Situation générale
Ralentissement très net des opérations terrestres russes, de plus en plus remplacées par une campagne de frappes qui prend de l'ampleur. L’effort russe se porte toujours le nord du Donbass (Yzium-Severodonetsk) et surtout Marioupol.
Les contre-attaques ukrainiennes se multiplient, en particulier dans la région de Kiev Ouest. On peut se demander si les forces ukrainiennes ne sont pas en train de prendre l’initiative opérationnelle.
Rumeurs de plus en plus fortes d’une entrée de la Biélorussie dans la guerre, mais aussi rumeurs équivalentes de refus, voire de sabotages (chemin de fer) biélorusses.
Situations particulières
Kiev et Nord-Est
Retranchements russes à l’Ouest dans les périphéries Ouest et Nord-Est (Nord de Brovary). Souci russe de remplacer les attaques directes par un siège d’artillerie afin de « maintenir la capitale à portée de canon ».
Effort ukrainien pour maintenir les Russes au-delà de 25 km du centre de Kiev afin de limiter les frappes d'artillerie russes.
Contre-attaque ukrainienne d’ampleur semble-t-il dans la banlieue Ouest de Kiev venant à la fois de Kiev vers Boutcha-Irpin (zone de fortification en cours) et Mila et de l’Ouest en direction de Kiev sur les axes M-07 et M-06. Deux localités auraient été reconquises.
Contre-attaque ukrainienne au Nord-Ouest de Kiev le long du Dniepr vers Demydiv (zone de retranchement) et combats au Nord-Est vers Kalynivka (zone de retranchement) contre la 90e Division motorisée.
Le reste de la situation dans la région Nord-Est est inchangée. Les forces russes frappent les localités et les forces ukrainiennes harcèlent, en particulier sur la route H-7 qui relie Soumy à Kiev.
Donbass
L’effort russe est toujours sur l’armée ukrainienne du Donbass.
Combats à Yzium et Severodonestk. Pression des 1er et 2e Corps d’armée sur la « frontière fortifiée » DNR/LPR, avec peu de résultats.
Frappes sur la gare de Pavlohrad, entre Dnipro et le Donbass.
Sud
La 58e Armée est toujours à l’arrêt. Elle dispose de 10-12 GTIA ou régiment aéroportée + infanterie navale pour faire face à Mykolayev et Nova Odessa, tenir Kherson et effectuer une reconnaissance offensive vers Kryvyi Rih. Les forces ukrainiennes doivent être du même ordre.
Les villes de la zone occupée, de Kherson à Melitopol, connaissent de nombreuses manifestations. Le maintien de l’ordre est géré par la Garde nationale russe (Rosgvardia).
Notes
Le général Yershov, commandant la 6e armée russe (face à Kharkiv) aurait été limogé.
Cinq généraux et trois commandants de régiments (un poste qui serait occupé par un général de brigade en France) ont été tués.
Le journal Komsomolskaïa Pravda a chiffré dans un article en ligne retiré par la suite un bilan des pertes humaines russes à 9 861 morts et 16 153 blessés. Nombreux doutes sur la véracité de ces chiffres. Possibilité de hacking.
Théorie : du moral
Aller volontairement dans une zone de combat pour éventuellement tuer et se faire tuer n’est pas une chose naturelle. Pour le faire, il faut être blindé de confiance et poussé par de fortes obligations.
La confiance vient du sentiment que l’on peut faire face à la situation. Elle repose d'abord sur sa compétence militaire et la compréhension de la situation, la valeur et la maitrise de son équipement, face à ce que l’on sait de l’ennemi.
Elle repose aussi sur les capacités connues des membres de sa cellule tactique (compétence des chefs, solidarité, valeurs individuelles).
Les obligations (tout le corps refuse mais on y va quand même) peuvent venir de la discipline et de la peur de l’arrière (unités barrages du NKVD par exemple), mais surtout de l’obligation de bien se comporter vis-à-vis de ses camarades. Encore faut-il avoir de vrais camarades.
A un niveau plus élevé, il y a l'obligation de respecter l’honneur et la culture de son corps d’appartenance. Encore faut-il, là encore, appartenir à une communauté militaire forte.
Si on ajoute une motivation comme la détermination à défendre sa patrie, c’est encore mieux, mais comme dans la pyramide de Maslow, c’est le sommet de la pyramide.
S’il n’y a pas la base, le volontaire isolé de bonne volonté mais sans expérience, sans ami, sans esprit de corps a bien peu de chance de contrôler la transformation qu’impose le combat. Il aura toujours une arme mais rapidement plus d’âme.
Cela est valable pour les volontaires étrangers néophytes bombardés à Yavoriv, comme les réservistes et recrutés de dernière minute russes injectés individuellement dans des unités déjà souvent peu solides.
Quand on ne connaît pas les autres, on ne sait pas se battre.
FIN
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Situation générale
Poursuite de la transformation d’une opération visant une victoire totale rapide et qui a abouti à une grande dispersion des forces, en opération séquentielle recherchant l’atteinte d’un objectif après l’autre avec la faible capacité de manœuvre restante.
Les Russes vont prendre Marioupol et pourront atteindre ensuite au mieux 1 ou 2 autres objectifs – Kharkiv ou Odessa, pour des raisons pol., Dnipropetrovsk afin de menacer l’arrière de l’armée ukrainienne du Donbass (AUD) – ou d’obtenir un repli de l’AUD par une pression frontale
Point de situation des opérations en Ukraine 19 mars J+23 ⏬⏩
Situation générale
Immobilisation et combats fragmentées. Effort offensif russe limitée à la zone Yzium-Severodonetsk (nord Donbass) et surtout Marioupol. Harcèlement et contre-attaques ukrainiennes dans de nombreux secteurs avec une progression significative à Mykolaev.
Va-t-on vers une rigidification durable des fronts avec des forces imbriquées dans le nord-est du pays ?
Va-t-on voir au contraire émerger un effet stratégique avec l’effondrement d’une partie des forces d’un des deux camps (russes du Nord-Est ou ukrainiennes du Donbass) ?
Situation générale
Paralysie des forces russes au Nord et Sud, imbriquées au Nord, insuffisantes au Sud.
Effort russe sur le Donbass avec sans doute la volonté de conquérir complètement les deux oblasts de Louhansk et Donetsk, dont Marioupol, avant d’éventuelles négociations.
Situations particulières
Ouest et Biélorussie : situation confuse au sud de la Biélorussie ou une ou plusieurs explosions ont été entendue(s). Nombreux mouvements de troupes russes et biélorusses, notamment dans la région de Brest.
Situation générale
Inchangée. Les forces russes n’ont plus lancé d’attaques de grande ampleur depuis le 4 mars. Impression d’une armée qui s’est obstinée à poursuivre un mauvais plan jusqu’à se retrouver imbriquée, dispersée et bloquée devant des localités.
Il est difficile désormais pour elle de relancer une offensive cohérente alors que les renforcements sont limités.
Deux points de déblocage possibles à court terme (deux semaines ?) : face à Marioupol et face à l’armée ukrainienne du Donbass.
Point de situation des opérations en Ukraine 15 mars J+19⏬⏩lavoiedelepee.blogspot.com/2022/03/point-…
Fond de carte @War_Mapper
36A = 36e armée (une armée, entre 10 et 30 000 h)
7DA = 7e division aéroportée
20DM = 20e division d'infanterie motorisée
Situation générale
Peu de changements. Les Russes ont semble-t-il intégré que le siège de Kiev sera une campagne de longue durée et ils portent plutôt leurs efforts à court terme sur la région du Donbass.
Situations particulières
Nord-Ouest : Mouvements sur la frontière biélorusse et reconnaissances de drones russes. Les capacités de manœuvre russo-biélorusses semblent limitées, mais peut-être s’agit-il de fixer des forces ukrainiennes dans la région.
Situation générale
Equilibre des forces. Les capacités d’attaque russes sont contrées par la capacité de défense ukrainienne. Les forces russes recherchent le déblocage par les renforcements et probablement la victoire sur les forces ukrainiennes du Donbass.
Campagne aérienne : il faut distinguer ce qui relève de la campagne globale de frappes sur l’ensemble de l’Ukraine de la campagne de conquête. Cette dernière est ralentie, mais la première est active. Multiplication des frappes, le plus souvent par missiles (700) sur l’Ouest.