Point de situation des opérations en Ukraine 19 mars J+23 ⏬⏩
Situation générale
Immobilisation et combats fragmentées. Effort offensif russe limitée à la zone Yzium-Severodonetsk (nord Donbass) et surtout Marioupol. Harcèlement et contre-attaques ukrainiennes dans de nombreux secteurs avec une progression significative à Mykolaev.
Va-t-on vers une rigidification durable des fronts avec des forces imbriquées dans le nord-est du pays ?
Va-t-on voir au contraire émerger un effet stratégique avec l’effondrement d’une partie des forces d’un des deux camps (russes du Nord-Est ou ukrainiennes du Donbass) ?
Situations particulières
Zone uest Ukraine : la menace d’une attaque terrestre/aéromobile russe et biélorusse à partir de Brest est toujours présente, mais désormais peu probable. Les forces biélorusses sont très réticentes et les forces russes trop modestes.
Poursuite d’une campagne de frappes aériennes sur les objectifs militaires (site de maintenance aérienne de Lviv) et les axes d’approvisionnement de la région.
Zone Nord : A l’Est, les 41e A, 2eAG et 1ère ABG toujours bloquées dans leur avance vers Kiev par les poches de résistance ukrainiennes et le harcèlement des axes de communication. La 2e division motorisée est toujours en attente en position défensive en périphérie Est de Kiev.
A l’ouest de Kiev, les 35e et 36e A sont également en position d’attente, avec de nombreux indices de retranchements. Les combats opposent surtout les VDV-45e brigade FS, 79e division aéroportée, 31e brigade d’assaut aérien-et les forces ukrainiennes dans la zone Irpin-Dimy.
Partout harcèlement sur les arrières et les axes logistiques (par drones notamment) des forces russes.
Zone Donbass : combats dans les régions d’Yzium avec une contre-attaque ukrainienne importante (2 brigades aéromobiles) et de Severodonetsk en cours d’encerclement par la 3e division motorisée russe et le 2e corps d’armée (LPR).
Avancée progressive des forces russes à Marioupol (19e DM à l’Ouest, 150e DM à l’Est, 810e brigade d’infanterie navale au Nord). Peut-être encore une semaine avant la prise de la ville.
Après reconstitution/recomplètement, ces forces russes seront disponibles (dans deux semaines ?) pour attaquer ailleurs : axe Donetsk-Zaporajjia ou Kherson-Mykolaev.
Zone Sud-Ouest : Bernard-Henri Lévy a tagué « liberté, égalité, fraternité » à Odessa avant de partir. Depuis les choses vont beaucoup mieux pour les Ukrainiens.
La 7e division aéroportée russe a été repoussée de Voznesensk et est en position défensive au Nord de Mykolaev. 20e DM (58e Armée) visiblement de faible valeur tactique, stoppée à Mykolaev et même repoussée par contre-attaque ukrainienne importante sur l’axe Mykolaev-Kherson.
La flotte de la mer Noire maintient la pression sur la côté par des bombardements et la possibilité d’une opération amphibie (impossible cependant sans conjonction avec une offensive terrestre).
Front arrière : le commandement des opérations spéciales organise le Centre de résistance nationale afin d’aider à l’organisation de la défense civile et de la guérilla en zone occupée. Création d’un site Internet de conseils et échanges de renseignements.
Notes
Le général Mordvichev, commandant de la 8e armée aurait été tué. C’est le plus haut gradé des 5 généraux russes tués dans cette guerre en trois semaines. C’est une proportion très importante (1 général pour 1 000 morts russes environ). Difficile à interpréter.
Problème de commandement imposant une présence des généraux au plus près de la ligne de contact (pas une habitude russe) ? Efficacité du ciblage ukrainien ? On ne connaît pas bien comment ces généraux ont été tués.
Théorie : la campagne des missiles
La Russie dispose d’un arsenal d’environ 1 500 missiles balistiques/croisière utilisables depuis le ciel (KH-101, 555, 59MK2, Kh-47М2 Kinjal hypersonique), le sol (9M723 Iskander, OTR-21 Totchka) ou les bâtiments de la mer Noire (3M14 Kalibr).
Cet arsenal de plusieurs milliards d’euros constitue une redoutable force pouvant frapper avec une bonne précision jusqu’à 2 000 km, puissamment avec des charges de plusieurs centaines de kilos d’explosif, et plutôt difficilement interceptable.
C’est un atout stratégique contre les puissances occidentales, d’autant plus qu’ils peuvent quasiment tous porter aussi une charge nucléaire.
Cet arsenal est très utilisé, en grande partie parce que la campagne initiale de neutralisation des défense anti-aériennes a échoué et que le ciel est encore dangereux pour des avions russes (13 abattus) qui ont par ailleurs du mal a effectuer des frappes de précision.
Cela a plusieurs conséquences.
La campagne de frappes russes agit surtout sur des grands objectifs fixes, mais assez peu sur des objectifs mobiles.
La moitié du stock de missiles a déjà été consommé en Ukraine. Malgré des ordres pour augmenter la production, et compte tenu de la nécessité de conserver un stock minimal de précaution, la campagne des missiles pourra difficilement persister au-delà de quelques semaines.
FIN
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Situation générale
Poursuite de la transformation d’une opération visant une victoire totale rapide et qui a abouti à une grande dispersion des forces, en opération séquentielle recherchant l’atteinte d’un objectif après l’autre avec la faible capacité de manœuvre restante.
Les Russes vont prendre Marioupol et pourront atteindre ensuite au mieux 1 ou 2 autres objectifs – Kharkiv ou Odessa, pour des raisons pol., Dnipropetrovsk afin de menacer l’arrière de l’armée ukrainienne du Donbass (AUD) – ou d’obtenir un repli de l’AUD par une pression frontale
Situation générale
Paralysie des forces russes au Nord et Sud, imbriquées au Nord, insuffisantes au Sud.
Effort russe sur le Donbass avec sans doute la volonté de conquérir complètement les deux oblasts de Louhansk et Donetsk, dont Marioupol, avant d’éventuelles négociations.
Situations particulières
Ouest et Biélorussie : situation confuse au sud de la Biélorussie ou une ou plusieurs explosions ont été entendue(s). Nombreux mouvements de troupes russes et biélorusses, notamment dans la région de Brest.
Situation générale
Inchangée. Les forces russes n’ont plus lancé d’attaques de grande ampleur depuis le 4 mars. Impression d’une armée qui s’est obstinée à poursuivre un mauvais plan jusqu’à se retrouver imbriquée, dispersée et bloquée devant des localités.
Il est difficile désormais pour elle de relancer une offensive cohérente alors que les renforcements sont limités.
Deux points de déblocage possibles à court terme (deux semaines ?) : face à Marioupol et face à l’armée ukrainienne du Donbass.
Point de situation des opérations en Ukraine 15 mars J+19⏬⏩lavoiedelepee.blogspot.com/2022/03/point-…
Fond de carte @War_Mapper
36A = 36e armée (une armée, entre 10 et 30 000 h)
7DA = 7e division aéroportée
20DM = 20e division d'infanterie motorisée
Situation générale
Peu de changements. Les Russes ont semble-t-il intégré que le siège de Kiev sera une campagne de longue durée et ils portent plutôt leurs efforts à court terme sur la région du Donbass.
Situations particulières
Nord-Ouest : Mouvements sur la frontière biélorusse et reconnaissances de drones russes. Les capacités de manœuvre russo-biélorusses semblent limitées, mais peut-être s’agit-il de fixer des forces ukrainiennes dans la région.
Situation générale
Equilibre des forces. Les capacités d’attaque russes sont contrées par la capacité de défense ukrainienne. Les forces russes recherchent le déblocage par les renforcements et probablement la victoire sur les forces ukrainiennes du Donbass.
Campagne aérienne : il faut distinguer ce qui relève de la campagne globale de frappes sur l’ensemble de l’Ukraine de la campagne de conquête. Cette dernière est ralentie, mais la première est active. Multiplication des frappes, le plus souvent par missiles (700) sur l’Ouest.
Situation générale : Hors siège de Marioupol, les opérations offensives terrestres russes sont limitées à quelques avancées dans le secteur Nord (Chernihiv, Kiev Est) et Sud-Ouest près de Kherson. Les forces russes sont en revanche sur la défensive sur l’axe Soumy-Kiev.
Les Russes cherchent à relancer une 3e phase d’opérations offensives, sans doute plus séquentielle (un grand objectif après l’autre) par l’arrivée de renforts extérieurs et la récupération de forces après la prise de Marioupol et/ou la réduction de certaines poches de résistance.