé des gens, quelques uns,
fidèles qui sont toujours là, puis de plus en plus. Plus de 38000 twittos aujourd'hui qui lisent mes bêtises, mes histoires, mes coups de gueule et ma passion, immense, intacte pour mon métier, malgré les écueils, les difficultés, les tensions.
Pour toute la bienveillance
Tribunal correctionnel, audience chargée dans 1 salle surchauffée en cet après-midi d'été. Je sais que l'ambiance va être tendue, je suis déjà en nage dans ma robe noire; le public est nombreux, l'atmosphère électrique, j'aperçois des regards sombres échangés de part et d'autre
de la salle où chacun essaye de trouver 1 place assise, les places étant chères aujourd'hui sur les petits bancs inconfortables.
L'huissier audiencier installe les parties dans le premier dossier qui sera évoqué ce jour, celui qui explique la présence de tant de monde,
le prévenu et la victime étant visiblement très soutenus et donc venus accompagnés de leurs familles et amis.
Gabriel, aujourd'hui poursuivi, est assis sur le banc derrière la barre devant laquelle il sera tout à l'heure jugé. Il garde les yeux baissés vers le sol,
Cabinet d'instruction, début d'après-midi. L'ambiance est assez lourde, comme inévitablement à chaque audition de mineur victime. Aélane est jeune, trop pour se trouver là, mais donner 1 tournure trop grave à cet entretien ne va pas l'aider, donc je m'efforce tant bien que mal de
garder un ton neutre. Je me suis assise du même côté de mon bureau qu'elle pour ne pas créer de distance inutile, à sa droite. À sa gauche son avocate, rompue à l'exercice. Aélane a bientôt 9 ans, et elle est venue me parler de ce qui s'est passé avec Samuel, son beau-père.
C'est son administrateur ad-hoc et son assistante maternelle qui patientent dans la salle d'attente de l'instruction : avant même de me saisir, jugeant la mère d'Aélane insuffisamment protectrice, le procureur a désigné une association locale d'aide aux victimes pour défendre