Corentin Sellin Profile picture
Prof agrégé d'histoire CPGE (hypokhâgne/khâgne @LyceeCarnot)-Chronique la #politiqueUS et la présidence #Trump II pour @lesjoursfr.

Apr 28, 2020, 18 tweets

En janvier et février, le briefing quotidien du renseignement US (PDB) pour le président #Trump l'alerta au moins 12 fois sur le #COVIDー19, les mensonges de la #Chine et les risques colossaux. Mais Trump ne lit pas le PDB. Ca l'ennuie. Trop long. washingtonpost.com/national-secur…

2) Cet article très factuel et sans dérive "impressionniste" sur le caractère de #Trump- la patte @washingtonpost- renforcera sans nul doute l'appel à 1 commission d'enquête parlementaire voire indépendante sur la gestion du #COVIDー19 par le président après la fin de la crise.

3) Comme le rappelle l'article du Post, équilibré et pas à charge, #Trump, et on le savait déjà, se contente de 2 à 3 résumés oraux par semaine qu'il écoute bien. Mais peut-on gouverner efficacement les #EtatsUnis de cette façon et avec ce dédain récurrent de SON renseignement?

4) #Trump a 1 triple problème inédit avec son renseignement qui traverse l'exercice de sa présidence. D'1 part, il a bâti sa campagne présidentielle sur sa défiance affichée quant aux faillites présumées du renseignement US, en particulier sur l'#Irak... thehill.com/policy/nationa…

5)...et cette méfiance originelle du #renseignement US définit la doctrine politique de #Trump, mâtinée de complotisme, de tribun insurgé populaire contre 1 Etat tout puissant, le fameux "Etat profond" qui tendrait à aliéner le peuple de son pouvoir de décision...

6) Or, ce rapport bipartisan essentiel du Sénat sur l'utilisation politique du #renseignement US avant la guerre en #Irak démontrait que si la qualité du renseignement put parfois être en cause, c'est surtout sa déformation POLITIQUE qui avait péché. intelligence.senate.gov/sites/default/…

7) Et par ailleurs, si le #renseignement US s'était autant planté que #Trump ne cessait de le répéter en 2016- en oubliant les mésusages et déformations politiques de l'administration Bush- cela contredisait la toute puissance du présumé Etat profond...

8) D'autre part, cette faille originelle entre #Trump et le #renseignement US devient aussi béante que #SanAndréas lors de son accession au pouvoir en janvier 2017 quand les services affirment que la #Russie interféra dans la présidentielle ET en sa faveur.dni.gov/files/document…

9) Cela put/dut être 1 choc pour #Trump, persuadé dès 2016 qu'il se bat contre 1 renseignement tout puissant et hostile, de découvrir 15 jours avant son investiture en 2017 cette note du #renseignement US sur l'ingérence de la #Russie. Il se conçoit dès lors entouré d'ennemis.

10) Et c'est 1 fait central pour analyser la présidence #Trump que sa représentation ancrée d'être en butte à l'hostilité d'1 communauté du #renseignement qui voudrait le délégitimer par l'accusation sur la #Russie. Exemple(parmi 1000) en 2019 sur l'#Iran.

11) Cette conviction de #Trump l'amène d'ailleurs en pleine crise du #coronavirus fin février à virer le directeur du renseignement national Maguire qu'il avait lui-même choisi. Pourquoi? Parce qu'il laissa 1 "briefeur" dire à la Chambre que la #Russie voulait voir #Trump réélu

12) #Trump est animé en permanence par cette conviction que le #renseignement US agit contre lui pour lui voler sa victoire démocratique de 2016 et agit en conséquence avec ces purges incessantes. Même en plein début de crise sanitaire mondiale. washingtonpost.com/national-secur…

13) Mais que devrait faire le #renseignement US alors s'il a des informations répétées et certaines que la #Russie veut interférer dans les élections en faveur de #Trump? Ne pas renseigner le pouvoir politique- sa mission 1ère- pour ne pas faire de peine? C'est 1 impasse complète

14) Ce qui amène au 3e problème de la relation #Trump- #renseignement US, pointé par ces briefings non lus sur le #coronavirus. Le président US, en dépit des purges et même s'il a 1 loyaliste politique absolu-Grenell à sa tête- n'a pu rétablir la confiance avec le renseignement.

15) Les #EtatsUnis, 1ère superpuissance mondiale, ont 1 relation clairement dysfonctionnelle entre le décideur démocratique ultime- président #Trump- et ses services de renseignement, sans médiateur de confiance possible, comme pouvait l'être #Kissinger pour #Nixon.

16) Nixon ne lisait pas non plus le briefing PDB quotidien préparé par la CIA car il se méfiait viscéralement du #renseignement US. Mais lisait et écoutait religieusement #Kissinger, conseiller sécurité nationale (NSA). #Trump en est à son 4e NSA en 3 ans. nsarchive.gwu.edu/briefing-book/…

17) Cette relation de défiance désormais enracinée entre #Trump et son renseignement est 1 faiblesse majeure pour la superpuissance US,surtout dans 1 année électorale où forts de l'expérience 2016, Russie, Chine et autres pourraient être tentés d'en profiter. Vrai danger.#àsuivre

#Postscriptum Interrogé par la presse sur ces briefings PDB très précoces du #renseignement US sur la gravité du #coronavirus, #Trump n'a pas nié les avoir reçus, a dit devoir vérifier les dates.
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