Situation générale
Poursuite de la transformation d’une opération visant une victoire totale rapide et qui a abouti à une grande dispersion des forces, en opération séquentielle recherchant l’atteinte d’un objectif après l’autre avec la faible capacité de manœuvre restante.
Les Russes vont prendre Marioupol et pourront atteindre ensuite au mieux 1 ou 2 autres objectifs – Kharkiv ou Odessa, pour des raisons pol., Dnipropetrovsk afin de menacer l’arrière de l’armée ukrainienne du Donbass (AUD) – ou d’obtenir un repli de l’AUD par une pression frontale
L’hypothèse la plus probable est ensuite une rigidification générale des fronts sur la longue durée.
Situations particulières
Ciel : emploi toujours fréquent des missiles par les Russes et consommation de leur stock. Publicité autour des missiles hypersoniques, sans intérêt tactique par rapport à d’autres modèles moins sophistiqués mais à des fins purement démonstratives.
Question du renforcement du système antiaérien S300 ukrainien, un actif essentiel pour la dispute du ciel notamment à Kiev. Possibilité de manœuvre de roque (transfert en Ukraine de batteries ou de systèmes complets slovaques, bulgares ou grecs en échange de Patriot US).
Peut-être peut-on envisager aussi un transfert de S400 turcs en échange de la possibilité d’acquérir des chasseurs F-35.
Peut-être faut-il envisager la fourniture de système anti roquettes de type dôme de fer.
Biélorussie et zone Ouest de l’Ukraine : la question d’une intervention biélorusse est toujours en suspens. Elle ajouterait sans doute + de problèmes que d’avantages au camp russe.
Sabotages des voies ferrées en Biélorussie (origine inconnue) qui entravent la logistique russe.
La capacité de manœuvre russe à l’Ouest de l’Ukraine est pour l’instant limitée à des frappes et des raids et peut-être une manœuvre d’infiltration-harcèlement.
Zone Kiev-Nord Est : Toutes les forces russes de la zone Nord sont passés en mode défensif et on assiste à la mise en place de fortifications de campagne (champs de mines, travaux du génie). Effort sur la protection des axes et sur l’artillerie.
La bataille de Kiev se transforme en siège d’artillerie de longue durée. Le combat peut porter sur l’acquisition de positions d’artillerie dans un rayon de 25 km du centre de la capitale.
Si la zone russe à l’Ouest de Kiev occupée par les 35e, 36e armées et troupes aéroportées (VDV) est cohérente, toute la zone du Nord-Est (triangle Chernihiv-Soumy-Brovary) des 41e, 2e A et 1ère armée blindée est en « peau de léopard » avec des forces antagonistes imbriquées.
Les forces russes vont-elles essayer de réduire les poches ukrainiennes ? Vont-elles évacuer les zones les + difficiles ? Vont-elles pour des raisons politiques (tenir le + de terrain possible afin de mieux négocier) rester partout au risque d’une petite guerre permanente ?
Zone Donbass : au Nord, les Russes semblent avoir abandonné l’idée de s’emparer de Kharkiv pour l’instant et ont remplacé la conquête de la ville par un siège d’artillerie.
Les forces ukrainiennes ont repoussé avec de fortes pertes un régiment blindé russe au sud d’Yzioum (120 km Sud-Est Kharkiv). Impliquant deux brigades d’assaut aérien (mais sans hélicoptères), c’est sans doute l’attaque ukrainienne la plus importante de la guerre.
Poursuite des combats autour de Severodonetsk, entre Yzioum et Louhansk. L’équivalent de 3 brigades ukrainiennes (peut-être 5 000 hommes) est menacée d’encerclement par la 3e Division d’infanterie motorisée (DM) russe et le 2e Corps d’armée de la LNR.
Au Sud : la lente progression des 19e DM à l’Ouest et 150e DM (plus brigade tchétchène à l’Est) et 810e brigade d’infanterie navale au Nord se poursuit. La prise de Marioupol est sans doute une question de jours, deux semaines au maximum.
Zone Sud-Ouest : la reconnaissance de la 7e division aéroportée vers Voznesensk a été repoussée vers Nova Odessa. Une reconnaissance russe plus limitée vers Kryuyi Rih a été repoussée. La 20e DM russe, faible, a du mal à résister aux forces ukrainiennes devant Mykolayev.
Frappe de missile(s) de croisière Kalibr de la flotte de la mer Noire le 19 mars sur centre de recrutement/formation ukrainien à Mykolayev, nombreux morts.
Notes
S’il est pour l’instant difficile d’imaginer une mobilisation en Russie, la Russie l’impose dans les républiques DNR-LPR (4 millions d’hab). Cela constitue la ressource humaine la + importante pour l’effort de guerre russe, mais au prix de nombreuses réticences locales.
La société Wagner servirait de relais pour le recrutement de combattants de l’armée nationale libyenne du maréchal Haftar à destination de l’Ukraine.
Théorie : la numérisation du champ de bataille par les civils
La mode militaire au début des années 2000 était à la "numérisation de l'espace de bataille". On l’imaginait comme une architecture de couteux systèmes de géolocalisation et de transmissions de données
entre capteurs et « effecteurs » militaires sachant tous sur des images communes où ils se trouvent, où se trouve une bonne partie de l’ennemi et pouvant collaborer entre eux.
L’Ukraine l’a fait (pour mémoire, ce sont les nations qui font les guerres pas les armées) en intégrant massivement la numérisation civile, depuis les simples combattants dotés de smartphones jusqu’aux petites unités territoriales de renseignement dotés de petits drones low cost.
Associés à la masse de combattants mobilisés, cela donne à l’armée ukrainienne une quantité considérable d’informations tactiques fusionnées en temps réels sur soi et sur l’ennemi, et très supérieure à celle dont disposent au contraire les Russes. Avantage énorme.
FIN
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Situation générale
Ralentissement très net des opérations terrestres russes, de plus en plus remplacées par une campagne de frappes qui prend de l'ampleur. L’effort russe se porte toujours le nord du Donbass (Yzium-Severodonetsk) et surtout Marioupol.
Les contre-attaques ukrainiennes se multiplient, en particulier dans la région de Kiev Ouest. On peut se demander si les forces ukrainiennes ne sont pas en train de prendre l’initiative opérationnelle.
Point de situation des opérations en Ukraine 19 mars J+23 ⏬⏩
Situation générale
Immobilisation et combats fragmentées. Effort offensif russe limitée à la zone Yzium-Severodonetsk (nord Donbass) et surtout Marioupol. Harcèlement et contre-attaques ukrainiennes dans de nombreux secteurs avec une progression significative à Mykolaev.
Va-t-on vers une rigidification durable des fronts avec des forces imbriquées dans le nord-est du pays ?
Va-t-on voir au contraire émerger un effet stratégique avec l’effondrement d’une partie des forces d’un des deux camps (russes du Nord-Est ou ukrainiennes du Donbass) ?
Situation générale
Paralysie des forces russes au Nord et Sud, imbriquées au Nord, insuffisantes au Sud.
Effort russe sur le Donbass avec sans doute la volonté de conquérir complètement les deux oblasts de Louhansk et Donetsk, dont Marioupol, avant d’éventuelles négociations.
Situations particulières
Ouest et Biélorussie : situation confuse au sud de la Biélorussie ou une ou plusieurs explosions ont été entendue(s). Nombreux mouvements de troupes russes et biélorusses, notamment dans la région de Brest.
Situation générale
Inchangée. Les forces russes n’ont plus lancé d’attaques de grande ampleur depuis le 4 mars. Impression d’une armée qui s’est obstinée à poursuivre un mauvais plan jusqu’à se retrouver imbriquée, dispersée et bloquée devant des localités.
Il est difficile désormais pour elle de relancer une offensive cohérente alors que les renforcements sont limités.
Deux points de déblocage possibles à court terme (deux semaines ?) : face à Marioupol et face à l’armée ukrainienne du Donbass.
Point de situation des opérations en Ukraine 15 mars J+19⏬⏩lavoiedelepee.blogspot.com/2022/03/point-…
Fond de carte @War_Mapper
36A = 36e armée (une armée, entre 10 et 30 000 h)
7DA = 7e division aéroportée
20DM = 20e division d'infanterie motorisée
Situation générale
Peu de changements. Les Russes ont semble-t-il intégré que le siège de Kiev sera une campagne de longue durée et ils portent plutôt leurs efforts à court terme sur la région du Donbass.
Situations particulières
Nord-Ouest : Mouvements sur la frontière biélorusse et reconnaissances de drones russes. Les capacités de manœuvre russo-biélorusses semblent limitées, mais peut-être s’agit-il de fixer des forces ukrainiennes dans la région.
Situation générale
Equilibre des forces. Les capacités d’attaque russes sont contrées par la capacité de défense ukrainienne. Les forces russes recherchent le déblocage par les renforcements et probablement la victoire sur les forces ukrainiennes du Donbass.
Campagne aérienne : il faut distinguer ce qui relève de la campagne globale de frappes sur l’ensemble de l’Ukraine de la campagne de conquête. Cette dernière est ralentie, mais la première est active. Multiplication des frappes, le plus souvent par missiles (700) sur l’Ouest.