Situation générale : L’armée russe en Ukraine est à l’arrêt. Cet arrêt c’est circonstanciel dans de nombreux endroits, afin de se recompléter avant d’attaquer à nouveau, mais c’est aussi l’indice d’un mauvais fonctionnement général.
Situations particulières
Inchangées. Les forces russes sont en pause opérationnelle sur les zones d’attaque, notamment autour de Kiev, et ne progressent pas dans les sièges en cours. On assiste même à des contre-attaques ukrainiennes (Mykolaev, Kharkiv, Est de Kiev).
Compensation par un surcroît de frappes en profondeur, visant des objectifs militaires (toujours à la recherche de la suprématie aérienne au bout de deux semaines) mais aussi civils, sans que l’on sache trop pourquoi (terroriser ? retourner la population contre ses dirigeants ?).
Notes
Vladimir Poutine aurait mis aux arrêts plusieurs généraux et cadres de la 5e direction du FSB (ex-KGB) chargés du renseignement sur l’Ukraine.
Recherche de relance par des renforcements (unités de combat restantes) mais aussi désormais par l’entrée de la Biélorussie dans la guerre. Loukachenko est très réticent, de peur de subir les sanctions internationales (peut-être le premier effet positif de ces sanctions).
mais on voit se développer un discours de justification (menace de l’OTAN, infiltration de mercenaires étrangers, on parle même d’une attaque « fausse bannière » de deux avions russes en Biélorussie).
Sur le papier l’apport de l’armée biélorusse pourrait être important, l’équivalent d’une armée russe. Elle pourrait être engagée dans l’Ouest de l’Ukraine, avec le soutien du groupement russe de Brest (division aéroportée, brigade d’assaut par air, brigade motorisée)
Cela pourrait constituer une menace forte pour l’approvisionnement de l’armée ukrainienne et fixerait de toute manière des brigades ukrainiennes déjà sous pression.
Mais
la zone de la frontière Ouest entre la Biélorussie et l’Ukraine est difficile pour la manœuvre (grands marais, mauvaises routes).
On ne connaît pas du tout l’état réel de l’armée biélorusse. On l’imagine assez médiocre.
La réaction de la population biélorusse, beaucoup plus rebelle à son gouvernement que la population russe, pourrait être violente, en cas d’engagement dans la guerre. Elle se manifeste déjà.
Théorie opérationnelle : l’armée russe et combat urbain
Ce qui est frappant d’un point de vue tactique est la difficulté des forces russes à combattre en milieu urbain, ce qui forcément pose un problème opérationnel lorsqu’on est condamné à rencontrer de nombreuses localités.
L’armée russe en Ukraine est victime de son plan initial avec plusieurs axes d’attaque sur tout l’arc Kiev-frontière Est-Crimée. Il fallait percer, encercler, disloquer, et elle était bien taillée pour cela avec ses colonnes blindées-mécanisées et sa puissante artillerie mobile.
Le problème est qu’il y avait aussi des villes sur les axes d'attaque, et l’armée russe n’est pas du tout taillée pour y combattre.
L’armée russe n’est plus une armée de masse humaine (la population de la Russie représente la moitié de celle de l’Indonésie) mais une armée de matériel vivant sur les stocks modernisés de l’énorme ex-armée soviétique.
Elle sacrifie + facilement ses véhicules (700 auraient été abandonnés et/ou capturés par les Ukrainiens) que ses hommes, surtout ses conscrits. La Russie est aussi touchée par le phénomène de la sensibilité sociétale aux pertes, d’où, entre autres, l’emploi de mercenaires.
Son infanterie est peu nombreuse. Plus exactement, elle est partagée entre l’infanterie légère des forces spéciales et des forces aéroportées (qui forment une armée à part), peut-être 45 000 en tout
et l’infanterie motorisée des Groupements tactiques interarmes (GTIA), soit à peu près autant, mais beaucoup plus médiocre (en partie aussi parce que les troupes aéroportées ont pris les meilleurs). Or, on ne prend pas des villes d’assaut sans une bonne infanterie.
Le combat urbain offensif nécessite une coordination trè précise des forces : troupes à pied-véhicules blindés, forces d’attaque et appuis d’artillerie précis et proche, hélicoptères en appui, frappes aériennes précises dans la profondeur urbaine, logistique protégée, drones, etc
Cette coordination, qui visiblement pas n’existe pas dans l’armée russe, et il suffit de voir les images de la pénétration de la 1ère armée blindée dans Brovary à l’Est de Kiev pour s’en convaincre.
Cette machinerie complexe ne s’improvise pas. Elle s’apprend. Les forces armées occidentales se forment dans de grands centres urbains d’entraînement. Pas l’armée russe (à ma connaissance). Elle le paye maintenant.
Le taux d’échec des attaques urbaines russes, face à une infanterie ukrainienne nombreuse, pas forcément très compétente, mais motivée et bien équipée en armement léger anti-véhicules, est très important (sauf à Kherson où elle a été menée par les troupes aéroportées).
Et quand les Russes ne peuvent prendre une ville par la force, ils essaient de la prendre par la faim. Quand on ne peut vaincre l’armée ennemie, on attaque sa population.
FIN
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Situation générale : Hors siège de Marioupol, les opérations offensives terrestres russes sont limitées à quelques avancées dans le secteur Nord (Chernihiv, Kiev Est) et Sud-Ouest près de Kherson. Les forces russes sont en revanche sur la défensive sur l’axe Soumy-Kiev.
Les Russes cherchent à relancer une 3e phase d’opérations offensives, sans doute plus séquentielle (un grand objectif après l’autre) par l’arrivée de renforts extérieurs et la récupération de forces après la prise de Marioupol et/ou la réduction de certaines poches de résistance.
Situation générale
Progression très lente des forces russes. Incapacité à prendre Kiev avec les moyens et les méthodes actuels. Sièges très lents. Trois hypothèses pour la suite :
1. Blocage général de longue durée jusqu’à ce qu’un des deux camps dispose sur le long terme de suffisamment de ressources nouvelles pour relancer les opérations offensives victorieuses (cf 1918 front Ouest.
Situation
Situation générale : Inchangée. Forces russes dispersées et ralenties. Recherche de déblocage par « effet domino » (la prise d’une ville permet de libérer des forces qui permettent de prendre plus facilement une autre ville).
Ouest : inchangée. Le sort de l’« armée bloquée » (35e A) est toujours aussi mystérieux.
Point de situation des opérations en Ukraine 9 mars J+13 1100 ⏬
Situation générale : peu de changement. L’avancée russe piétine avec une proportion de forces russes disponibles engagées dans les progressions (Kiev, Mykolaev, Zaporijjia) de plus en plus faible. S’approche-t-on d’un point culminant clausewitzien ?
Situations particulières
Ouest : inchangé. Recherche d’information sur la situation de la « colonne de 65 km ». Où est-ce précisément (axe Aljaksandraŭka-Korosten/malyv/Ivankiv ?) ? Est-ce la 35eArmée ? Est-elle toujours bloquée par la destruction de ponts ? Quel est son état ?
Point de situation des opérations en Ukraine 8 mars J+12 1345 ⏬
Résumé des opérations : ralentissement de la progression russe par l’entrave des poches de résistance sur la frontière (Chernihiv, Sumy, Kharkiv) et l’élongation des axes logistiques.
Assaut de Kiev « progressif » au fur et à mesure de l’arrivée même partielle des armées russes. Bataille des villes périphériques à l’Ouest et à l’Est. Pression croissante de feux sur la ville à attendre.
Point de situation des opérations en Ukraine 7 mars J+11 0800 ⏬
Situation générale : pas d’évolution importante dans les dernières 24h. Les opérations russes sont saccadées (pause logistique-offensive-pause logistique ; frappes-manœuvre-frappes).
Regroupement de forces dans la région de Kharkov, effort à venir en direction du Dniepr, avec l’intention d’isoler les forces ukrainiennes de la région du Donbass. Manœuvre ukrainienne limitée à contre-attaques locales.